Le rôle des intellctuels français durant la ww2

Quel fut le rôle joué par la Résistance française dans les préparatifs et le déroulement de la Bataille de Normandie ? Posez dans cette rubrique vos questions.
garand m1
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Le rôle des intellctuels français durant la ww2

Message non lu par garand m1 » 20 mars, 20:03

Salut à tous!
Jeudi dernier j'ai fait un exposé de 10 minutes sur le rôle des intellectuels francais durant la seconde guerre mondiale. Il ne dure que 10 minutes donc si vous avez des choses à rajouter elles sont les biens venues.


La prise de pouvoir par les nazis au travers des élites allemandes et européennes

En quelques mois, de janvier à juillet 1933, la République de Weimar bascule dans la dictature et la terreur.
Le 11 mars 1933, Hitler nomme Goebbels ministre de l'Information et de la Propagande. Son rôle est très important dans la mise en place de la dictature nazie et de la diffusion des mots d'ordre.
Selon lui : « l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement » et « la critique n'est autorisée qu'à ceux qui n'ont pas peur d'aller en camp de concentration ».
C'est le ministère de Goebbels qui régente et censure la presse écrite, la radio, le cinéma, l'art?
Le 21 mars 1933, c'est lui qui organise la Journée de la Propagande dite de Potsdam peu avant le vote de la loi des pleins pouvoirs par le Reichstag.
Le 10 mai 1933, 20 000 livres sont brûlés sur la place de l'Opéra à Berlin.

Dès septembre 1933, une loi oblige à adhérer à une Reichskulturkammer (chambre nationale de la culture) pour pouvoir exercer une profession artistique ou celle de rédacteur en chef d'un journal.
Comme cette adhésion est interdite aux « non-aryens », ces professions deviennent ainsi réservées aux seuls aryens.

L?ambassadeur de Hitler à Paris, Otto Abetz, jouit d?importantes entrées dans le monde parisien. À la fin de 1935, ses efforts débouchent sur la fondation d?un « Comité France-Allemagne » qui, grâce à une liste de membres prestigieux réussit à atteindre un cercle assez large et diversifié de la vie publique française.

A partir de 1940 il récolte les fruits de son action auprès des intellectuels français qui sont susceptibles de servir la cause et les desseins du nazisme.

Les intellectuels français qui collaborent

Parmi les intellectuels qui collaborèrent citons Bertrand de Jouvenel ou Drieu La Rochelle.

De nouveaux journaux sont fondés, la direction étant souvent confiée à ses hommes de confiance, tels Jean Luchaire, Jean Fontenoy, Henri Jamet ou Jacques de Lesdain.
A l?instar de la propagande du gouvernement de Pétain, il s?agit désormais de créer l?illusion d?une vie « normale » qui fait oublier la présence d?une armée étrangère sur le sol français.

Pour gagner la sympathie des écrivains et leur soutien à la politique de collaboration vichyste, ceux-ci deviennent l?objet d?une attention toute particulière.

De nombreux écrivains sont alors disposés à s?engager en faveur de l?idée d?une collaboration avec l?occupant, tels que Alphonse de Châteaubriant ou Louis-Ferdinand Céline.

Louis-Ferdinand Céline, écrivain d?abord perçu comme un Zola moderne, célébré par la gauche française, rendu célèbre par son roman le plus connu « Voyage au bout de la nuit » reçoit le prix Renaudot en 1932.
En 1936 Louis-Ferdinand Céline publie « Mort à crédit » qui ne rencontre pas le succès.

Déçu il rédige un court texte antisoviétique qui se vendra bien.

Il aura alors l'idée de rédiger des pamphlets où il écrira à l?instar de « L'École des cadavres » en 1938 :
« Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. [...] Dans l?élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangreneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n?a jamais été persécuté par les aryens. Il s?est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d?hybride. »

Il est ainsi bouleversant de suivre la gestation de l??uvre de Céline qui partageait son horreur de la guerre avant que ses pamphlets d?une violence inouïe contre les juifs n?en fasse un des auteurs favoris du IIIe Reich, dont les services de la propagande ont traduit massivement les ouvrages pour les diffuser dans toute l?Europe occupée.

Les intellectuels français qui se lèvent et résistent

René Char, sous le nom de Capitaine Alexandre, participe les armes à la main à la Résistance, expérience qui le marque profondément et dont on retrouve la trace dans les « Feuillets d'Hypnos », en 1946, qui évoque les années passées dans le maquis des Basses Alpes.

Louis Aragon est lui aussi, avec Paul Éluard et quelques autres, parmi les poètes qui prennent résolument parti, durant la Seconde Guerre mondiale, pour la résistance contre le nazisme.

Louis Aragon vivra une rupture avec son ami Pierre Drieu La Rochelle, qui après avoir « hésité entre communisme et fascisme » se tourna vers le nazisme. Sorte de suicide intellectuel, qui le poussera à vraiment se donner la mort à la libération.

Elsa Triolet, marquera aussi la résistance féminine, mariée à Aragon en 1939, elle entre avec lui dans la Résistance, dans la zone Sud. Elle continue à écrire des nouvelles dont « Le Premier accroc coûte deux cents francs », phrase qui annonçait le débarquement en Provence. Elle obtient le prix Goncourt en 1945 et assiste en 1946 au Procès de Nuremberg sur lequel elle écrit un reportage dans « Les Lettres françaises ».


Albert Camus écrivain et philosophe, vit à Alger. En 1940, le Gouvernement interdit la publication de son journal et influe pour qu?il ne trouve plus de travail. Il s'installe à Paris. En 1942 il fait paraître le roman « L'Étranger ». En 1943, il prend la direction de « Combat ».

Jean Paul Sartre, autre philosophe et écrivain célèbre contribue par sa plume à la résistance. Il est recruté par Camus, il devient reporter dans le journal « Combat » et décrit la libération de Paris.

André Malraux, écrivain, dès 1933, milite contre le fascisme et le nazisme, puis rejoint les républicains espagnols à partir de 1936. Son roman « L'Espoir » s?inspire de cette expérience.

En 1939, à la déclaration de guerre, il s?engage dans l?armée. Évadé d'un camp de prisonniers il adopte alors une attitude attentiste avant d'entrer tardivement en résistance, en mars 1944. Il commande ensuite la brigade « Alsace-Lorraine » pendant la libération du sol français.

Dès 1945, il rejoint le gouvernement du Général de Gaulle en tant que ministre de la propagande et ministre de l'Information puis deviendra ministre de la Culture de 1959 à 1969.

Contribution des intellectuels français à la préparation du débarquement alliés

Outre les militaires et autres volontaires, des intellectuels, comme Maurice Schumann, René Cassin et Jacques Soustelle, avaient également rejoint Londres où de Gaulle a constitué le gouvernement en exil.

Misant sur l'intelligence et les capacités de Jean Moulin, le général de Gaulle le charge d'unifier les mouvements de résistance et tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide) sur le territoire français.

En 1943, il est chargé de créer le Conseil National de la Résistance qui contribuera de manière forte à rendre possible le débarquement des troupes alliées en Normandie.



Le Débarquement du 6 juin 1944

Déraillements de train, réseaux de communication, prises de maquis importants comme celui des Glières en Haute-Savoie ou du Vercors favorisent la désorganisation des troupes d?occupation.
Les célèbres vers de Verlaine «  les sanglots longs des violons de l?automne / Blessent mon c?ur d?une longueur monotone » entendus sur Radio-Londres le 5 juin permettent aux résistants de passer à l?action en coupant les lignes de communication rendant impossible tout échange entre les troupes allemandes.
Ils contribueront ainsi au débarquement qui aura lieu le 6 Juin sur les 5 plages de Normandie ( Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword) et aux parachutages de milliers de soldats des divisions de la 101ème, 82ème et 6ème Airborne.
Ainsi, jour après jour, les villes occupées seront libérées les unes après les autres : Bayeux le 7 juin, Carentan le 13 juin après une ultime contre attaque de la 17ème panzer SS, Cherbourg le 25 juin, Caen le 7 juillet, St Lo le 18 juillet, Avranches le 1 août et enfin, Paris le 25 août.
L?armistice sera signé le 8 mai 1945 après qu?Hitler et Goebbels se soient suicidés respectivement les 30 avril et 1er mai 1945.
Après les sinistres années du nazisme, la liberté était enfin retrouvée, nombreux auront eu le courage de s?élever contre la barbarie au risque de perdre leur vie, une partie des intellectuels français ? dont leurs noms ornent nos rues - est à compter dans ces rangs là.

Enfin en ce jour comment ne pas parler de Lucie Aubrac

Qui vient tout juste de mourir Fille de maraîcher, elle réussit de brillantes études et passe avec succès le concours de l'École normale supérieure pour entrer dans l'enseignement. Mais, par refus des contraintes et de l'uniforme de l'internat, elle décide de "monter" à Paris dès ses 17 ans. En parallèle, elle poursuit seule des études toujours brillantes d'Histoire et Géographie à la Sorbonne. Agrégée d'Histoire, elle est nommée professeur à Strasbourg. C'est là qu'elle rencontre Raymond Samuel, un jeune ingénieur. Ils se marient en 1939

Dès la défaite de 1940 et l'occupation de la France par l'armée allemande, elle et son mari refusent la défaite et choisissent la voie de la clandestinité et de la Résistance En 1941, Lucie fait alors partie du groupe Libération-Sud, qu'elle-même, son mari et Jean Cavaillès ont contribué à créer à Lyon. Elle travaille notamment au journal Libération. Ils adoptent alors comme "nom de guerre" celui d'Aubrac, une région française (à rapprocher des surnoms d'autres résistances: Cévennes, Vercors, etc...)
Raymond fait alors partie de l'armée secrète de Charles Delestraint. Il est arrêté par la gestapo le 21 juin 1943 à Caluire, avec Jean Moulin notamment. Refusant de laisser son mari aux mains des bourreaux nazis, Lucie Aubrac monte une opération armée pour le libérer. En effet, elle alla voir en personne le chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, et le pria de la laisser voir son mari. Lors de cette visite, elle lui fit parvenir les plans de l'évasion. C'est pendant un transfert que Lucie et ses compagnons attaquèrent le camion allemand dans lequel se trouvait son mari. Quatre allemands furent tués pendant l'attaque et Raymond parvint a s'évader.
Suite à la trahison dont ils avaient été victimes et qui avait donné lieu à l'arrestation à Caluire, Lucie, Raymond et leur enfant parviennent à rejoindre Londres en février 1944.?

Voilà
a+



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Guile
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Message non lu par Guile » 21 mars, 01:45

Bon boulot Garand M1 !



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