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Cpl. Darling
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Message non lu par Cpl. Darling » 31 déc., 09:36

Au passage, une phrase prononcée par Robert E. Perdue, officier de la compagnie F.

"Many of you must have seen the film Band of Brothers. I will tell you that E Company did not win the war alone; F Company was there also. "




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thierry
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Message non lu par thierry » 16 déc., 12:45

[simple confirmation sur ce magnifique travail au passage...Tu inscris ton incertitude devant la photo de richard" knute" Knudsen;mais c'est bien lui,il était l'homme le plus chargé de ce stick 78 et sauta le deuxième de l avion
Je ne sais pas si quelqu'un avait déjà confirmé celà...C'est en relisant ce superbe travail que je me suis permis de le repréciser.


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Cpl. Darling
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Message non lu par Cpl. Darling » 20 déc., 14:49

Merci bien pour ta confirmation. Effectivement, c'est bien lui. J'ai appris il n'y a pas longtemps que le jour J, il s'est cassé le bassin à l'aterissage. Aïe !



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Message non lu par Cpl. Darling » 30 déc., 14:26

Après ce petit repos, la compagnie F fut envoyée au nord, entre Nimègue et Arnhem.
Pour atteindre sa destination, la compagnie F dut traverser une zone tenue par la 82ème division aéroportée. Le 3 octobre au soir, ils campèrent une nuit dans une zone très boisée ou les arbres avaient été récemment déchiquetés par les obus puis ils repartirent le lendemain matin. A partir de là, des camions les embarquèrent pour les amener dans une zone entre la confluence du Bas-Rhin et de la rivière Waal, près de Nimègue. Cette zone fu surnommée « l?île » par les soldats. Pour atteindre l?île, les camions s?élancèrent sur le pont de Nimègue tandis que les canons allemands leur tiraient dessus. Le pont était long mais tout se fit en bon ordre et tout le monde passa de l?autre côté sain et sauf. Par la suite, les camions tournèrent à gauche, vers l?ouest, et prirent la direction de la petite ville de Zetten ou le convoi s?arrêta.

Les hommes de la compagnie F quittèrent Zetten en suivant une digue près du Rhin. A la différence des rivages plats des Etats-Unis, la plupart des rivières hollandaise étaient entourées de chaque côtés par deux énormes digues. La plupart du temps, il y avait une route en haut de ces digues.

Plus loin à l?ouest de cette rivière, le 1er bataillon avait engagé le combat et les pertes étaient terribles. Les deux jours suivants (5 et 6 octobre) furent éprouvants. La compagnie F continua sa route sur la digue jusqu?à une petite ville appelée Heteren qu?elle atteignit le 6 octobre juste avant la nuit. Le Lt. Thomas, commandant de la 2nde section, plaça le PC dans une maison derrière la digue, au centre de la ville. Pour protéger les flancs du PC, le plan était de placer Taylor à gauche avec son peloton et lui-même irait à droite. Il fallait également avertir les autres de cette position. L?idée était de créer un lien entre les deux groupes pour qu?aucun allemand ne puisse passer. Ceci était appelé « faire une correspondance ». Un poste d?écoute fut également placé autour de la digue.
Le 327ème régiment de planeurs était supposé être sur la gauche. Taylor et quelques hommes se glissèrent jusqu?à leur position et ils firent le contact à 23 heures. Ils firent demi-tour, rassurés, et ils retrouvèrent leurs positions aux alentours de minuit. Le Lt. Thomas n?était toujours pas rentré mais Clyde Jeffers, le radio et Shaffer y était.

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Soldats de la 101ème division aéroportée sur l?île, octobre 1944

En même temps, la 3ème section, qui était posté à la droite de la 2nde section, prenaient une déculottée. A cet endroit, le Rhin formait une courbe et les allemands étaient cachés derrière une rangée d?arbre. Lorsque les allemands attaquèrent, James Schears fut tué. Le lendemain (7 octobre), les allemands attaquèrent à nouveau de nuit. La bataille fut terrible et cette nuit-là, c?est Armand Beauchamp qui perdit la vie.
Au PC de la 2nde section, on s?inquiétait de cette situation. Les officiers pensaient qu?une patrouille allemande avaient infiltré la zone, qu?ils s?étaient arrêtés quelque part et qu?ils pouvaient les attaquer par derrière le lendemain. Ces nouvelles n?étaient pas rassurantes. Cependant, les officiers voulaient que les hommes attendent jusqu?à l?aube pour fouiller la zone proche du PC. En effet, le bruit courait qu?une patrouille allemande était dans le coin pour attaquer le PC de la compagnie. Et c?était juste. Ils commencèrent sans tarder à bombarder le PC. Au même moment, on entendit au poste radio de la 2ème section qu?un berger allemand gambadait dans les environs. C?était la preuve que les allemands n?étaient pas loin.
Les hommes commencèrent alors à préparer des défenses. Tout d?abord, il fallut rassembler les guetteurs qui s?étaient éparpillés sur la ligne principale. Il était impératif de les avoir au grand complet avant le lever du jour. Il fallut également patrouillé dans toute la zone pour s?assurer qu?aucun allemand ne se cachait. Les hommes vérifièrent les haies et les maisons avant de constater qu?il n?y avait pas un seul allemand à cet endroit là. Le 7 et le 8 octobre, les hommes enchaînèrent les patrouilles sans rien trouver de nouveau.

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La compagnie F près des village d?Heteren et de Randwijk

Le 9 octobre, la 3ème section, tant malmenée les deux jours précédents, fut relevée par la 2nde section. Cette opération fut faîte peu de temps après midi. Les hommes de la 2nde section furent informés de la présence des allemands derrière la rangée d?arbre. On leur expliqua aussi que c?était d?ici qu?ils avaient attaqués la 3ème section. Les hommes préparent donc leurs défenses en attente de l?attaque.
Le premier ordre dut d?enterrer les morts de la 3ème section. Certains se chargèrent de ceci tandis que les autres commençaient déjà à préparer les positions. Haney et Shrout avaient trouvé une Calibre 50, laissée par le 81ème bataillon anti-aérien, et ils la ramenèrent sur une digue sur le flanc gauche. La 2ème section possédait déjà deux mitrailleuses et ils assignèrent deux hommes sur chaque qu?ils postèrent le long du secteur. Les hommes prirent autant de grenades à main qu?ils purent en porter et ils les distribuèrent à tout le monde. On contacta également les unités d?artillerie pour donner deux coordonnées d?où étaient les allemands. Ces positions étaient surnommées « Fish One » et « Fish two ».
La 2nde section qui comprenait 48 hommes au départ n?en comptait plus que 32 à ce moment-là. Les autres étaient morts ou blessés. Haney et Shrout s?étaient placé sur le flanc gauche, derrière des arbres, tandis que Bernard Tom, Orel Lev et Kenneth Hull étaient sur le flanc droit.

Image
La chaussée que Bernard Tom, Orel Lev et Kenneth Hull surveillaient
Finalement, tout le monde fut prêt lorsque la nuit tomba.
Soudain, un des postes annonça aux autre qu?il entendait du bruit arriver. Les hommes prirent donc contact avec l?artillerie. Celle-ci tira, rendant les hommes de la 2nde section nerveux car les obus tombaient juste derrière la digue qu?ils tenaient. En effet, les artilleurs s?étaient placés loin et leur rayon d?action s?en trouvait diminué. Lev, Tom et Hull regardaient patiemment l?artillerie tirer de l?autre côté de la digue quand un obus tomba sans crier garde droit sur leur position. L?obus tua les trois hommes instantanément, endommageant en même temps les équipements radio.

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L?obus qui tua Lev, Tom et Hull laisse encore aujourd?hui des traces

Immédiatement, tout le monde pensa qu?il s?agissait des artilleurs américains qui avaient tiré trop court. Or, la seule radio disponible pour prévenir les artilleurs de tirer plus long était entre les mains de la 1ère section, sur le flanc gauche. John Taylor et Bob Sherwood se précipitèrent alors là-bas pour limiter l?hécatombe. Arrivés là-bas, les deux hommes tombèrent sur Manning Haney et Clarence Shrout qui étaient à environ trente mètres d?eux. Ils étaient sur une digue en train de tirer sur les allemands. Haney avait aperçu les armes automatiques des allemands et il leur tirait à présent dessus. Les allemands le prirent donc pour cible. Soudain, un obus leur tomba dessus. Taylor et Sherwood se précipitèrent vers les corps démembrés de leurs camarades et ils constatèrent avec effarement que Haney et Shrout étaient morts. Une fois de plus, on crut que l?artillerie avait tiré trop court.
Taylor, qui venait de perdre son meilleur ami sous ses yeux, était fou de rage. Il rejoignit la 1ère section tellement rapidement qu?arrivé là-bas, il oublia de donner le mot de passe et lorsqu?il déambula dans les rangs de la 1ère section, Kisnowski lui tira dessus. Heureusement, il le manqua.
Dès que les choses se calmèrent, les hommes essayèrent de comprendre ce qu?il s?était passé. D?abord, il fallut faire le constat des pertes : Carlino blessé, Haney et Shrout tués. Après un petit moment, Taylor se souvint qu?il n?avait pas entendu d?obus arriver lorsque Haney et Shrout avaient été tués. Les mortiers ne faisaient pas de bruit jusqu?à ce qu?ils explosent tandis que les canons tonnaient d?une façon terrifiante lorsque l?obus traversait les airs. Haney et Shrout avaient donc été tué par des mortiers. Or, les artilleurs américains de cette zone n?avaient pas de mortiers donc les deux hommes avaient été tués par des allemands. La situation fut difficile cette nuit-là, tant au niveau physique que moral.



Cpl. Darling
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Message non lu par Cpl. Darling » 30 déc., 14:27

Plus tard, la compagnie F échangea ses positions avec le 501ème régiment. Les hommes n?avaient toujours pas eu de repos. C?était le 3ème jour qu?ils n?avaient pas mangé et dormi. On envoya alors les hommes dans une ville près d?un verger pour palier à ce problème. Le jour suivant, la compagnie dut sécuriser le PC de la division. La surveillance de ce PC était une responsabilité très importante car la sécurité de toute la division reposait dans les mains des hommes de la compagnie F. Chacun faisait la garde autour de ce PC. On s?arrangea pour qu?un membre de la division fasse à manger pour la compagnie F et les hommes purent enfin manger pendant la nuit. Cette nuit-là, la plupart des chefs de section et d?escadron ne fermèrent pas l??il, vérifiant que les gars ne s?étaient pas endormis en montant la garde malgré la fatigue. Le lendemain, il y eut de la nourriture chaude. La surveillance du PC prit fin vers 14H00 et les hommes prirent à nouveau la route des digues en montant dans des camions.

Vers 16H00, les hommes arrivèrent dans une zone ou ils eurent droit à une inspection. Tout le monde était étonné Ils avaient passé quatre jours et quatre nuits sans dormir et ils étaient inspectés ! Ceci était l?idée du nouveau chef de compagnie, le lieutenant Nye. Pour la plupart des hommes, c?était la première fois qu?ils le rencontraient. Évidemment, personne n?était préparé à cette inspection. Le Lt. Nye passa ses soldats en revue puis déclara que « ça allait bien». Il déclara quand même à Taylor que deux de ses hommes avaient une coupe vraiment mauvaise. Il lui ordonna de leur faire couper les cheveux avant qu?il aille dormir et de lui montrer dès que cette tâche aurait été accomplie.
Tous les hommes virent cette inspection d?un mauvais ?il. Taylor dira plus tard, « Pour son premier discours devant les hommes, il aurait du s?intéresser d?avantage à ces que nous avions enduré les derniers jours plutôt que de faire une inspection. En plus de ça, il m?avait ordonné de lui montrer les hommes les cheveux coupés au lieu de me croire, comme un sergent. » Taylor avait une méchante tendance à se dévoiler dans ces moments-là. Il alla voir George Lovell de la 1ère section, lui emprunta ses ciseaux et à 19H00, les deux hommes avaient les cheveux coupés. Cependant, Taylor attendit jusqu?à 1H00 du matin pour aller voir le Lt. Nye. Là-bas, il l?informa que les hommes avaient bien les cheveux coupés et que son ordre avait été exécuté. Le Lt. Nye n?aima pas mais Taylor n?en avait strictement rien à faire. Il avait fait exactement ce qu?il avait dit, mis à part qu?il avait « un peu » laissé traîner le temps. En fait, Taylor n?admettait pas l?idée qu?un nouvel officier qui n?avait pas enduré ce qu?il avait enduré puisse lui donner des ordres aussi insensés. Et ce jour-là, le Lt. Nye fit une erreur en usant de sa supériorité pour assurer sa suprématie. Il se trouvait devant une compagnie d?homme soudés et ce n?était pas lui, le nouveau commandant de compagnie qui ne connaissait aucun de ses soldats qui pouvaient ordonnés un ordre aussi incongru. Un officier qui connaissait ces hommes personnellement, qui parlait beaucoup avec eux et qui partageait des choses avec eux aurait pu se permettre de faire ce que Nye avait fait. Or, ce n?était pas le cas du Lt. Nye. On peut donc dire qu?il fit une mauvaise impression dès qu?il arriva et il perdit la confiance de ses hommes. Dans une unité d?hommes en temps de guerre, c?est très dangereux.

Peu de temps après cet épisode, le 2nd bataillon s?installa dans un verger, à 1 km derrière une usine de jambon. Quelques hommes firent un raid et rapportèrent de la gelée et de la confiture. Ceci remonta le moral.
L?ordre d?une patrouille pour la 2ème section arriva. Le 1er novembre 1944 vers 16H00, le Lt. Thomas demanda à une patrouille de partir le soir même. La section entière (plus que 22 hommes sur un effectif de départ de 48 ) y allait. Sa mission était d?exécuter un raid sur les positions allemandes localisées le long de la voie ferrée près du pont de chemin de fer d?Arnhem. Cette voie ferré était, comme la plupart des infrastructures de transport, placé sur une digue. Cinq ou six officiers furent briefés et reçurent les détails de l?opération. Les ordres étaient de suivre la voie ferré, de la traverser, d?attaquer les positions allemandes les plus proches, de faire le plus de dégâts possible et de ramener des prisonniers. C?était une patrouille difficile.
Les hommes de la 2ème section se préparèrent. Certains échangèrent leur M1 pour une Thompson car ils savaient qu?il y aurait du combat proche. Les hommes s?équipèrent d?armes différentes : 3 ou 4 Thompson, plusieurs BAR, des carabines Met ils quittèrent leurs lignes à et des grenades. Les hommes préférèrent les grenades à explosion plutôt qu?à fragmentation car ils voulaient être proches les uns des autres sans toutefois se blesser.
Enfin, ils quittèrent leurs lignes à 2H00 du matin. C?était le 2 novembre. Le secteur à attaquer était à neuf km du pont d?Arnhem, qui avait été détruit plus tôt. Pour rejoindre cette zone, la compagnie F traversa les positions tenues par la compagnie E qui leur expliqua tout ce qu?elle savait sur les allemands. La ligne de front était à 4,5 km. Les hommes de la compagnie montrèrent à leurs camarades la ligne de chemin de fer et leur signalèrent que la zone allemande était de l?autre côté la voie ferrée. La compagnie E avait beaucoup tiré au mortier sur cette zone. Côté américain, il y avait six fossés à traverser, avec une profondeur d?eau allant de la ceinture au cou. Bien que la compagnie E ait bombardé les allemands, ils déclarèrent que leur zone était souvent sous le feu de l?artillerie et des mortiers.
Cette nui-là, la température était de ???????° et le temps était humide et brumeux. Les hommes de la 2nde section se placèrent en file unique avant de se diviser en deux files alors qu?ils approchaient du premier fossé. Le Lt. Thomas s?occupa de la première file et Taylor de la seconde. Tout le monde fut trempé et glacé mais ce fossé fut facile à passer. Le dernier fossé était à deux kilomètres de la voie ferrée. Dès que les hommes sortirent de ce fossé pour gagner la chemin de fer, Taylor remarqua avec un énorme creux dans l?estomac que le terrain avait été récemment labouré. Ni une ni deux, les hommes firent le rapprochement : MINES ! Les hommes s?accordaient pour déclarer que les allemands avaient été malins de faire ceci et ils pensaient qu?ils auraient fait la même chose. Le problème, c?est que c?était eux qui étaient coincés au milieu de ce champ de mine. Le temps filait et les hommes durent avancer, à contrecoeur. Heureusement pour eux, rien n?explosa sous leurs pieds quand ils traversèrent ce champ.
A partir de là, les choses s?accélérèrent. Les hommes voyaient le bout de la station et ils commencèrent à se diriger vers la digue de leur côté avant que les allemands ne les entendent. Les hommes traversèrent ensuite très rapidement le côté allemand. Ils désiraient être rapidement sur eux pour n?utiliser que des armes légères. Du côté américain de la digue, les hommes devaient tirer au mortier dès que les allemands les entendraient.
Enfin, les allemands les entendirent. Ils commencèrent alors à faire feu au mortier sur la 2nde section. Ils jetaient également des grenades. Les parachutistes grimpèrent alors sur la digue, comme un seul homme. Ils étaient tellement motivés qu?aucun d?entre eux ne recula. En haut de la digue se trouvait deux routes. Soudain, une flamme est apparue 50 mètres de la digue. Elle provenait d?une position allemande et plusieurs allemands furent soufflés de là. Taylor, qui grimpait sur la digue, glissa et retomba à gauche de Clyde Jeffers. Celui-ci était toujours en bas de la digue avec son téléphone sur le dos. Soudain, il y eut une explosion qui blessa Jeffers au bras. Taylor lui demanda s?il pouvait revenir seul. Jeffers acquiesça et partit en sens inverse.
En même temps, le Lt. Thomas lança une grenade sur l?allemand qui avait tiré sur Clyde Jeffers et le tua. Taylor tira avec sa Thompson dans le trou de l?allemand et il entra dedans. Il senti un corps et lorsqu?il le tira vers lui, il le sentit bouger. C?était un soldat allemand. Comme une partie de la mission était de ramener des prisonniers, Taylor le tira hors du trou et le Lt. Thomas le saisit pour le ramener vers l?arrière.
La 2nde section continuait à avancer. Lorsqu?il il y avait des éclairs ou des flammes, les hommes jetaient des grenades sur ces endroits. Ceci tua trois allemands et il y eut d?autres prisonniers. Comme la 2nde section avait fait assez de prisonniers et qu?elle avait détruit environ dix-huit abris allemands, les hommes firent demi-tour. Le combat avait duré entre 20 et 30 minutes. Taylor sortit un sifflet de sa poche et souffla dedans. Tout le monde se réunit.
On constata alors que Homer Smith avait été tué.

La 2ème section fit alors demi-tour pour revenir au PC. A peine avaient-ils approcher le premier fossé d?eau que les hommes entendirent un « SPLASH ! ». Ils se retournèrent et aperçurent Dutch Ostrander, le radio opérateur de la compagnie HQ. Il avait été blessé par un mortier qui avait soufflé sa radio dans le dos. Un éclat l?avait touché au bras et Ostrander était couché dans ce fossé d?eau. La rive était boueuse, glissante et visqueuse et les hommes de la 2ème section eurent un certain mal à transporter le blessé jusqu?à leur zone.
Arrivés au PC, on compta les têtes et on s?aperçut qu?il manquait Thomas Psar. John Taylor, plein d?entrain cette nuit-là, décida de revenir sur ses pas pour chercher son copain. Il commença à courir le long de la route mais après une courte distance, il entendit derrière lui du bruit. C?était Pat Casey, Jim Swafford et Walter Puskar qui le suivait pour l?aider. Les quatre hommes décidèrent qu?ils allaient chercher de leur côté de la voie ferrée car ils savaient qu?il n?y avait personne de l?autre côté. Ils installèrent un mortier et une mitrailleuse avant de trouver Thomas Psar. Il était assis du côté américain de la voie ferrée contre un abri allemand. Les hommes s?approchèrent doucement, le regardèrent une minute puis ils le touchèrent. Leur ami « Tommy » était mort. Il avait un large trou dans le cou du à un éclat de shrapnel. Taylor le porta et les quatre hommes retournèrent au PC. Seulement, porter un corps inconscient est très difficile et Taylor n?arrêtait pas de tomber avec lui. Ils prirent donc un fusil à deux et le posèrent dessus.
Une jeep transporta les morts et les blessés de la patrouille de nuit : Homer Smith et Thomas Psar avaient perdu la vie, Clyde Jeffers et Dutch Ostrander étaient blessés. Les hommes encore vivant mirent des vêtements secs et ils se reposèrent. Il était 5H00 du matin. De leur côté, le Lt. Thomas et John Taylor durent aller au PC du bataillon faire un rapport sur la patrouille. L?air était froid, ils étaient trempés et ils ne crurent jamais réchapper de ce voyage en jeep. Arrivés au PC, le Lt. Nixon leur servit du café, leur conseilla d?enlever leur vêtements trempés et de mettre un manteau. Le Lt. Thomas et Taylor firent leur travail et les deux hommes revinrent au sein de la compagnie F juste avant le lever du soleil. On donna aux hommes à manger ce matin-là et ils purent un peu se reposer.
Le colonel Sink fit savoir aux hommes de la 2nde section qu?il était très fier d?eux et il fit porter le message par le Lt. Thomas. Pour cette action, Bob Sink et John Taylor furent décorés de la Silver Star. Taylor était sous le choc, lui qui n?avait jamais rien reçu. Pour fêter ceci, il fit un tour du côté de l?usine de jambon !



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Message non lu par Cpl. Darling » 30 déc., 14:27

La compagnie F ne tarda pas à changer de zone à nouveau. Le premier week end de novembre, on l?envoya derrière Nimègue, près d?un lieu ou l?artillerie britannique était placée. Là, les hommes eurent droit à leur première douche depuis six semaines dans un complexe ou il y avait une piscine chauffée. Cette douche fut fort appréciée ! Lorsqu?ils étaient sur le front, les hommes pouvaient se raser, changer de chaussettes et se laver rapidement le visage mais pas il n?y avait pas moyen de se laver entièrement. Cette douche était chaude et elle leur fit à tous un bien fou. En se déshabillant, les hommes remarquèrent avec humour la blancheur de leur corps comparée avec leur visage, leur cou et leurs mains noircis par la crasse. Ils mirent des habits propres et sortir du complexe.
Cette nuit là, les hommes de la compagnie F n?eurent jamais eu aussi froid. Non pas parce que la nuit était plus fraîche que d?habitude mais parce qu?en se lavant, ils avaient retiré de leur corps une couche de crasse qui les protégeait du froid.

Trois jours plus tard, la compagnie F fut envoyée à Driel, un petit hameau derrière la digue. Un jour, Charlie Shaffer et John Taylor volèrent des rations K dans un bâtiment abandonné. Ils trouvèrent également du cake et un petit pot de sirop. Taylor déclarera avec humour plus tard : «Le sirop devait être concentré car il était très épais. Nous avons tout mangé et c?était délicieux ».
Un peu plus tard, une rumeur circula alors comme quoi une patrouille allemande avait pénétré dans un autre secteur et qu?elle avait égorgé deux sentinelles américains avec du fil de fer. Gaston « Rebel » Adams était de garde cette nuit là. Les autres n?avaient pas arrêtés de le taquiner ce jour là étant qu?ils savaient qu?il était de garde le soir même. Il attendait patiemment dans son foxhole en guettant le moindre mouvement quand soudain, il entendit du bruit derrière lui. C?était John Taylor qui venait voir son copain pour lui demander si tout se passait bien. Gaston Adams lui répondit : « Mec, c?est si sombre ici qu?un homme peut marcher devant toi et te gifler, tu ne le sauras même pas ! ». Les deux hommes revinrent au PC et tandis qu?ils marchaient, un bruit terrifiant leur déchira les tympans. Il venait du côté allemand de la rivière et il s?agissait d?un canon que les allemands avaient installé sur une plateforme surélevée. En tirant trente deux coups avec ce canon, il pouvaient anéantir une zone. Le bruit était incroyable mais les obus tombaient loin. Adams se cacha le visage puis il tourna la tête vers Taylor en lui disant d?un air grave : « Tex, le vieux Rebel en a marre de ça ».

Ce même jour, Taylor sentit que son estomac n?allait pas bien. Tard dans la soirée, une dysenterie vraiment mauvaise s?installa. Cette même nuit, la compagnie F devait relever la compagnie I. A 10H00 du soir, les hommes étaient prêt à quitter leurs positions pour gagner Valberg, qui était cinq ou six km plus loin. Pour aller là-bas, la compagnie F devait patauger dans une tranchée pleine d?eau pendant environ 1,5 km. Taylor se sentait de plus en plus faible. Pendant le trajet, il était glacé et il tremblait comme une feuille. Il était tellement mal qu?il ne put pas grimper la tranchée. Le Lt. Thomas lui conseilla de rester là le temps de lui envoyer une jeep et de laisser quelques hommes avec lui, dont Bob Janes. Enfin, une jeep arriva avec une remorque pleine de sacs de couchage. Bob Janes fit arrêter la jeep et les hommes restés posèrent Taylor sur les sacs de couchage. Avant de partir, les hommes demandèrent à Taylor de revenir. En effet, son état était critique et il y avait des chances qu?il fut mort avant le lendemain. La jeep partit pour Valberg et on posa Taylor devant l?église. Il se coucha là et se qu?après tout ce qu?il avait traversé, il ne pouvait pas mourir comme ça. Plus tard, on le transporta dans une station de secours ou le Doc Nevels lui donna deux gros comprimés puis on le plaça dans une chambre du PC. Taylor se réveilla le lendemain matin et il se sentait beaucoup mieux, même s?il avait encore un peu mal.

Ce jour là, les hommes de la compagnie F firent leur lessive. Le Lt. Nye remarqua que tous les hommes étaient sales et il ordonna que tout le monde lave son uniforme. Charlie Malley trouva une vieille machine à laver et il la rapporta. A 2H00 du matin la nuit suivante, tout le monde avait nettoyé son uniforme. Il ne restait plus qu?à faire sécher.

Lors de la Thanksgiving, la compagnie F se trouvait toujours à Valberg. Le colonel Strayer et des officiers provenant des autres bataillons partagèrent le repas avec eux. Les hommes de la compagnie F apprécièrent ce geste.
Un ou deux jours plus tard, autour du 25 novembre, la compagnie F fut relevé par des unités canadiennes. Il faisait sombre, froid et il pleuvait quand les hommes traversèrent la rivière Waal à pied. C?était le lever du jour et tandis que les hommes quittaient le Hollande, ils aperçurent les anglais traverser le Waal en petits bateaux. Les camions anglais étaient alignés le long de la route de l?autre côté et lorsque les hommes grimpèrent dedans, le convoi se dirigea vers le sud. La campagne de Hollande était terminée pour les hommes de la compagnie F et plus généralement pour la 101ème division aéroportée. Les camions suivirent la route de l?enfer dans le sens inverse et le convoi s?arrêta à Veghel, là ou les hommes avaient passé de si dures moments début octobre. La Croix-Rouge leur servit quelques beignets détrempés et du café froid.

L?Opération Market Garden avait duré 73 jours. L?objectif initial n?avait pas été atteint et il s?agissait d?une défait cuisante pour les alliés à l?heure ou tout le monde pensait que les allemands étaient sur les genoux. En même temps, faire man?uvrer une armée sur une seule route de 80 km était risqué.
La compagnie F paya un prix élevé en Hollande. Ce fut d?ailleurs ici que les pertes atteignirent leur record durant tout le temps de la guerre. Il y eut quinze morts, dont dix étaient de la 2nde section. Dans cette même section, il ne restait que douze hommes capables de marcher alors qu?ils étaient quarante huit au départ. La situation était quasiment la même dans les 1ère et 3ème section. La compagnie F avait durement été éprouvée durant l?Opération Market Garden.



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Florence
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Message non lu par Florence » 30 déc., 14:41

Formidable post! Bravo et merci!

Cordialement,

Florence


Nous sommes conscients que ces Américains, là-bas vont à l'abattoir.
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Demolition man
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Message non lu par Demolition man » 30 déc., 17:24

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Message non lu par Cpl. Darling » 01 janv., 15:25

Merci bien, c'est un plaisir de le faire. Préparez-vous pour les Ardennes !



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Message non lu par Florence » 01 janv., 16:27

[quote="Cpl. Darling"]Merci bien, c'est un plaisir de le faire. Préparez-vous pour les Ardennes ![/quote]

On est prêts!!!! ;)


Nous sommes conscients que ces Américains, là-bas vont à l'abattoir.
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