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Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Ce forum vous permet de poser vos questions ou de demander des renseignements concernant les forces allemandes ayant combattu au cours de l'été 1944 en Normandie.


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Voir le premier message non lu • 91 messages • Page 7 sur 10 • 1 ... 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude kommando.bb » 18 Jan, 23:08

hello Alex,
Thank you for the picture.
Very sad.
Also your avi.
Cdlt.
Bastian.
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kommando.bb
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude L.Letendre » 22 Jan, 17:15

Bonjour à tous,

bonjour kommando-bb et Weyax,

quelle meilleure illustration, s’agissant de l’équipe MG42, que le binôme Otto Funk (pourvoyeur)/ Klaus Schuh (tireur) !

Dans notre présentation du « 4. (schwerer Radfahr) Zug », nous avons montré que l’équipe théorique de la MG42 était composée de quatre hommes, mais cette équipe était le plus souvent composée de trois hommes (l’observateur, le tireur et le chargeur/pourvoyeur), quand cela n’était pas, circonstances obligent, deux hommes seulement (tireur et chargeur/pourvoyeur). Or, lorsque les « SS Kriegsberichter » W. Woscidlo et F. Zschäkel prirent les photographies n° 1, 4 et 5 que vous nous proposez Weyax, et qui firent le tour du monde à travers le Stuttgarter Illustrierte et le Illustrierte Beobachter (le magazine illustré du parti nazi), elles étaient plutôt pressantes...

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Un « SS Kriegsberichter ».

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La Une du Stuttgarter Illustrierte datée du 21 juin 1944.

Sans entrer dans les détails et surtout en s’en tenant seulement au récit des combats (en évitant tout débat donc sur les exactions des soldats politiques du régime nazi - ce qui nous ferait perdre le fil de notre sujet !), nous sommes à Rots, le 09 juin, il est environ 14h30.

Les combats ont commencé à Buron depuis le 07 juin au matin pour nos deux hommes, qui alternent en fait les rôles de tireur et de pourvoyeur et qui appartiennent à la 15. Aufklärungskompanie du SS-Pz.Gren.Rgt 25 de la 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend (celle-là même que la 85. I.D. de Kurt relèvera dans le secteur de Sassy/Rouvres/ Olendon à partir du 11 août 1944 - nous le verrons...). Ils patrouillent ensuite toute la journée dans le secteur de l’Abbaye d’Ardennes, d’Authie et de Franqueville et se mettent le soir en position défensive le long de la RN 13. Première nuit sans dormir. Le 08 juin, ils reçoivent l’ordre de participer, avec deux compagnies de chars Panther (ceux de la 1. et de la 4. Pz.Kp. du I/SS-Pz.Rgt. 12), à l’attaque sur Rots et Bretteville-l’Orgueilleuse pour rejeter les canadiens au-delà de la RN 13 et de la ligne de chemin de fer Paris-Cherbourg. Il est environ 21h30 lorsque les mastodontes s’élancent.

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Carte mise en ligne par le « Département national de la défense canadienne ». (Notons que la 15. Aufklärungskompanie [15ème compagnie de reconnaissance]
se traduit 15th Recce Coy en anglais.)


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Pour se faire une idée : le Panther « R02 » du SS-Standartenführer Johannes Mühlenkamp, (Kommandeur du SS-Pz.Rgt. 5 de
la 5 SS-Pz.Div. « Wiking ») et les grenadiers de la 131. I.D. se préparant au combat pour rompre l’encerclement de l’Armée
rouge autour de Kovel en Ukraine, le 6 avril 1944.


Nos deux hommes grimpent tous deux sur la plate-forme arrière du char du chef de la 4. Kompanie, la crosse en bois de la MG42 de Schuh sera même en partie brûlée par le pot d’échappement chauffé à blanc ! C’est un échec retentissant, les canons antichars canadiens du Regina Rifle Regiment (3rd Can.Inf.Div.) déclenchant un feu d’enfer sur les blindés allemands. Cinq Panther sont détruits, les premiers de la bataille de Normandie. Progressant pendant la nuit (la deuxième sans dormir) à couvert dans les fossés vers Bretteville-l’Orgueilleuse, nos deux « MG Schützen » sont finalement repoussés à l’entrée est du village par l’infanterie canadienne...

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Un Panther de la 12 SS-Pz.Div. HJ détruit durant les combats nocturnes à l’entrée est du village de Bretteville-l’Orgueilleuse.

... et se replient sur Rots, à travers les carcasses calcinées des chars (à l’intérieur desquels leurs camarades mourants crient « Mutti, Mutti ») et les cadavres et blessés canadiens (dont certains sont broyés par les chenilles des Panther faisant marche arrière), puis parviennent à se mettre en position défensive à la lisière de la localité.

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La position exacte occupée par K.Schuh et O.Funk dans la nuit du 08 au 09 juin.

À midi le 09 juin, nouvelle attaque sur Norrey-en-Bessin/Bretteville (avec 12 Panther du III/SS-Pz.Rgt. 12 que K.Schuh et O.Funk suivent péniblement cette fois-ci, MG42 en bandoulière et « Patronenkasten 41 f. MG » à la main), et nouvel échec, avec son lot de tués (le chef du Panther « 326 », le SS. Uscha. Eismann est coupé en deux à sa tourelle), et de blessés (nombre de tankistes étant gravement brûlés à la tête ou aux bras - ils seront soignés avec de l’huile moteur... -, tandis qu’un camarade de Funk et de Schuh a une jambe arrachée). Sept Panther sont détruits, par des tirs de PIAT notamment mais surtout par ceux des Sherman Firefly venus en soutien des Reginas. Les survivants se regroupent alors dans une venelle de La Villeneuve, à proximité de Rots, pour se reposer et attendre les ordres. Nous sommes alors... le 09 juin, en tout début d’après-midi, et les soldats sont dans un profond état de choc.

C’est toute cette fatigue et ce stress intense qui se lisent sur le visage brutalement vieilli du jeune Otto, qui venait de fêter ses 18 ans... le 06 juin 1944 ! Quel contraste en effet mon cher Weyax entre les photos n° 2 (prise un dimanche de mai 1944 au Sap, près de Vimoutiers) ou n° 3A (prise à Beverloo en Belgique, en octobre 1943) d’Otto Funk que vous nous présentez et celle-ci...

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À l’arrière-plan, nous distinguons Klaus Schuh, sur lequel les correspondants de guerre feront ensuite un « plan pied ».

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Le même endroit aujourd'hui.

« Funke » signifie « étincelle » en allemand. Manifestement, avec toutes ces visions d’horreurs, elles ne brillent plus dans le regard de notre jeune pourvoyeur...

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Nous sommes ici au débouché de la venelle sur la RN 13, et nous voyons de dos, MG42 en bandoulière,
l’équipier d’Otto Funk, Klaus Schuh (à moins qu’il ne s’agisse de Günther Streelow... il n’a pas de boite à masque
à gaz au ceinturon !), regardant dans la direction du char « 326 » dont le pointeur, Gerd Krieger (debout sur la plate-forme
arrière du char), est en train de nettoyer le sang de son chef qui fut coupé en deux à la tourelle, très certainement par un PIAT.


Ces terribles événements sont bien connus des spécialistes et ont déjà fait l’objet de nombreuses publications. Nous retiendrons bien entendu de ces photographies les détails très instructifs de l’équipement des « MG Schützen », même si celui des soldats de la Waffen SS diffère légèrement de celui des soldats de la Heer, notamment la « panzerkombi » confectionnée dans une toile de tente italienne et le couvre-casque (« Stalhelm Tarnüberzug ») réalisé dans une toile de camouflage type « feuille de chêne ». Mais c’est aussi les difficultés rencontrées, ajoutées aux souffrances endurées, qui sont profondément marquantes sur ces images.

Celles du tireur d’abord, car, en bandoulière ou sur les épaules, la MG 42 pèse son poids (11,5 kg et non 15 kg mon cher Weyax, n’alourdissons pas la tâche de notre « MG Schütze » !). Et sur une certaine distance, ce poids doit vite commencer à se faire sentir.

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En configuration lourde (avec son trépied), les 32 kg de la MG42 pouvaient être transportés rapidement par trois hommes, comme dans cette reconstitution.

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Notons que le « Sturmgewehr 44 » de l’homme de tête ne faisait pas partie de l’équipement de nos fusiliers.

Le pourvoyeur n’avait vraiment pas la tâche facile non plus, puisqu’il devait préparer les munitions...

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... s’occuper de l’agrafage des bandes...

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... de leur transport...

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... et ses épaules pouvaient aussi servir, à l’occasion, de bipied !

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Une technique courante lors des combat, que nous présentons ici avec un troisième équipier, le chargeur.

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Bien que très puissante, il fallait mieux camoufler efficacement la MG42, dans une meule de foin par exemple...

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Notons qu’il s’agit là d’une MG34.

... car elle n’offre par elle-même aucune protection, et ses servants deviennent alors une cible facile. C’est peut-être la triste expérience qu’ont fait Klaus Schuh, mort au combat le 26 06 1944, et Otto Funk, blessé le même jour à côté de Cheux.

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La dure réalité de la guerre : un « MG Schütze » tué au combat...

Notre Obergefreiter, mort au combat à Sassy le 14 août 1944, était-il lui-même un « MG Schütze » ? Les « Stellengruppe » de notre KStN (cf. infra p. 6) indiquent que cette fonction était théoriquement réservée à des « hommes de troupes » (M), mais un Obergefreiter (G) pouvait tout aussi bien la remplir - la photographie suivante nous le prouve...

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Alors, quel était au juste le rôle de Kurt au sein du Divisions-Füsilier-Bataillon 85, lui dont le portrait pourrait ressembler à celui-ci...

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Insigne de rang de l’Obergefreiter. Le grade de Kurt.

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Insigne des combats d’infanterie en argent (« Infanterie-Sturmabzeichen in Silber »).
Il était attribué après avoir participé à trois assauts, ou après avoir participé à trois jours de combats
ininterrompus, ou bien encore après être tombé les armes à la main. De la campagne de Pologne à la bataille
de Normandie, Kurt l’a sans doute obtenu... Il en existait également un en bronze (« Infanterie-Sturmabzeichen in Bronze »)
attribué pour un assaut dans la ligne ennemie ayant permis de forcer sa position.


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Insigne des blessés en noir (« Verwundetenabzeichen in Schwarz »). Kurt fut blessé à deux reprises sur le front de l’Est,
ce qui lui a certainement valu cet insigne attribué pour une ou deux blessures. Il en existait également un en argent (« Verwundetenabzeichen in Silber »),
attribué pour trois ou quatre blessures ou pour une seule blessure résultant de la perte d’une main, d’un pied ou d’un œil, par exemple. Et il y en avait enfin un en or
(« Verwundetenabzeichen in Gold ») décerné pour cinq blessures ou pour une seule résultant de la perte d’un membre, d’une cécité ou d’une invalidité totale.


... l’enquête se poursuit, mais ils nous faut d’abord en finir avec l’étude de notre KStN 149 V du 01 09 1944 dédiée à la Füsilierkompanie (auf Fahrrädern).

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Ah, mince ! Déraillé...
:cote:

À bientôt donc.
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L.Letendre
 
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude L.Letendre » 05 Fév, 15:58

Bonjour à tous,

reprenons donc le cours de l’étude de notre KStN et mettons-y (enfin !) un terme en examinant (très succinctement) la cinquième section et ensuite (beaucoup plus en détail) la section du Train de ravitaillement.

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Nous ne présentons ce « 5. (le.I.G.) Zug » qu’à titre indicatif puisque, comme nous l’avons déjà expliqué, c’est LA nouveauté du bataillon de fusiliers version 01 09 44 (justifiant très certainement la rédaction de cette KStN), lequel se voit renforcé par deux « 7,5cm leichtes Infanteriegeschütz 37 », des canons de support d’infanterie. Une manière d’offrir une réponse tactique immédiate aux besoins du commandant de l’unité. Ce qui a sans doute manqué au Kompanieführer du Divisions-Füsilier-Bataillon 85 de Kurt lorsque les canadiens, ayant traversé le Laison, ont pris à revers l’artillerie allemande (cf. supra p. 1), privant les défenseurs de Sassy de tout appui feu grande distance - les « 8cm Granatwerfer 34 » ayant une portée maximale limitée à 2400 mètres (contre 5150 mètres pour le 7.5 cm I.G. 37).

***

La dernière section, celle du « Troß » (du Train) se doit en revanche d’être décrite avec le plus grand soin car cette section, spécialisée dans le transport du matériel, des munitions et du ravitaillement, constitue un rouage essentiel du bataillon de fusiliers. D’elle dépend en effet l’approvisionnement et le mouvement de l’unité toute entière.

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À sa tête se trouve un Hauptfeldwebel, surnommé « der Spieß  » (la lance), en hommage à l’ancienne pratique d’armer les soldats avec des armes blanches plutôt qu’avec des armes à feu (c’est moins onéreux !). Ce rang désigne dans l’armée allemande une fonction et non un grade. L’homme qui l’occupait était le plus souvent un Oberfeldwebel ou un Stabsfeldwebel (Stellengruppe O) reconnaissable aux deux bandes argentées tressées (surnommées « Kolbenringen ») sur les avant-bras des manches de sa vareuse. Il avait également très souvent sur lui (glissée à l’intérieur de sa « Feldbluse », un bouton ayant était supprimé spécialement) une petite sacoche en cuir (type « Meldetasche ») contenant le « Kompanie-Buch », lequel comportait les listes de tous les hommes de l’unité, mais également les punitions, les récompenses, les promotions, l’équipement, les questions alimentaires, bref toutes les informations nécessaires pour mener à bien sa tâche.

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À gauche, un « Spieß » de la Luftwaffe en discussion avec un officier. « Kolbenringen » et sacoche
en cuir sont clairement visibles. Il possède le grade d’Oberfeldwebel.


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Patte d’épaule de l’Oberfeldwebel.

Le Hauptfeldwebel avait en effet en charge le travail administratif de la compagnie. En plus de tenir le « Kompanie-Buch », il supervisait tous les documents de la compagnie (les rapports du type « Kriegsgleiderungen » et « Meldungen » notamment - ceux que nous cherchons...), préparait toute la correspondance, surveillait celle qui entrait et sortait de la compagnie, examinait les ordres entrants, fixait les tâches des soldats, gérait les stocks, supervisait tout ce qui avait trait au ravitaillement. Il déterminait aussi la rotation des permissions, distribuait le courrier quotidien, organisait les installations de repos de la compagnie, et on pouvait faire appel à lui lorsqu’un soldat était tué ou blessé. On comprend pourquoi les soldats le surnommaient également affectueusement « die Mutter die Kompanie » !

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Le Hauptfeldwebel J. Berbert Blueck (capturé en Tunisie le
30 avril 1943) arborant le grade de Stabsfeldwebel.

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Patte d’épaule du Stabsfeldwebel.

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Un Hauptfeldwebel fait prisonnier en Afrique du nord
à son arrivée aux États-Unis début 1943. Notez l’absence du
second bouton de sa vareuse, afin de pouvoir glisser la sacoche en cuir.

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Le « Spieß » de l’Infanterie-Regiment 185
dans son bureau en Russie, s’occupant de la paperasserie.

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Manuel du Hauptfeldwebel rédigé par le Hauptfeldwebel
Hans Rodel et publié par Mittler und Sohn en 1942.


À ses côtés travaillaient deux secrétaires (« Schreiber ») et un agent comptable (« Rechnungsführer ») qui, comme son nom l’indique, tient la comptabilité de la compagnie et établit son compte financier, mais qui peut également contribuer à la prise de décision, notamment concernant les questions de ravitaillement (« Verpflegung », « Verpfl. » en abrégé).

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Un extrait de compte financier d’un « Rechnungsführer ».

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Pièce de 5 marks de 1938 en argent.


Bien qu’appartenant au personnel administratif, n’oublions pas qu’il s’agissait tout de même de soldats et que le Hauptfeldwebel était armé d’un pistolet, tandis que l’agent comptable et les secrétaires possédaient des fusils ! C’est d’ailleurs dans la section du « troß » qu’on trouve les responsables en chef des armes (« Waffen ») et des différents équipements (« Gerät ») : le « Gerätunteroffizier » et le « Waffenunteroffizier ». Ce dernier est également l’armurier en chef (« Waffenmeister », « Wffm. » en abrégé) dont on a vu qu’il était secondé dans sa tâche d’entretien et de réparation des armes par un « Waffenmeistergehilfe » présent dans chacune des sections de la compagnie.

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Porte-outils du « Waffenmeister ». (Notons qu’une réserve d’armes de trois l.MG était prévue).

Étaient également présents des soldats dont le rôle s’avère être tout à fait indispensable pour l’ensemble de la compagnie comme le couturier (« Schneider »), le cordonnier (« Schuhmacher »), le cuisinier en chef (« Feldkochunteroffizier ») et son second (le « Feldkoch »). Peut-on en effet faire la guerre en haillons, pied nu et... le ventre vide ?

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Un « Kompanieschneider » à l’oeuvre.

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Une machine à coudre de cordonnier Omnia politype (modèle bras long pour
bottier) d’origine allemande vendue par Manufrance (1910).


Arrêtons-nous sur le cas des cuisiniers militaires.

Le cuisinier et son chef étaient formés pour la préparation de l’approvisionnement de la troupe.

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Et des ordres, sinon des conseils officiels leur était prodigué pour mener à bien leur mission dans le « Feldkochbuch » édité par l’OKW en 1941.

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En voici un extrait.

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« 10 Gebote für den Feldkoch », 10 ordres/conseils pour le cuisinier militaire (et leurs raisons [Grund]).

1. Die angegebenen Portionen sind Höchstsätze. Koche nur die erforderliche Menge ! Sei wirtschaftlich im Fettverbrauch.
Grund : Hilf Sparen ! (Économiser aide !)

2. Nutze alle Lebensmittel gut aus. Vermeide überflüssigen Abfall beim Gemüseputzen und Kartoffelschälen. Koche Knochen, Sehnen, Schwarten, holzige Gemüseteile und Strünke kräftig aus. Verwende geschickt jeden noch brauchbaren Rest.
Grund : Kampf dem Verderb ! ([Utiliser habilement chaque reste encore utilisable - l'os, les tendons, les couennes, les parties de légumes ligneuses, les trognons…] Cela lutte contre le gaspillage !)

3. Alle Lebensmittel möglichst unzerkleinert unmittelbar vor der Zubereitung kurz, aber gründlich waschen !
Grund : Wasser laugt Nährstoffe aus ! (L’eau nettoie les produits alimentaires !)

4. Frisches Fleisch möglichst in Stücken von 2 bis 3 kg im Kessel garkochen, dann im verfügbaren Behälter (Speisenträger) aufbewahren! Kartoffeln, Gemüse usw. dann erst in der Fleischbrühe garkochen. Fleisch zuletzt auf Fleischbrett in Portionen schneiden, geschnittene Portionen in Speisenträger warm halten und einzeln ausgeben.
Grund : Der Soldat will Fleisch sehen ! (Le soldat veut voir de la viande !)

5. Getrocknete Lebensmittel (Kartoffeln, Gemüse, Backobst) drei Stunden in verfügbaren Behältern einweichen, Hülsenfrüchte (Erbsen, Bohnen,Linsen) noch länger! Einweichwasser nicht fortschütten, beim Kochen mitverwenden !
Grund : Größere Ergiebigkeit, kürzere Garzeit, kein Nährstoffverlust ! ([les aliments secs - pommes de terre, fruits - trempés trois heures, ou les légumes secs - pois, haricots, lentilles - encore plus longtemps…] Un plus grand rendement, un plus court temps de cuisson, aucune perte de substance nutritive !)

6. Im fest verschlossenen Kessel nur bis zum Garwerden kochen, nicht länger !
Grund : Schmackhafteres Essen, kürzere Kochzeit, kein « Totkochen », kein « Strohgeschmack » !
([Cuire dans une cuve solidement fermée jusqu’à terme, pas plus longtemps…] Repas plus savoureux, un plus court temps de cuisson, aucune « cuisine fade », aucun « goût de paille » !)


7. Kesselinhalt wenig umrühren !
Grund : Sonst immer Brei ! ([Remuer toujours un peu le contenu de la cuve…] Autrement, ce sera toujours de la purée !)

8. Feldkost dickflüssig, nicht suppig kochen !
Grund : Viel Wasser bedeutet wenig Sättigkeit ! ([Dans la soupe…] Beaucoup d’eau signifie peu de satiété ! )

9. Frischkost (Kartoffeln, Gemüse, Kräuter), selbst in kleinsten Mengen aus Feld und Garten, mitkochen !
Grund : Frischkost fördert die Gesundheit ! (La nourriture fraîche renforce la santé !)

10. Mit Überlegung und Sorgfalt kochen ! Gut abschmecken !
Grund : Gute Kost erhält die Kraft der Truppe ! (Une bonne nourriture augmente la force de la troupe !)


Mais comment cuisiner des repas chauds pour 200 hommes (c’est le nombre exact de soldats formant notre bataillon de fusiliers) en manœuvre ? Réponse : avec une grande cuisine roulante de campagne ! « Eine Große Feldküche ».

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Inventée par Karl Rudolf Fissler, de la firme Fissler d’Idar-Oberstein, en 1892, la « Große Feldküche » était destinée à fournir de 125 à 200 repas. Après quelques
améliorations en 1913 (ajout d’une seconde cuve de 30 litres chauffée par le dessous, d’un marche-pied pour le cuisinier et d’un troisième bac de rangement),
la roulante fut baptisée « Große Feldküche Hf. 13 » (Hf. pour « Heeresfahrzeug », véhicule de l’armée de terre, et 13 pour modèle 1913).

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Fiche d’instruction n° 1.

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Fiche d’instruction n° 2. « Glyzerin », « Glyzerin » ? Et oui ! La « Große Feldküche » possédait une cuve
circulaire centrale de 200 litres constituée de deux parois séparées par de la glycérine afin que les aliments
ne brûlent pas ! Moderne pour l’époque, non ?

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La grande roulante sur sa béquille stabilisatrice, et le cuisinier sur
son marche pied.


Un petit schéma d’une « Große Feldküche Hf. 13 » vue du dessus.

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Les soldats allemands, qui avaient un penchant pour les surnoms, l’appelaient « Gulaschkanone », le canon à goulasch. Il faut dire que lorsqu’elle a rempli sa mission, qu’on lui rabat la cheminée vers l’arrière et qu’on la tracte ou l’attelle, ça donne à l’ensemble l’aspect d’un canon d‘artillerie de campagne. Quant à la goulasch, c’est un plat d’origine hongroise, de la viande en sauce mijotée avec force poivrons. Enfin quelques autres mets délicats peuvent aussi être concoctés dans la « Gulaschkanone » comme la « Erbsensuppe », une soupe de pois très épaisse ou la « Linsensuppe », la roborative soupe de lentilles.

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Une « Erbsensuppe » façon « Gulaschkanone », agrémentée
d’une saucisse de Vienne et de persil.


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Appétissant non ? En tous cas, il y en a qui sont attirés par l’odeur alléchante !

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Si vous désirez la recette, voyez ici :
http://www.kochbar.de/rezept/418273/Erbsensuppe-nach-Art-Gulaschkanone.html

La distribution peut donc commencer. À vos « Kochgeschirren »,...

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... vous vous souvenez ?

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Une « Kochgeschirr M31 » (cf. supra p. 6 !). 

Pour les soldats combattants, en poste sur la « Hauptkampflinie », il existait des containers alimentaires qui permettaient d’acheminer...

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... l’eau,...

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... la nourriture,...

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... et de la distribuer.

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Notons que la « Große Feldküche Hf. 13 » était appelée « Heeresfeldküche » lorsqu’elle était tractée derrière un camion...

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... ou « Feldkochherd » lorsqu’elle était embarquée dans le camion (ce qui est le cas dans notre KStN).

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Une « Große Feldkochherd Hf. 13 » embarquée (vue côté bac de rangement), avec deux
containers alimentaires.

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Cuisine et cuisinier à l’abri de la bâche du camion, équipé d’une boite aux lettres !


Courriers qu’il fallait ensuite acheminer, une fois l’aval du Hauptfeldwebel obtenu - à vélo parfois !

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Le camion utilisé pour embarquer la « Große  Feldkochherd Hf. 13 » est un camion moyen de trois tonnes (« Lastkraftwagen 3t. »). L’« Opel Blitz 3t. Lkw. » était le camion standard de l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale. Il en existait plusieurs versions dont les deux principales était l’« Opel Blitz 3 t. 3,6-36 S » (S pour « Standard »)...

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... et l’« Opel Blitz 3 t. 3,6-36 A » (A pour « Allradanttrieb », traction toutes roues).

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La différence entre l’« Opel Blitz » type S et type A tient en effet au type de transmission : transmission 4×2 (2 roues motrices) sur le type S, transmission 4×4 (4 roues motrices) sur le type A.

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La transmission intégrale de l’« Opel Blitz 3 t. 3,6-36 A » ou « m.gl.Lkw. (« mittlerer geländegängiger Lkw ») A-Typ » en jargon
militaire !


L’« Opel Blitz 3 t. 3,6-36 A » est aisément reconnaissable à son essieu avant massif (doté d’un pont), comme sur ce Blitz, photographié sur une route italienne en 1944.

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82.356 Opel Blitz type S furent produits entre 1937 et 1944 sur les chaînes de montage de l’usine Opel de Brandenburg an der Havel, et 24.981 type A. La production cessa le 06 août 1944 lorsque l’usine fut détruite par une attaque aérienne anglaise.

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L'usine Opel de Brandenburg an der Havel en 1940.

Le Blitz sera fabriqué d’août 1944 jusqu’à la fin de la guerre par Mercedes-Benz dans son usine de Mannheim. Mercedes-Benz qui, devant le succès du Blitz, reçut l’ordre en 1943 d’arrêter la production de son propre camion de 3 tonnes, le « L3000 », pour se consacrer à la fabrication de l’Opel Blitz sous licence.

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Le « Mercedes-Benz L3000 A », 4x4, 3,02t, 4 cyl., moteur diesel de 75ch., produit de 1940 à 1943.

Le camion utilisé dans notre bataillon de fusiliers pouvait tout aussi bien être celui de Mercedes, comme c’est le cas sur cette photographie prise lors de la retraite des forces allemandes vers Belfort fin août 1944.

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Il s’agit bien d’un L3000 A, notons l’emblème de la grille du radiateur et la forme de cette dernière.

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L’emblème de la grille de radiateur de l’Opel Blitz en gros plan.

Un chauffeur du camion (« Kraftwagenfahrer ») et son assistant (le « Feldkoch ») était bien entendu prévu. Et son entretien était confié au « Kfz. Wart I » (« Kraftfahrzeuge Wart I »).

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Quitte à laver les véhicules, autant en profiter pour se laver soi-même ! :naah:

En dehors de ce camion moyen de trois tonnes, il n’y avait qu’un seul « Raupenschlepper Ost » présent au sein de la compagnie (si l’on excepte les deux présents dans le « 5. (le.I.G.) Zug, lequel ne faisait pas partie, répétons-le une dernière fois, du bataillon de fusiliers tel que l’a connu Kurt ). C’est ici que se pose la question - essentielle à nos yeux pour comprendre le mouvement que le Divisions-Füsilier-Bataillon 85 de notre Obergefreiter entreprit pour rejoindre le front de Normandie - de la mobilité de l’unité toute entière. Alors certes, on a vu que nos hommes étaient équipés pour la plupart de bicyclettes, mais on s’est rendu compte et il était de toute façon bien évident que tout ne pouvait pas reposer sur leur dos - il était déjà assez chargé comme cela ! Ce sont donc sur six chariots hippomobiles, sur leurs six cochets (« Fahrer vom Bock ») et leurs six assistants (« Wagen-Begleiter ») - ces derniers occupant par ailleurs d’autres fonctions au sein de cette section du Train (il s’agit du couturier, du cordonnier, de l’armurier-adjoint, du soldat chargé de l’entretien du camion, du mécanicien vélo et de l’un des secrétaires - l’autre étant à vélo) que reposait la dangereuse mission (n’oublions pas les « Jabo » qui rodaient dans le ciel !) d’acheminer armes, munitions et ravitaillement.

De nombreuses versions de véhicules hippomobiles existaient dans l’armée allemande. Les deux utilisés ici sont les plus courants : il s’agit du « zweispännig Gefechtswagen Hf.1 » ou « Ef.43 ». L’un des six « zweispännig Gefechtswagen  » (chariot de combat avec attelage deux chevaux) Hf.1 («  Heeresfahrzeug 1», véhicule de l’armée de terre 1) ou Ef.43 (« Ersatzfeldwagen 43 », chariot de campagne de remplacement, modèle 1943), devait transporter l’équipement (« Gerät ») comme les MG34 ou MG42 et leurs trépieds (Lafette34/42 ou anti-aérien), les mortiers moyens « 8cm Gr.W.34 » (même s’il existait aussi, nous l’avons présenté, le « Gefechtskarren für schwere Granatwerfer (If. 9/1) » qui était spécialement dédié à leur transport), les pièces de rechange (« Ersatzteile ») mais aussi le « Gepäck », c’est-à-dire le matériel de nettoyage et d’entretien des armes, les moyens de camouflage, etc. Les cinq autres devaient quant à eux transporter les munitions.

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Un « zweispännig Gefechtswagen Hf.1 ».

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Manifestement, le cochet de ce Hf.1 n’a pas l’air d’être inquiété par les chasseurs-bombardiers alliés !


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Un « zweispännig Gefechtswagen Ef.43 ».

La présence, au sein d’unité de l’armée allemande, de chariots hippomobiles peut surprendre. Or, rappelons qu’en 1944, seul un quart de ses effectifs sont motorisés. La pénurie d’essence n’y est évidemment pas étrangère, puisque l’Allemagne peut espérer 10 millions de tonnes de pétrole (la moitié environ en carburant de synthèse, élaboré à partir du charbon) et ses stocks (hors Luftwaffe) se limitent à quelques semaines. Par comparaison, les États-Unis disposent d’une capacité de 245 millions de tonnes...

Mais cette sous-motorisation de la Wehrmacht ne date pas de la fin de la guerre. On la constate déjà dès le début du conflit. Il est en effet plus que temps de tordre définitivement le cou à l’un des mythes les plus fortement ancrés dans la mémoire collective : celui de la motorisation de l’armée allemande. L’industrie allemande n’a en fait jamais été capable de produire les véhicules nécessaires pour motoriser la Wehrmacht. Juste après la campagne de Pologne, la situation est même carrément catastrophique. En janvier 1940, la Wehrmacht ne dispose plus que de 120.000 camions. À cette époque, l’industrie du Reich n’est pas capable de fournir plus de 1000 camions par mois (soit 0,8 % du parc), ce qui n’est même pas suffisant pour maintenir un semblant d’équilibre, étant donné que le taux d’usure normale (c’est-à-dire les pertes sans le moindre combat) se monte à 2400 camions par mois (soit 2% du parc). Au strict point de vue du transport automobile, le Reich fonce donc déjà droit dans le mur.

Fait remarquable, en tirant fort logiquement les conclusions qui s’imposent face à une situation aussi inquiétante, les allemands transforment finalement leur lourd handicap en un avantage considérable. Tout simplement en adoptant des mesures radicales. Au mois de janvier 1940, le Generaloberst Franz Halder (chef de l’État-major Général de l’Armée de terre) lance, tout à fait officiellement, un vaste programme de démotorisation de l’armée, qui commence à porter ses fruits au début du printemps. Il s’agit pour lui de restreindre de manière drastique le nombre des véhicules à moteur dans la troupe et de les remplacer par des vélos, des chevaux et des véhicules attelés. Cette opération permet en même temps de concentrer le matériel automobile ainsi libéré dans les unités d’élite désignées pour bénéficier d’une mobilité particulièrement soignée.

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Le Generaloberst Franz Halder, chef de l’État-major
Général de l’OKH de 1939 à 1942.


Ce qui caractérise l’armée allemande de 1940 ce ne sont donc ni les blindés ni les camions, mais bien les chevaux, les vélos et les bottes. Sur les 162 divisions dont dispose l’OKW en mai 1940, seulement 17 divisions sont entièrement motorisées, ce qui ne représente que 10,7 % de l’ensemble. Toutes les autres unités sont quasi-intégralement piétonnes, cyclistes et hippomobiles. Si les publications respectaient ces proportions, un livre consacré à l’histoire de la Wehrmacht en mai 1940 et contenant une centaine d’illustrations, devrait montrer 89 photos de fantassins ou de chevaux, 8 photos de camions et 3 photos de blindés. On est généralement bien loin du compte. Il faut bien admettre qu’une iconographie privilégiant le côté spectaculaire des choses a également contribué à répandre la légende d’une supériorité allemande en moyens mécanisés. Ce qui n’est pas le cas de notre post ! :perv:

Allez, encore quelques chiffres ! Entre 1914 et 1918, l’armée du Kaiser avait employé 1.400.000 chevaux. Pendant la deuxième guerre mondiale, la Wehrmacht en utilise 2.750.000, soit le double. Précisons cependant qu’en 1914-1918, l’arrière des fronts est encore relativement sécurisé, entre autres en l’absence quasi-totale d’une aviation de bombardement efficace. Ce n’est plus du tout le cas en 1939-1945, dès lors les pertes en chevaux augmentent forcément en flèche, ce qui concourt inévitablement à une « consommation » nettement plus élevée (nous allons y revenir). Sachant qu’entre 1943 et 1944, l’Allemagne produit 1.200.000 vélos réglementaires, ce n’est pas exagérer de dire que la Heer était avant tout cycliste et équestre !

Un visage oublié...

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... de l’armée allemande.

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Qui dit chariots hippomobiles, dit évidemment chevaux. Or, dans la Heer, ceux-ci sont répartis en deux catégories : le cheval de monte (« Reitpferd »), destiné notamment aux officiers, sous-officiers, chefs de pièces...

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Des chevaux de monte.

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Le « Ostpreuße », le cheval de monte le plus couramment utilisé dans l’armée allemande.


... et le cheval de trait (« Zugpferd »), attelé aux pièces, aux caissons et aux remorques diverses. Les chevaux de trait forment un ensemble de races qui ont pour points communs leur grande taille (de 1,60 m. à plus de 1,80 m.), leur poids important (de 500 à plus de 1.000 kg), leur ossature lourde et une morphologie bréviligne extrêmement puissante. Ils ont généralement des épaules verticales, un dos court et une croupe très musclée qui facilitent leurs actions de tractionneurs. Appartenant aux races de chevaux dites « à sang froid », la docilité et la grande force des chevaux de trait font merveille pour la traction de matériel militaire.

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Comparaison entre la morphologie d'un cheval de trait percheron et celle d'un cheval de monte de type quarter horse.

Il existe trois classes de cheval de trait : les chevaux de trait légers (« leichte zugpferde »), lourds (« schwere zugpferde »), et très lourds (« schwerste zugpferde »). Or, pour tracter un Hf. 1 ou un Ef. 43, ce sont deux « Schwere Zugpferde » qui sont utilisés. Ceux-ci étaient très souvent de race française...

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Un « percheron », la race de cheval de trait (originaire du Perche) la plus répandue au monde.

... belge...

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Un « brabançon », le cheval de trait belge.

... ou bien hollandaise...

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Un « Koninklijke Verenigung Het Nederlandsche Trekpaard » (ou KVNT 8/ !), le cheval de trait hollandais.

... ou bien encore allemande.

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Un « rheinisches Kaltblut », le cheval de trait allemand (du Rhin exactement).

Une fois dételé, un cheval nécessite une ration quotidienne de fourrage, un minimum d’exercice sous peine d’ankylose et beaucoup de soins.

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Le certificat d’approvisionnement (« Verpflegungsschein ») du 04 09 1938 montré ici indique les rations d’approvisionnement du cheval de trait lourd « Rosa »
appartenant à la 5.Kompanie de l’Infanterie-Regiment 19, en chemin vers l'hôpital militaire pour cheval II.


D’où la présence dans une Infanterie-Division d’un service vétérinaire (la Veterinärkompanie 185 dans la 85.I.D. de Kurt) et de maréchaux-ferrants.

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Maréchal-ferrant au travail. (Notons la présence des « Zeltbahnen » en configuration quatre places à l’arrière-plan).

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Un « Stabsveterinär » dirigeant ses adjoints dans le traitement d’un cheval blessé.


Lors de la mobilisation, il n’y avait pas que les soldats qui étaient mobilisés, mais également les chevaux. Pour cela il existait dans les régiments des listes qui indiquaient exactement le nombre de chevaux à remettre par arrondissement administratif.

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L’ordre d’appel (« Gestellungsbefehl ») de 1937 montré ici pour l’arrondissement administratif XXXIII de la ville de Munich, exige de la commune
de Feldmoching la mise à disposition de l’État-major de l’Infanterie-Regiment 19 de 33 « leichte zugpferde » et 6 « schwere zugpferde ».


Au 1er septembre 1939, 570.000 chevaux étaient en service dans l’armée de terre allemande. 750.000 furent utilisés pour l’attaque contre la Russie. Le nombre de bêtes atteignit une hauteur de 1.380.000 en 1943. Au début de guerre, l’effectif théorique d’une Infanterie-Division se trouvait entre 4077 et 6033 chevaux. Sur le Front de l’est, les divisions avaient par moments en service environ 2000 « Panjepferde » (de « panje » : paysan russe ou polonais) - un cheval d’Europe de l’est de hauteur moyenne, entre 1,30 et 1,50 m. L’effectif théorique de la division d’infanterie type 44 a été réduit à 3979 chevaux et celui de la division d’infanterie type 45 à 3608 chevaux, pour diminuer les besoins en ravitaillement.

D’après les recherches du Dr. Wilhelm Zieger publiée en 1973 dans son ouvrage intitulé Das deutsche Heeresveterinärwesen im Zweiten Weltkrieg, les pertes en chevaux de la Heer durant la seconde guerre mondiale s’élevèrent à environ 60 à 63% des animaux en service, soit 1.732.500 bêtes (fourchette haute) ! Le tableau présenté pp. 548-549 de cet ouvrage précise ces pertes année par année et mois par mois, sur la période du 1er septembre 1939 au 31 août 1944, et déplore la perte totale (« Gesamt-Verlust ») de 1.580.000 chevaux :

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Notons que ces pertes explosent au cours des mois de juillet et d’août 1944 avec une « consommation » de 422772 bêtes !

Si la bataille de Normandie fut anthropophage (le nombre de tués allemands [50.000] est pratiquement équivalent aux pertes alliées [20.000 américains, 16.000 britanniques et assimilés et entre 15 et 20.000 civils français]), 100 à 110 000 tués au total donc pendant 11 semaines, soit en moyenne théorique environ 10.000 morts hebdomadaires),...

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... elle fut pour les chevaux également un véritable carnage.

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Toutes ces photographies furent prises autour du 20 août 1944 dans le secteur de Tournai-sur-Dives/Chambois/Saint-Lambert-sur-Dives/Mont-Ormel, dans le sinistre « couloir de la mort ». :(

Hommes et chevaux réunis dans une même tragédie...

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Un monument dédié à leur mémoire dans la Haute-école vétérinaire de Hanovre.

***

Il est temps désormais de conclure l’étude cette KStN 149 V du 01 09 1944.

Ce tableau synoptique nous simplifie la tâche en proposant un résumé (« Zusammenstellung ») des personnels et matériels présents théoriquement au sein d’un Divisions-Füsilier-Bataillon.

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Cette vue d’ensemble se suffisant à elle-même, nous nous contenterons de traduire les remarques (« Anmerkungen ») qui lui sont adjointe.

1). Dix soldats sont désignés comme brancardier-adjoint (« Hilfskrankenträger », « Hi.Kr.Trg. » en abrégé).

2). Trois Oberfeldwebel et cinq Feldwebel appartiennent au « Stellengruppen » G. (n.d.a. : appartenant théoriquement au « Stellengruppen » O [Groupe Oberfeldwebel], ils sont reversés dans le Groupe Gruppenführer, celui des Unterfeldwebel, Unteroffizier et Obergefreiter [cf. infra p. 6]).

3). L’unité doit former une « Gasspürtrupp » (n.d.a. l’unité qui apprend l’utilisation des gaz de combat) composée d’un chef et de trois hommes, et d’une « Truppenentgiftungstrupp » (n.d.a. unité faisant la décontamination des personnes et des appareils après l’utilisation de gaz) composée d’un chef et de six hommes (plus un gradé du service de santé ou un brancardier).

4). Un sous-officier est assigné comme « Gasschutzunteroffizier ».

5). Pour le « 168 ‘M’-Stellen » (n.d.a : le grade d’équipe de l’unité), quatre auxiliaires (n.d.a. : les « Hilfswilligen » sont des soldats étrangers enrôlés de force dans l’armée allemande) sont attribués à la section de ravitaillement. Le choix est laissé à l’initiative du chef de l’unité.

* Dont trois fusils à chargement automatique et trois fusils avec lunette de visée.


Voilà, nous saurons désormais à quoi nous en tenir lorsque nous parlerons d’un bataillon de fusiliers allemand. Et nous allons maintenant pouvoir nous attacher à décrire le parcours semé d’embûches qui a été celui des hommes et du matériel du Divisions-Füsilier-Bataillon 85 de notre cher Obergefreiter depuis la Picardie et le secteur de Cressy-en-Ponthieu où il était cantonné et le secteur de Sassy, et ce depuis le 1er août jusqu’au 11 août 21 heures, heure à laquelle la 85.I.D. de Kurt a officiellement pris en charge ce secteur, y relevant la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » épuisée par deux mois de combats ininterrompus.

***

Je voudrais pour terminer remercier les membres du Forum « Lexikon der Wehrmacht » pour l’aide précieuse qu’ils m’ont apporté dans l’interprétation des abréviations de cette KStN, mais également pour leur contribution dans la tâche fastidieuse de relecture des textes et pour les corrections qu’ils m’ont suggéré.
J’ignore le degré d’exactitude auquel nous sommes parvenus. Je souhaite seulement avoir approché l’essentiel, et si ce résultat a été atteint, Thilo et Kordula (modérateurs) ainsi que Thomas (administrateur), savent ce que je leur dois. Ce fut un véritable travail d’équipe et je tiens ainsi a en partager tout le mérite.

Zum Schluss möchte ich mich bei den Mitgliedern des Forums « Lexikon der Wehrmacht » herzlich bedanken, sowohl für die wertvolle Hilfe bei des interpretation der Abkürzungen dieser KStN als auch für das mühselige Korrektulesen und die Veränderungen, die sie mir empfohlen haben.
Ich weiß nicht, wie genau und exakt wir gewesen wird. Ich hoffe nur, daß ich dem Wesentlichen näher gekommen bin. Ich weiß, was ich Thilo, Kordula und Thomas zu verdanken habe. Wenn es mir gelungen ist, diese Forschungsarbeiten erfolgreich zu Ende zu führen, ist es auch ihr Verdienst. Es ist eine sehr bereichernde Zuzammenarbeit gewesen, eine richtige Teamarbeit.

Mit freudlichen Grüßen.
:amen:

***

PS. Si vous voulez vous faire une idée exacte de la collaboration de nos amis allemands, consultez ce lien :
http://www.forum-der-wehrmacht.de/thread.php?threadid=26425&threadview=0&hilight=&hilightuser=0&page=1

À bientôt.
:hello:
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude DDay-Overlord » 05 Fév, 21:44

Encore un excellent post, plein d'images d'archives très intéressantes et qui nous plongent dans l'ambiance de la guerre comme nous n'en avons pas l'habitude. Un grand merci !

Il est clair que les animaux ont payé un prix lourd lors de la bataille de Normandie, et face à la tragédie humaine de la guerre, ils sont trop souvent oubliés. Merci à toi de nous rappeler ce fait. Un fait très important à l'époque car il faut se rappeler qu'à cette période, les chevaux ou les vaches ont bien plus de valeur que de nos jours, étant employés pour les travaux des champs, des labours et pour le transport.

Pendant la bataille de Normandie, 100 000 bovins et 8 000 chevaux sont tués.

Source : http://www.dday-overlord.com/chiffres_pertes.htm

Cordialement.
M. Laurenceau
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Administrateur du forum

http://www.dday-overlord.com
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude Guillaume77 » 06 Fév, 12:09

Félicitation pour ce post très documenté et très riche en éléments historiques. Et qui nous permet en effet de voir la guerre de manière différente.
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude L.Letendre » 13 Fév, 19:28

Bonjour à tous,
bonjour DDay-Overlord et Guillaume 77,

en complément de notre étude de la KStN 149 V du 01 09 1944, nous publions ci-dessous l’Annexe 2 de l’ordre numéro I/3197/43 émanant de l’OKH et du chef de l’État-major Général de l’Armée (de terre), Kurt Zeitzler, présentant la nouvelle version du point 3.c). élaborée par la Section Organisation, lequel concerne, en date du 05.08.1943, la création, au sein de la division d’infanterie allemande, du Divisions-Fusilier-Bataillon en remplacement de l’Aufklärungsabteilung.

Image
Anlage 2 zu OKH Der Chef des Generalstab des Heeres/ Organisation-Abteilung Nummer I/3197/43 Generalkommando.
II. Anlage.
Neufassung der Ziff. 3.) c) des Befehls Der Chef der Generalstab des Heeres/
Organisation-Abteilung Nummer I/3197/43 Generalkommandos vom 5.8.43.


Image
Generaloberst Kurt Zeitzler,
chef de l’État-major Général de la Heer
du 24 septembre 1942 au 10 juillet 1944.


Bonne lecture.
Et excusez-moi si je ne traduis pas ce soir, je suis en permisssion ;-) !
Comme ces « Schützen ».

Image

Qu'ils en profitent, cela ne va pas durer...
À très bientôt.
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude Hakermann » 14 Fév, 15:41

quel travail!!!!! superbe!
en plus c'est une région que je connais bien.

j'ai lu toutes les pages depuis ma pause déjeuner de ce midi. j'aurai aimé avoir un peu plus d'infos précises sur les positions allemandes sur la coline 140 avec les bois de Quesnay à l'ouest et les bois du Bu sur Rouvre à l'Est.
Sur ce grand plateau, il y a plusieurs bois, au centre dans le vallon, le village d'Estrées la campagne ou il y avait un aérodrome allemand ( il reste 3 pistes en ciment)

Pour essayez de rester limpide qu'elles étaient les forces allemandes dans les bois/villages suivant:

-Conteville
-Poussy la campagne
-Saint sylvain, en particulier le Chateau de Fosse avec son parc et les 2 bois qui l'entourent en direction de Soignolles
-Soignolles
-Estrees la campagne
-le bu sur Rouvres et son grand bois.

Nb, saviez vous qu'il y avait une base de V1 dans le bois de Quesnay?
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude L.Letendre » 14 Fév, 22:22

Bonjour à tous,
bonjour Hakermann,

je suis ravi d’apprendre que le Bois de Quesnay abritait une rampe de lancement de V1 et de voir que l’histoire de l’Obergefreiter Habersack retient votre attention.

Quant à vos questions, elles concernent des secteurs et une opération (« Totalize ») qui ne relèvent pas du cadre strict de mes recherches, bien que des éléments avancés de la 85.I.D. arrivent sur la zone des combats au nord du Laison dans la nuit du 08 au 09 août et vont, en participant au colmatage de certaines brèches, aider à stopper l’offensive alliée. Aussi pardonnerez-vous je l'espère mes oublis et mes approximations.

État au 08 août 1944, 12 heures, avant la contre-attaque de la Kampfgruppe Waldmüller (sauf mention contraire).

Secteur de Conteville/ Poussy-la-Campagne :

- 272.I.D. (Gren.Rgt.981 ou 982 ?).
- + éléments de la 89.I.D. en retraite.

Secteur de Saint-Sylvain :

- KG Waldmüller : le II./SS-Pz.Rgt. 12 (39 Panzer IV) de la 12.SS-Pz.Div. « Hitlerjugend » et la 2.Kompanie de la s.SS-Pz.Abt. 101 (10 chars Tiger, au nombre desquels figure le char n°007 du plus célèbre chef de char de l’Histoire, Michael Wittmann, qui meurt au combat le 08 août vers 13 heures). Sans oublier le II./SS-Pz.Gren.Rgt.26.
- + L’Oberführer Kurt « Panzer » Meyer en personne, Kommandeur de la division « HJ ». Mais avec sa « Kübelwagen », il est partout à la fois ! 8/

Secteur du Bû-sur-Rouvres :

- En arrière des deux premiers secteurs, le bois au nord de la localité a pu abriter une batterie d’artillerie, et/ou la SS-Pz.Aufk.Abt. 12, mais cela n'est qu'une hypothèse... (Édition n°2 du 17 février, 08h12 : vos fouilles et la découverte de 170 douilles de 10,5 cm montrent que cette hypothèse n'était pas sans fondement !) Ce qui est établi en revanche, c'est que la Korps-Begleit-Kompanie du I./SS-Panzer-Korps et que le I./SS-Pz.Gren.Rgt.25 (ce dernier étant positionné à 12 heures à l'est de Cintheaux) s’y sont retranchés dans la nuit du 08 au 09 août, après l’échec de la contre-attaque allemande du tout début de l’après-midi du 08 août.

Secteur de Soignolles :

- Une compagnie de la SS-Panzerjäger-Abteilung 12 de la 12.SS-Pz.Div. « HJ » (avec ses Jagdpanther IV).
- La Divisions-Begleit-Kompanie (12.SS-Pz.Div. « HJ »).
- La 3ème batterie du Werfer-Regiment 83 de la Werfer-Brigade 7 (« Près de Soignolles » écrit Hubert Meyer, chef d’état-major de la 12.SS-Pz.Div. « HJ », dans son historique de la « Hitlerjugend » (Georges Bernage et Hubert Meyer, 12 SS-Panzer-Division, Éditions Heimdal, Coll. Album historique, 1994, p. 367) : dans les bois du château de Fosse ?).
- + 1 bataillon de la 85.I.D. arrivé dans la nuit du 08 au 09 août. Est-ce un bataillon du Gren.Rgt.1053 ?

Secteur d’Estrées-la-Campagne :

- Une compagnie de la SS-Panzerjäger-Abteilung 12 (12.SS-Pz.Div. « HJ »).
- La Korps-Begleit-Kompanie du I./SS-Panzer-Korps.
- + 1 bataillon de la 85.I.D. arrivé dans la nuit du 08 au 09 août. (Appartenant à quelle unité exactement ? C'est tout le problème... Cf. infra p.9).

Secteur du Bois de Quesnay :

- KG Wünsche : 38 Panther et Panzer IV du I./SS-Pz.Rgt. 12, épaulés par la 3.Kompanie de la s.SS-Pz.Abt. 101 et appuyés par le I. et le III./Pz.Gren.Rgt.26. (Le groupement tactique arrive dans le secteur dans la nuit du 08 au 09 août, après sa contre-attaque dans la forêt de Grimbosq).

Entre Estrées-la-Campagne et le Bois de Quesnay (à Ouilly-le-Tesson) :

- La 1.Kompanie de la s.SS-Pz.Abt. 101.

Voilà quelques éléments, mais ce ne sont que des linéaments, car des vérifications beaucoup plus approfondies sont nécessaires, que je n’exclue d’ailleurs pas d’effectuer plus tard. Pour le moment, nous allons devoir malheureusement quitter la Normandie, mais pour mieux y revenir... à bicyclette ! Et pour ce faire, il convient d’adapter ses efforts et...

Image

... de ménager sa monture !

À bientôt donc.
;)
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude weyax » 15 Fév, 12:19

Pardon Lionel, before leaving Normandie 3 pictures could be allowed:


period air-photo of the region

Image

Everyone knows Wittmann that faught here and Panzer-Meyer but
Waldmüller???
Shown on the photos

Image

Image

Salutations

Alex
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Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lude Hakermann » 15 Fév, 17:15

L.Letendre merci beaucoup :amen: :amen: pour les infos, cependant je te contact en messagarie pour éviter de poluer le poste sur Habersack :)
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