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Crawford
J. Ferguson III avait 19 ans en juin 1944. Il était mitrailleur
axial pendant la Seconde Guerre Mondiale sur les très connues
Forteresses Volantes américaines, des bombardiers quadrimoteur
Boeing B-17 "Flying Fortress".
Le Jour J,
il participe aux bombardements préparatifs du Débarquement
de Normandie, notamment à l'attaque de la redoutable batterie
côtière de Longues-sur-Mer, entre Omaha Beach et Gold
Beach.
Le père
de Crawford Ferguson s'est battu en France pendant la Première
Guerre Mondiale. Il a d'ailleurs été décoré
de la Croix de Guerre Française. La famille Ferguson se souvient
très bien des actions de La Fayette aux Etats-Unis lors de
la Guerre d'Indépendence américaine.
Après
le Débarquement de Normandie, Crawford Ferguson III participe
à de nombreux bombardements d'objectifs stratégiques
en Europe. Dans l'ordre chronologique : Evreux, Lille/Vendeville,
Paris, Nantes, L'Evesque, Renascure, Brême, Orléans,
Leipzig, Aires, Leipzig (deuxième bombardement), Munich,
Saint-Lô, Orléans (deuxième bombardement), Montech,
Senlis, Frankfort, Cologne, Magdebourg et enfin Kassel.
Blessé
par les tirs de la FLAK (défense anti-aérienne allemande)
lors d'un raid au-dessus d'Auxerre, il se souvient très bien
des impressions qu'il a ressenti lors des vols effectués.
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"Le Jour
J n'était pas pour notre Groupe (le 92ème Groupe,
surnommé "The old, Slam-Bam 92"), une étonnante
surprise. Les jours précédants le 6 juin 1944, le
92ème a été bombarder des installations ennemies
tout le long des côtes au Nord de la France. Et en soirée
du 5 juin 1944, nous avons été consigné à
la base (une restriction dont nous n'avions pas l'habitude et qui
nous a fait penser que "quelque chose se préparait").
Ce qui se préparait
le Jour J était que 85 Forteresses Volantes du 92ème
Groupe avaient été regroupées en trois escadrilles,
qui devaient quant à elles mener trois missions différentes.
Peu avant l'aube
du 6 juin 1944, l'équipage du B-17 nommé "The
Old Shillelagh" (un shillelagh est un Club de Guerre Irelandais.
La plupart des hommes d'équipages étaient des américains
d'origine Irlandaise, d'où le nom. Pour ma part, je suis
d'origine Ecossaise) décolle avec 39 autres Forteresses Volantes.
L'objectif était la Batterie côtière allemande
de Longues-sur-Mer, où quatre canons de fort calibre peuvent
mettre en danger les navires Alliés.
Nous avons bombardé
l'objectif à 17 000 pieds, et alors que nous avions l'habitude
de rencontrer une résistance acharnée lors des bombardements
au-dessus de Berlin ou Munich, la FLAK (défense anti-aérienne
allemande) était loin d'être intense dans les environs
de Longues-sur-Mer. De plus, la Luftwaffe ne s'est pas montrée.
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Sur le chemin
du retour, nous pouvions apercevoir la première vague d'assaut
se diriger vers le rivage. Le "Shillelagh" est rentré
sans encombre à la base.
Nous avons ensuite
été "briefé" dans les locaux des
Services de Renseignement (où on nous servait toujours un
excellent Scotch). Après 3 verres de Scotch, certains d'entre
nous s'imaginaient avoir vaincu à eux seuls toute la Luftwaffe.
Puis nous sommes
allé en ville et nous nous sommes arrêtés dans
quelques pubs où nous étions très, très
attirés par les jeunes demoiselles Anglaises (j'avais 19
ans, comme tous les autres de l'équipage).
Le jour suivant,
le 7 juin 1944, nous avons reçu un nouvel ordre de mission
: bombarder un aérodrome de la Luftwaffe près de Lorient.
Je savais que
les Français apprécient leur magnifique langage et
je m'étais entraîné à prononcer quelques
phrases (au cas où notre avion était abattu et que
nous devions sauter en parachute au-dessus de la France) notamment
celle-ci : "S'il vous plait, ne me tirez pas dessus".
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