Henri-Jean Renaud attend le retour de ses libérateurs, 70 ans après le débarquement de Normandie

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Marc Laurenceau
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Henri-Jean Renaud attend le retour de ses libérateurs, 70 ans après le débarquement de Normandie

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Sainte-Mère-Eglise : à gauche de profil, Alexandre Renaud fumant une cigarette. À côté de lui, son fils de dix ans, Henri-Jean, regarde le photographe lors d’une « accalmie ».

Source : Le Dauphiné
Auteur : François Monnet
Date : 06/04/2014
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Henri-Jean Renaud, aujourd’hui âgé de 80 ans, se souvient très bien du Débarquement à Sainte-Mère-Église… Pour les célébrations, il accueillera des vétérans chez lui.

«Je me souviens très bien du 6 juin 1944. On se couchait tôt à cette époque, à cause du couvre-feu, et quelqu’un est venu frapper à notre porte dans la soirée. C’était un pompier qui venait signaler à mon père qu’une maison du village était en train de brûler. Mon père, qui était maire du village depuis seulement deux semaines, nous a dit de nous mettre à l’abri, ma mère, mon frère, la bonne et moi. Vers minuit, on a entendu un vacarme assourdissant, c’étaient des avions qui passaient et par la fenêtre j’ai vu une poignée de parachutistes tomber… Mon père est rentré et nous a dit : c’est le Débarquement ! »

Les premiers libérés
Aujourd’hui âgé de 80 ans, Henri-Jean Renaud, qui comme son père, fut le pharmacien de Sainte-Mère-Église, admet volontiers que toute sa vie a été bouleversée par ce qui s’est passé dans son village, en juin 1944 : « C’est l’événement qui a marqué ma vie ». Henri-Jean Renaud est le vice-président du musée Airborne, a assisté à des congrès de vétérans aux États-Unis, et il en accueillera deux chez lui pour les célébrations du 70e anniversaire, comme il l’a fait sans relâche à chaque anniversaire. « Beaucoup sont devenus des amis, ils ont accueilli mes enfants en vacances, on s’envoie des mails, des photos ».

Depuis 70 ans, lui et son frère aîné revivent ces premiers jours de juin 1944, comme si c’était hier. « Notre village a été l’un des premiers à être libérés, les Allemands l’ont quitté vers trois heures du matin et on ne les a plus jamais revus ».

Ce matin du 6 juin, le petit garçon traverse la place du village avec son père. « Il y avait un Allemand par terre, mais pas de sang. C’était la première fois que je voyais un mort. Plus loin, j’ai vu plusieurs parachutistes tués, l’un d’entre eux n’avait plus d’équipement ni de chaussures, ni de casque : il avait été dépouillé par les Allemands. Un autre était dans un arbre, pendu par son harnais. À mesure que le temps passe, tous ces morts ont pris de l’importance pour moi ».

Au bistrot, c’est gratuit
Ce matin-là, les civils du village ont tenté de fraterniser avec les Américains, d’abord tendus, le doigt sur la gâchette, d’autres égarés, cherchant leur régiment. « À 9 heures, les premiers tirs d’obus ont retenti et là, on s’est tous terrés comme des lapins, réfugiés où on pouvait. La mère d’un de mes copains a été tuée dans une tranchée ». Mais Sainte-Mère-Église, bien que bouleversé, n’a pas été détruit, contrairement aux villages voisins. Dans les jours, puis les semaines qui suivirent, c’est tout le quotidien des habitants qui a changé : « pour peu qu’on ait le sourire facile, on était vite adopté par les Américains, on allait manger à leur cantine. Un soir, mes parents ont invité deux jeunes GI à dîner, ma mère avait mis les petits plats dans les grands et l’un des deux est parti avec une cuiller en vermeil ! »

Une photo de sa mère fleurissant la tombe du général Roosevelt, mort deux semaines après le Débarquement, est parue dans le magazine « Life » et toute sa vie, elle aura écrit des lettres aux familles des GI morts ici.

Les survivants, eux, ont toujours été accueillis comme des héros à Sainte-Mère-Église. La preuve : au bistrot, ils n’ont jamais payé leur verre.


Marc Laurenceau
Webmaster du site DDay-Overlord et du forum
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