Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Ce forum vous permet de poser vos questions ou de demander des renseignements concernant les forces allemandes ayant combattu au cours de l'été 1944 en Normandie.
Avatar du membre
Hakermann
Messages : 72
Enregistré le : 14 févr., 14:08

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Hakermann » 29 mai, 13:38

merci pour cette suite très enrichissante pour moi :amen:


recherches tous documents,objets sur le Kg Luck et les komp du 125pz, Afrique, Normandie...

OGefr. Habersack
Messages : 111
Enregistré le : 09 oct., 19:50

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par OGefr. Habersack » 05 juin, 23:00

6.6.44

Jour de la destinée pour les forces alliées.

Image

Jour de l’apocalypse pour le régime nazi.

Image

Jour clé dans l'histoire de l’humanité.

REME
Modifié en dernier par OGefr. Habersack le 01 sept., 16:50, modifié 2 fois.



Avatar du membre
Hakermann
Messages : 72
Enregistré le : 14 févr., 14:08

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Hakermann » 06 juin, 06:35

Durant les semaines qui succèdent l'invasion, les opérations Tractable et Totalize seront lancées au mois d'aout pour la prise de Falaise, nous retrouverons alors la 85id et l'histoire d'un grenadier.

bonnes commémorations à tous. :amen:


recherches tous documents,objets sur le Kg Luck et les komp du 125pz, Afrique, Normandie...

Avatar du membre
Hakermann
Messages : 72
Enregistré le : 14 févr., 14:08

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Hakermann » 14 juin, 08:51

la suite la suite! :mdr1: :mdr1: :mdr1: :mdr1: :mdr1: :mdr1: :mdr1: :malin1:


recherches tous documents,objets sur le Kg Luck et les komp du 125pz, Afrique, Normandie...

OGefr. Habersack
Messages : 111
Enregistré le : 09 oct., 19:50

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par OGefr. Habersack » 23 juin, 13:24

Bonjour à tous.

La suite ? La voici, mon cher Hakermann. Elle est un composé de patience et de temps car il nous a fallu vaincre bien des difficultés et longuement veillé avant de pouvoir enfin la proposer. Mais il n’y a point de chemin trop long à qui marche lentement.
***
Situation le 9 août 1944 (Deuxième partie)

Reprenons donc le récit des événements qui se sont déroulés le mercredi 9 août 1944, jour du premier engagement des éléments avancés de la 85.I.D. sur le front de Normandie.

Assurément, Kurt lui-même ne prit pas part aux combats féroces qui se déroulèrent ce jour-là, le Divisions-Füsilier-Bataillon 85 n’ayant pas encore terminé sa marche d’approche, mais comme nous avons finalement décrit l’opération de transfert de sa division toute entière, nous ne pouvons pas ne pas faire état de ce qui constitua son baptême du feu, d’autant que celui-ci va concourir à porter le coup le plus sévère encaissé par les Alliés en Normandie et conduire à l’annihilation totale de la Worthington Force. Qu’un groupement tactique soit perdu puis finalement détruit avant que des renforts ne puissent intervenir est en effet sans précédent dans toute la campagne de Normandie. L’exemple le plus proche fut la destruction des éléments de la 22nd British Armoured Brigade à Villers-Bocage le 13 juin 1944, mais la brigade ne fut pas entièrement détruite et ses pertes furent moins élevées que celle de la Worthington Force : 25 blindés, 14 véhicules blindés et 14 « Bren carriers ». Nous verrons que celles du groupement tactique canadien commandé par le Lieutenant-Colonel Worthington seront nettement plus catastrophiques.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
***

Alors, que s’est-il passé au juste lors de cette dramatique journée du 9 août 1944 ?

Nous avons déjà présenté les raisons qui poussèrent le Lieutenant-Colonel Worthington à modifier le trajet initial qu’il devait suivre d’après le plan de l’opération mis au point par Simonds et Kitching au soir du 8 août : il s’en dérouta pour éviter la bataille que le second groupement tactique engagé par le haut commandement canadien (celui du Lieutenant-Colonel Halpenny) menait alors avec les défenseurs de Bretteville-le-Rabet, une localité qui aurait déjà dû théoriquement être nettoyée au moment où la Worthington Force arrivait dans le secteur, ce qui n’était pas le cas. Ayant accumulé du retard, la Halpenny Force fut stoppée par une position de Flak établie aux abords nord de Bretteville-le-Rabet. Et c’est ici qu’il faut chercher les causes du désastre à venir, car, se heurtant aux colonnes du groupement blindé de Halpenny et commençant lui-même à essuyer des coups, Worthington pris l’initiative, afin d’exécuter la mission qui lui était confiée (s’emparer de la cote 195 avant la pointe du jour), de contourner Bretteville-le-Rabet par la gauche (vers l’est) et de se rabattre ensuite sur la droite (vers l’ouest), de traverser la RN 158 et de foncer ensuite tout droit sur l’objectif assigné. Mais, comme nous l’avons également souligné, dans la confusion de la bataille, en pleine nuit, avec une faible lune, la visibilité médiocre des fentes de vision comme de celle des épiscopes des chars, une visibilité affectée qui plus est par la poussière soulevée par les blindés et des nappes de brouillard matinal, les hommes de Worthington vont complètement perdre leurs repères. Ayant roulé moins d’un kilomètre, ils vont tomber sur une large route droite. Les routes étroites et sinueuses étant la norme en France à cette époque, ils pensèrent avoir affaire à la route reliant Caen à Falaise. Les éléments de tête la franchirent, tournèrent immédiatement à 90° sur leur droite et la suivirent, estimant qu’elle devait les conduire vers leur objectif. L’orientation semblait confirmée par les premières lueurs du soleil apparaissant à l’est. Et pourtant.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Pourtant il n’en était rien, car malheureusement la route découverte par le « Battle group » n’était pas la route nationale 158, mais le Chemin Haussé du duc Guillaume. Cette route, une ancienne voie romaine réhabilitée par Guillaume le Conquérant et reliant Valognes à Falaise via Bayeux, était effectivement large et droite où elle fut franchie par les blindés canadiens, mais elle ne menait pas à la cote 195. La section toute droite traversée alors, et qui existait encore en 1944, près de neuf siècles après sa construction, était celle qui reliait Laize-la-Ville (à l’est de la rivière Orne) aux abords ouest de Rouvres (au nord du Laison). La carte suivante, empruntée à l’article de Mike Bechthold, « Lost in Normandy, The odyssey of Worthington Force, 9 August 1944 » (Canadian Military History, Volume 19, Printemps 2010, p. 13) nous permet de nous rendre compte de la méprise et de l’égarement des hommes de la Worthington Force.

Image

Nous avouons ne pas comprendre comment, longeant la RN 158 à l’est, on peut espérer, s’éloignant encore davantage vers l’est, franchir la nationale... Ni comment, entreprenant un large contournement de Bretteville-le-Rabet par l’est afin de se rabattre au sud de la localité, on peut croire, en ayant parcouru moins d’un kilomètre (c’est la distance qui sépare le point de départ de la nouvelle route décidée par Worthington du Chemin Haussé du duc Guillaume, pris à tort pour la RN 158), avoir effectué le parcours... C’est là une énigme que nous ne nous expliquons pas ! Toujours est-il que, longeant le Chemin Haussé du duc Guillaume, la Worthington Force se dirigea non pas vers la cote 195 mais vers un secteur à deux kilomètres au sud-est d’Estrées-la-Campagne, à mi-chemin entre la cote 140 et la cote 111, et à plus de 6 kilomètres au nord-est de la cote 195 !

Or, durant son avance rapide vers son objectif, les blindés de la Worthington Force, ouvrant la voie en tirant contre toutes les cibles potentielles rencontrées le long de la route (notamment contre les meules de foins dont certaines explosent ou font ricocher les balles de mitrailleuses lorsqu’on leur tire dessus, comme le remarque le « War Diary » du BCR), ne vont d’abord avoir affaire qu’à une faible opposition. Les blindés de tête sont ainsi amenés à traverser un petit bois au sud de Cauvicourt où sont présentes des troupes ennemies. « As we approached [...] we sighted enemy soft skin vehicles, armoured cars, and half-tracks. There were duly shot up as we proceeded and many of the ennemy were killed ». (WD BCR, 9 août 1944). L’état-major régimentaire ainsi que le C-Squadron, profitant de l’obscurité, ne vont plus s’arrêter jusqu’à ce qu’ils atteignent peu avant 06 heures 50 les hauteurs qu’ils pensent être celles de la cote 195. Worthington décida alors de s’y retrancher dans un champ offrant une bonne visibilité sur la campagne environnante. À 06 heures 50, il informa le HQ de la 4th Canadian Armoured Brigade qu’il était arrivé cote 195. « No evidence of enemy occupation - but recent signs. Few lorries destroyed, slit trenches and tools about. We are holding until our friends come forward to consolidate ». (WD HQ 4th CAB, enregistrement radio, 9 août 1944). Mais le groupement tactique s’est divisé durant la progression et n’est alors plus au complet.

En effet, tandis que l’aube commençait à se lever, le B-Squadron du BCR, suivant les avant-gardes du groupe de combat, s’est arrêté au nord d’Estrées-la-Campagne pour vérifier son emplacement. Après avoir consulté ses cartes, le commandant du « squadron », le Major J.H. Carson se rendit compte qu’il n’était pas du tout au bon endroit. Et, alors qu’il était en train de réorienter ses forces vers la cote 195, il reçu par radio l’ordre de Worthington d’avancer vers les hauteurs en face de lui. Carson n’avait alors d’autre choix que de rejoindre le reste du groupe de combat. Durant cette pause, les deux compagnies de tête de l’Algonquin Regiment (les B et C), étaient avec le B-Squadron du BCR. Le Major L.C. Monk (commandant de la B-Company), en profita pour faire une reconnaissance sur Estrées-la-Campagne et constata que le village était inoccupé (les Allemands étant en fait retranchés dans les nombreux bois juste au sud du village). Et tandis qu’il revenait de sa reconnaissance, il constata que le B-Squadron du BCR et la C-company de l’Algonquin avaient quitté les lieux. Il se décida alors à les rejoindre en suivant leurs traces. Parvenu dans le secteur de la cote 140, il réalisa que l’une de ses sections, la 10 Platoon, était manquante. Après en avoir fait état au Lieutenant-Colonel A.J. Hay (l’officier commandant l’Algonquin Regiment), il partit à leur recherche. Et il s’avéra qu’alors que le reste de la B-Company gagnait son objectif, cette section fut accrochée par une position (une de celles que nous évoquions au sud d’Estrées-la-Campagne), et se décida sans hésitation à l’attaquer. Deux canons de 88 furent détruits (sans doute ceux d’une section, consistant en deux pièces de Flak 8,8 cm, de l’une des « Flakkampfgruppen » du III. Flak-Korps dépêchée en urgence sur la ligne de front dans la nuit du 8 au 9 août - à moins qu’il ne s’agisse d’éléments du SS-Flak-Bataillon 12) et, sur les trente soldats allemands présents, seuls cinq furent fait prisonniers, terrifiés, l’affaire se réglant à la baïonnette ! Après avoir neutralisé cette position, la 10 Platoon rejoignit le reste du groupe de combat près de la cote 140.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Mais toutes les unités de la Worthington Force ne parvinrent pas à rejoindre le secteur de la cote 140 (nous disons bien « le secteur » de la cote 140, car le champ de Worthington se trouve en réalité à plus d’un kilomètre à l’est de la cote en question). Le A-Squadron du BCR et la D-Company de l’Algonquin, les dernières unités dans l’ordre de marche du groupe de combat, furent en effet prises sous le feu des positions de l’ennemi au sud d’Estrées-la-Campagne. Les blindés, ne bénéficiant plus du couvert de l’obscurité, offraient alors leurs hautes silhouettes aux tirs des pièces anti-chars. Et le résultat ne faisait aucun doute. Le A-Squadron du Major G.R. Sidenius fut annihilé. 17 chars furent détruits et seul deux réussirent à percer et à rejoindre le champ de Worthington. Les hommes de la D-Company ne purent qu’assister impuissants au désastre. Ils tentèrent bien d’intervenir mais furent incapables de bouger à cause des tirs de mortiers lourds, des mitrailleuses et des anti-chars allemands. Le Major A.K.J. Stirling (commandant la D-Company) se résolut alors à ordonner à ses hommes de se retirer et d’occuper une hauteur dominant (à l’est) Bretteville-le-Rabet. Elle se joindra ensuite à la Halpenny Force afin d’investir la localité.

Ce sont donc seulement les B et C-Squadrons du BCR et les B et C-Companies de l’Algonquin Regiment qui se retrouvent près de la cote 140 à l’aube du mercredi 9 août 1944 (nous insistons car il y a beaucoup de confusion à ce sujet dans les différentes descriptions des événements que nous avons pu consulter). Et ils s’y retrouvent complètement isolés, car à cette heure personne ne sait que la Worthington Force est très loin de l’objectif qui lui était assigné, ce qui signifie qu’elle ne peut malheureusement attendre aucun renfort ni surtout aucun support.

Worthington a donc établi ses forces sur une ligne de hauteurs proche de la cote 140, dans un champ rectangulaire de 275 mètres de long et de 90 mètres de large qui offrait une bonne visibilité et un bon champ de tir sur le secteur environnant, et procurait également une protection en étant délimité au nord, à l’ouest et à l’est par une haie dense, des taillis et des fourrés, et au sud par une mince ligne de grands arbres. Depuis leur arrivée à 06 heures 50, les hommes de Worthington eurent le temps d’organiser leur position puisqu’ils ne vont pas connaître de sérieuse opposition avant 08 heures. Leur avance vers la cote 140 les a bien amené à passer à travers certains éléments de la Kampfgruppe Krause (qui devait justement s’installer en position défensive sur cette ligne de hauteurs, mais dont le gros s’établit en fait quelques centaines de mètres plus au sud, sur les hauteurs dominant la vallée du Laison, au nord de Maizières et de Rouvres), mais la réponse initiale des Allemands ne consista qu’en des échanges de tirs disjoints et sporadiques. Le commandement des blindés fut confié au Major T.B. Barton, l’officier commandant le C-Squadron. Il avait alors à sa disposition 31 Sherman et 1 blindé léger de reconnaissance (un M3 Stuart), auxquels viendront s’ajouter les 2 blindés du A-Squadron qui réussirent à s’échapper des combats où fut détruit le reste de leur groupe. Les chars furent positionnés tout autour du périmètre du champ, alternant avec les half-tracks qui servirent à transporter l’infanterie. Le Lieutenant-Colonel Hay déploya de manière similaire son infanterie. La C-Company fut placée le long des haies au sud-est et au sud-ouest du champ, tandis que la B-Company couvrait la partie nord. Les mortiers de « 3-inch » (81 mm) de la section de mortiers furent placés à l’angle nord-ouest du champ. La D-Company devait occuper le nord-ouest et le sud-ouest, mais, comme nous venons de le voir, elle ne parvint pas à rejoindre la position. Bien qu’ils ne furent pas gênés dans la préparation de leurs positions, les hommes de l’Algonquin Regiment éprouvèrent cependant des difficultés à creuser des tranchées dans le sol dur et rocailleux.

À 08 heures du matin, le champ de Worthington était prêt pour devenir le Fort Alamo de Normandie.

Image

Image

Image

Image

Voici une photographie aérienne du secteur où s’établit la Worthington Force. Prise fortuitement le matin du 9 août 1944 par un avion de reconnaissance de la 2nd Tactical Air Force (« 2 TAF »), elle fait partie d’une série de six photos réalisées ce matin-là et découvertes accidentellement en 2010 par Mike Bechthold, le directeur de la communication du LCMSDS (The Laurier Centre for Military Strategic and Disarmament Studies), un Centre d’études soutenu par le Programme d’études stratégiques et militaires du ministère de la Défense nationale du Canada, et rattaché à la Wilfrid Laurier University de Waterloo, en Ontario. (Parmi les ressources les plus importantes du Centre, on retrouve la Collection de photos aériennes canadiennes de la Deuxième Guerre mondiale. Cette collection contient près de 300.000 photos aériennes prises par les unités du Corps d’aviation royal du Canada en Europe de 1942 à 1944).

Image

Ce cliché a été pris par l’un des appareils photographiques que nous avons présenté précédemment (cf. supra, Situation le 3 août 1944, p. 8), très certainement par un F52 Williamson car ce dernier développe des images plus larges et de longueurs focales plus importantes (14, 20, 36 ou 40 mm) que le F24 qui développe des longueurs de focales de 5, 8, ou 14 mm. La légende de la photo indique une longueur de focale de « 36 » mm. Ce peut être (car c’est habituellement dans ce genre d’appareil qu’était embarqué le F52) du nez du cockpit d’un De Haviland Mosquito PR XVI que fut prise cette photographie aérienne. Quoiqu’il en soit, elle va nous être d’une très grande utilité pour décrire et comprendre les combats qui vont avoir lieu dans le secteur de la cote 140. Nous y avons indiqué les trois endroits précis que nous allons examiner en détail, en commençant par le champ de Worthington.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
***

Que s’est-il passé maintenant côté allemand entre 06 heures 50, heure d’arrivée des Canadiens dans leur position, et 08 heures, heure à laquelle les combats sérieux vont véritablement commencer ?

Le mieux est encore de lire le récit que Kurt Meyer, le « Kommandeur » de la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend », donne lui-même de ces moments dans son ouvrage Grenadiere, traduit en français par Jean-Claude Perrigault sous le titre Soldats du Reich et publié aux Éditions Heimdal en décembre 1996.

« Avant même l’aube, je grimpe sur la hauteur où se trouve le tombeau de Marie Joly (n.d.a. tout près du HQ de la 12.SS-Pz.Div. « HJ », au château de la « Brèche au diable ») et je prête l’oreille dans le matin qui commence. C’est encore calme dans le secteur du Laison, tout n’est encore qu’un beau paysage tranquille. Avec mes jumelles, je fouille les lignes de hauteurs qui s’étendent en face de moi. De verts champs de blé s’étalent, comme s’ils somnolaient sur la contre-pente, et sur la ligne de crêtes, des pins élancés semblent faire des signes vers les premiers rayons d’or du soleil. Même la rosée étincelante qui mouille les brins d’herbe brille si magnifiquement qu’elle fait oublier la guerre pour quelques secondes. Le soleil perce et, de milliers de petits gosiers d’oiseaux, s’élèvent dans les airs les premiers saluts au matin radieux.

[...] Une petite automitrailleuse sort du bois (n.d.a. celui du Quesnay) et roule lentement en direction de la cote 140 (n.d.a. il s’agit de l’automitrailleuse britannique de prise du « 01 » [l’officier d’ordonnance] de l’état-major de la « HJ », le SS-Obersturmführer Bernhard-Georg Meitzel). C’est un véhicule anglais capturé qui est employé maintenant pour des missions de liaison. Un sifflement et une explosion déchire le calme matinal. L’automitrailleuse est canardée par un char qui est en position de tir au milieu d’un bouquet d’arbre. Retenant ma respiration, j’observe cette rencontre. L’automitrailleuse fait un crochet vers le sud et roule à se casser le cou à travers les champs. Le terrain qui descend l’amène bientôt hors de portée du char ennemi. Tout surpris, je suis devenu témoin de cette rencontre et je me trouve devant une énigme. Comment se fait-il que le char ennemi se trouve sur la hauteur ? Ne pressentant rien de bon, je saute sur le téléphone et appelle Wünsche.

Celui-ci a déjà mis ses panzers en état d’alerte et attend le retour du SS-Obersturmführer Meitzel qui devait assurer la liaison avec la Kampfgruppe Waldmüller en utilisant l’automitrailleuse de prise. Meitzel lance un message : “ Sur la cote 140, il n’y a pas de soldats allemands. Elle est occupée par des chars ennemis ”. Une frayeur glaciale me glisse dans les os. Si ce que signale Meitzel est exact, la totalité de la Kampfgruppe Waldmüller, y compris la compagnie divisionnaire d’accompagnement, se sont perdues. Cela ne peut et ne doit être vrai. On constate, il est vrai, qu’aucun compte-rendu n’est encore arrivé. (n.d.a. les « Kampfgruppen » Waldmüller et Krause devaient en effet occuper la ligne de hauteurs allant de la cote 140 à la cote 111, mais toutes deux s’établirent un peu plus au sud, tout au long de la ligne de crêtes dominant la vallée du Laison. Quant à la Divisions-Begleit-Kompanie, ordre lui avait été donné le 8 août au soir de rejoindre le secteur de Montboint, à 1,5 km à l’est d’Ouilly-le-Tesson, mais n’ayant pu se dégager, elle s’établit entre Saint-Sylvain et Soignolles).

Meitzel repart une fois de plus avec son automitrailleuse pour avoir des impressions plus exactes sur l’ennemi. Dès qu’il arrive en bordure de la hauteur son véhicule reçoit un coup au but. Lui-même est éjecté de la tourelle ouverte (n.d.a. projeté en l’air, il se brisera le bras droit en s’écrasant sur la tourelle de son véhicule). En un instant, Meitzel est cerné par des fantassins ennemis et fait prisonnier.

Une patrouille envoyée en reconnaissance apporte rapidement de la clarté. Un groupement tactique ennemi a occupé la hauteur et, avec ses armes, il domine les bas-fonds du Laison. Il faut écarter immédiatement ce danger qui nous menace, si nous voulons tenir le secteur pour la 85. Infanterie-Division. Le secteur du Laison offre la seule possibilité de défense du nord de Falaise. Alors il faut faire vite, nous devons reprendre la hauteur ». (Kurt Meyer, Soldats du Reich, pp. 369-372).

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Si la cote 140 devait être reprise impérativement, c’est donc dans l’esprit de Kurt Meyer pour permettre à la 85.I.D. de s’installer en position défensive dans le secteur au nord du Laison (dernier obstacle naturel au nord-est de Falaise) et ainsi de relever les restes très éprouvés de sa division. La carte suivante (au 1 : 80.000) du « WFSt Op. (H) » établie le 9 août 1944 nous livre des indications plus précises sur les éléments avancés de la 85.I.D. qui arrivent sur place ce jour-là.

Image

Ce sont deux bataillons (« 2 Btl ») et une Artillerie-Abteilung (« 1 Art. Abt. ») qui les premiers rejoignent la zone des combats. Nos analyses précédentes nous ont déjà permis de les identifier avec une quasi-certitude : il s’agit, répétons-le, de deux bataillons du Gren.Rgt.1053 et de la 3.Abteilung (mot.) de l’Artillerie-Regiment 185. Comme nous l’avons également indiqué précédemment, la Panzerjäger-Abteilung 185 équipée de ses canons de Pak 41/43 de 8,8 cm, bien qu’également attendue par le haut commandement allemand et annoncée par Eberbach lui-même, n’est pas là (nous la retrouverons le 10 août stationnée à quelques kilomètres, dans le secteur de Saint-Pierre-sur-Dives). Nous avons fait déjà quelques suppositions pour expliquer son retard. Ajoutons que, par attrition, les tracteurs d’artillerie devaient également manquer, et qu’occupés qu’ils étaient à acheminer les pièces de l’Artillerie-Regiment 185, celle de la Panzezjäger-Abteilung 185 durent peut-être attendre. Quoiqu’il en soit, la carte précise bien sous forme de flèches la destination des trois unités avancées de la 85.I.D. et l’on peut supposer, sans risquer de se tromper, que la flèche en direction de Soumont-Saint-Quentin indique celle que prirent les canons de la 3.Abt. (mot.) de l’Art.Regt 185 qui logiquement ont dû rejoindre ceux du SS-Panzerartillerie-Regiment 12 et les lance-roquettes du SS-Werfer-Bataillon 12 qui s’étaient repliés dès 22 heures le 8 août dans ce secteur, près du HQ de Kurt Meyer, tandis que les deux autres flèches indiquent les deux points de franchissement du Laison empruntés par les deux bataillons du Gren.Rgt.1053, à Maizières et à Rouvres, juste en face du champ de Worthington.

Notons enfin que cette carte signale la Kampfgruppe Wünsche comme étant encore présente dans la forêt de Grimbosq aux cotés de la 271.I.D. alors qu’elle a en réalité quitté le secteur et rejoint le Bois du Quesnay le 9 août à 04 heures du matin, comme nous l’avons montré. Aucune des dispositions prises par Kurt Meyer au soir du 8 août pour défendre le secteur du Laison et mises en œuvre dans la nuit du 8 au 9 août ne sont d’ailleurs répertoriées.

Tout le problème est maintenant de savoir à quel moment de la journée exactement ces deux bataillons de la 85.I.D. sont intervenus contre le champ de Worthington. Reprenons donc la description de l’enchaînement des événements. Comme nous l’avons dit, c’est aux environs de 08 heures qu’eut lieu la première réaction organisée des Allemands. Avant de retourner une seconde fois observer la situation avec son engin de reconnaissance et, blessé, d’être fait prisonnier, Meitzel avait réussi la première fois à faire demi-tour et, indemne, il fit son rapport au SS-Obersturmbannführer Max Wünsche. Kurt Meyer fait lui-même état, dans son récit, d’un entretien téléphonique avec Wünsche. Or, ce qui s’y décida allait sceller le sort de la Worthington Force. Les deux officiers prirent en effet la décision d’engager une action concertée visant à prendre en tenaille les forces canadiennes. Pendant que 5 Tiger, appuyés en chemin par la Kampfgruppe Waldmüller, devaient attaquer depuis l’ouest pour fixer l’adversaire, 15 Panther (à la tête desquels se trouvait le SS-Sturmbannführer Arnold Jürgensen) devaient contourner la position canadienne par le sud en empruntant la route de la vallée du Laison, en direction de la Kampfgruppe Krause, pour exécuter un mouvement de conversion et attaquer par l’est. Ce sont donc deux groupes blindés (le nombre de chars indiqué est celui mentionné par Kurt Meyer lui-même), soutenus par les grenadiers de la « HJ », qui devaient frapper dans les rangs canadiens et y répandre la mort et la destruction. Nous verrons ce qu’il en sera des deux bataillons de la 85.I.D. par la suite, mais nous pouvons d’ores et déjà présenter un montage nous permettant de nous faire une idée précise du plan conçu par les deux officiers allemands et qui fut mis en œuvre tel quel.

Image

Dès 08 heures, et avant qu’ils ne soient pris entre le marteau et l’enclume, les hommes de Worthington ont d'abord commencé à être harcelé par des tirs provenant du nord-ouest (des positions au sud d’Estrées-la-Campagne qui détruisirent le A-Squadron du BCR et empêchèrent la D-Company de l’Algonquin Regiment de rejoindre le groupe de combat) et d’un bois situé sur une hauteur à 700 mètres au sud de leur position (référencée « 30 Acre Wood » sur la carte topographique moderne de Mike Bechthold présentée ci-dessus). Les blindés canadiens établirent un contre-feu mais sans cibles précises, celui-ci demeura inefficace. Aussi Worthington décida-t-il de faire une tentative pour neutraliser ces tirs. Une première section de trois chars fut envoyée vers le nord, mais à peine eut-elle quitté la position du groupe de combat qu’elle fut détruite.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
À 09 heures, une seconde section de cinq blindés du B-Squadron fut envoyée vers le sud pour capturer le « 30 Acre Wood ». Le char du Lieutenant John Stock (dont les mémoires, Troop leader, pp.29-31, vont nous aider à reconstituer la scène) ouvrit la voie vers le bois, pendant que celui du Lieutenant John Scudamore, resté en retrait, fournissait un tir de couverture consistant notamment en l’utilisation d’obus fumigènes. Malgré un feu nourri, le blindé de Stock parvint jusqu’à un réseau de tranchées et de fortifications en bois et tandis qu’il commençait à tirer des obus explosifs dans la position ennemie, son char fut pris à partie par un Tiger (déjà parvenu dans le secteur qui lui avait été assigné). Le premier tir du Tiger manqua sa cible et frappa un grand arbre derrière le Sherman. Mais le canonnier allemand ne se manqua pas la seconde fois et mis son tir en plein dans la caisse avant droite du char de Stock, tuant le co-pilote et mettant le feu au fuel et aux munitions. Alors qu’ils tentaient de s’en extirper, l’explosion qui s’ensuivit projeta violemment Stock et son équipage hors de la carcasse du blindé. Le tir suivant détruisit le char du Sergeant George Wallbank alors qu’il avançait pour rejoindre Stock. Celui du Major Carson subit le même sort. Et celui du Captain Johnny Hope fut détruit alors qu’il tentait de s’échapper (peut-être, vu l’angle de tir, par les Panther arrivant dans le secteur par le sud).

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Après la destruction des blindés, le Major Carson emmena certains des blessés dans une partie du bois que l’action engagée avait permis de nettoyer. Constatant l’échec de l’opération, Worthington pris des dispositions pour secourir les survivants. Il demanda au Lieutenant J.T. Jenkinson de prendre un half-track pour ramener les blessés. Le conducteur assigné à cette mission ne fut pas ravi de l’apprendre et répondit « Why me ? » lorsqu’on lui enjoignit de conduire le véhicule de secours. On peut le comprendre. Avant que ce véhicule n’arrive (car, passée la première réaction naturelle et spontanée, notre homme retrouvera le sens courageux et admirable du devoir), Stock aida les membres de son équipage à rejoindre le groupe de combat. Et, tandis qu’il revenait vers la position canadienne, il vit le Sergeant Wallbank dont l’un des pieds avait été arraché et pendait, n’étant plus attaché que par le tendon d’Achille. Wallbank lui demanda de lui porter le coup de grâce. Tâchant de le rassurer, Stock lui administra une dose de morphine. Il n’était pas en mesure de faire plus. En dépit des tirs allemands qui blessèrent de nombreux hommes, Jenkinson y compris, le half-track parvint à apporter de l’aide à certains de ceux qui en avaient besoin et les ramena à la position principale, mais dû laisser les autres se débrouiller seuls, notamment Jenkinson et Wallbank, avec son pied en moins. Ils réussirent néanmoins tous les deux à revenir par leurs propres moyens. À 09 heures 30, tous les survivants étaient de retour dans le champ de Worthington, l’affaire du « 30 Acre Wood » ayant duré seulement 30 minutes.

Image

À 10 heures, après une série de tirs de mortiers lourds, eut lieu la première contre-attaque majeure des Allemands. D’après le rapport du Major Carson contenu dans les Annexes du « War Diary » du British Columbia Regiment (Narrative of Major Carson, OC B-Squadron 28Cdn Armd Regt [BCR] of events up to 9 Aug 44), ce sont environ 200 hommes, appuyés par des blindés, qui se ruent à l’assaut de la position canadienne, mais ils sont repoussés avec de lourdes pertes. 200 hommes ! Si l’un de nos bataillons d’infanterie du Gren.Regt.1053 était intervenu dans l’affaire, cela aurait nécessairement porté ce chiffre à un niveau plus élevé. Lisons la suite du récit de Kurt Meyer.

« Je me trouve près du groupe de Tiger et, tout à coup, je distingue le premier Panther du bataillon Jürgensen. Alors, les chars se trouvent pris en tenaille. Venant de l’est et de l’ouest, la mort et la destruction frappent dans leurs rangs. La tactique du feu doit nous apporter la victoire. Buisson après buisson, chaque point perfide est pris sous notre tir et ainsi, systématiquement, toute la ligne de hauteurs est écrasée. Un nuage de fumée se joint à un autre nuage de fumée. Nous avons du mal à croire que chacun d’eux représente la tombe d’un char. À cause du manque de grenadiers, on ne peut pénétrer sur la pente nord de la ligne de hauteurs qui est plantée d’arbres. Deux compagnies cyclistes de la 85.Infanterie-Division doivent arriver à tout moment ». (Kurt Meyer, op. cité, pp. 372-373).

Image

Kurt Meyer reconnaît ainsi l’échec de cette première contre-attaque, et l’explique par le manque de soutien d’infanterie. 200 hommes, c’est peu en effet. Mais surtout, il précise qu’il « attend » deux compagnies cyclistes de la 85.I.D. Ce qui nous conforte dans l’idée que les hommes du Gren.Rgt.1053 ne participèrent pas à cette première contre-offensive de 10 heures du matin. Un mot maintenant sur ces « deux compagnies cyclistes » qu’évoque l’auteur dans son récit. Toute la littérature que nous avons pu consulter sur l’intervention de la 85.I.D. dans l’opération « Totalize », à l’exception notable de l’ouvrage d’Hubert Meyer sur la 12.SS-Pz.Div. « HJ » (dont nous avons présenté précédemment l'une des cartes indiquant très précisément les opérations qui se déroulèrent pendant « Totalize »), relayera les propos de Kurt Meyer. « Deux compagnies cyclistes... », deux BATAILLONS cyclistes, plutôt ! Il se peut en effet très bien que ce soient d’abord deux compagnies qui arrivent dans le secteur des combats, mais ce sont deux bataillons (la carte d’état-major allemande ci-dessus ajoutant, s’il en faut, du crédit aux indications données par Hubert Meyer) qui seront présents et interviendront ce mercredi 9 août, d’abord contre les Canadiens, mais également, comme nous le verrons ultérieurement, plus à l’est du champ de bataille, contre les Polonais, en deux endroits de la zone des combats donc, et en nombre suffisant pour qu’on estime avoir bel et bien affaire à des bataillons et non à des compagnies seulement. (Notons d’ailleurs que, si précieux soit-il, il y a bien d’autres erreurs, exagérations ou oublis dans le récit de Kurt Meyer et le traducteur J.C. Perrigault est amené à plusieurs reprises à le corriger en notes de bas de page).

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
La carte (au 1 : 200.000) du « WFSt Op. (H) » présentée dans l'article publié précédemment (cf. infra, Situation le 9 août 1944, Première partie, p. 9) et dont n’avons étudié que la partie orientale (constatant que la situation à l’est de Lisieux semblait comme figée depuis le 7 août, ce qui n’était absolument pas le cas puisqu’en réalité tous les éléments de la 85.I.D. ou presque étaient en mouvement), indique en revanche clairement la percée au sud de Caen des chars canadiens et la contre-attaque allemande.

Image

Les flèches accompagnées d’un rectangle signifient qu’interviennent des éléments blindés. La croix, biffant la position alliée, signale qu’elle est (en passe d’être) détruite. Le point d’interrogation suivant la mention « polnische Panzerbrigade » (« brigade blindée polonaise, en fr.) témoigne de l’incertitude tactique dans laquelle semble se trouver l’état-major allemand quant à la nature exacte des unités alliées engagées dans le secteur (soulignons que la 1st Polish Armoured Division n’est devenue opérationnelle dans la campagne de Normandie que le 8 août 1944, lors de la deuxième phase de l’opération « Totalize »). À l’ouest de la zone des combats, dans le secteur de la Halpenny Force (bloquée devant Bretteville-le-Rabet, puis devant le Bois du Quesnay), ne sont mentionnés que des bruits de combat » (« Gefechtslärm » en all.). La Kampfgruppe Wünsche est à nouveau localisée par erreur en forêt de Grimbosq, tandis que l’emplacement des « Vordere Teile » de la 85.I.D. est peu ou prou identique à celui donné dans la carte au 1 : 80.000 présentée ci-dessus. Notons enfin qu’arrive dans le secteur de Falaise la 51. Panther-Abteilung (équipée, comme son nom l’indique, de Panther) de la 9. Panzer-Division du General-Leutnant Erwin Jolasse. Elle n’interviendra pas en fait dans les combats, et sera déroutée vers le sud pour faire face à l’offensive américaine. Elle franchira la rivière Orne le lendemain à Saint-Philbert-sur-Orne, et on la retrouvera le 12 août au soir dans le secteur d’Argentan.

Un rapport de la matinée (« Vormittagsmeldung », en all.) du 9 août 1944 envoyé par la 5. Panzerarmee du tout nouveau commandant Joseph « Sepp » Dietrich (« Pz. AOK. 5 ») à la Heeresgruppe B rappelle quelques-unes des indications fournies par la carte du « WFSt Op. (H) » et confirme que c’est bel et bien un régiment (moins un bataillon en réalité, car le Gren.Regt.1053 en comptait trois) qui arrive ce matin-là dans le secteur du Laison.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
***

Peu de temps après la première contre-attaque allemande, Worthington réunis ses principaux officiers près de son char de commandement au centre de la position. Étaient présents Worthington, Hay, Stock, le Major W.S. Macpherson (le commandant de la C-Company de l’Algonquin Regiment) avec son Regimental Sergeant-Major A.J. Primeau. Alors qu’ils étaient en train de s’entretenir sur la conduite à tenir pour organiser la défense, un obus perforant frappa le char de Worthington (surnommé « Boss »). Primeau fut tué sur le coup par l’explosion, et les éclats coupèrent la jambe de Hay. Un garrot lui fut appliqué pour stopper le saignement et Macpherson, bien qu'il fut également blessé par le même obus, pris le commandement de l’Algonquin. À cette heure, et selon le rapport du Major Monk (commandant de la B-Company de l’Algonquin Regiment) contenu dans les Annexes du « War Diary » de l’Algonquin Regiment (An account of the Battle participation of the Algonquin Regiment between August 6 and August 11, 1944), la moitié des blindés du groupe de combat a été détruite.

À environ 12 heures, Worthington ordonna que les derniers half-tracks encore en état de marche soient utilisés pour évacuer les blessés. Ces véhicules, qui transportaient Hay, Carson, Stock et Jenkinson, parmi d’autres, furent aussitôt pris sous les tirs ennemis, bien qu’ils arboraient ostensiblement une grande croix rouge. Seuls deux, peut-être trois, parvinrent à rentrer dans les lignes amies. Ce fut le cas des quatre soldats mentionnés, mais Hay, qui perdit plus tard sa jambe, ne se remit jamais de sa blessure et mourut à l’hôpital en 1949.

Depuis l’arrivée de la Worthington Force près de la cote 140, personne n’a une idée claire de l’emplacement exact du groupe de combat. À 07 heures 48, le HQ de la 4th Canadian Armoured Brigade contacta par radio celui du BCR en lui demandant sa position. La réponse parvient 7 minutes plus tard, précisant que le groupe de combat avait atteint son objectif cote 195. Une heure plus tard, la même question reçue la même réponse. Ce fut le dernier message échangé entre le HQ de la 4th CAB et la Worthington Force. Les combats qui suivirent détruisirent bon nombre de moyens de transmissions (lesquels étaient le plus souvent embarqués dans les chars eux-mêmes) et leur intensité perturbèrent gravement les communications radio de ceux encore en état de fonctionnement. Le Major-General Kitching et le Brigadier Booth (l’officier commandant la 4th CAB) furent évidemment inquiets de constater ce silence radio. La première tentative pour retrouver la Worthington Force eut lieu à 09 heures 14 lorsque le 21st Canadian Armoured Regiment « The Governor General’s Foot Guards » reçut l’ordre d’avancer vers la cote 195, mais, bloqué devant la localité de Bretteville-le-Rabet qui n’était toujours pas libérée à cette heure, le régiment ne pourra commencer à progresser dans la direction de la cote 195 qu’en fin d’après-midi. Personne ne pensait de toute façon que la Worthington Force pouvait se trouver ailleurs que dans les environs de la cote 195. Kitching témoigne d'ailleurs dans ses mémoires du fait qu’il estimait alors que le groupe de combat avait dépassé son objectif et se trouvait quelque part au sud de Potigny. Le Brigadier J.N Lane, le commandant de la Royal Canadian Artillery de la 4th CAB pris son Taylorcraft Auster A.O.P. (« A.O.P. » pour Aerial Observation Post), un avion monoplan à ailes hautes servant à des missions d’observation et de réglage d’artillerie, pour chercher le groupe de combat. Bien qu’il ne franchit pas par prudence les lignes ennemies, il vola tout droit au dessus de la RN158 jusqu’à ce qu'il puisse voir Falaise. À la hauteur où il volait, l’emplacement de la Worthington Force aurait dû être évidente. Mais rien, naturellement.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
À midi, la situation du groupe de combat était donc très critique puisque 1/ il était coupé des échelons supérieurs du commandement, ne pouvant du coup espérer un indispensable support d’artillerie ; 2/ la route vers l’arrière était également coupée par les positions allemandes au sud d’Estrées-la-Campagne ; et 3/ il était violemment attaqué de front par les Tiger et Panther de Wünsche et les « Grenadiere » de Waldmüller et de Krause. Mais des contacts avec des troupes amies furent tout de même établis durant la journée. Les premiers par les blessés évacués le matin par les half-tracks, et notamment grâce à Stock qui était en possession d’un message de Worthington, lequel désormais bien conscient de s’être trompé d’objectif demandait de l’assistance et précisait sa position : « Square 0947 ». Malheureusement, cette référence codée était fausse et plaçait la Worthington Force juste au nord de la cote 195 ! Quand le destin s’acharne...

Si Worthington était incapable d’entrer en contact avec le HQ de sa brigade, il parvint donc à établir des contacts avec l’extérieur. Et notamment avec son échelon de ravitaillement. À 11 heures, le Regimental Sergeat-Major Jay, l’officier commandant l’« Admin Report Centre », reçu en effet un message de Worthington lui ordonnant d’amener des réserves de munitions. Il s’y plia mais sa tentative échoua en se heurtant aux mêmes positions allemandes du sud d’Estrées-la Campagne (un de ses véhicules, un Crusader, fut détruit). Jay contacta alors la 1st Polish Armoured Division qui opérait dans le secteur depuis 11 heures, avançant au sud de Saint-Sylvain notamment. Celle-ci tenta bien (nous le verrons lorsque nous aborderons, dans un post ultérieur, ce qu’il advint des Polonais ce jour-là) de secourir la Worthington Force, mais elle échoua à 300 mètres de la position canadienne, toujours à cause des maudites positions allemandes du secteur d’Estrées-la-Campagne. Toutes ces tentatives avortèrent donc, mais le plus grave, c’est que Jay et les Polonais, qui savaient cette fois où la Worthington Force se trouvait exactement sur le champ de bataille, n’aient pas relayé l’information à la 4th CAB.

Mais il y a mieux, ou pire ! La Worthington Force a reçu tout au long de la journée un soutien régulier de la RAF. Celle-ci a toutefois commencé par se méprendre gravement. D’après le Major Monk en effet, très tôt le matin, certainement entre 9 heures 30 et 10 heures, juste après que l’affaire du « 30 Acre Wood » soit terminée et au moment même où la première contre-attaque allemande se mettait en place, deux Hawker Typhoon, après avoir décrit des cercles au-dessus de la position canadienne dans le ciel absolument clair de ce 9 août, vont fondre sur elle et l’attaquer à coup de roquettes et de mitrailleuses. Les pilotes de la RAF ont dû être surpris de trouver une aussi belle cible - des dizaines de chars et de véhicules en terrain ouvert ! Et dans une zone où les forces alliées n’étaient pas supposées être... Aussi commencèrent-ils par s’en donner à cœur joie. Kurt Meyer, inquiet de la présence de ces « Jabos » pour ses chars en train de se déployer, raconte :

« Dans cette situation, nous distinguons des Jabos dans le ciel. Nous en veulent-ils ou ont-ils d’autres objectifs ? J’ai peur pour les panzers qui se trouvent à découvert sur le terrain. Ils sont présentés comme sur un plateau. En un clin d’œil, les Jabos sont sur nous. Ils décrivent un virage et fondent sur le groupement tactique canadien. Pas un seul pilote n’attaque les Tiger ou les Panther ! En quelques minutes, la colline est enveloppée par la fumée des détonations et des chars en feu. La chaîne de hauteurs ressemble à un cimetière de chars ». (Kurt Meyer, op. cité, p.373).

Les Canadiens réagirent évidemment rapidement en signalant leur position à l’aide d’obus fumigènes de couleur et en mettant en place des panneaux de reconnaissance qui puissent être compris des aviateurs au-dessus d’eux. Ces panneaux sont visibles sur la photographie aérienne n° 1 présentée ci-dessus. Ce que nous ne comprenons pas à nouveau, c’est la raison pour laquelle, l’emplacement du groupe de combat étant connu des pilotes alliés, l’information n’ait pas été relayée. La RAF a en effet continué à soutenir tout au long de la journée la Worthington Force, mais il n’y eut aucune communication entre elle et l’état-major de l’Armée de terre.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Ainsi, la RAF était consciente de l’emplacement de la Worthington Force, comme les Polonais ; des contacts radio furent établis avec le Regimental Sergeant-Major Jay ; deux groupes séparés ont réussi à s’échapper (les blessés en half-tracks le midi et, nous allons le voir, sept blindés en fin de journée) et à rentrer dans les lignes alliées ; la D-Company de l’Algonquin Regiment n’a certes jamais réussi à rejoindre le secteur de la cote 140 mais elle s’est suffisamment avancée pour connaître la direction prise par le groupe de combat. Et pourtant, personne n’a été capable d’informer la 4th CAB afin qu’elle puisse changer le cours de la bataille en apportant son soutien aux égarés de la Worthington Force.

La RAF revint à intervalle régulier (toutes les demi-heure) au-dessus du champ de Worthington, et attaqua les positions allemandes tout autour de la cote 140, de même que celles qui se trouvaient en terrain ouvert devant la position canadienne. Son intervention décisive concourut à géner, voire à stopper les offensives allemandes en obligeant les panzers à se retirer pour aller chercher un abri sûr dans les bois environnants. Mais dès leur départ, les attaques reprenaient de plus belle. Kurt Meyer ne fait d’ailleurs nulle part allusion dans son récit à ces multiples interventions de l’aviation alliée, se contentant de souligner leur méprise initiale. Notons que la 1st Polish Armoured Division, dans sa tentative pour venir au secours de la Worthington Force, commença elle aussi par se méprendre en ouvrant le feu sur elle... Ce n’est qu’après l’avoir reconnu grâce à des obus fumigènes de couleur qu’elle stoppa son « tir ami ».

***

L’après-midi apporta le même lot de mort et de destruction. Entre 15 heures et 15 heures 30, Worthington fit le point sur la situation. Son infanterie étant bien retranchée, il pris la décision de faire évacuer les chars qui le pouvaient (3 Sherman et 1 Stuart, immobilisés, restant en action dans la position). À cette heure, seuls 8 blindés sur les 55 initialement engagés étaient encore mobiles. Ces huit Sherman évacuèrent la position, tous sauf un parvenant à rejoindre les lignes polonaises. Un officier de liaison rapporta cet évènement à l’état-major de la 4th CAB, mais cette information n’a apparemment pas suggéré à Kitching et Booth ce qu’ils devaient faire.

À la fin de l’après-midi, il était clair que la fin était proche pour le groupe de combat canadien. Worthington abandonna l’espoir que des renforts interviendraient et était décidé à combattre jusqu’au bout. Il maintint son calme tout au long de la journée, courant d’un coin à l’autre du champ, transportant les blessés, encourageant ses hommes. Mais, s’il échappa miraculeusement à l’obus qui tua le Regimental Sergeant-Major Primeau et blessa sévèremment le Lieutenant-Colonel Hay, la chance allait l’abandonner à approximativement 17 heures 30. À cette heure en effet eut lieu une nouvelle-contre-attaque majeure des Allemands. Worthington était aux côtés de la section de mortiers de l’Algonquin Regiment, indiquant à ses hommes les cibles à viser, quand un obus de mortier tomba à ses pieds, le tuant sur le coup. Très peu de temps après, le Major T.B. Baron, (l’officier commandant le C-Squadron du BCR, rappelons-le), qui avait passé la plupart de la journée aux côtés de Worthington, lui apportant un soutien de tous les instants, fut également tué par un tir de mortier. Ces deux vaillants officiers moururent ainsi presque au même moment, à quelques mètres l’un de l’autre. Or, dans son récit, Kurt Meyer évoque bien entendu cet événement déterminant de la mort de Worthington et l’associe clairement à l’intervention des grenadiers de la 85.I.D. Nous citons :

« Le commandant du groupement tactique, le Lieutenant-Colonel D.G. Worthington, est tué en fin d’après-midi. Avec les compagnies cyclistes de la 85. Infanterie-Division qui venaient d’arriver, les panzers progressent sur la voie forestière et serrent les Canadiens de plus en plus ». (Kurt Meyer, op. cité, p.373).

S’il est certain que les hommes du Gren.Regt.1053 n’ont pas pris part à la contre-attaque de 10 heures du matin, il se peut très bien (c’est en tous cas, en l’état actuel de nos connaissances, l’hypothèse que nous privilégirons) qu’ils soient arrivés en fin de matinée au sud du Laison, se soient progressivement mis en place en gagnant prudemment les lignes avancées au nord de la rivière, aient participé dans l’après-midi aux tirs d’attrition sur le champ de Worthington, avant de s’engager pleinement lors de cette contre-attaque de 17 heures 30 qui porta le coup fatal au commandant canadien. Cette contre-attaque fut à nouveau énergiquement repoussée. Certains hommes se rendirent, notamment ceux qui avaient en charge le prisonnier Meitzel. Ce dernier leur avait déjà au cours de la journée proposé de se rendre, ce que les Canadiens avaient refusé, mais, devant la tournure des évènements, ils finirent par accepter et ce sont 23 hommes que l’officier d’ordonnance de la 12.SS-Pz.Div. « HJ » ramena, avec son bras cassé, au HQ de sa division. Le Major Macpherson assuma alors le commandement des forces restantes. En accord avec le Major Monck, ils décidèrent d’attendre l’obscurité pour tâcher de s’échapper. Mais la pression continua à s’exercer, cernant de plus en plus la position canadienne, les soldats allemands s’en approchant désormais à moins de 200 mètres.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
La dernière offensive allemande, celle qui allait finalement avoir raison des Canadiens, se produisit aux alentours de 19 heures. Dans son ouvrage retraçant l’histoire du BCR, The Dukes, Douglas E. Harker rapporte le témoignage du Lieutenant A. Biddlecombe (qui commandait le dernier Stuart encore en action dans la position canadienne) sur les ultimes instants de la bataille. Le voici :

« We were counter-attacked by what we estimated to be one Battalion German Infantry from all sides (app.1900) from SE side of position (n.d.a. nous supposons que c’est le second... bataillon... du Gren.Regt.1053 qui est alors intervenu, venant de Maizières). At this time we had three Shermans in action, one Stuart (mine) plus a few Algonquin and grounded crews. Right at beginning of the infantry attack one of the three Shermans was knocked out. The enemy never gained our position until he brought up Tiger tanks. By then the remaining two Shermans were knocked out. [...] Just before the last Sherman was knocked out it backed into my tank damaging front sprocket and made steering very difficult. I kept on the move around our position firing at enemy tanks and infantry on all sides. My 37 jammed and finished the last of 12000 rounds of Browning which I had started with. Tigers had over-run the position and my tank was damaged I ordered crew to bale out and make a break for it on foot. [...] The least tanks firing (Shermans) were Major MacDiarmid’s and Sergeant Clenndinning’s ». (D.E. Harker, The Dukes, p 242).

Investissant le champ par l’est, appuyés par un Tiger à l’angle sud-ouest, les Allemands firent prisonniers un certain nombre d’hommes, pendant que d’autres parvinrent à s’enfuir, tout en continuant à lutter, rejoignant les lignes amies dans la nuit. Un autre témoignage, celui du Lance-Corporal E.L. Massey, l’un des membres d’équipage du Stuart (qui se rappelle avoir quitté si précipitemment son char qu’il en oublia son casque radio et fut brutalement tiré en arrière par le cordon), rapporte quant à lui que certains soldats qui avaient reussi à prendre la fuite furent plus tard repris par une patrouille SS qui s’apprêtait à les exécuter quand un « group of regular German infantry (n.d.a. ce ne peut être que nos hommes de la 85.I.D.) came by and rescued them from this fate (n.d.a. « destin, en fr.) and took them behind the lines »...

***

La Worthington Force a combattu bravement pendant près de 14 heures, mais le groupement tactique fut finalement vaincu et ses pertes furent catastrophiques (nous ignorons celles côté allemand). Le British Columbia Regiment, pour sa première bataille, perdit 47 blindés (44 Sherman, 2 Stuart, 1 Crusader) et 112 hommes (40 tués, 38 blessés et 34 prisonniers). Sur deux jours, les 9 et 10 août, l’Algonquin Regiment déplora pour sa part la perte de 128 hommes (45 tués, 38 blessés et 45 prisonniers) - la grande majorité de ces pertes provenant des deux compagnies présentes dans le désormais et à jamais sacré « Worthington’s field ».

Le « War Diary » (Journal de marche, en fr.) de l’Algonquin Regiment à la date du 9 août 1944 peut, pour finir, nous permettre de nous rappeler certains des principaux temps forts de la journée, mais il est parfois très approximatif, comporte des obscurités, voire des illogismes, ce pourquoi nous l’avons assorti d’un certain nombre de précisions complémentaires et de corrections nécessaires.

Image

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
Une carte de la position-forteresse des Canadiens, synthétisant tous les événements marquants qui s’y déroulèrent, de même que les emplacements exacts qu’y occupaient les hommes de la Worthington Force, peut également être utile pour parfaire notre compréhension. Elle est adaptée d’un rapport proposé par le Lieutenant K. Gartley en Annexe du War Diary de l’Algonquin Regiment sous le titre The Algonquins First Battle Innoculation by Lieutenant Ken Gartley, OC 11 Pl. « B » Coy, Alg. R., un rapport que K. Gartley publia ensuite dans un ouvrage intitulé No holding back et dans lequel la carte est présentée p. 314.

Image
ABBC3_SPOILER_SHOW
***

Pour clore cette analyse, nous tenons à rendre hommage au courage et à la ténacité de ces soldats canadiens en présentant notamment, pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le Mémorial de la cote 140 qui fut élevé en leur mémoire, à proximité immédiate du lieu de leur sacrifice.

Image

Ce Mémorial se situe sur la D131, entre Estrées-la-Campagne et Maizières.

Image

Image

Image

Le zoom puissant utilisé sur la photographie suivante permet de mieux faire ressortir la déclivité du terrain à cet endroit.

Image

La distance qui sépare le Mémorial du champ de Worthington est d’environ 200 mètres.

Image

La configuration des lieux a totalement changé. Les haies et les arbres ont disparu, sauf à l’ouest. Le champ n’est donc plus clairement délimité, mais il est tout de même possible de le resituer. Ce chemin court le long de sa face sud, autrefois plantée de grands arbres.

Image

Au-dessus vole, presque ironiquement, ce qui ressemble à s’y méprendre à un Auster A.O.P. Tout ce que les Canadiens auraient souhaité pouvoir voir le 9 août 1944...

Image

Autre étrange coïncidence, ces traces sur les blés encore verts correspondent à la direction exacte d’où intervint le Tiger mettant fin à toute résistance canadienne !

Image

Les sépultures des soldats D.G. Worthington et A.J. Primeau (à travers lesquels un hommage est ici rendu à la mémoire de tous ceux qui sont tombés à leurs côtés au champ d’honneur le mercredi 9 août 1944) se trouvent au cimetière canadien de Cintheaux, à 15 km au sud de Caen.

Image

Image

***

À plus tard j’espère, car il nous reste à examiner ce qu’il advint des soldats polonais de la 1st Polish Armoured Division qui s’engagèrent dans le même secteur que les Canadiens le 09 août 1944 et auxquels les hommes de la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend », appuyés par ceux du Grenadier-Regiment 1053, vont encore donner bien du fil à retordre.
Modifié en dernier par OGefr. Habersack le 01 sept., 19:27, modifié 12 fois.



Avatar du membre
Marc Laurenceau
Messages : 2675
Enregistré le : 20 juil., 23:00
Vérification anti-robot : JE NE SUIS PAS UN ROBOT

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Marc Laurenceau » 23 juin, 21:49

Encore un magnifique article, qui rend honneur aux soldats qui se sont battus sur la plaine normande en ce mois d'août 1944.

La nature change peu en Normandie, malgré le maintien de l'agriculture, ce qui rend les photos récentes très fidèles vis-à-vis de l'histoire, surtout quand on connait bien son sujet et que les lieux sont bien étudiés comme c'est le cas ici.

Un grand bravo pour ces recherches qui me plongent à chaque fois et avec émotion au coeur des combats.

Bien cordialement.


Marc Laurenceau
Webmaster du site DDay-Overlord et du forum

Image

Avatar du membre
Hakermann
Messages : 72
Enregistré le : 14 févr., 14:08

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Hakermann » 25 juin, 10:34

Merci Lionel pour la suite de cette étude, je comprends de mieux en mieux ce qu'il c'est passé dans ce secteur que j'ai arpenté plusieurs fois! J'ai juste une question, concernant les Flak 88 ils étaient mobiles ou situés en fixe de l'autre coté de la colline 140 sur le second plateau derrière la grande ferme?

Donc si on résume le bois de Quesnay et les bois d'Ouilly le tesson/ Rouvres vont rester au mains des allemands pendant quelques jours encore avant l'éclatement du secteur ?

en tout cas, ça a du sacrément chauffé dans ce secteur de la " hill 140 "


recherches tous documents,objets sur le Kg Luck et les komp du 125pz, Afrique, Normandie...

Avatar du membre
Araya
Messages : 428
Enregistré le : 10 sept., 18:01

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Araya » 25 juin, 16:08

Bonjour

Ca c'est du post!!!j'aurais quelques questions geographique ,par MP,concernant les positions Allemandes au sud de Estrees la campagne qui a ,1ere vue, ont jouées un role plus qu'important.J'avoure que je suis un peu perdu concernant les points cardinaux.


[youtube]NsYk8-Yzxj0[/youtube]

Avatar du membre
Hakermann
Messages : 72
Enregistré le : 14 févr., 14:08

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par Hakermann » 26 juin, 07:47

doublon de photos, désolé :rouge: :rouge: :rouge: :rouge:
Modifié en dernier par Hakermann le 26 juin, 13:20, modifié 1 fois.


recherches tous documents,objets sur le Kg Luck et les komp du 125pz, Afrique, Normandie...

Avatar du membre
weyax
Messages : 204
Enregistré le : 26 oct., 06:44
Localisation : Moselle/Allemagne

Re: Sur les traces de l'Obergefreiter Habersack

Message non lu par weyax » 26 juin, 09:55

SVP voyez l'article la:

http://www.canadianmilitaryhistory.ca/w ... -Force.pdf

:super:

KG Wünsche hold the surrounding of hill 140 until 14. August.

And around Quesnay-Woods KG Wünsche and the 501 stayed there until the 2.day of operation Tractable.

Lost Tigers around Quesnay-woods

Image

Image

Image

Image

Salut




  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message

Retourner vers « Forces allemandes »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité