65ème
anniversaire du débarquement de Normandie : une réflexion
pour le souvenir
Voici
65 ans que la Normandie a connu le fracas des armes dont l'écho
résonne encore aujourd'hui sur les plages et les zones de
parachutage du Calvados et de la Manche. Il y a 65 ans, l'immense
machine de guerre alliée déferlait sur le Mur de l'Atlantique,
accélérant de cette manière la défaite
du totalitarisme nazi. Il y a 65 ans, les civils normands voyaient
les troupes américaines, anglaises, canadiennes ou encore
françaises libérer leurs villes et villages, au prix
du sang.
Aujourd'hui
comme tous les ans depuis ce mardi 6 juin 1944, nous nous souvenons.
Nous nous souvenons de ces jeunes soldats de vingt ans versés
dans le chaudron de la guerre pour un idéal qui les dépassait.
Nous nous souvenons des civils normands qui ont souffert de la guerre
et qui ont eux aussi payé cher le prix de la liberté.
Nous nous souvenons de ceux qui ont travaillé dans l'ombre
pour que la victoire alliée soit possible. Nous souvenons
que la liberté fut gagnée par le courage de quelques-uns
se battant pour l'humanité. Nous nous souvenons. Et nous
ne voulons pas oublier.
Aujourd'hui
nous nous rassemblons pour rendre hommage à ces hommes qui
se sont battus sur nos terres contre un ennemi despotique. Nous
nous rassemblons également pour prendre mieux conscience
de la valeur de la liberté et de la paix, que nous avons
peut-être trop souvent tendance à considérer
comme acquis ; cela fait en effet près de 65 ans que notre
territoire n'a pas connu les affres de la guerre. Les commémorations
de Normandie ne sont pas seulement un regard vers le passé,
mais aussi un regard vers le futur. Main dans la main entre les
différentes générations, en particulier la
plus jeune à qui nous nous devons de transmettre le flambeau
du souvenir.
C'est ainsi
que les inaugurations de stèles et de monuments se multiplient
de nos jours en Normandie. Car il faut aider la mémoire.
Le souvenir n'est pas inné. Il ne doit pas être non
plus biaisé par des considérations strictement politiques
ou idéologiques. Le souvenir s'entretient. Les vétérans,
véritables témoins directs des événements
historiques que nous commémorons, sont de moins en moins
nombreux chaque année : bientôt, il ne restera plus
que les stèles et monuments, les historiens, les écrivains
et encore les directeurs de sites sur internet pour transmettre
le savoir historique aux générations suivantes. Une
lourde responsabilité, qui doit être prise avec le
plus grand sérieux.
Au cours de l'été 2009, le monde a témoigné son
respect pour les vétérans. Ne cessons jamais de le
faire. Ayons une pensé particulière pour leurs camarades
tombés au champ d'honneur et qui sont enterrés dans
les cimetières militaires normands.
Marc
Laurenceau |