Encyclopédie du débarquement et de la bataille de Normandie
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Vierville-sur-Mer en 1944 – Calvados – Bataille de Normandie

Vierville-sur-Mer (Calvados)

Les villes de Normandie pendant les combats de 1944

Libération : 6 juin 1944

Unités engagées :

Drapeau américain 2nd Ranger Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 5th Ranger Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 58th Armored Field Artillery Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 110th Field Artillery Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 115th Infantry Regiment, 29th Infantry Division

Drapeau américain 116th Infantry Regiment, 29th Infantry Division

Drapeau américain 121st Engineer Combat Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 224th Field Artillery Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 227th Field Artillery Battalion, 29th Infantry Division

Drapeau américain 175th Infantry Regiment, 29th Infantry Division

Drapeau américain 741st Tank Battalion

Drapeau américain 743rd Tank Battalion

Drapeau nazi II/Grenadier-Regiment 916, 352. Infanterie-Division

Drapeau nazi III/Grenadier-Regiment 726, 716. Infanterie-Division

Historique :

Le village de Vierville-sur-Mer et sa plage sont défendus par quatre points d’appuis codés de Wn 70 à Wn 73. Une valleuse permet de traverser le plateau pour accéder à la plage.

Au printemps 1944, lorsque les Alliés préparent le débarquement de Normandie, les Américains définissent deux secteurs de plage face à Vierville-sur-Mer qui sont baptisés, de l’ouest vers l’est : Charlie et Dog Green. Ces secteurs représentent un front d’environ 1 200 mètres de large. Ils donnent également un nom de code à la valleuse qui devient “D-1”. C’est la compagnie A commandée par le capitaine Taylor N. Fellers appartenant au 116th Infantry Regiment (29th Infantry Division) qui forme la première vague d’assaut avec la compagnie C (capitaine Ralph E. Goranson) du 2nd Rangers Battalion. Les Allemands en poste à Vierville-sur-Mer appartiennent à la 5ème compagnie (commandée par l’Oberleutnant Hahn) du Grenadier-Regiment 916 (352. Infanterie-Division) ainsi qu’à la 11ème compagnie du Grenadier-Regiment 726 (716. Infanterie-Division). Si les Rangers qui débarquent à la Pointe du Hoc ne sont pas parvenus à s’emparer de la batterie à 7 heures, le 5th Ranger Battalion doit être aussitôt dérouté vers Dog Green.

Le 6 juin 1944 à 1 heure du matin, les navires de débarquement en route vers Omaha Beach arrivent en vue des côtes et stoppent la progression à 23 kilomètres du rivage. Les sentinelles allemandes repèrent les masses sombres sur l’eau mais ne parviennent pas à les identifier. Plusieurs bombardements aériens alliés frappent le secteur mais sans toucher les défenses. Peu après 5 heures 10, les bâtiments de guerre devant Omaha appartenant à la Task Force O ouvrent le feu sur les positions allemandes. 29 chars Sherman amphibies codés “Duplex Drive” appartenant aux escadrons B et C du 743rd Tank Battalion sont mis à l’eau mais seuls 3 d’entre eux ne coulent pas : la houle est bien trop forte pour le dispositif amphibie de ces chars spéciaux. Il est alors décidé que les chalands de transport de type Landing Craft Tank (LCT) transportant les chars de l’escadron B débarquent les blindés directement sur la plage, prenant le risque de perdre les bâtiments : en effet, l’un des LCT transportant le commandant d’unité de l’escadron B est coulé, 4 officiers sont tués ou blessés. Néanmoins, 8 des 16 chars sont débarqués.

La première vague d’assaut touche le sol normand à 6 heures 35. Silencieuses jusque là (pour ne pas être repérées par les artilleurs de marine alliés), les défenses allemandes ouvrent le feu lorsque les soldats ont de l’eau jusqu’aux cuisses. Un déluge d’acier et de feu s’abat sur les Américains qui enregistrent instantanément des pertes très élevées. En l’espace de quelques minutes seulement, 90% de la première vague d’assaut est décimée. La compagnie A du 116th Infantry Regiment (116th IR) est clouée au sol par des tirs croisés et précis. Un obus de mortier touche directement un chaland de débarquement, tuant tous ses passagers ; des embarcations sont bloquées par des bancs de sable et les fantassins passent par dessus bord pour débarquer, mais n’ayant pas pied ils se noient en raison du poids de leurs équipements. Des dizaines de soldats sont tués en essayant de traverser la plage : le capitaine Taylor N. Fellers tombe lui aussi. Tous les officiers sont touchés et la plupart des sergents également : les soldats sont livrés à eux-mêmes, sans chefs. Lorsque la compagnie C du 2nd Rangers Battalion forte de 64 militaires s’approche de la plage à l’ouest de la sortie “D-1”, le chaland du capitaine Goranson est touché et une douzaine d’hommes sont tués. L’autre chaland (type Landing Craft Assault, LCA) est pris sous le tir d’une mitrailleuse lorsque la rampe se baisse : 15 Rangers sont tués au moment de débarquer. Les Rangers, quelques secondes seulement après leur engagement sur Omaha Beach, ont déjà perdu 50% de leurs effectifs.

La compagnie B commandée par le capitaine Ettore V. Zappacosta du 116th IR débarque à compter de 7 heures sur Dog Green et est aussitôt fixée par les tirs meurtriers de l’adversaire. Le chaland de débarquement de Zappacosta est criblé d’impacts avant même d’abaisser sa rampe : les soldats se hissent à babord et à tribord mais beaucoup d’entre eux sont touchés par les rafales de mitrailleuses : le capitaine Zappacosta est tué à son tour. Il est remplacé par le lieutenant William B. Williams. La compagnie C du capitaine Berthier B. Hawks débarque à 7 heures 10.

Conformément au plan d’attaque, le 5th Ranger Battalion commandé par le lieutenant-colonel Max F. Schneider est dérouté vers Dog Green étant donné que les hommes du colonel Rudder n’ont pas rendu compte de leur situation à la Pointe du Hoc. Mais à l’approche du rivage, Schneider observe le secteur de plage et se rend bien compte que tout débarquement à cet endroit est impossible : il se déplace vers l’est et débarque finalement à la limite orientale de Dog Green : sur les  450 Rangers de son unité, 6 personnels sont mis hors de combat en traversant la plage.

Quelques rescapés de la compagnie C du 2nd Rangers escaladent la falaise face au secteur Charlie, guidés par le 1st Lieutenant William D. Moody, et atteignent à 7 heures 30 un point fortifié allemand (Wn 73). Le capitaine Ralph E. Goranson leur envoie aussitôt les Rangers restant ainsi que des éléments de la compagnie B du 116th IR. Pendant plusieurs heures, ils attaquent une maison transformée en véritable forteresse par les Allemands (connue comme étant la villa Gambier) : ils prennent d’assaut la position à plusieurs reprises mais les renforts adverses ne cessent d’affluer.

De 8 heures à 8 heures 30, le sommet du plateau de Vierville-sur-Mer est atteint à plusieurs endroits par de petits groupes de soldats isolés, en particulier à l’est de Dog Green à partir du secteur Dog White. Le 5th Ranger Battalion s’infiltre en direction de Vierville-sur-Mer, accompagné par des éléments des compagnies B et C du 116th IR. La section du lieutenant Charles H. Parker, Jr. du 5th Ranger Battalion est en tête, elle atteint la château de Vaumicel au sud de Vierville où elle est fixée pendant tout le reste de la matinée. Pendant ce temps, le destoyer USS Carmick appuie de ses feux la progression de l’infanterie et des blindés du 743rd Tank Battalion sur le secteur Dog Green. A 9 heures, ce sont près de 600 hommes qui se sont extraits de la plage et qui ont atteint le plateau. D’autres éléments du 5th Ranger cherchent à progresser au sud-est de Vierville mais sont stoppés par une solide ligne de défense adverse qui s’appuie sur les rangées de haies. Après 4 heures de durs combats, ils rebroussent chemin et progressent en direction du village de Vierville en empruntant la route qui a été reconnue par la compagnie C du 116th IR à 11 heures. Cette dernière, avec la compagnie B du 5th Ranger, entre dans Vierville-sur-Mer par l’est avant midi : les Américains rencontrent plusieurs points de résistance et s’en emparent, faisant 14 prisonniers chez l’adversaire. Ils progressent vers l’ouest en direction de la Pointe du Hoc et sont stoppés 500 mètres après la sortie du village par une ligne de défense allemande. Pendant plusieurs heures, ils échangent de nombreux coups de feu sans parvenir à percer le front.

De 12 heures à 13 heures, la marine de guerre alliée (notamment l’USS Texas et l’USS McCook) effectue une série de frappes sur les points fortifiés interdisant les accès à la sortie D-1, les tirs étant corrigés depuis la plage par des observateurs d’artillerie du 116th IR. L’USS McCook signale par radio que les Allemands semblent vouloir cesser le combat : 30 d’entre eux sont ainsi faits prisonniers et escortés jusqu’à la mer pour être évacués. Le général Norman D. Cota, commandant en second de la 29th Infantry Division, effectue alors une reconnaissance de la valleuse en empruntant la route accompagné par cinq soldats. Guidés par cinq prisonniers allemands, ils essuient quelques tirs sporadiques d’armes légères et traversent un champ de mines. Les sapeurs du 121st Engineer Combat Battalion se mettent aussitôt au travail pour dégager la sortie “D-1”. La valleuse est à nouveau pratiquable à 17 heures mais les Américains ne disposent pas de suffisamment d’unités pour sécuriser totalement ses accès, tant les pertes sont élevées.

Une attaque des Rangers est prévue à 17 heures à l’ouest de Vierville-sur-Mer mais est finalement annulée. Le commandement ne veut pas relancer l’offensive en direction de la Pointe du Hoc avant le lendemain matin et cherche plutôt à sécuriser les abords immédiats de Vierville-sur-Mer.

Au soir du 6 juin, les Américains tiennent de petites positions très fragiles, isolées les unes des autres tout autour du village. Ils sont couverts par l’appui naval de l’USS Texas qui est en mesure d’effectuer des tirs de barrage contre toute contre-attaque adverse. Le général Charles H. Gerhardt commandant la 29th Infantry Division débarque en soirée et installe son poste de commandement à proximité de la sortie “D-1” : les Allemands ne sont qu’à quelques centaines de mètres au sud et à l’ouest. Par ailleurs, ils parviennent régulièrement à s’infiltrer entre Vierville et Saint-Laurent-sur-Mer.

Le 7 juin 1944, le village est tenu par quatre compagnies de Rangers et par des blindés. Aux alentours de 10 heures, le 3ème bataillon du 115th Infantry Regiment en provenance de Saint-Laurent-sur-Mer reconnait la route de Port-en-Bessin et effectue des missions de contrôle de zone dans Vierville-sur-Mer, s’assurant qu’il ne reste plus d’Allemands cachés dans la commune, puis il progresse vers le sud en direction de Louvières. Le bataillon est sévèrement attaqué et doit se replier en formant une ligne de défense, se préparant à repousser une éventuelle contre-attaque allemande. De 12 heures 30 à 16 heures 30, le 175th Infantry Regiment (29th Infantry Division) commandé par le colonel Paul R. Goode débarque en renfort et traverse Vierville-sur-Mer avant de prendre la direction de Gruchy. Durant l’après-midi, le 224th Field Artillery Battalion et le 227th Field Artillery Battalion débarquent à leur tour, augmentant ainsi considérablement la puissance de feu de la division.

Le village de Vierville-sur-Mer ainsi que la valleuse “D-1” sont copieusement bombardés par l’artillerie adverse à compter de 20 heures, ce qui cause d’importants dégâts et du désordre le long de la sortie de plage. Le 110th Field Artillery Battalion, commandé par le lieutenant-colonel John Purley Cooper et qui venait tout juste de débarquer, perd 17 hommes et 2 obusiers durant ce bombardement.

Du 8 juin au 21 juillet 1944, les Alliés investissent le château de Vierville, face à la sortie “D-1”, au profit de l’état-major du 11th Port.

   Photos de Vierville-sur-Mer en 1944

Cartes de Vierville-sur-Mer :

Image : carte du secteur de Vierville-sur-Mer - Bataille de Normandie en 1944
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