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Un
port en eau profonde
Le
ravitaillement joue un rôle plus que primordial en temps
de guerre. Il est aussi important qu'un soldat, car sans lui,
pas de munitions pour les armes, pas de carburant pour les
véhicules ou bien encore pas de vivres pour les hommes
et femmes qui travaillent dans le cadre de l'effort de guerre.
C'est
pourquoi ont été créés les port
artificiels d'Arromanches et de Saint-Laurent-sur-Mer, afin
que les Alliés, même sans avoir capturé
de grands ports en eau profonde (permettant ainsi l'accostage
de navires de gros tonnage), puissent bénéficier
d'un ravitaillement constant et à haut débit.
Mais de tels ports artificiels, bien qu'efficaces dans les
premières heures de la bataille, se montre insuffisant
avec le temps : une forte tempête détruit le
port de Saint-Laurent dans la nuit du 19 au 20 juin 1944 (Jour
J + 12 et + 13) et endommage fortement celui d'Arromanches,
demeurant inopérant quelques jours, ce qui reporte
l'opération
Epsom dans la région de Caen : 25 000 tonnes de munitions
ont été déchargées le 18 juin, le tonnage tombe
à 4 000 le 20 juin.
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Tempête
en Manche entre le 19 et le 20 juin détruisant
le port artificiel de Saint-Laurent-sur-Mer et endommageant
fortement celui d'Arromanches. |
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L'objectif
des Alliés, après celui d'établir et
de consolider une tête de pont en Normandie, est de
capturer la ville de Cherbourg et notamment son port en eau
profonde. C'est pourquoi la plage de Utah est située
dans le Cotentin, au sud de Cherbourg, afin d'accélérer
la prise de cette ville.
Le
19ème corps américain du général
Corlett est mis en oeuvre devant Saint-Lô entre le 5ème
corps, débarqué à Omaha, et le 7ème
corps, débarqué à Utah. Ce dernier, commandé
par le bouillant général "Ligntning
Joe" Collins (de retour de Guadalcanal), se consacre
à la capture de Cherbourg. Les moyens qui lui sont
octroyés sont très importants et il reçoit
le renfort de 30 bataillons en à peine 12 jours.
La
plupart des divisions blindées allemandes font face
aux divisions britanniques à Caen, et elles dégarnissent
ainsi le front ouest, dans le Cotentin. Cette absence de chars
est profitable au 7ème corps de Collins, mais l'avancée
des troupes américaines n'en est pas pour autant facile
: les troupes progressent par sauts de puces et conquirent
le terrain bunker par bunker, ferme par ferme, parcelle de
terrain par parcelle de terrain et ce au prix de pertes très
élevées.
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Fortification
bombardée et détruite dans les environs
de Cherbourg. |
Les
Américains coupent dans un premier temps la presqu'île
du Cotentin en deux : partie nord, partie Sud, en perçant
vers Portbail et Barneville le 18 juin.
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Puis
c'est la remontée vers le nord pour la prise de Cherbourg
: la ville de Valogne est capturée le 19 juin et
le même jour, à trois heures du matin, le 7ème
corps s'empare de Montebourg par surprise.
La bataille
du Val-de-Saire
Ne
laissant pas de répit aux forces allemandes, il lance
trois divisions à l'assaut, sans même prendre
le temps de préparer le terrain avec un bombardement
d'artillerie habituel : la 4ème division d'infanterie
américaine défait les troupes ennemis prises
par surprise.
Cherbourg, ville retranchée, est atteinte le 21 juin.
La bataille qui s'engage s'appelle désormais la bataille
du Val-de-Saire.
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Bataille
pour la capture de Cherbourg vue depuis les hauteurs de la ville. |
Le
commandant de la garnison de Cherbourg, Karl von Schlieben,
a organisé la défense de la ville. Malgré
une valeur combattive médiocre, ces unités défendent
Cherbourg avec tenacité. Le 7ème corps demande
la reddition des troupes allemandes encerclées, refusée
par von Schlieben. C'est à ce moment que l'attaque
pour la prise de Cherbourg commence.
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Le général Ira Wyche, commandant la 79ème
D.I. au Fort du Roule à Cherbourg. |
Après
des violents combats, tous les points forts de résistance
allemande sont éradiqués à partir du
26 juin (même s'il reste encore quelques défenseurs)
et sachant la bataille perdue, von Schlieben se rend avec
l'Amiral Hennecke, ainsi que 37000 hommes.
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Colonne
de prisonniers allemands dans Cherbourg. |
Le
contrôle total du port et de son arsenal, ainsi que
l'arrêt des combats dans le nord du Cotentin est effectif
aux environs du 1er juillet 1944.
Aussitôt
après la fin des combats, une véritable course
contre la montre s'engage pour remettre en état les
installations portuaires de Cherbourg, détruites par
les Allemands mais aussi par les bombardements alliés.
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Destructions
allemandes dans le port de Cherbourg. |
Ce n'est
que le 17 juillet 1944 que le premier bâtiment allié
accoste dans le port de Cherbourg tout juste rénové
pour décharger sa précieuse cargaison.
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