Journal du D-DAY au 8 mai 1945

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loadplan
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Journal du D-DAY au 8mai 1945

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31 mai 1944
En Italie, le 1er corps d'armée canadien capture Frosinone, le 10ème corps britannique s'empare de Sora. Aux environs d'Anzio, les forces du 6ème corps américain capture Velletri et Monte Artemiso alors que d'autres éléments attaquent Albano. La perte de Velletri déséquilibre la ligne de défense César des Allemands.

En France occupée, le pont Highway de Rouen est l'objectif du 386ème groupe de l'armée de l'air. Le résultat des bombardements par les B-26 est passablement bon.

En Angleterre, l'embarquement pour l'assaut débute, d'ouest en est, de Falmouth et Fowey pour la 29ème division américaine; de Darmouth, Torquay et Exmouth pour la 4ème division américaine; de Weymouth et Portland pour la 1ère division américaine; de Southampton pour la 50ème division britannique et la 3ème division canadienne. Ceux qui sont éloignés des quais sont amenés en autobus ou en camion, ceux qui sont près des ports se regroupent en escadrons, sections et compagnies pour marcher. Tout est en mouvement, les jeeps, camions, les grosses pièces d'artillerie, chars, semi-chenillés, motocyclettes et bicyclettes. Les badauds s'assemblent le long des rues pour observer la procession apparemment infinie.

La mort préoccupe plusieurs des hommes, peu parlent entre eux, les blagues sont absentes. Ils se sentent plus près des uns des autres que jamais auparavant. Les troupes envahissent les docks, il y a des gens partout, les prêtres sont à l'apogée de leur gloire, on voit même des juifs se rendre communier. Tous sont morts de peur.

Pour certains hommes, l'attente casse leur peur, ils sont impatients de partir, le niveau d'excitation est écrasant. Le Haut commandement allié a amené délibérément ces hommes jusqu'à leur plus haut niveau d'empressement à se lancer dans la bataille, mentalement et physiquement. Certains d'entre eux s'entraînent pour ce moment depuis 2 ans et sont avec les mêmes personnes de leur escadron ou section depuis le premier jour. Ils ont partagé les travaux pénibles et les exercices exigeants, ont détesté ou aimé leur chef, ont mangé ensemble, dormi dans les mêmes trous de souris pendant les man?uvres, se sont soûlés ensemble. Ils forment maintenant une famille, se connaissent intimement et savent ce qu'ils aiment ou ce qu'ils sentent


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loadplan
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1er juin 1944
En Allemagne, Hitler retire le contrôle du service de renseignements ( Abwehr ) à la Wehrmacht. Son chef, l'amiral Canaris, est démis de ses fonctions et toutes les activités du service de renseignements sont maintenant entre les mains du leader SS Heinrich Himmler. Canaris conspirait clandestinement contre Hitler.

En Italie, la 5ème armée américaine avance vers Rome. Les 2ème corps et 6ème corps d'armée américains tirent avantage de la capture de Velletri et avancent par les monts Hills, en direction d'Albano et de Valmonte. Kesselring ordonne le retrait du groupe d'armées C au nord de Rome suite à la brèche dans la ligne César. L'arrière-garde allemande retarde la progression des Américains.

Sur le front de l'Est, les Allemands poursuivent leur attaque près de Jassy. Des éléments de la 2ème armée soviétique du front ukrainien contre-attaquent et reprennent possession du terrain perdu lors de récents combats.

En Méditerranée, un convoi allemand en route pour Crête et partant de la Grèce occupée est attaqué par des avions de la RAF. Plusieurs navires sont coulés.

De Londres, dans la soirée, la BBC diffuse le premier message codé avertissant la résistance française qu'une invasion est imminente. Les Allemands se rendent compte de l'importance du message et alerte certaines unités en France occupée.

Eisenhower reçoit la visite de Churchill qui vient voir le commandant en chef pour lui demander une faveur. Il veut faire partie de l'invasion à bord du HMS Belfast. Eisenhower lui explique qu'il ne peut acquiescer à sa demande, il ne peut prendre le risque de perdre Churchill, il a trop de valeur pour les Alliés. Churchill rétorque que même si Eisenhower a le commandement opérationnel de toutes les forces, il n'est pas responsable administrativement de la composition des équipages. C'est en effet la vérité, Churchill peut s'inscrire sur n'importe quel navire de sa Majesté sans qu'il puisse intervenir. Eisenhower avoue mais indique au premier ministre qu'ainsi il rendra son fardeau encore plus lourd à porter. Churchill lui répond qu'il le fera tout de même. Eisenhower demande à son chef d'état-major, le général Smith, d'appeler le roi George VI pour lui expliquer le problème; le roi répond à Smith : « Les gars, laissez-moi m'occuper de Winston. »

En France occupée, Le général allemand Rommel consulte les tables des lunes et marées et déclare qu'il n'y a aucune bonne marée pour une invasion avant le 20 juin (selon lui une bonne marée pour une invasion doit être haute à l'aube).

Le général allemand Erich Marchs, commandant du 54ème corps d'armée campé sur le littoral du Calvados, se rend à Arromanches. Observant la mer au loin, il dit à un capitaine à ses côtés :

''Je connais bien les britanniques, ils iront à l'église dimanche prochain pour la dernière fois et ils prendront la mer le lundi (5 juin). Le groupe d'armées B nous a dit qu'il ne viendrait pas maintenant et que si il vient, il stationnera à Calais. Alors je crois que nous allons accueillir les Alliés lundi, ici.''


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loadplan
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2 juin 1944

En Italie, alors que les forces allemandes du groupe d'armée C ( Kesselring ) se replient, les armées alliées avancent partout sur la ligne de front. La 5ème armée américaine atteint la route 6 et s'empare de Valmontone, ils font également des progrès dans les monts Hills.

Début de négociations secrètes entre le gouvernement roumain du maréchal Antonescu et des représentants de l'Union Soviétique à Stockholm en Suisse. Pendant ce temps le gouvernement bulgare finalise les termes d'une capitulation avec les Alliés de l'ouest.

En Angleterre, le roi George VI écris encore une fois à Churchill lui demandant de ne pas se rendre en Normandie le Jour J.

En France occupée, 23 forteresse volantes B-17 du 381ème groupe de bombardiers attaquent des installations militaires dans le Pas de Calais.

Le général allemand Rommel écrit à sa femme Lucie : « Il n'y a toujours aucun signe d'une invasion imminente. »


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325th GIR
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3 juin 1944

Le samedi 3 juin, les différents centres de prévision s'accordent sur le fait que le temps sera trop mauvais pour un débarquement à la date prévue, le lundi 5 juin au matin. Mer forte et couverture nuageuse ne permettront ni les opérations maritimes, ni les opérations aériennes.


La naissance officielle du gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944 résulte de la transformation du Comité français de libération nationale (CFLN) créé un an auparavant sous la double direction du général de Gaulle et du général Giraud. Le CFLN est devenu de facto une sorte de gouvernement provisoire à la suite de la mise à l?écart du général Giraud.


Sous chaque croix blanche du cimetière Américain de Colleville-sur-Mer ( Normandie) , dort un morceau de Liberté.
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loadplan
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3 juin 1944 Image

Churchill amène le général de Gaulle rencontrer Eisenhower au quartier général de Southwick House. Eisenhower lui dresse le plan de l'opération Overlord, c'est la première fois que De Gaulle est mis au courant de ce plan. De Gaulle le sermonne pendant une longue heure sur les défauts de l'opération, Eisenhower réplique qu'il aurait aimé bénéficier plus tôt des tactiques de De Gaulle, mais il est trop tard. Eisenhower lui montre une copie du discours qu'il doit prononcer au peuple de la France le jour J, pressant les français de mettre à exécution ses ordres. Il demande à De Gaulle de diffuser par la suite un discours pressant ses concitoyens à accepter les francs imprimés par le SHAEF. De Gaulle refuse, le peuple français doit lui obéir, il n'obéira pas au SHAEF, seul le gouvernement français, dont il est le président, a le droit d'émettre de la monnaie. Eisenhower le supplie, sans résultat.

Après ce malheureux gâchis, Eisenhower se rend à une conférence météorologique. Le désire de lancer l'opération dès la prochaine marée favorable est si grand et le temps si incertain, qu'il est impossible de s'attendre à ce qu'un temps parfait coïncide avec des conditions de marées appropriées. Nous devons y aller à moins qu'une véritable et très sérieuse détérioration du temps se produise. Eisenhower, ses principaux subordonnés et tous les officiers et hommes de la force expéditionnaire alliée s'entraînent, planifient et se préparent à ce moment depuis des mois. La puissante armée est tendue comme un ressort, prête pour l'instant où son énergie sera libérée pour sauter d'un bond la Manche.

Dans la soirée les troupes des vagues d'assaut sont toutes à bord de leurs navires de transport. La force O, qui transporte la 29ème division destinée au flanc droit de la plage Omaha, a la plus longue distance à parcourir en mer. Elle partira cette nuit. Pour le général Eisenhower, « l'odeur de la victoire est dans l'air. »

En France occupée, les unités allemandes se déplacent pour renforcer le mur de l'Atlantique, du nord est vers le sud ouest. La force allemande s'est accrue de près de 20 pourcent, passant de 50 à 60 divisions dont 10 blindées. Certains de ces renforts atteignent le site de l'invasion, mais pas les divisions de Panzers.

Le général Rommel se rend à Paris afin d'acheter des souliers pour l'anniversaire, le 6 juin prochain, de sa femme Lucie. À Paris, il s'entretient avec Rundstedt qui est d'accord avec lui, « il n'y a toujours aucun signe d'une invasion imminente. » Les marées du détroit de Douvres ne conviennent pas à une invasion avant la mi-juin. Rommel consulte le rapport météorologique, on y annonce un ciel de plus en plus nuageux, de forts vents et de la pluie. Il prend la décision de se rendre à Herrlingen pour l'anniversaire de Lucie puis à Berchtesgaden afin de demander une augmentation des renforts à Hitler. Il désire deux divisions additionnelles de Panzers et le contrôle de tous les chars. Même s'il n'a présentement, selon ses calculs, que la moitié des effectifs requis en hommes, canons, mines, asperges de Rommel, obstacles de plage et positions fixes, il est pleinement confiant. Le moral est apparemment élevé tout le long du mur de l'Atlantique.


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loadplan
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4juin 1944
En Angleterre, alors que les navires s'engagent dans la Manche, le soldat Henry Gerald des fusiliers Royal Winnipeg est à bord d'un LCT. Il rejoint ses camarades dans les quartiers de l'équipage pour entendre les instructions de son chef de peloton. Le LCT est malmené par la mer, affrontant des creux de 20 pieds, ceux qui la veille étaient verts sont livides ce matin, le pont est inondé de vomi. Le crachin de la Manche se transforme peu à peu en une pluie pénétrante et glaciale, la plupart des hommes n'ont aucun endroit où se réfugier, le pont est glissant et le navire ballotte dans l'eau agitée. Tous les hommes sont dans un état pitoyable. Bien qu'Eisenhower sente l'odeur de la victoire, tout ce que les hommes de la force expéditionnaire alliée embarqués dans leur navire peuvent sentir est l'odeur du vomi.

La conférence météorologique de Eisenhower a lieu à 4h00 le matin, à cette heure un grand nombre de navires ont quitté leur port et ceux qui sont en mer ont déjà commencé à se rassembler en convoi. Le météorologue Stagg a de mauvaises nouvelles, la zone de haute pression cède sa place à une zone de basse pression. Le 5 juin, le temps sera couvert et orageux avec un plafond nuageux à 500 pieds et des vents d'une force allant de 0 à 5. Pire encore, la situation se détériore si rapidement que les prédictions au-delà de 24 heures ne sont pas fiables du tout.

Eisenhower demande l'opinion de ses subordonnés. Montgomery veut poursuivre l'opération, Tedder et Leigh-Mallory désirent la remettre à plus tard. Ramsay dit que la marine pourra faire sa part, mais prévient que la précision des tirs sera considérablement diminuée à cause de la visibilité réduite et de la mer agitée. Les barges Higgins seront difficiles à contrôler.

Eisenhower fait remarquer que l'opération Overlord bénéficie d'une force terrestre qui n'est pas d'une écrasante puissance. L'opération n'est viable que grâce à la supériorité aérienne des Alliés, sans cet avantage, le débarquement est trop risqué. Il demande si quelqu'un est en désaccord. Tous sont d'accord. Eisenhower prend la décision de retarder l'opération d'au moins un jour, espérant de meilleures conditions pour le 6 juin. À 6h00 le matin, il donne l'ordre de suspendre toutes les opérations en cours.

Le report de l'opération a un terrible effet sur les troupes, les hommes de la 4ème division d'infanterie vont passer la journée en mer, il est hors de question de rentrer au port. Les navires de transport et de débarquement tournent en rond au large de l'île Wight. Les hommes sont en tenue de combat et n'ont nul part où aller, personne n'est intéressé à jouer aux cartes, lire un livre ou assister à un autre briefing. C'est la misère. Dans les navires qui peuvent jeter l'ancre près d'un port ou s'accrocher l'un à l'autre, les hommes ont l'ordre de demeurer à bord. La vue de ces navires accrochés les uns aux autres pour sauver de l'espace est impressionnante, quelle cible facile, il faut espérer que les Allemands ne sont au courant de rien.

Les troupes aéroportées ont les pieds bien à terre et au sec, mais les hommes sont également mécontents. Ils sont prêts, ils étaient à vérifier une dernière fois leurs armes, et à empaqueter leur équipement lorsque l'annonce du report est arrivée.




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Dans la soirée, Eisenhower tient une réunion au quartier général à Southwick House en compagnie de Montgomery, Tedder, Smith, Ramsay, Leigh-Mallory, Bradley, Kenneth Strong et plusieurs autres officiers hauts gradés. Le vent et la pluie crépitent dans les fenêtres et les portes françaises claquent. La salle de réunion est grande, on y retrouve une grosse table et plusieurs fauteuils. Le café est servi parmi les discussions décousues.

À 21h30 Stagg entre dans la salle avec le dernier rapport météo, il a de bonnes nouvelles, il prédit une interruption dans la tempête. À cette annonce des applaudissements et bravos retentissent dans la salle. « La pluie qui tombe en ce moment », poursuit Stagg, « cessera avant l'aube et nous aurons 36 heures avec un temps plus ou moins dégagé, les vents seront modérés. Autant que je sache, les bombardiers et les chasseurs pourront opérer dans la nuit du 5 au 6 juin, même s'ils seront gênés par des nuages dispersés. » Leigh-Mallory perd soudain son enthousiasme, il demande qu'on reporte l'opération au 19 juin. Eisenhower fait les cent pas, la tête baissée, le menton sur sa poitrine, les mains jointes derrière son dos. Soudainement il relève la tête en direction de Smith et lui dit : « Qu'est-ce que vous en pensez ? » Smith répond : « C'est un pari difficile, mais c'est le meilleur pari que nous ayons. » Eisenhower approuve, fait encore les cent pas, s'arrête et se tourne vers Montgomery et lui demande : « Voyez-vous une bonne raison de ne pas y aller mardi ? » Montgomery regarde Eisenhower droit dans les yeux et lui répond : « Je dis, Go! »

Le haut commandement de la force expéditionnaire alliée est partagé, seul Eisenhower peut décider. Le commandant suprême est dans un moment d'isolement et de solitude alors qu'il doit prendre une décision, avec la pleine conscience qu'un échec ou un succès reposera entièrement sur sa décision personnelle. Eisenhower poursuit les cent pas, le menton collé à sa poitrine, il s'arrête et remarque : « La véritable question est de savoir combien de temps pouvons-nous laisser cette opération en suspend ? » Personne ne répond à la question. Eisenhower recommence à faire les cent pas, les seuls sons dans la salle sont ceux de la pluie et du battement des portes françaises. Il est difficile de croire qu'une opération amphibie puisse être lancée par un temps pareil.

À 21h45, Eisenhower prend sa décision :

« Je suis tout à fait convaincu que l'ordre doit être donné. »

Ramsay quitte précipitamment pour aller donner l'ordre à la flotte. Eisenhower retourne à sa caravane pour prendre un peu de repos. À 23h00, tous les navires ont reçu l'ordre de poursuivre la traversée. Le Jour J sera le 6 juin. Au même moment la BBC diffuse le message personnel suivant :

« Les sanglots longs des violons de l'automne. »

En France occupée, à Bayeux, le chef d'une unité de résistants, Mercader, est dans la cave de sa maison, la radio est ouverte et il écoute la BBC. Le message suivant est diffusé : « Il faut chaud à Suez. Il fait chaud à Suez. » Suivi d'un long silence. Puis un nouveau message : « Les dés sont sur le tapis. Les dés sont sur le tapis. » Il est surpris par les messages et l'émotion l'étreint, il s'agit des messages de confirmation « B », qui indiquent aux unités que le débarquement aura lieu dans les 48 heures et que son unité doit se préparer à entrer en action. Il se ressaisi rapidement, ferme la radio et grimpe les marches de la cave, quatre à la fois. Il informe sa femme de ce qu'il vient d'entendre puis saute sur sa bicyclette pour aller informer ses gens d'un débarquement imminent.

Quelques unités de résistants sont infiltrées par les Allemands et ceux-ci sont au courant des messages codés qui viennent d'être diffusés et qui signalent aux groupes de se préparer à entrer en action. Mais, avec le tas de fausses alarmes en mai, les marées dans le détroit de Douvres qui ne sont pas propices à un débarquement et le temps qui se détériore rapidement, font en sorte que les Allemands n'accordent presque aucune crédibilité à ces messages.

Rommel est arrivé à Herrlingen et prend une marche avec sa femme Lucie. Le général Salmuth de la 15ème armée chasse dans les Ardennes. Le général Dollmann de la 7ème armée est en route vers Rennes pour un exercice sur carte qui doit avoir lieu le 6 juin, il a annulé l'alerte planifiée pour la nuit, car il croit que la météo actuelle écarte toute possibilité d'une invasion. Le général Feuchtinger de la 21ème division Panzer est route vers Paris pour y rencontrer sa petite amie, il est accompagné de son officier en charge des opérations de la division.


kommando.bb
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salut tout le monde!loadplan ton texte me donne des frissons!!!j'aurai presque envie d'être a ce moment là!!l'émotion des résistants devais être tellement forte!ect...
le 5 juin 1944


La 5éme armée américaine libére rome.Une fois entrés dans rome,un soldat américain s'exclame devant le colysée:"mince alors!Je ne croyais pas que nos bombardements avaient causé de tels dégâts!"


Rencontre entre de gaulle et churchill.

bonne journée... Image


tintin80
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loadplan
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5 juin 1944

À 21h15, la BBC diffuse le message suivant :

« Bercent mon coeur d'une langueur monotone. »


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loadplan
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5 juin 1944 c'est parti mon Kiki


En Angleterre, Eisenhower est debout à 3h30 du matin. Le vent secoue sa caravane et la pluie semble transportée en bandes horizontales. Selon Stagg, la pluie aurait déjà dû diminuer d'intensité. Il s'habille et se dirige en voiture, tristement, vers Southwick House pour la dernière conférence météorologique. Il n'est pas encore trop tard pour annuler l'opération afin de permettre à la flotte de rentrer sans danger au port et reporter l'opération le 19 juin. Si la tempête ne s'estompe pas, c'est ce qui devra être fait.

Dans la salle, le café bouillant permet de secouer un peu l'humeur lugubre et l'instabilité des sentiments. Le temps est misérable, Southick House est secouée par la tempête, le temps est vraiment mauvais. Stagg entre dans la salle et, au grand plaisir d'Eisenhower, il arbore un large sourire. « Et bien, j'ai de bonnes nouvelles. »

Il est confiant que ses prédictions étaient trop optimistes d'environ 5 heures et que l'orage cessera avant l'aube. Mais la mauvaise nouvelle est que le beau temps ne durera que jusqu'à mardi, le temps sera de nouveau mauvais mercredi. Cette situation augmente le danger qu'après la première vague débarquée, les troupes suivantes ne peuvent en faire autant.

Eisenhower demande à ses subordonnés leur opinion, tout en faisant encore une fois les cent pas. Montgomery est toujours partant, ainsi que Smith. Ramsay est inquiet concernant le bon repérage des cibles pour l'artillerie navale, mais il croit que le risque en vaut la chandelle. Tedder est peu enthousiaste. Leigh-Mallory pense toujours que les conditions aériennes sont en deçà du minimum acceptable. La flotte navigue présentement dans la Manche, s'il faut annuler, il faut le faire maintenant. Le commandant suprême est le seul qui peut le faire.

Il reprend les cent pas, il revoit dans sa tête les alternatives, si Stagg se trompe, au mieux la force expéditionnaire alliée débarquera des hommes avec le mal de mer, sans couverture aérienne et avec un feu d'artillerie naval imprécis. Mais un autre report serait dangereux et angoissant. Les hommes ont été informés du détail de l'opération, ils ne pourraient pas être retenus sur leur transport et leur barge de débarquement pendant deux semaines. Le risque que les Allemands percent le secret de l'opération Overlord serait très élevé.

Eisenhower se soucie des hommes, des centaines de milliers sont stationnés autour de Portsmouth et plusieurs d'entre eux sont déjà embarqués depuis un bon bout de temps, surtout ceux qui font partie de l'assaut initial. Ces hommes dans les navires, prêts à partir, ne sont pas mieux que dans des cages, ils sont entassés et mécontents. Eisenhower s'exclame :

« Pour l'amour de Dieu, ces gars signifient beaucoup pour moi, mais ce sont là des décisions qui doivent être prises en temps de guerre. Il faut se dire que nous allons accomplir quelque chose qui servira notre pays et cela ne peut se faire sans payer un certain prix. Nous savons que nous allons perdre certains d'entre eux, et cela est difficile, très difficile. »

Il s'arrête de marcher, fait face à ses subordonnés, et annonce doucement mais distinctement :

« Ok, allons-y. »

Les applaudissements retentissent dans Southwick House et tous les commandants quittent précipitamment leur fauteuil et bondissent à l'extérieur pour aller rejoindre leur poste de commandement. La salle se vide en 30 secondes, Eisenhower est maintenant seul. Son isolement est symbolique, il a donné l'ordre, il n'a plus aucun pouvoir. C'est l'instant le plus terrible pour un commandant senior, il a accompli tout ce qu'il pouvait, il ne peut rien faire de plus.


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En après-midi, les troupes aéroportées alliées s'habillent en tenue de combat. Chaque fusilier transporte une M1, des munitions pour 160 coups, deux grenades à fragmentation, une grenade blanche au phosphore, une grenade à fumée orange et une grenade Gammon (2 livres de plastique explosif, suffisant pour endommager un char). La plupart emporte un pistolet, un couteau et une baïonnette; la plus grande peur des parachutistes est d'être abattu dans le ciel, vient ensuite celle d'être attrapé au moment de toucher le sol, avant de pouvoir mettre en opération leur fusil. Un ordre, mal accueilli, oblige chacun à transporter une mine anti-char Mark IV, pesant environ 10 livres. Chaque homme transporte également 3 jours de ration et, bien entendu, deux ou trois cartons de cigarettes. Pour les premiers soins, les kits se composent de bandages, des tablettes de sulfamide, et deux Syrettes de morphine : « une pour la douleur et l'autre pour l'éternité. » On leur remet aussi un jouet d'enfant, un cricket, avec instruction qu'il peut être utilisé à la place de « l'identification contre mot de passe ». Un clic-clic doit être répondu par deux clics-clics.

Les Pathfinder partiront les premiers afin de marquer les zones de parachutage avec un gadget appelé Système de radar à balise Eureka/Rebecca, qui renvoie un signal au C-47 de tête.

À 19h00, le général Eisenhower rend visite à la 101ème division aéroportée. Il marche au travers des hommes, en apparence pour leur remonter le moral. Mais comme plusieurs l'ont remarqué, c'est au contraire son propre moral qu'il est venu remonter. Eisenhower s'adresse au capitaine Johnson : « J'ai fait tout ce que j'ai pu, c'est maintenant entre vos mains. » Il dit à un groupe de soldats de ne pas s'en faire, qu'ils possèdent le meilleur équipement et les meilleurs chefs au monde, avec une grande force qui les suivra. Un sergent lui répond : « Nous ne sommes pas inquiets général, ce sont les boches qui devraient être inquiets maintenant. » S'adressant à un groupe, le générale demande : « Y a-t-il quelqu'un du Kansas ? » Le soldat Sherman Oyler de Topeka lui répond : « Je suis du Kansas monsieur. »

« Quel est votre nom fiston ? »

Oyler est si frappé de se voir adressé directement par le commandant suprême qu'il en est pétrifié et oublie son nom. Après une pause embarrassante, un de ses compatriotes s'écrient : « Dit lui ton nom, Oyler. » Eisenhower lui fait signe avec le pouce en l'air et lui dit : « Va les prendre, Kansas. »

À 20h00, Axis Sally, la « pute de Berlin » entre en onde à la radio. « Bonsoir à la 82ème division aéroportée, demain matin le sang de vos boyaux lubrifieront les roues de nos chars. » Cette intervention inquiète plusieurs hommes, d'autres se font rassurant, elle aurait dit des choses semblables durant les dix derniers jours.

À 21h15, la BBC diffuse le message suivant :

« Blessent mon c?ur d'une langueur monotone. »

La 15ème armée allemande intercepte ce message, elle sait qu'il est supposé signifier qu'un débarquement est imminent. La 15ème armée est placée en état d'alerte, mais Rundstedt ne juge pas nécessaire de mettre en état d'alerte la 7ème armée, stationnée beaucoup plus à l'ouest entre Caen et Cherbourg.

Vers 22h00, alors que la lumière du jour s'affaiblie, l'ordre est donné : « Parachute prêt. » Chaque homme entreprend la fastidieuse tâche de boucler son parachute et d'essayer de trouver un espace libre afin d'y accrocher la montagne de matériel qu'il doit transporter au combat. Lorsque le tout est attaché et en place, les hommes marchent vers leurs avions et voient pour la première fois les « peintures de guerre » de leurs C-47, trois bandes blanches faisant le tour du fuselage et des ailes.

Alors que le crépuscule tourne à l'obscurité, les derniers hommes grimpent à bord de leurs avions. Eisenhower est sur la piste criant « Bonne chance! » Il remarque un soldat transportant un équipement bien plus gros que lui, le soldat le salut, Eisenhower lui renvoi son salut, alors le soldat se tourne vers l'est et s'écrie : « Prend garde à toi, Hitler, Nous voilà! »

Les pilotes démarrent les moteurs, une extraordinaire cacophonie enveloppe la piste alors qu'à tour de rôle, chaque C-47, se place en ligne. Au bout de la piste, les pilotes appliquent les freins et mettent les moteurs à plein gaz. Puis, à intervalle de 10 secondes, ils enlèvent les freins et s'avancent sur la piste lourdement, prenant de la vitesse, pour finalement s'envoler.

Lorsque le dernier avion quitte la piste, Eisenhower se tourne vers son chauffeur, Kay Summersby, les yeux mouillés, il lui dit : « Et bien voilà, c'est parti. »


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