Encyclopédie du débarquement et de la bataille de Normandie
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Mortain en 1944 – Manche – Bataille de Normandie

Mortain (Manche)

Les villes de Normandie pendant les combats de 1944

Libération : 12 août 1944

Unités engagées :

Drapeau américain 1st Infantry Division

Drapeau américain Combat Command B, 3rd Armored Division

Drapeau américain 117th Infantry Regiment, 30th Infantry Division

Drapeau américain 120th Infantry Regiment, 30th Infantry Division

Drapeau américain 230th Field Artillery Battalion, 30th Infantry Division

Drapeau américain 35th Infantry Division

Drapeau américain 823d Tank Destroyer Battalion

Drapeau nazi 2. Panzer-Division

Drapeau nazi 2. SS Panzer-Division “Das Reich”

Drapeau nazi 17. SS Panzer-Division “Götz von Berlichingen”

Drapeau nazi 275. Infanterie-Division

Historique :

Au début du mois d’août 1944, les Américains s’engouffrent en Bretagne suite à la prise d’Avranches le 31 juillet. Ils réalisent rapidement que l’étroit corridor délimité à l’ouest par la mer et à l’est par les forces allemandes doit être impérativement élargi afin d’éviter toute contre-attaque dans le secteur, qui isolerait les unités de Bretagne par rapport à celles dans le Cotentin. La 1st Infantry Division commandée par le Major General Clarence R. Huebner reçoit l’ordre dès le 1er août de s’emparer de la ville de Mortain dans le but de poursuivre l’offensive à l’est d’Avranches tout en enveloppant les forces allemandes qui ont été dépassées les jours précédents. Les fantassins sont appuyés par les blindés du Combat Command B (CCB) de la 3rd Armored Division. Progressant malgré la résistance d’éléments de la 275. Infanterie-Division et les assauts d’unités de reconnaissance de la 2. Panzer-Division, ils s’emparent de Mortain le 3 août. Le général Huebner sécurise aussitôt les hauteurs situées aux abords immédiats à l’est de la ville. A partir de cette position, dont le point haut est coté 317, les artilleurs réalisent de multiples tirs sur des unités allemandes en déroute au nord. Dès le 4 août, les Américains interceptent les communications allemandes liées à l’imminence d’une contre-offensive dans le secteur : grâce au système Ultra, ils déchiffrent les messages annonçant une opération allemande. Les Américains ne modifient pas leurs plans des jours à venir pour autant mais mettent en alerte la 9th Air Force ainsi que les forces aériennes britanniques de la 2nd Tactical Air Force. En effet, pendant ce même temps, les Allemands préparent une importante offensive baptisée opération Lüttich : son but est d’atteindre Avranches pour couper les lignes américaines en deux.

Afin de permettre à la 1st Infantry Division de poursuivre son offensive vers le sud-est, la 30th Infantry Division du Major General Leland S. Hobbs prend position à compter du 6 août dans le secteur de Mortain. La ville est sécurisée vers 20 heures par le 120th Infantry Regiment (120th IR) aux ordres du colonel Hammond Birks. Son premier bataillon a pris position sur les hauteurs à l’ouest tandis que le deuxième bataillon est en place sur celles situées à l’est (colline 317). La 1st Army commandée par le Lieutenant General Omar Bradley met en alerte la 30th Infantry Division aux environs de minuit : les reconnaissances aériennes à l’est de la ligne de front indiquent la concentration d’environ 5 400 fantassins ennemis. Le général Hobbs fait aussitôt parvenir un message au colonel Birks pour que ce dernier renforce son dispositif à hauteur de la cote 317, mais aux premières heures du 7 août 1944, les Allemands passent déjà à l’attaque.

Peu avant 3 heures du matin, la 17. SS Panzer-Division “Götz von Berlichingen” (sous le commandement à cette occasion, de la 2. SS Panzer-Division “Das Reich”) réalise l’un de ses objectifs préliminaires, à savoir atteindre Mortain avec ses chars. Le choc est violent et les Allemands parviennent rapidement à déborder le 2ème bataillon du 120th IR par le nord et le sud. L’unité, qui passe sous le commandement du capitaine Reynold C. Erichson, est isolée sur la colline 317 et résiste tant bien que mal face aux colonnes de soldats et de véhicules adverses qui parviennent à franchir les obstacles installés sur les routes. Les pertes du 2ème bataillon sont catastrophiques et le colonel Birks considère son unité comme entièrement détruite. Mais cette dernière offre une redoutable résistance et les chefs d’éléments refusent de se rendre : le capitaine Erichson est épaulé par le capitaine Delmont K. Byrn, commandant la compagnie d’armes lourdes, ainsi que par ses commandants d’unités (1st lieutenant Ralph A. Kerley, 1st lieutenant Joseph C. Reaser et 1st lieutenant Ronal E. Woody, Jr.). Ils peuvent également compter sur le travail de deux observateurs avancés d’artillerie appartenant au 230th Field Artillery Battalion : le 1st lieutenant Charles A. Barts et le 2nd lieutenant Robert L. Weiss. Le 117th Infantry Regiment du lieutenant-colonel Walter M. Johnson déploie son 2ème bataillon en renfort mais ce dernier ne parvient pas à stopper ses adversaires : les chars allemands investissent le centre de Mortain. Au lever du jour, les Américains sont partiellement désorganisés et de nombreux soldats se retrouvent isolés du reste de leur unité face aux assauts des forces SS. Pendant que les survivants du 120th IR se replient sur les hauteurs à l’ouest de Mortain où est installé le poste de commandement du premier bataillon, le général Bradley ordonne au 35th Infantry Division du Major General Paul W. Baade de renforcer le secteur. Le beau temps qui fait se lever le brouillard matinal permet l’engagement des forces aériennes alliées à compter de midi et la 2nd Tactical Air Force déploie pas moins de dix escadrilles de chasseurs-bombardiers Typhoon qui réalisent 294 sorties au profit des forces terrestres dans le secteur de Mortain. L’intervention des forces aériennes met un frein à l’offensive allemande : les équipages de blindés cherchent des couverts et stoppent toute progression de peur d’être victime d’un tir d’appareil allié. Les Américains ne parviennent pas pour autant à reprendre l’ascendant car durant la seule journée du 7 août, la 30th Infantry Division perd 600 hommes (tués, blessés, disparus ou faits prisonniers).

Durant les jours qui suivent, la ligne de front est bloquée à Mortain et les escarmouches se multiplient dans le désordre, les Allemands cherchant à maintenir la pression sur les Américains afin qu’ils ne parviennent pas à s’organiser. Les survivants du 2ème bataillon, isolés sur la colline 317, manquent rapidement de vivres et de plasma pour soigner leurs blessés ; des parachutages sont prévus mais la défense antiaérienne allemande repousse les appareils. Néanmoins, durant l’après-midi du 10 août, des Douglas C-47 parviennent à larguer du ravitaillement : celui-ci tombe malheureusement en dehors du périmètre contrôlé par les Américains. Ces derniers peuvent malgré tout compter sur l’aide de paysans normands qui, en dépit du danger, apportent des vivres frais aux soldats du capitaine Erichson. Le lieutenant-colonel Lewis D. Vieman, chef de corps du 230th Field Artillery Battalion, imagine d’envoyer du ravitaillement en utilisant les canons de ses batteries : il fait ajouter du matériel médical dans les obus fumigènes destinés initialement à répandre des tractes de propagande. Les “tirs de ravitaillement” débutent le 10 août également.

Le 11 août 1944, les Allemands reçoivent l’ordre de se replier car les Anglo-Canadiens attaquent en direction de Falaise et menacent de percer durablement la ligne de front vers le sud. Le repli s’effectue à la nuit tombée. La 35th Infantry Division n’arrive dans le secteur de Mortain que le 12 août 1944 aux environs de midi : elle a perdu près de 700 hommes pour atteindre la ville. L’arrivée de ces renforts permet au 120th Infantry Regiment de s’infiltrer dans la commune qui passe à nouveau sous contrôle américain. Près de 300 survivants de la colline 317 aux ordres du capitaine Erichson sont libérés de l’encerclement : 227 soldats du deuxième bataillon ont été tués, blessés ou faits prisonniers durant ces six jours d’isolement.

 

Cartes de Mortain :

Image : carte de Mortain
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