Je vais raconter l'histoire...

Quel fut le rôle joué par la Résistance française dans les préparatifs et le déroulement de la Bataille de Normandie ? Posez dans cette rubrique vos questions.
damien
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Je vais raconter l'histoire...

Message non lu par damien » 12 déc., 21:15

Aujourd'hui à la bibliothque de Saint-Marc-sur-Couesnon ma petite commune (410 hab.) j'ai trouvé un bouquin sur l'histoire de celle-ci.
Et j'ai retrouvé l'histoire tragique des jeunes maquisards de saint marc sur couesnon. Je vous l'a fait partager en vous citant le récit du livre

à l'hommage des résisants de Saint-Marc-surCouesnon

LE MAQUIS D'EVERRE

Le 27 juillet 1944 à Everre

Début juillet 1944, un groupe de résistants de la région de Dinard et des déserteurs des chantiers allemands du mur de l'atlantique, peu expérimentés du côté militaire, arrivent au moulin d'Everre pour repérer la région.
Leur mission : neutraliser la milice fougeraise.
Mais, un rapport à la Komandantur de Rennes suffit à mettre en route une colonne d'Allemands et de miliciens.
Le soir du 27 juillet, les Allemands arrivent au bourg de Saint-Marc-sur-Couesnon, demandent leur route et se dirigent vers la Poissonnière puis la Giollais en Saint-Hilaire-desLandes. Là, ils laissent leurs véhicule, traveversent le village du Rocher ou ils trouvent un brave homme occupé à faire des liens pour mettre la récolte en gerbe. Les miliciens se font passer pour des patriotes et notre homme accepte de les conduire j'usqu'au moulin. Mais, en chemin, le soupçon le gagne quand on lui fait remarquer que ses sabots font trop de bruit. Sous la menace, il n'est plus possible de faire marche arrière. Il abandonne finalement le groupe de la mort sur les hauteurs du moulin d'Everre.
Il est 7 heures du soir et les treize résistants entrent dans la cuisine pour partager la soupe quand ils se font surprendre.
Aussitôt, une fuissade éclate. Certains sautent par la trappe du grenier et se dispersent, l'un, Raymond Crosnier, dans un champs de blé ou il passera la nuit, l'autre, Jacques Jouet, dans le ruisseau ou il restera lui aussi toute la nuit avec juste la tête hors de l'eau. Le plus dur pour eux est d'entendre leurs camarades se faire torturer par la milice. Quatre patriotes y laissent leurs vie : André Chaperon (19 ans), Roger Crosnier(21 ans, frère de Raymond), Joseph Lemoine (23 ans) et Léon Pépin (20 ans). Deux autres patriotent sont arrêtés et déporté : M Alouette qui meurt à Hanovre en 1945 et Henry Leprince qui après avoir été torturé (ils m'ont cassé un bras et j'en garde toujours des sequelles 50 ans après) réussit à s'évader durant le voyage.
Après la fussillade, le groupe d'Allemands et de miliciens abandonne trois cadavres devant la porte des Thébault et un autre au pied d'un arbre dans un champs situé à quelques pas. Ils repartent avec cinq otages : Marie-Louise Tual, Henry Lebreton, Lucien Bigot, Jean Coquelin et le père Trémion, ouvrier sur la ligne du tramway et qui ce soir là coupe de l'herbe à quelques mètres de la petite ferme de sa femme. Il mourra en déportation. La terreur s'empare des gens des villages aux alentours. Madame Tremion s'enfuit avec ses enfants pour se refugier chez sa soeur à Saint-Jean-sur-Couesnon. Elle ne reviendra qu'une quinzaine de jours plus tard. Le lendemain, 28 juillet, Madane Guillemot et Marie Joseph Hurault des Champs-Hauts, à force d'entendre beugler décident d'aller les traire les vaches des Trémion et de s'occuper des bêtes. André Serrand(17 ans), commis aux Champs-Hauts, les accompagne. Il monte à l'échelle du grenier mais est sommé de redescendre rapidement par les deux femmes, mêres de famille, qui sont terrorisées à l'idée qu'un combatant se soit réfugié dans le grenier. Dans la journée, quelques personnes n'écoutant que leur courage se rapprochent des lieux du drame pour découvrir les corps sans vie et le désastre. Jean Bouvier,accompagné de son beau père,Pierre Tropée, maire de Saint Marc sur Coueson et quelques voisins rassemblent les corps dans une charrette et donnent à ces pauvres types gars une sépulure dans le cimétière, après qu'un résistant caché et resté sur les lieux leur ait donné l'identité de chacun.
Le calme revenu, le familles transféront les corps dans leurs communes d'origine (Dinard et Pleutuit).
Aujourd'hui, à Everre, il ne reste plus que les ruines du vieux moulin qui est incendié quelques temps plus tard et un monument commémoratif érigé à la mémoiré des victimes.
En 1994, une émouvante cérémonie a lieu au monument d'Everre. Les sept résistants y participent ainsi que Marie-Louise Tual.

Source : Saint-Marc-sur-Couesnon
"HISTOIRE ET PATRIMOINE"(Association Histoire et Patrimoine de Saint-Marc-sur-Couesnon)



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DIMI
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Je vais raconter l'histoire...

Message non lu par DIMI » 15 déc., 11:06

Merci de nous faire partager cette tragique histoire parmi tant d'autre.

C'est toujours très intéressant de lire ce genre de récit.

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