Encyclopédie du débarquement et de la bataille de Normandie
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Opération Tiger – Encyclopédie D-Day

Encyclopédie du débarquement
et de la Bataille de Normandie

Préparations de la bataille de Normandie :
Opération Tiger

Une répétition du Jour J grandeur nature

Dans la nuit du 27 au 28 avril 1944, soit moins de deux mois avant la date prévue du Jour J (initialement le 5 juin 1944), une répétition grandeur nature du débarquement est effectuée sur les plages de la côte sud de l’Angleterre, à Slapton Sands dans le Devonshire. Ces plages ressemblent tout particulièrement à celles d’Utah et de Omaha, tant par la topographie que par la qualité même du sable. 30 000 soldats (en plus des 500 “plastrons” américains chargés de défendre le littoral) et près de 300 bâtiments de guerre sont mobilisés pour l’occasion.

Captant les réseaux radio alliés, dont l’intensité ne pouvait pas passer inaperçue, les Allemands décident d’envoyer en patrouille pas moins de neuf vedettes rapides depuis Cherbourg. Profitant d’un épais brouillard, des vedettes lance-torpilles allemandes appartenant à la 17ème escadre attaquent un convoi de transports de troupes type L.S.T. Ce convoi, composé de huit navires et s’étalant sur une distance d’environ huit kilomètres, n’était escorté initialement que par deux bâtiments de guerre, le H.M.S. Scimitar et la corvette Azalea. Mais peu après le départ le Scimitar fut obligé de rester au port suite à collision qui lui coûte d’importantes réparations (l’état-major n’est pas informé de cet évènement). En outre, les radios de la corvette Azalea ne sont pas calées sur la bonne fréquence.

La première attaque est un échec, aucune torpille n’atteignant sa cible. Mais après un deuxième passage, deux L.S.T sont coulés (le 507 et le 531) tandis qu’un autre, le 289, est sévèrement endommagé.

Afin de ne pas ajouter au désordre, les Britanniques, qui repèrent l’attaque, ne signalent pas intentionnellement les vedettes S-Boote aux Américains pour que ces derniers ne se risquent pas à tirer sur les leurs. Néanmoins, sans aide, de nombreux soldats sont condamnés à périr noyés, bloqués dans leur navire ou perdus dans l’eau froide de la Manche. Ce n’est qu’à l’aube qu’Eisenhower donne l’ordre de lancer les recherches et de sauver ceux qui peuvent encore l’être.

Au total, 749 militaires alliés (198 marins et 551 fantassins) perdent la vie en l’espace d’un quart d’heure et l’on déplore d’innombrables disparus. 500 soldats sont également blessés. Beaucoup de militaires n’avaient alors pas encore reçu d’instruction sur l’utilisation des gilets de sauvetage, encore peu généralisées, les fameuses Mae West.

Le secret du Jour J menacé

Les familles des victimes reçoivent par la suite des faire-parts de décès sans la moindre explication : les états-majors taisent cet immense fisco. Les témoins directs sont menacés de passer en cour martiale s’ils racontent ce qui vient de se passer. Pour les généraux alliés, l’heure est d’autant plus grave que dix officiers “Bigot” américains et britanniques, engagés à bord des navires attaqués, possédaient des cartes d’Utah Beach en Normandie.

Lorsqu’une commission d’enquête est mise en place par Montgomery aussitôt après la catastrophe, le Major Ralph Ingersoll constate que les dix officiers Bigot sont portés disparus, comme 600 autres militaires. Or, il n’est pas impossible que certains naufragés aient été recueillis par les vedettes allemandes. Ceci signifierait donc que les Allemands pourrait être en possession des plans de l’opération Overlord, ce qui serait probablement suffisant pour tout annuler.

Eisenhower donne l’ordre que tous les corps soient impérativement retrouvés. Si 250 soldats sont toujours portés disparus après les recherches, les dépouilles des dix officiers concernés sont retrouvées, elles ne sont pas tombées dans les mains des Allemands : le secret du Jour J est conservé.

Cet incident permet toutefois aux Alliés de tirer un certain nombre d’enseignements importants pour le Jour J : l’importance de la synchronisation des moyens radio entre Américains et Britanniques et en règle générale un approfondissement du travail interarmes et interallié, la généralisation de l’emploi des gilets de sauvetage pour les fantassins et la mise en place de procédures de sauvetage en mer.

Ce n’est qu’en 1984 que l’état-major américain a ouvert les archives sur les évènements survenus les 27 et 28 avril 1944, quelques semaines avant le débarquement, dans la baie de Slapton Sands.

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