| Objectif
: Cherbourg
Au
18 juin 1944, la tête de pont alliée en Normandie tient
bon, mais des objectifs initialement prévus par le plan Overlord
sont toujours a atteindre, notamment la capture de Caen, prévue
pour le Jour J (6 juin).
La
consolidation de la tête de pont alliée repose en grande
partie sur les deux ports artificiels que les Alliés ont
construit et assemblé en face des localités d'Arromanches-les-Bains
et de Saint-Laurent-sur-Mer.
Ils ravitaillent en carburant, munitions, vivres et équipement
les forces combattantes alliées. Mais les 19 et 20 juin 1944,
une très forte tempête détruit le port de Saint-Laurent
et endommage celui d'Arromanches qui peut toutefois être réparé.
Néanmoins, des dizaines de navires sont coulés ou échoués
et près de 140 000 tonnes de matériels furent perdu.
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Destructions
allemandes dans le port de Cherbourg. |
L'approvisionnement
est nettement plus faible, au point que l'état-major allié
réalise véritablement l'importance grandissante de
capturer un port en eau profonde, comme celui de Cherbourg. C'est
ainsi que commence les batailles
pour le contrôle de Cherbourg qui sont principalement
menées par le 7ème corps du général
Collins, qui possède la réputation d'être l'un
des meilleurs stratèges de l'armée américaine.
La
progression américaine dans la presqu'île du Cotentin
est lente, mais rien n'arrête Collins. Les combats sont très
violents et très meurtriers, les Allemands défendant
aprement leurs positions, même s'ils ne possèdent pas
autant de blindés que dans la région de Caen. Mais
les 4ème, 9ème, et 79ème divisions américaines
viennent à bout de leurs ennemis et atteignent la ville de
Cherbourg le 21 juin qui tombe le 26. Elle n'est totalement sous
contrôle qu'à partir du 1er juillet 1944.
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Prisonnier
allemand du Schifsstammeabteilung à Cherbourg. |
Ce
n'est que le 17 juillet que le premier bâtiment allié
entre dans le port de Cherbourg tout juste rénové
pour décharger sa précieuse cargaison.
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Un
des forts de Cherbourg photographié après les
bombardements Alliés. |
Les
généraux allemands croient à Fortitude
Les
chefs d'états-major allemands le savent, Rommel
et von
Rundstedt en premiers : la capture de Cherbourg par les Alliés
marque un tournant de la bataille de Normandie qui annonce une défaite
de plus grande envergure pour l'Allemagne nazie.
Hitler, de son
côté, ordonne toujours à ses généraux
de stationner la XVème armée dans le nord de la France,
car il croit toujours que le débarquement de Normandie n'est
qu'une simple diversion et que le véritable débarquement
se fera face au Pas-de-Calais.
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Mais
les services de renseignement alliés innondent les bureaux
de l'état-major allemand de faux rapports qui trompent les
généraux de l'Axe.
Le
jour de la chute de Cherbourg, le 26 juin 1944, les services de
renseignements allemands rédigent ce message : "L'ennemi
emploie 27 à 31 divisions dans la tête de pont. En
Angleterre restent 67 grandes unités dont 57 peuvent être
employées pour une opération de grande envergure".
L'opération
Fortitude fonctionne a merveille car en vérité,
les Alliés ne dispose que de 15 divisions prêtes à
débarquer et que 25 divisions sont dans la tête de
pont. Conséquence immédiate : les Allemands laissent
dans le Pas-de-Calais 150 000 soldats qui leur manquent cruellement
sur le front Normandie.
L'affaire
"Monty"
A
l'est de la Normandie, face à Caen, de très violents
combats sont en cours, selon des nouveaux plans élaborés
par le général anglais Montgomery,
surnommé "Monty", commandant en chef des forces
terrestres alliées engagées en Normandie. Cette liberté d'action
par rapport aux plans initiaux établis le 15 mai 1944 à
Londres semble agacer les autres généraux alliés
qui pensent même, comme le général commandant
les forces aériennes alliées, Arthur Tedder, à
le limoger.
Les
aviateurs alliés sont les premiers à penser que l'avancée
des armées du général "Monty" est
trop lente et inefficace, car il leur est impossible de disposer
de nouvelles pistes d'aviation, faute de s'emparer de terrains supplémentaires.
Dans
le but de justifier sa stratégie, Montgomery présente
sa manière de procéder : "La IIème armée
britannique doit mener l'assaut à l'ouest de l'Orne afin
d'engager des opérations au sud et au sud-est pour s'assurer
des aérodromes et pour protéger le flanc est de la
1ère armée américaine qui devra capturer Cherbourg.
Par la suite, la IIème armée pivotera sur sa gauche
et présentera un front solide contre les manoeuvres adverses
venant de l'est".
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Soldats
allemands en position avec une mitrailleuse MG 42 dans le bois
de Bavent. |
Le général Eisenhower écrit à ce sujet
: "A l'est, nous n'avions pas pu percer vers la Seine et la
concentration du maximum de la puissance ennemie dans le secteur
de Caen ne nous avait pas permis de nous assurer dans cette région
du terrain dont nous avions tellement besoin. Toutefois nos plans
étaient suffisamment souples pour que nous puissions tirer
un avantage des contre-attaques de l'ennemi en ordonnant aux unités
américaines de l'ouest d'attaquer en force hors de la zone
de consolidation tandis que les Britanniques et les Canadiens gardaient
les Allemands occupés dans l'est".
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Le
26 juin, des soldats du 6ème "Royal Scot Fusiliers"
attaquent avec des fumigènes. |
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