Encyclopédie du débarquement et de la bataille de Normandie
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Omaha Beach – Débarquement de Normandie – 6 juin 1944 – 2

Omaha Beach

Historique et photos de la plage (2/2)

– Lieu : de la Pointe du Hoc à Sainte-Honorine

– Horaire : 06h30 – Jour J

– After Action Reports – Raports après action

Suite de la page Omaha Beach (1/2)  :

 

Image : Abrités derrière les "hérissons tchèques", ces soldats Américains tentent de survivre Abrités derrière les “hérissons tchèques”, ces soldats américains tentent de survivre.

La plage est jonchée de matériel divers et de corps humains déchiquetés par les balles et les éclats d’obus. Tous ces éléments sont petit à petit rapportés par la marée montante et les blessés situés au milieu de la plage et ne pouvant plus bouger sont condamnés à mourir par noyade si personne ne leur vient en aide. Les soldats américains sont tous mélangés et personne n’a véritablement débarqué à l’endroit prévu. En effet, les conducteurs des péniches d’assaut estiment qu’il vaut mieux débarquer les hommes à un endroit où le feu se fait moins dense, plutôt que de les faire respecter un simple plan et de les envoyer à une mort plus que certaine. Les artilleurs allemands font régulièrement mouche et détruisent de nombreuses barges avant mêmes qu’elles n’atteignent le rivage.

Image : Barge en feu devant la plage d'Omaha, touchée de plein fouet par un obus Allemand Barge en feu devant la plage d’Omaha, touchée de plein fouet par un obus allemand.

Les survivants des cinq premières vagues d’assaut tentent de survivre à l’enfer. Les snipers allemands tirent sur les officiers américains et sur ceux qui semblent vouloir prendre les choses en mains, les mitrailleuses crachent depuis les bunkers et les points fortifiés un déluge de métal qui est croisé par d’autres mitrailleuses. Les canons et les mortiers font exploser des véhicules qui ont réussi à débarquer… Tout mouvement, toute percée semble impossible.

Image : Cette photo est extraite du film réalisé par le cameraman Wall, qui perdra sa jambe vers 10h00 sur Omaha Cette photo est extraite du film réalisé par le cameraman Wall, qui perdra sa jambe vers 10h00 sur Omaha.

La première percée

Vers 9h30, les choses commencent à évoluer sur Omaha, principalement à l’est de la plage, aux environs du secteur Fox, où les tirs sont moins denses qu’à l’ouest d’Omaha. Un groupe d’Américains évolue alors vers l’est en direction de la ville de Port-en-Bessin afin d’effectuer la jonction avec les troupes britanniques, distantes de près de 16 kilomètres.

Image : Les barges continuent à débarquer des soldats sur la plage Les barges continuent à débarquer des soldats sur la plage.

Il est 10 heures. Voici près de trois heures et demie que les forces américaines piétinent sur Omaha Beach : quelques hommes des 1er, 2ème et 3ème bataillons du 16ème régiment de la 1ère division d’infanterie, tentent une sortie. Ils se sont regroupés et forment une force de près de 200 soldats, ce qui relève du miracle. Profitant d’un épais nuage de fumée provenant de l’incendie du plateau causé par les bombardements alliés, les soldats progressent, parfois équipés de leur masque à gaz pour se protéger.

Le général Bradley, situé sur le pont du croiseur USS Augusta, observe avec ses jumelles l’évolution de la bataille. Les rapports de la Marine sont catastrophiques : les pertes sont extraordinairement élevées. Bradley pense même, durant un instant, interrompre le ballet des renforts vers Omaha et de les rediriger vers Utah dont les rapports de situation sont bien meilleurs. Mais il se persuade que la seule chance pour les Alliés de s’emparer de cette plage est d’envoyer encore et encore de très nombreux renforts : les Allemands devront bien plier à un moment ou à un autre sous le poids de l’immense machine de guerre américaine.

Image : Omar Bradley (lunettes), commandant les forces Américaines, observe l'évolution des combats sur Omaha Omar Bradley (lunettes), commandant les forces américaines, observe l’évolution des combats sur Omaha.

La réaction américaine

Cette réaction fait face à l’éventualité que les Allemands soient renforcés dans les heures qui suivent. Si les troupes adverses obtiennent des hommes et en munitions supplémentaires, il est tout simplement impossible de tenter une percée décisive.

Image : Sur la plage, les médecins sont submergés par les centaines de blessés en attente de soins Sur la plage, les médecins sont submergés par les centaines de blessés en attente de soins.

Mais ces renforts allemands ne viennent pas : les généraux du 3ème Reich sont mal informés de la situation et ils n’estiment pas nécessaire d’envoyer immédiatement des moyens lourds vers les plages.

Image : Soldats américains tués sur la plage d'Omaha devant Vierville-sur-Mer Soldats américains tués sur la plage d’Omaha devant Vierville-sur-Mer.

Sur la plage, les véhicules qui ne sont pas encore détruits par les canons allemands ne peuvent pas progresser au milieu d’un désordre épouvantable : les morts et les blessés jonchent le sable de Normandie, des carcasses de véhicules brûlent, des casques, des armes, des cartouchières, des habits sont abandonnés et donnent ainsi aux hommes qui se battent sur Omaha un aperçu de l’enfer plus que réaliste.

Image : Débris de toutes sortes et épaves de péniches de débarquement sur la plage Débris de toutes sortes et épaves de péniches de débarquement sur la plage.

Les officiers généraux de l’armée américaine s’inquiètent : la silhouette de la défaite plane sur Omaha. Le Major General Clarence Huebner, commandant la 1ère division d’infanterie, demande à l’artillerie navale d’appuyer au plus près les fantassins. Certains navires alliés s’approchent à près de 800 mètres de la plage pour tirer quasiment à bout portant sur les points fortifiés allemands qui continuent de vomir des balles et des obus sur les assaillants qui fourmillent sur la plage.

Image : Sauvetage de soldats Américains qui ont manqué de peu de se noyer en Manche Sauvetage de soldats américains qui ont manqué de peu de se noyer en Manche.

En route vers l’intérieur

Vers 11 heures, les percées vers le plateau se multiplient et des centaines de soldats, engourdis par le bruit et le froid, se ruent à l’assaut des positions allemandes dominant la plage et toujours actives. Alors que les débarquements de véhicules sont interrompus, des centaines de fantassins mettent pied sur la plage. Le 18ème régiment d’infanterie, fraîchement débarqué sur le secteur “Easy”, gagne le plateau et progresse en direction du village de Colleville-sur-Mer dans lequel le 16ème régiment se bat déjà.

Image : Les renforts continuent de débarquer sur la plage. Les renforts continuent de débarquer sur la plage.

Les positions allemandes dominant le rivage sont prises une par une à revers et peu à peu, en début d’après-midi, le vacarme assourdissant cesse sur Omaha. Les véhicules sont ensuite à nouveau autorisés à débarquer, car les sapeurs ont dégagé 5 autres sorties ce qui porte à 6 au total le nombre de sorties réalisées, sur les 16 prévues au préalable.

En fin d’après-midi, la plage est sous contrôle, mais par intermittence des tireurs embusqués allemands ouvrent le feu sur les troupes débarquant ou sur les blessés regroupés et attendant leur évacuation vers l’Angleterre. En début de soirée, la route côtière reliant Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer est atteinte par différents groupes américains. La tête de pont qui jusqu’alors était de 5,9 kilomètres de long, soit la longueur totale d’Omaha Beach, représente à ce moment une ligne de front de 9 kilomètres de long et 3 kilomètres de large.

Image : Les renforts en route vers l'intérieur des terres afin de protéger la fragile tête de pont Américaine Les renforts en route vers l’intérieur des terres afin de protéger la fragile tête de pont américaine.

Bilan

Au soir du 6 juin 1944, près de 30 000 militaires sont débarqués sur Omaha Beach. 2500 soldats américains ont perdu la vie, ont été blessé, sont portés disparus ou ont été fait prisonnier dans les premières heures de l’assaut. Le 6 juin à 24 heures, on dénombre près de 3000 américains tués. La tête de pont est extrêmement fragile et les Alliés sont en position de faiblesse à Omaha : la moindre contre-attaque massive et organisée de la part des Allemands pourrait brusquement mettre en péril le bon déroulement de l’opération Overlord. Les prochaines 24 heures sont, au sud et sur les flancs d’Omaha, décisives.

Cette plage porte désormais le triste surnom de bloody Omaha : Omaha la sanglante.

Image : A Omaha, les péniches de débarquement déchargent les différents équipements nécessaires aux soldats A Omaha, les péniches de débarquement déchargent les différents équipements nécessaires aux soldats.

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