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La
bataille suprême est engagée
Au
soir du 6 juin 1944, beaucoup des objectifs initialement prévus
sont encore à atteindre. La tête de pont alliée
est solidement ancrée dans la Normandie, mais elle n'est
pas encore à l'abri d'une contre-attaque allemande de vaste
envergure appuyée par les divisions de chars. La vaste armada
continue de débarquer sur les plages à peine sécurisées
les renforts divers et les précieux canons anti-chars.
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Les
LCT (Landing Ship Tanks) débarquement leur cargaison
à Omaha Beach. |
Les
blessés sont évacués par des navires hôpitaux
alliés et les blessés graves par avions qui décollent
d'un petit aéroport construit le 7 juin par les ingénieurs
militaires américains sur le plateau entre Colleville-sur-Mer
et Saint-Laurent-sur-Mer.
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Soldats
américains blessés au combat et évacués
par bateau en Angleterre. |
La
prise de Caen, prévue dans la journée du 6 juin, est
ajournée, car les chars britanniques, prenant trop d'avance,
perdent le soutien de l'infanterie et s'ils ne sont seulement qu'à
quelques kilomètres de la capitale du Calvados, ils sont
obligés de se replier.
Si
les résultats de la première journée de combat
sont positifs, cela ne veut pas dire que les Allemands quittent
le front et abandonnent la Normandie aux Alliés : ils vont
se battre et opposer une résistance farouche aux forces débarquées
pendant toute la Bataille de Normandie.
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Patrouille
de soldats américains dans Sainte-Mère-Eglise. |
La
situation, le 6 juin 1944 à minuit est la suivante : plus
de 156 000 soldats Alliés ont débarqué sur
les cinq plages (Utah, Omaha,
Gold,
Juno et
Sword)
avec près de 73 000 unités américaines et 83
115 unités Anglo-Canadiennes.
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Atterrissage
des planeurs Alliés au Nord-Est de Caen (6ème
Airborne Division). |
Les
Alliés déplorent la perte de 10 000 hommes dont 2500
tués, des chiffres très éloignés des
prévisions les plus optimistes. Churchill, le Premier Ministre
Britannique, avait avancé avant le Débarquement le
chiffre de 20 000 tués.
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Prisonniers
allemands enterrant les tués américains près
de Saint-Laurent-sur-Mer. |
Du
côté allemand, les premiers rapports parlent de 4000
morts, mais ces chiffres varient du simple au double dans les premières
heures de l'attaque.
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Un
Sergeant, un Corporal et deux autres paras de le 6ème
Airborne Division prisonniers des allemands. |
Le
Mur de l'Atlantique est percé et n'a été véritablement
efficace que sur les secteurs de plage d'Omaha et de Juno. Toutefois
il n'inquiète plus les Alliés désormais, qui
se concentrent sur les mouvements des régiments de chars
ennemis. Car les Tigre
et les Panther
allemands sont les hantises des divisions alliées. Pour combattre
ces unités, les Américains et les Anglo-Canadiens
encombrent le ciel Normand d'avions de chasse qui patrouillent sans
cesse. Sur 10 000 sorties d'avions Alliés le 6 juin, seuls
319 appareils allemands ont décollé, n'abattant aucun
avion Allié.
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Patrouille
de soldats américains dans Sainte-Mère-Eglise
à la recherche de tireurs isolés. |
La
centaine de Rangers survivants de l'attaque de la Pointe
du Hoc la matin du 6 juin sont toujours isolés, ne contrôlant
qu'une mince parcelle de terrain. Ils attendent le renfort du 116
Régiment de la 1ère division d'infanterie américaine
qui n'arrivera que le 9 juin, 3 jours plus tard. Pendant ces trois
jours, les Rangers ont continuellement repoussé les attaques
allemandes : sur les 225 Rangers engagés sur la Pointe, seuls
90 d'entre eux, dont beaucoup sont blessés, s'en sortent
vivant.
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La
Pointe du Hoc est contrôlée par le 2ème
Bataillon de Rangers mais attend les renforts. |
La
réaction allemande
La
marine de guerre allemande, la Kriegsmarine, avait dés le
mois de mai tenté de regrouper un maximum de sous-marins,
dont 6 équipés de Schnorkel, dans la baie de Biscaye,
pour prévenir tout débarquement. Mais dans les 6 premiers
jours après l'invasion, 12 des 36 sous-marins non équipés
de Schnorkel sont mis hors de combat et les 24 restants se replient
vers le port le plus proche. Quant aux 6 équipés de
Schnorkel, ils n'ont pas même atteint la zone de débarquement.
L'aviation
allemande a alors largué en mer à partir de la nuit
du 9 au 10 juin dans la Baie de Seine des mines à pression.
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Rommel avait
demandé qu'il en fut lâché à l'avance
mais l'amiral Dönitz, commandant la Kriegsmarine, avait refusé
pour ne pas risquer de lever le secret de leur fonctionnement, ce
qui est fait immédiatement après leur mise en place
par les marins alliés, qui découvrent quelques exemplaires
échoués et estiment qu'en réduisant la vitesse
des navires, on échappe à l'explosion.
Le général
Rommel,
chef du Groupe d'Armée B en Normandie, fait part de son inquiétude
: c'est un des seuls généraux allemands réalisant
que la Bataille est déjà perdue car les Alliés
disposent d'une solide tête de pont, et les chars allemands
n'ont pas été utilisés assez rapidement. Mais
le bocage Normand est favorable à la défense, étant
composé de haies infranchissables que les chars ne peuvent
affronter.
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Deux
caporaux-chefs allemands soignent un parachutiste allemand près
de Ranville. |
Les officiers
généraux de l'Etat-Major allemand, réunis au
Poste de Commandemant de Rommel à la Roche-Guyon, sont persuadés
que ce débarquement en Normandie n'est qu'une vaste opération
de diversion, qui cache un débarquement de plus grande envergure
dans le Pas-de-Calais. Ils sont trompés par les faux renseignements
envoyés par les services américains et Britanniques
dans le cadre de l'Opération Fortitude qui vise à
maintenir la XVème Armée allemande, soit 150 000 hommes,
dans le Pas-de-Calais.
Toutefois les
Allemands font appel à des réserves situées
à proximité de la Normandie dans les premiers jours
suivants le débarquement, comme des divisions stationnées
en Bretagne.
Pour les envoyer en Normandie, le train reste le moyen le plus rapide
pour transporter les unités, mais c'est sans compter les
actions de sabotage de la Résistance Française qui
détruit des ponts, fait sauter des voies ferrées et
renseigne les forces alliées qui bombardent les trains et
les convois allemands afin de ralentir leur progression vers le
front en Normandie.
Rommel choisit
d'attaquer les Américains dans le Cotentin et de contre-attaquer
au Nord de Caen avec les chars pour repousser les Anglo-Canadiens
à la mer.
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Un
blindé de la 21ème Panzerdivision devant les débris
d'un planeur Britannique Horsa. |
La 21ème
Panzerdivision, une des seules divisions à avoir attaqué
dés le 6 juin sur la crête Nord de Caen à Périers-Colleville,
est rassemblée le 7 juin par le général Feuchtinger
et contre-attaque avec le renfort du célèbre Général
allemand Kurt "Panzer" Meyer et ses blindés, appartenant
à la 12ème SS Panzerdivision, mise en alerte dans
la nuit du 6 au 7 juin mais en panne de carburant.
Si Kurt Meyer
défait une attaque de la 9ème Brigade de chars Canadiens
alors en route vers Carpiquet et son aéroport, il doit battre
en retraite dans la nuit du 7 au 8 août 1944, ayant perdu
six de ses Panther, tout comme Feuchtinger, suite à des attaques
incessantes d'avions de chasse alliés. Meyer se déplace
à moto et dirige ainsi les mouvements de ses chars.
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Chars
et véhicules militaires allemands détruits par
les attaques aériennes alliées. |
La
ville de Bayeux libérée
La
3ème Armée Canadienne progresse quant à elle
vers le Sud, jusqu'à libérer la ville de Bayeux, sur
la route reliant Caen à Isigny-sur-Mer et Carentan, alors
qu'au Nord les troupes Canadiennes de Juno et les soldats Britanniques
de Sword font leur jonction. La tête de pont est à
présent longue de 30 kilomètres sur 10 à 15
kilomètres de profondeur.
Les
Canadiens ne trouvent en face d'eux que les faibles restes de la
711ème Division et du Bataillon de Reconnaissance de la 12ème
S.S. Panzerdivision, qui arrivent en tête du 2ème S.S.
Panzerkorps de Sepp Dietrich. La supériorité aérienne
alliée est telle que les trois Panzerdivisions commandées
par le général Geyr von Schweppenburg qui tentaient
une contre-attaque massive jusqu'à la mer , sont repoussées.
Von Schweppenburg est blessé (il est remplacé par
Sepp Dietrich) et le Quartier Général du Panzergruppe
Ouest qui était installé sans camouflage dans un verger
est détruit par un violent bombardement Allié le 9
juin.
Mais
au Sud, au village de Tilly, la Panzer Lehr, forte de près
de 3000 chars et véhicules divers, attendent les forces alliés,
prêts à vendre chèrement leur peau. Et ce sont
les célèbres "Rats du désert" de
la 7ème division blindée appartenant à la 8ème
armée britannique qui se lancent à l'assaut de la
ville le 10 juin : le 6ème Bataillon du Green Howards est
chargé de percer la ligne de front allemande, avec ses 9
chars. Dans leur progression, ils ne voient pas les soldats de la
12ème SS Panzerdivision qui les laissent passer et les attaquent
à revers : seuls 2 chars britanniques parviennent à
s'échapper. Le Green Howards perd dans la bataille 24 officiers
et près de 250 soldats.
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