Mon séjour près du Bois Jacques

L'espace discussions qui est entièrement dédié à l'histoire des hommes de la Easy Company, 506th Parachute Infantry Regiment, 101st Airborne Division, rendus célèbres grâce à la série "Band of Brothers" produite par Steven Spielberg et Tom Hanks.
Stevenot Gilbert N.
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Mon séjour près du Bois Jacques

Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 10 août, 08:51

Encore un grand Merci, Gilbert, pour ce retour.

Je suis impatient de te lire sur ces années d'occupation, et que tu nous fasses partager ces moments que certaines personnes aujourd'hui ont tendance à oublier : je parle notamment de ceux qui idolent des régimes de terreur, et notamment celui des SS)...

Dans ma nombreuse liste de question, il y en a une qui me travaille en ce moment (j'ai une bonne crêve). Lorsque l'on voit les films de guerre, on a l'impression que les soldats ne se détachent jamais de la ligne de front. Comment cela se passait en cas de maladie non grave mais pouvant entrainer des fièvres ? (grippe, gastro ...) Etiez-vous envoyés en retrait ? y a -t-il eu à ta connaissance des épidémies de ce genre obligeant à battre en retraite ?

C'est vrai que l'on aborde jamais la vie des soldats au front au quotidien (toilette, cuisine, ...). Peux-tu nous faire partager ton expérience sur ce point ?

Encore un grand merci d'avance,

Butch.


Stevenot Gilbert N.
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 10 août, 12:55

[quote="Stevenot Gilbert N."][quote="Butch.[/quote]

C'est vrai Butch, dans les films de guerre l'action se déroule souvent sur la ligne du front, pour les besoins du film, où l'on "tente" de montrer l'âpreté des combats. Je dis, on tente car dans la réalité c'était de loin plus dramatique.Un exemple me revient en mémoire.

Opération Cobra, 15OO bombardiers lourds, précédés de 350 chasseurs-bombardier,60.OOO bombes,lancées de 8.000 pieds et 20 m d'enfer.Le général Mc Nair est tué et plusieurs centaines de ses hommes, constituant un "groupe d'armée fictf", sont laminés dans ce bombardement trop court. Opération tenue ultra secrète, pour ne pas embarasser le plan de couverture du Pas de Calais.Il fallait retrouver un autre " commandant" pour remplacer le général McNair,qui fut enterré deux jours plus tard. Le général Brerton, dans une conférence de presse, avait déclaré que Cobra devait ralentir sa marche. Et pour cause ! Il oubliait de dire qu'il fallait s'occuper des morts et des blessés. Voilà la réalité d'une facette de la guerre.

COBRA, avait redonné, très provisoirement, confiance aux Allemands qui pensaient que les Américains avaient essuyé un échec, et qu'en conséquence leur vigilance s'était relachée après la première attaque, mais lors de seconde attaque, ils étaient doublement surpris. La Panzer Lehr avait encaissé le choc et cessait sa fonction de force effective.Le général Bayerlein relatait plus tard, ce que j'ai traduit, et je consulte
mon livre pour bien exprimer son récit:

"A midi plus rien n'était visible à part la poussière et la fumée. Mes lignes d'attaque ressemblaient à un spectacle lunaire. au moins septante pour cent de mes troupes étaient hors combat- rien que du sang et des morts, glacés d'effroi, ou déchiquetés et les routes étaient pratiquement infranchissables...."

"Ce jour- là, 25 juillet Eisenhower déclarait qu'il n'utiliserait plus les lourds bombadiers contre des objectifs tactiques.Je ne crois pas qu'ils peuvent encore être utlisés pour appuyer nos forces terrestres. Je leur avais donné le feu vert cette fois, mais je promets que c'est la dernière fois.Bien que COBRA ait pu être considéré comme un cuisant échec, en cette soirée mémorable du 25 juillet, il avait porté un coup bien plus mortel à l'ennemi, que d'aucun de nous n'eùt pu l'imaginer "

C'était la dernière du genre avant d'avoir recours à une autre, lors d'un raid massif dans la Ruhr.Voilà qui illustre bien le combat, vu au travers des considérations de deux hommes, deux foudres de guerre, qui expriment leurs sentiments, après une des grandes batailles de l'histoire. Un peu le Waterllo de Victor Hugo " Perriers, morne plaine. Le plus dur était encore à venir, en qui concerne, la combativité et la santé du soldat dans le combat, je l'évoquerai dans la bataille des Ardennes, où un autre ennemi les attend. La neige, le froid, le verglas, la boue, le brouillard, et surtout l'attaque surprise.
Si je suis un peu long ou prolixe, vous me le dites. Je vous remercie de l'intérêt que vous portez à mes récits. Cordialement.

Stevenot Gilbert N.
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 10 août, 16:43

[quote="Montezuma"]Il semble en effet que le pognon ait vachement attiré Bill, peut-être en a t'il besoin pour vivre ? De même pour Heffron sans doute, ca doit être difficile et fatigant pour eux de passer 10 jours et être au centre de toutes les attentions. Celui qui transpire le pognon, c'est l'organisateur du trip, Pfeiffer. Sur son site, on voit plusieurs photos où il pose fièrement avec Donald Rumsfeld notamment...

Je trouve ca malheureux et déplacé ce genre d'attitude s'ils sont sont désagréables avec les visiteurs...

Pour le 10 septembre, je crois qu'il seront au Bois Jacques dans l'après-midi.[/quote]

Bonjour Montezuma,

Je reviens sur un message d'un des mes amis, ex-Cap dentiste, un héros de la Bataille des Ardennes, intime des Patton, reçu à l'Ambassade US, au Palais Royal,portant un nom célèbre McAuliffe,Croix de Guerre belge et Luxembourg à titre nominatif, un type très bien, et très simple. Il m'avait dit un jour que son père sculpteur était l'auteur d' un monument, érigé , dans la baie de St Nazaire, en mémoire de 100.OOO américains qui sont passés par ce port en 1917, pour venir aider La France à combattre en Argonne. Il regrettait que les Allemands avaient détruit ce symbole, un soldat en bronze, debout sur une aigle qui atterrit sur un socle de 12m de haut,mais ignorait que la France l'avait reconstruit à l'identique.J'avais retrouvé ce symbole et il a publié un reportage dans Military.com. C'était le premier débarquement américain en France.
J'ai campé l'homme simple...Mais il m'a fait par de sa déception sur un membre de la Easy. Il assistait à un Air Show, à Reading PA, et reconnaissant un Para de la 1O1e AB avec une béquille, il est allé saluer le Para.qui était Bill Guarnere." C'est à peine s'il m'a salué, c'est un prétentieux, un bourru, se prenant pour une vedette. Voilà qui ne donne pas très belle image de la Easy, que je respecte en tant qu'unité combattante dans la rude Bataille Ardenne. Voilà qui complète mon information sur le Bois Jacques. Bien à toi, Montezuma.

manu36
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Message non lupar manu36 » 12 août, 22:15

Sait on encore trouvé des chose a bastogne dans le bois ? Toi tu as trouvé des choses tu a de la chance.(car je retourne deans 1 semmaine)

Stevenot Gilbert N.
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 16 août, 11:57

Sait on encore trouvé des chose a bastogne dans le bois ? Toi tu as trouvé des choses tu a de la chance.(car je retourne deans 1 semmaine)

para-dice
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Message non lupar para-dice » 16 août, 15:08

Bonsoir Gilbert!
Peux-tu me dire si des traces écrites telles que lettres, laisser-passer, correspondance entre unité, ... sont encore "trouvables" de nos jours? Les traces écrites de l'occupation m'intéressent également tels que tickets de rationnement, correspondance de l'administration locale à ses administrés, ...etc ainsi que des objets personnels de GI'S ou de soldats allemands de l'époque? Je trouve également que ces "témoignages" sont beaucoup plus parlants qu'une arme même si cela fait partie d'un tout.
Je ne suis jamais allé dans une bourse militaitre donc je ne sais pas si il est possible de trouver ces objets ou ces traces écrites. Je suis très intéressé car c'est un des meilleurs moyens de faire passer un message aux plus jeunes et dans mon métier, il est important de trouver des motivations. Lorsque je montre la correspondance de mon arrière grand-père dans les tranchée de l'Yser durant la première guerre mondiale, je peux vous dire que les enfants se sentent beaucoup plus concernés et attentifs qu'une lecture dans un bouquin d'histoire même si il faut passer par là. Merci de me dire si il est encore possible d'acquérir certaines de ces traces si importantes pour notre futur...Merci! :)
A+. Paradice

Stevenot Gilbert N.
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 16 août, 22:16

Bonsoir Gilbert!
Peux-tu me dire si des traces écrites telles que lettres, laisser-passer, correspondance entre unité, ... sont encore "trouvables" de nos jours? Les traces écrites de l'occupation m'intéressent également tels que tickets de rationnement, correspondance de l'administration locale à ses administrés, ...etc ainsi que des objets personnels de GI'S ou de soldats allemands de l'époque? Je trouve également que ces "témoignages" sont beaucoup plus parlants qu'une arme même si cela fait partie d'un tout.
Je ne suis jamais allé dans une bourse militaitre donc je ne sais pas si il est possible de trouver ces objets ou ces traces écrites. Je suis très intéressé car c'est un des meilleurs moyens de faire passer un message aux plus jeunes et dans mon métier, il est important de trouver des motivations. Lorsque je montre la correspondance de mon arrière grand-père dans les tranchée de l'Yser durant la première guerre mondiale, je peux vous dire que les enfants se sentent beaucoup plus concernés et attentifs qu'une lecture dans un bouquin d'histoire même si il faut passer par là. Merci de me dire si il est encore possible d'acquérir certaines de ces traces si importantes pour notre futur...Merci! Image
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para-dice
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Message non lupar para-dice » 17 août, 13:41

Bonsoir Gilbert!
Un très grand merci pour ces informations et surtout pour tes morceaux d'Histoire. C'est un véritable plaisir de te lire lorsque tu fournis une réponse à l'un d'entre nous. Comme tu l'as deviné je suis instituteur primaire dans mon village et ce serait un plaisir pour "mes enfants", je parle biensûr des enfants de ma classe, de te rencontrer, de te questionner et de t'écouter à propos de cette page d'Histoire qui nous rassemble entre les pays et les générations et dont tu es un acteur et un témoin au même titre que ces vétérans que nous admirons tous. Ce forum est une belle preuve que l'Homme peut encore dialoguer, échanger, critiquer positivement malgré les différences de chacun. Ce sont justement ces différences qui nous grandissent chaque jour, c'est du moins ce que j'essaye de faire passer comme message à mes enfants!
Merci pour tes interventions, notre devoir de mémoire se fait maintenant pour les générations futures...ce qui s'est passé au bois Jacques s'est également déroulé sur des centaines d'autres champs de bataille, je parle des souffrances endurées mais surtout de ces liens créés dans de tels situations que ce soit chez nos libérateurs ou chez nos "opresseurs", en tout cas ceux qui étaient contraints et forcés.
C'est justement ce côté "humain", vécu de ces hommes que je cherche en esssayant de trouver ces traces du passé.
J'espère que mes mots auront traduit correctement mes pensées pour votre compréhension.
Merci pour tous et bonne continuation. :thumright:
A+. Paradice

Stevenot Gilbert N.
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 17 août, 22:42

Bonsoir Gilbert!
Un très grand merci pour ces informations et surtout pour tes morceaux d'Histoire. C'est un véritable plaisir de te lire lorsque tu fournis une réponse à l'un d'entre nous. Comme tu l'as deviné je suis instituteur primaire dans mon village et ce serait un plaisir pour "mes enfants", je parle biensûr des enfants de ma classe, de te rencontrer, de te questionner et de t'écouter à propos de cette page d'Histoire qui nous rassemble entre les pays et les générations et dont tu es un acteur et un témoin au même titre que ces vétérans que nous admirons tous. Ce forum est une belle preuve que l'Homme peut encore dialoguer, échanger, critiquer positivement malgré les différences de chacun. Ce sont justement ces différences qui nous grandissent chaque jour, c'est du moins ce que j'essaye de faire passer comme message à mes enfants!
Merci pour tes interventions, notre devoir de mémoire se fait maintenant pour les générations futures...ce qui s'est passé au bois Jacques s'est également déroulé sur des centaines d'autres champs de bataille, je parle des souffrances endurées mais surtout de ces liens créés dans de tels situations que ce soit chez nos libérateurs ou chez nos "opresseurs", en tout cas ceux qui étaient contraints et forcés.
C'est justement ce côté "humain", vécu de ces hommes que je cherche en esssayant de trouver ces traces du passé.
J'espère que mes mots auront traduit correctement mes pensées pour votre compréhension.
Merci pour tous et bonne continuation. Image
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Message non lupar Stevenot Gilbert N. » 18 août, 14:37

Suite. Fortin Boggess,

"Depuis le jour où le général Patton donna l'ordre de foncer vers le nord jusqu'à notre arrivée à Bastogne, le temps nous parut long.Ce ne fut pas sans efforts, ni sacrifices. Une de nos plus sanglantes batailles se déroula à Bigonville.C'est là que Jimmy Leach, alors capitaine,conduisit la compagnie B du 37th Tk Bat, à travers les plus rudes engagements de la bataille. Le capitaine Dwight commandait nos forces opérationnelles. J'avais comme équipier de tank Hubert J.Smith, conducteur, Harold Hafner, canonnier et James Murphy, chargeur. Huit tanks me suivaient. Le fortin que vous avez bien voulu baptiser si généreusement " Fort Boggess" est le dernier objectif sur lequel nous avons fait feu,avant de rencontrer le 326e Génie de la 1O1e Airborne.
" De prime abord, nous ne savions pas si nous étions les bienvenus, mais le lieutenant Webster nous fit finalement confiance et s'approcha de mon tank. Je me suis penché de la tourelle pour le saluer. Le parachutiste me tendit la main avec un large sourire: "Très heureux de vous voir " Quelques instants plus tard, le colonel Abrams et le capitaine Dwight rencontraient le général Mc Auliffe.
"Le soldat américain et tous les soldats des forces alliées étaient ici pour combattre l'agression. Nous l'avons fait...Puissions-nous formuler l'espoir et prier afin que ceux qui détiennent le pouvoir, ou qui décident du dénouement de tout, fassent l'effort qu'il convient. Puissent-ils être animés par le même esprit et la même détermination que les soldats avaient sur le champ de bataille afin que se rétablisse une paix durable."
Je me suis évadé un peu,Para-Dice, pour établir un rapprochement entre libérateurs et agresseurs, ainsi que Charly Boggess, l'a si bien souligné dans son discours. Et j'ai suivi ta réflexion. Cordialement à toi et à tous.



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