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Jonction
des troupes alliées
Le
front entre l'Orne et la Vire évolue très rapidement
vers le Sud et l'activité aérienne des Alliés
y est telle que les Allemands vont surnommer ce front le "Jaborennstecke"
("la rue des Jabos", "Jabos" étant déjà
le surnom donné par les Allemands aux avions de chasse Alliés).
Le
7 juin au soir, les troupes parachutées et les troupes débarquées
terminent de faire leur jonction dans le Cotentin, mais toutes les
unités parachutées n'ont pas encore retrouvé
leur propre compagnie.
Eisenhower,
Bradley
et Montgomery
se rencontrent sur un contre-torpilleur au large des côtes
Normandes pour discuter de la situation sur le front, Bradley représentant
les forces engagées américaines et Montgomery les
forces Britanniques : le 8 juin, les Américains ont percé
depuis Omaha sur près de 10 kilomètres de profondeur
et ont effectué leur jonction avec les troupes Britanniques
venant de Gold
Beach à Port-en-Bessin.
La
352ème Division d'Infanterie allemande, qui avait tenue en
échec les 1ère
et 29ème
divisions américaines entre Vierville-sur-Mer et Colleville-sur-Mer,
est très affaiblie par les combats précédants
et les forces alliées s'engagent à supprimer cette
division du champ de bataille pour rendre le secteur d'Omaha plus
sûr.
Le
retard des renforts allemands
Le
8 juin toujours, des divisions de Bretagne arrivent en Normandie
: la 3ème Division Parachutiste de Brest à Saint-Lô,
la 77ème division de Saint-Malo et la 353ème Division
de Morlaix. Harcelés par l'aviation alliée et par
les Résistants Français (éclairée par
les équipes Jedburgh parachutistes sur les destructions les
plus efficaces à réaliser), certaines unités
allemandes mettent un temps considérable pour gagner la Normandie
: la 17ème S.S. Panzergrenadierdivision mise en alerte le
6 juin à Poitiers n'atteindra avec ses premiers éléments
la région de Caumont que le 11 juin.
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Au
sud de Bayeux, char Sherman Britannique de la 50ème Division
d'Infanterie devant un Panzer détruit. |
A
cause de leur retard, les divisions allemandes n'ont pas le temps
d'être regroupées avant d'être lancées
dans la bataille. Ainsi elles sont engagées au fur et à
mesure de leur arrivée et ne sont pas assez importantes pour
inquiéter la masse impressionnante des Alliés, nettement
en surnombre. Par exemple, les 9ème S.S. Panzerdivision Frundsberg
et 10ème S.S. Panzerdivision Hohenstaufen du 2ème
S.S. Panzerkorps ramenés de Pologne mettront plus de temps
pour traverser la France qu'elles n'en ont mis pour rallier le Rhin
depuis le front Russe, et arriveront par morceaux jusqu'en Normandie
à partir du 25 juillet.
Le
retard le plus impressionnant est celui de la 2ème S.S. Panzerdivision
Das Reich, commandée par le S.S. Obergruppenführer Lammerding,
qui est mise en route le 6 juin au soir et qui parvient à
Noyers-Bocage au Sud de Caen avec ses premiers éléments
le 28 juin, soit 22 jours de trajets en France.
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Soldats
allemands soignés par des Britanniques de la 50ème
Division d'Infanterie le 14 juin 1944. |
Les
Alliés aménagent depuis le 6 juin des pistes d'envol
en Nomandie pour évacuer des blessés graves, acheminer
du matériel de première nécessité ou
encore mener des raids de profondeur en France. La plupart de ces
petits aérodromes, comme celui construit sur le secteur de
plage d'Omaha
Beach, sont utilisés pour la première fois dés
le 7 juin, mais la plupart d'entre eux fonctionnent à plein
régime à partir du 9 juin.
les Allemands sont agacés de ne pas pouvoir facilement rejoindre
la ligne de front et certains officiers de l'Allemagne nazie ordonneront
des opérations de représailles en France, comme à
Oradour-sur-Glane où un terrible massacre a lieu le 10 juin
: les soldats de la division Das Reich exécutent 644 villageois
dont 246 femmes et 207 enfants, sous prétexte que des Résistants
Français se cachent dans des bâtiments du village.
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Ruines
du village d'Oradour-sur-Glane après le massacre de la
population civile. |
Eisenhower
et Bradley (qui a établit son Poste de Commandement à
proximité de la Pointe du Hoc le 9 juin) se mettent d'accord
pour accélérer la jonction entre les soldats américains
provenant d'Omaha et ceux venant de Utah pour mettre en route par
la suite la percée vers Cherbourg et son très précieux
port en eau profonde. Puis Bradley rencontre à nouveau Montgomery
dans la ville de Port-en-Bessin qui reçoit le pipe-line "Pluto",
un tuyau reposant au fond de la Manche reliant l'Angleterre et la
France et qui fournit aux forces alliées une importante quantité
de carburant.
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Les
Allemands, qui opposent une résistance farouche aux forces
débarquées, n'ont aucun choix de replis : les ordres
donnés le 10 juin par Hitler sont clairs : "Chaque
homme doit combattre et tomber sur place".
Le
12 juin, la 1ère Division d'Infanterie américaine,
débarquée le 6 juin à Omaha et qui a subit
de très lourdes pertes lors du débarquement, attaque
en direction de la hauteur de Caumont, située à
30 kilomètres au Sud de la plage.
Britanniques,
ils attaquent vers Villers-Bocage sur la route de Caen à
Vire mais sont repoussés lors d'un combat d'une violence
extrême par les premiers chars Tigre allemands apparus en
Normandie, le SS Panzerbataillon 101, commandé par le SS
Obersturmführer Michael Wittman, qui remonte une colonne
de blindés Britanniques, les détruisant un à
un. La supériorité des chars allemands est sans
appel : il faut environ 5 chars Sherman
ou 10 chars Cromwell
pour venir à bout d'un Tigre.
Heureusement
pour les Alliés, ils sont les "patrons du ciel"
et leur chasse terrifie les troupes allemandes, qu'elles soient
ou non en déplacement. Ainsi le 12 juin, alors que les
soldats américains de la 1ère
Division d'Infanterie capturent Caumont, le commandant du
84ème Corps de cette ville, le général Marcks,
est tué lors d'un déplacement en voiture par une
attaque aérienne alliée.
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Rue
Holgate à Carentan, empruntée par les véhicules
et les soldats américains. |
La ville de
Carentan est un objectif prioritaire des Alliés. Elle est
le lien entre le Cotentin et le Calvados, dans laquelle se rejoignent
de nombreuses routes importantes ainsi qu'un réseau de
chemin de fer. Les blindés venant de Utah doivent impérativement
passer par Carentan pour effectuer la jonction avec les unités
débarquées d'Omaha avant de percer vers le Sud de
la Normandie. Attaquée par les flancs par les parachutistes
de la 101ème
Airborne Division américaine, la ville tombe le 12
juin et les contre-attaques allemandes visant à la reprendre
sont repoussées : la jonction entre toutes les forces alliées
est réalisée. Elle représente une tête
de pont de près de 80 kilomètres de long, de Ouistreham
à Sainte-Mère-Eglise et atteint entre 10 et 30 kilomètres
de profondeur selon les endroits.
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Soldats
de la 101st Airborne Division dans la rue Holgate à
Carentan. |
Mais les généraux
allemands qui combattent en Normandie sont persuadés qu'un
repli est nécessaire afin de regrouper de plus grandes
forces avant de lancer une vaste contre-offensive. Ils tentent
alors de persuader Hitler
que les troupes allemandes doivent abandonner certaines positions.
Ainsi le général Rommel
écrit le 12 juin au Führer : "Le Groupe d'Armée
ne peut faire mieux que de constituer un front continu entre l'Orne
et la Vire... Le Groupe d'Armée tente de remplacer les
formations de blindés par de l'infanterie pour reconstituer
des réserves mobiles... Le Groupe d'Armée déplacera
son point d'effort dans les jours à venir vers Carentan
et Montebourg pour parer au danger pesant sur Cherbourg..."
Au 12 juin
(Jour-J + 6) soir, 16 divisions avec 326 547 hommes, accompagnés
de 54 186 véhicules et 104 428 tonnes de matériels
sont débarquées dans la tête de pont (9 divisions
américaines, 7 Britanniques et Canadiennes).
Dans la nuit
du 12 au 13 juin, les premiers V.-1 sont lancés sur Londres.
Les lancements atteindront un maximum (244) dans la seule nuit
du 16 juin. Pendant la première semaine du Jour-J au Jour-J
+ 7 (du 6 au 13 juin) les forces aériennes tactiques effectuent
près de 35 000 sorties.
Les
ports artificiels
Pour
alimenter les armées alliées en munitions, carburant,
vivres et équipements, le déchargement directement
sur la plage du matériel par des bâtiments de la Marine
est insuffisant et des navires à fort tonnage ne peuvent
prendre le risque de s'échouer pour débarquer leur
cargaison.
Les
Alliés ont prévu pour combler ce vide d'assembler
des pièces pré-construites et tractées d'Angleterre
jusqu'en Normandie afin de former deux ports artificiels, l'un pour
les Britanniques devant la localité d'Arromanches-les-Bains,
et l'autre pour les Américains devant Saint-Laurent-sur-Mer.
Les ports portent le nom de code Mulberry I et Mulbery II.
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Assemblage
d'une digue flottante pour le port artificiel d'Arromanches. |
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