Mon cousin vétéran de 87 ans

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Invité

Mon cousin vétéran de 87 ans

Message non lu par Invité » 12 mai, 01:26

Très intéressante ces résumés.
Très bonne initiative.

Mon grand-père maternel a lui aussi vécu cette Seconde Guerre Mondiale, mais malheureusement je ne l'ai pas connu



ghjattuvolpa
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Mon cousin vétéran de 87 ans

Message non lu par ghjattuvolpa » 12 mai, 08:04

Il faut malheureusement interroger les personnes qui ont vécu la guerre maintenant. Après il sera trop tard. Mon père avait vécu l'exode de 40 depuis le Havre jusque vers le sud de la France. ensuite ils sont rentrés. Je viens de découvrir que mon grand père n'était pas là à l'époque mais qu'il était retenu à Londres. Il avait embarqué à Middlesborough sur le Bonifacio le 6/10/39 pour débarqué à Bordeaux le 31/01/40 puis repartir de suite sur le même cargo le lendemain. Il a été débarqué le 5/09/40 à Londrespuis rapatrié par le De Grasse le 25/09/40 (malade) pour partir de suite à Marseille (la navigation transatlantique étant arrêtée par les conditions d'armistice)



Panzerfaust
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Mon cousin vétéran de 87 ans

Message non lu par Panzerfaust » 12 mai, 08:46

Salut, ghjattuvolpa, ton témoignage est intéressant, et je te félicite pour ton initiative de filmer, ça laissera une belle trace de leurs histoires. Si je puis faire de même, je vous le ferais partager !



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 12 mai, 21:36

Reprise de l'histoire de Fernand :

"Le 10 mai offensive générale des armées allemandes. Le 30ème BCP est en alerte sur ses positions mais pour lui l?attaque ne se déclenche que le 12 mai par un violent bombardement qui appuie l?attaque ennemie entre MERLEBACH et SARREGUEMINES toutes ces tentatives étant repoussées.
Dans la nuit du 14 au 15 mai le 30ème BCP est relevé par le 42ème BCP. Le 15 mai nous allons sur MORHANGE où nous percevons munitions, vivres et matériels divers. Le 20 mai le bataillon embarque à HABOUDANGE en direction du BOURGET : Le 30ème BCP quitte définitivement la Lorraine.



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 12 mai, 21:45

Les 21 et 22 mai se passent en chemin de fer. Toute la journée du 21 le train avance par bonds de 400 à 500 mètres dans la région de MAILLY. Le 22 mai le bataillon arrive vers 22 heures au BOURGET que nous quittons le 23 mai au lever du jour pour débarquer à VERBERIE (Oise).
Le village vient d?être bombardé et au cours du débarquement nous subissons des attaques de Stukas. Le 24 nous quittons VERBERIE pour nous diriger vers COMPIEGNE par la foret. Nous occupons le quartier de RETHONDES à proximité du wagon dans lequel fut signé l?armistice le 11 novembre 1918. Nous préparons nos positions : tranchées, emplacements d?armes automatiques, pose de fils barbelés?



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 12 mai, 21:53

Le 5 juin, notre chef de bataillon le commandant MARLIER blessé au début de la campagne prend le commandement de la première demi-brigade (8ème, 30ème, 61ème BCP), le capitaine MEGER du 8ème BCP prend le commandement du 30ème.
Le 7 juin à 16 heures le capitaine BOIS de la 1ère compagnie fait sauter le pont de RETHONDES , des éléments ennemis sont signalés à proximité. Dans la journée du 7, l?artillerie française inflige de lourdes pertes à l?ennemi qui riposte par des bombardements en piqué (Stukas). Le 10 juin, nous apercevons des auto-mitrailleuses ennemies installées en bordure de l?Oise. Le 170ème RI à notre droite mène de durs combats dans la région de VIC SUR AISNE
Le 10 juin à midi, le bataillon reçoit l?ordre de se replier, ma compagnie qui occupe le canal de l?AILETTE et moi-même en position sur le terre-plein d?une écluse où la veille nous avions subi une attaque de Stukas, ne parvenons à décrocher qu?à la faveur de la nuit. Toute la journée du 10 l?ennemi harcèle tous les carrefours de la foret de COMPIEGNE, (passages obligés). Les 11 et 12 juin 1940 sont pour moi le souvenir d?un rude combat où nous avons montré que les soldats de 1940 savaient se battre quand il le fallait.



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 12 mai, 21:54

Ce 11 juin donc j?occupe avec mon groupe de combat la position la plus en pointe du bataillon : la station (gare) d?ORMOY-VILLERS , le reste de la section étant en retrait avec l?adjudant-chef FOURNIER . Vers 16 heures les allemands avec l?effectif d?un bataillon attaquent la station d?ORMOY-VILLERS que je suis chargé de défendre. L?adjudant-chef FOURNIER me donne l?ordre d?attendre qu?ils soient à bonne portée pour déclencher avec toutes les armes disponibles un violent tir qui fait subir à l?ennemi des pertes très sérieuses et qui l?arrête de front. Les Allemands s?infiltrent sur le flanc gauche de notre section et atteignent le village d?ORMOY VILLERS : nous sommes encerclés. Le bataillon est au contact dans le village et inflige des pertes à l?ennemi.
L?historique du bataillon énonce « La section FOURNIER tient admirablement la station et la journée se passe en combats sporadiques à l?avantage de nos chasseurs ».
Vers 22 heures un char ennemi traverse le passage à niveau situé à environ cinquante mètres de nos emplacements et tire sur les servants d?un canon de 25 chargé de nous soutenir. Deux servants sont tués, deux autres sont faits prisonniers et le sergent CORNETTE chef de pièce est blessé



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 13 mai, 08:20

Le char revient vers ses positions et derrière j?aperçois un allemand tenant en joue les deux chasseurs prisonniers. Prenant le fusil d?un de mes chasseurs, j?abats le soldat allemand mais les deux hommes au lieu de revenir en arrière ou éventuellement dans nos positions s?enfuient vers l?avant où ils sont immédiatement encerclés par de nombreux allemands.
Notre réaction est immédiate et mon caporal (Louis BLANCHET) sur mon ordre sort de son trou et fusil mitrailleur à la hanche tire par rafales sur le groupe d?allemands leur causant de lourdes pertes. Je suis retourné sur ces lieux en 1975 avec ma femme Colette et j?ai eu la confirmation des pertes infligées.
Le 12 juin au matin, j?aperçois à proximité des lignes allemandes un corps allongé sur la voie ferrée. Prenant mes jumelles, je me rends compte qu?il s?agit d?un chasseur. Contournant la gare, je décide d?aller le chercher et là je tombe sur un groupe composé du capitaine ROCH, du sergent-chef BAECHTEL, du sergent-chef GRAVOUIL et de quelques chasseurs qui essayait de prendre contact avec notre section. Je rends compte au capitaine ROCH que j?ai vu un chasseur étendu entre les rails du chemin de fer et que je me dispose à aller le chercher. Sans attendre sa réponse je me dirige vers le blessé en roulant sur moi-même pour passer les rails afin d? éviter de m?exposer debout face à l?ennemi.



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 13 mai, 08:21

En arrivant vers le blessé (j?ai appris par la suite que c?était le caporal VUIDART de la CA), je me rends compte qu?il est touché grièvement : une balle au-dessus du front, une dans le bras, une dans le dos. A ce moment le sergent-chef GRAVOUIL me rejoint pour m?aider à transporter le blessé que j?avais du mal à porter sur mon dos.
Ici il me faut à nouveau citer l?historique du bataillon afin de rétablir la vérité sur cette action.
« Le capitaine ROCH, le sergent-chef GRAVOUIL et le sergent JACQUES vont rechercher en avant des lignes le caporal VUIDART de la CA qui a été laissé pour mort par les allemands?. »



Guillaume54
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Message non lu par Guillaume54 » 13 mai, 08:23

En réalité le sergent JACQUES aidé par la suite par le sergent-chef GRAVOUIL a été rechercher le caporal VUIDART, le capitaine ROCH se contentant de nous encourager de la voix mais restant dans le fossé bordant la voie ferrée. Il reçut néanmoins la légion d?honneur pour ce fait d?armes, le sergent JACQUES obtenant quant à lui la croix de guerre avec citation à l?ordre de la division avec comme motif : « Gradé particulièrement brave, volontaire pour aller chercher un blessé dans les lignes ennemies, y est parvenu malgré un violent tir d?infanterie ennemie » Il faut dire que les allemands qui auraient pu observer une trêve du fait que l?on ramenait un blessé ne nous ont pas fait de cadeau, pourtant on s?en est sorti sans une égratignure.
Et je cite à nouveau l?historique du bataillon :
«Un chasseur de la CA blessé dans les mêmes conditions que le caporal VUIDART est rentré seul dans nos lignes. Nous n?avons plus personne entre les mains de l?ennemi mais l?on peut compter devant la station plusieurs centaines de cadavres allemands »
A noter qu?ayant fait prisonnier un officier allemand nous l?avons confié au capitaine ROCH.




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