SonderKommando Elbe

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Tex Hill
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SonderKommando Elbe

Message non lu par Tex Hill » 26 avr., 23:41

Suite à la question de Flanker,
Flanker a écrit :Je m'interresse un peu au Sonderkommando Elbe ,mais je n'ai que peu de doc sur cette unité trés spéciale ,peux tu me donner le bilan de l'opération du 7 avril ?

Extrait du Fana HS N°28 de juillet 2005 :

Une solution : l'abordage en vol
Les dirigeants de la Luftwaffe, avaient élaboré de nombreux plans en vue d'attaquer l'ennemi, mais bien peu d'entre eux avaient été retenus. En ces temps de désespoir, l'Oberst Hajo Herrmann imagina un projet révolutionnaire pour la défense du Reich. Herrmann, pilote de bombardement réputé depuis le début de la guerre, avait été projeté sur le devant de la scène en élaborant la tactique dite Wilde Sau pour permettre aux chasseurs de nuit allemands d'intercepter les bombardiers alliés.
En 1944, ayant été nommé commandant de la lère Division de chasse, responsable de la défense aérienne dans le secteur central du pays et autour de Berlin, cet officier supérieur proposa de former une unité de volontaires dont la mission consisterait à détruire les bombardiers lourds américains par abordage. Il expliquera à l'auteur de ces lignes:
"Je n'avais pas de Sturmgruppe dans ma division, mais j'avais bien sûr entendu parler de leur existence. Je savais qu'ils ne seraient pas efficaces à long terme, en raison des pertes qu'ils subissaient face aux chasseurs d'escorte. Il m'était apparu qu'aucun moyen de détruire les bombardiers ennemis ne pourrait fonctionner, sauf en procédant de manière à éviter les escortes. La réponse consistait à faire appel au Me 262, mais la mise en service de cet appareil prendrait du temps. Or, nous devions au plus vite infliger un taux de pertes insupportable à une ou deux formations américaines engagées sur l'Allemagne afin de bénéficier d'un répit en attendant la mise en service en grand nombre du nouveau chasseur à réaction." Herrmann proposa une tactique très différente de celle qui avait été employée jusque-là, tenant compte de l'absence de succès rencontrée par les Sturmgruppen. Ces derniers employaient la version "Sturmbock" du Fw 190, qui impliquait le recours à une escorte de chasse si l'on entendait pouvoir atteindre les bombardiers ennemis. Les pilotes allemands abordaient ces derniers en dernière extrémité seulement, si leurs canons étaient enrayés ou s'ils manquaient de munitions, et les résultats se faisaient attendre.

Des avions consommables
Dans le cadre de son plan, Herrmann souhaitait utiliser un type d' appareil totalement différent, les versions de chasse à haute altitude du Messerschmitt Bf 109G-10 ou Bf 109K-1, débarrassés au besoin de leur blindage et armés d'une seule mitrailleuse de 13 mm pour assurer leur propre défense. Ainsi allégés, ces avions n'auraient plus besoin d'escorte et pourraient surclasser les chasseurs américains.
Lorsqu'une formation de bombardiers ennemis approcherait de l'Allemagne centrale, les intercepteurs d'Herrmann seraient dirigés par radio jusqu'à leur position d'attaque. Chaque pilote choisirait sa cible et piquerait sur elle presque à la verticale, visant la partie de la structure la plus fragile, en avant des empennages. Ainsi, par rapport aux premières attaques menées par les Sturmgruppen, l'abordage était le seul moyen de détruire les bombardiers américains pour les pilotes de Bf 109.
Dans son rapport, Herrmann proposait de former plusieurs Gruppen d'abordage et de les employer dans le cadre d'une opération à grande échelle impliquant quelque 800 appareils. Si son plan réussissait, Herrmann pensait qu'au moins 400 quadrimoteurs américains seraient détruits en une seule journée. Ayant subi des pertes aussi élevées, les Alliés devraient interrompre leurs attaques de jour sur l'Allemagne pendant des semaines. L'officier supérieur allemand ne minimisait pas les risques auxquels étaient exposés les hommes engagés dans l'opération. Sans doute la moitié de ceux qui atteindraient leur cible pourraient se parachuter, tandis que l'autre moitié, au moins 200 pilotes, seraient tués ou grièvement blessés. C'était un prix élevé à payer et, à première vue, une façon pour le moins choquante d'employer des hommes, même s'ils étaient volontaires. Mais la guerre est cruelle, et si le plan fonctionnait conformément aux prévisions, les chances d'arrêter les raids de jour qui faisaient tant de mal à l'industrie allemande étaient réelles.

Les pilotes formés pour jeter leurs avions sur les bombardiers ennemis furent endoctrinés
A la guerre, les tactiques les meilleures sont celles qui permettent d'atteindre un but donné au coût le moins élevé en hommes et en matériels. Lors des tentatives qu'elle avait menées pour contrarier les attaques américaines, en employant des moyens classiques ou non, la Luftwaffe avait perdu des centaines de pilotes par mois, sans atteindre aucun résultat de quelque importance que ce fût. Au prix de pertes correspondant à celles de deux mois d'opérations normales, le plan élaboré par Herrmann promettait des résultats bien plus tangibles.
Le rapport d'Herrmann, rédigé en décembre 1944, suscita de virulentes discussions au sein de la Luftwaffe. Goering vanta les mérites du projet, mais s'opposa à ce que des pilotes de chasse entraînés y fussent impliqués ; il en avait besoin pour accroître sa force de chasseurs à réaction. Le Reichshmarshall décida que seuls les élèves en écoles pourraient se porter volontaires pour les unités d'abordage. Il restait un obstacle majeur à franchir :
l'accord de Hitler. Quand le plan lui fut exposé, le Führer répondit qu'il ne demanderait un tel sacrifice à aucun Allemand, mais que si le nombre de volontaires était important, il ne s'opposerait pas à l'idée exprimée par Herrmann.
En février 1945, un ordre du jour secret signé de Goering fut expédié dans les écoles de formation, demandant des volontaires pour des missions "spéciales et dangereuses" dont la nature ne pouvait être divulguée. Bien qu'aucune pression n'eût été exercée à leur endroit, plus de la moitié des pilotes entraînés se présentèrent.
Début mars, ils furent rassemblés sur la base de Stendahl, près de Berlin, où on leur expliqua la nature de la tâche à laquelle ils étaient destinés. Même à ce stade du processus, ceux qui ne souhaitaient pas poursuivre furent autorisés à renoncer. Les quelques aviateurs qui renoncèrent s'en allèrent sans qu'aucun reproche ne leur fût adressé.
L'entraînement nécessaire à l'opération, qui portait le nom de code de Wehrwolf, dura presque deux semaines. Hormis l'instruction tactique et au vol, les pilotes sélectionnés apprirent à man?uvrer leurs Bf 109 allégés à haute altitude et dans des piqués à grande vitesse. Ils subirent aussi un endoctrinement poussé sur la situation politique du moment et l'amélioration de la situation dans laquelle se trouvait l'Allemagne si l'attaque était un succès.
A ce stade de la guerre, la moindre opération était sujette à des retards considérables. Bien que la formation des unités d'abordage eût été poussée à une cadence importante et eût reçu la priorité, ce ne fut pas avant la troisième semaine de mars que les 250 premiers pilotes affectés à cette tâche achevèrent leur formation et furent prêts à aller au combat; mais ils ne disposaient que de 150 Bf 109. La première unité opérationnelle, le Sonderkommando Elbe, fut constituée sur la base d'un Geschwader de trois Gruppen de 45 pilotes chacun.

Les affirmations catégoriques de Goering
Herrmann fut placé à la tête des unités affectées à Wehrwolf, entendant les engager au combat aussitôt qu'elles seraient prêtes. A la fin du mois de mars, il se plaignit auprès de Goering:
"Quel que soit le niveau sur lequel elles seront menées, ces opérations sont les seules qui pourraient avoir une efficacité quelconque dans les circonstances présentes. Elles ne sont en aucune manière plus coûteuses en personnel que les opérations ordinaires, elles ne consommeront qu'un tiers d'avions en plus et entre 1/5 et 1/1 0 de carburant supplémentaire que de coutume... Toutefois, avec seulement 150 à 250 pilotes prêts au combat, les objectifs resteront limités. Cela ne servira pas notre but et il est important de viser très haut. L'opération devra impliquer au moins 650 pilotes. Le moment où le Me 262 entrera en service en grandes quantités doit intervenir avant que notre aviation de chasse ne soit balayée du ciel ou détruite au sol. Nous devons obtenir un succès si massif que l'adversaire sera contraint de modifier ses méthodes et de réduire la fréquence de ses attaques." Mais le temps où ce genre d'argument aurait encore pu être discuté n'était plus. Début avril, les forces britanniques et américaines avaient franchi le Rhin et poussaient à travers l'Allemagne. A l'Est, les troupes soviétiques, éloignées d'à peine 50 km de Berlin, s'apprêtaient à donner l'assaut final à la capitale.
L'Opération Wehrwolf devait être menée sur l'heure avec les ressources disponibles.

Bilan de l'opération
L'opération Wehrwolf fut lancée le 7 avril, lorsqu'une force de 1300 B-17 et B-24 accompagnée d'une forte escorte de chasse s'en prit à des gares de triage et à des aérodromes. Quelque 120 Bf 109 du Sonderkommando Elbe furent lancés à l'attaque, appuyés par des chasseurs conventionnels, et 59 sorties menées par des Me 262 (nombre le plus important que les avions de ce type inscrivirent à leur actif en une seule journée).
Engageant beaucoup moins d'appareils que Herrmann ne l?avait demandé, l'opération d'abordage constitua un échec cinglant.
D'après les archives .américaines, à peine huit bombardiers furent détruits de cette manière et une quinzaine d'autres endommagés. Les quadrimoteurs et leur escorte de chasse revendiquèrent la destruction de 59 appareils allemands appartenant pour la plupart aux unités d'abordage.
Que s'était-il passé ? Des conditions de temps défavorables interdirent à certains pilotes allemands d'atteindre les positions d'où ils auraient pu attaquer en piqué (leur entraînement avait été plus que sommaire, même par rapport aux standards très dégradés de la Luftwaffe de 1945). D'autres, aux prises avec les chasseurs d'escorte, ne purent effectuer leur man?uvre dans des conditions qui auraient été autrement plus favorables si le nombre d'avions engagés avait été plus important. Jamais plus une telle opération ne devait être répétée.


Avec en prime la vidéo du double abordage de Heinrich Rosner à bord de son Bf 109 sur des B-24.
Extrait des "Ailes de la Guerre" diffusée récemment sur Planète.

http://www.dailymotion.com/video/x57uat ... mando-elbe



UHU
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Message non lu par UHU » 27 avr., 08:47

Tu veux quoi au juste concernant le 7 avril 1945 ?
J'ai toutes les pertes alliées classées par BG avec les noms des B17,leur serial number,noms des pilotes et les circonstances .
Sinon j'ai les pertes generales du Kommando et d'autres infos car j'ai le bouquin sur cette unité.

"The last flight of the Luftwaffe"
"The fate of Sculungslehrgang Elbe,7 april 1945". d'Adrian Weir.



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Guile
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Message non lu par Guile » 27 avr., 10:01

Merci Tex pour toutes ces infos et pour la ptite vidéo !
Je n'avais qu'un vague souvenir de cette histoire...



Flanker
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Message non lu par Flanker » 27 avr., 11:16

Merci beaucoup Tex ,trés beau boulot !



Flanker
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SonderKommando Elbe

Message non lu par Flanker » 03 mai, 12:19

Désolé Sturmbock ,je n'avais pas vu ton post ,je serais en effet désireux de connaitre les pertes allemande réele ,et les résultats de cet engagement du côté allié ...Les revendication alliés me parraisent excessives ,mais d'une part c'était la fin de guerre ,d'autre part c'est le fana de l'aviation ,qui prend toujours un peu parti !



Clostermann
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Message non lu par Clostermann » 03 mai, 15:42

Ce n' est pas forcément "Le Fana" qui prend parti. Les américains on toujours annoncés des chiffres élevés pour faire avaler à l' opinion les pertes de leurs bombardiers, c' est bien connu.

Mais cette exagération n' est pas toujours volontaire:
"lorsque dans un "box" de 72 Forteresses Volantes, vous avez trois cents ou quatre cents mitrailleurs tirant sur une vingtaine de Focke Wulfs, et que cinq sont effectivement abbatus, il se trouve forcément plusieurs douzaines d' hommes qui prétendront, dur comme fer et de bonne foi, en avoir descendu un. De plus, il semble bien extraordinaire que dans un raid comme celui d' Augsbourg 900 chasseurs anglais et américains d' escorte déclarent avoir abbatu 118 avions allemands, tandis que 500 Forteresses prétendent à 350 victoires, soit presque 1/3 des effectifs mis en ligne par la Luftwaffe, ce jour-là."
Pierre Clostermann, Le Grand Cirque.



Flanker
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SonderKommando Elbe

Message non lu par Flanker » 03 mai, 21:08

Oui ,j'aurais un autre exemple :Galland dans " jusqu'au bouts sur nos messerschmitt " déclarant ;"un jour 2 messerschmitt s'en prirent à des B 17 dans la région de Lille et furent abbatus par les mitrailleurs ; le lendemain la radio anglaise annonçait 200 victoire ...Le calcul était fort simple :100 mitrailleurs avaient abbatus 2 chasseurs !"

il faut cependant observer que ces abérations se sont calmées à la fin de la guerre ,les revendications allemande alors étant alors encore d'avantages surévaluées par rapport a celles alliés ...

Seulement ,je n'y reviens pas ,le fana prend parti dans ses articles ,et ce dans le seul but de descendre la luft :
-que ce soit pour blâmer trés lachement Hartmann ,sans preuves un tant soit peu cohérentes ...
-dire des anneries sur les missiles sol-air allemand (je vise le hors série en question ),ils ne connaissent visiblement même pas la différence entre un radar de veille et de conduite de tir et se permetent de dire que les radars centimétrique sont moins performant que les milimétriques (ils vont même jusqu'à déclarer que les missiles allemand n'ont abouis à rien aprés guerre ; certe si ce n'est le SA 2 ,le Nike )...
-choisir des exemples non pertinents (ils font un article sur les armes secretes ,ne parlent même pas du Horten ,mais proclament haut et fort que le Me 410 en était une ,et ce dans le seul but d'avoir un exemple de ses armes ayant été un échec conceptuel...)

Fin du hors sujet ...
A vous de juger ...Je précise que ce n'est pas dirigé contre toi Tex ,je trouve trés sympas le fait que tu ais recopié ces pages qui ne sont pas les plus mauvaises d'ailleurs !



Tex Hill
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SonderKommando Elbe

Message non lu par Tex Hill » 04 mai, 22:06

C'est vrai que parfois le Fana a été à côté de ses pompes, notamment avec l'article sur Hartmann.
Sur cet article d'ailleurs, il y a pas mal de monde qui a voulu répondre et le Fana n'a pas accordé de droit de réponse...

T'en fais pas, je ne le prend pas pour moi !
PS : j'ai rien recopié, j'ai scanné en reco de caractères Image




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