-Où se trouvait le bunker avec la MG? Il y avait une tour à l'emplacement de l'actuel parking du musée. S'agit-il de cela? Mais elle ressemble plutôt à un poste de commandement. Où se trouvait l'abri bétonné de la troupe Allemande, la soute à munition, etc.? Si vous avez quelques infos, photos informées, et un plan vraiment détaillé, cela ferait mon bonheur
. Je précise que je connais l'excellent travail des éditions Heimdal, de Pen and sword, mais il reste des "trous" dans ma compréhension du dispositif défensif.Une petite remarque sur l'atterrissage des planeurs: le planeur qui s'est crashé (le 3è) a en fait dépassé le second pour l'éviter et s'est brisé pour se retrouver juste derrière celui d'Howard (le n.1), face à l'étang dans lequel un para éjecté s'est noyé le glider n.2(chalk92) est en fait plus loin derrière...Cette thèse est encore discutée, mais est de loin la plus probable en l'état actuel des connaissances.
Une autre sur le blindé détruit par le PIAT dans la nuit: il est admis aujourd'hui qu'il ne s'agissait pas d'un Pz IV ou d'un Somua de prise de la 21Pz. Probablement un half track de reconnaissance, pas forcément de la 21Pz, mais peut-être de la 716.ID, qui se trouvait sur place (garnison dans le quartier de Le Port, à quelques centaines de mètres du pont!). Quoiqu'il en soit, l'effet du PIAT a été décisif, puiqu'il a conduit le commandement Allemand à surestimer l'importance des forces Anglaises (6 canons AT selon un rapport...alors qu'il n'y en avait aucun à ce moment).
NB. Que penser de l'ouvrage de N.Hugedé (le commando du pont Pégase), qui contient des erreurs manifestes, mais peut-être aussi des éléments de vérité (sur le "nettoyage" des bunkers par les paras, des tunnels entre les différentes structures, etc.)?
Bon, c'est déjà beaucoup. Je préciserai mes questions en m'aidant de photos lors d'un prochain post.
Merci!

( les sapeurs britanniques arrachant acrobatiquement les charges de démolition posées SOUS le pont, et sous la mitraille allemande, alors qu'il n'y avait rien, surtout pas là: les réceptacles des charges étaient fixés sur les parapets, côté intérieur, et étaient vides comme on le sait ). Mais depuis, des parutions très critiques et détaillées ont vu le jour. Le livre d'Ambrose est devenu une référence. Il faut préciser que malgré d'importants entretiens avec J. Howard lui-même, le texte contient des inexactitudes (sur le crash du planeur n.3 qu'il confond avec le n.2 ou l'improbable Pz IV détruit par le PIAT. Bien qu'Howard ait été "consultant" lors du tournage du film de Zanuck, Il ne fut guère écouté et en conçut une réelle amertume. Ambrose a été plus attentif et précis, mais dans la lettre que le Major lui adresse après la parution de l'ouvrage, on devine quelques réserves derrière les félicitations d'usage. Passons. En 2002, ce sont deux "Historica" de G. Bernage, qui donneront un très bon livre en raison particulièrement de l'iconographie et des cartes ("Diables rouges en Normandie", Heimdal). En 2004 "The Pegasus Diaries" (Pen & Sword) est publié grâce à la veuve d'Howard avec, entre autres, un croquis (p.121) représentant enfin la vraie disposition des planeurs après atterrissage. Mais c'est surtout en 2009 qu'un vrai travail critique est réalisé: "The Pegasus and Orne Bridges" de N. Barber (Pen & Sword). Depuis 2004, sont sortis de nombreux autres témoignages de vétérans (Parr, Edwards...), mais j'abrège, car ce préambule est un peu long...Il me semblait utile de situer le livre d'Hugedé dans son contexte: il propose des éléments nombreux, à prendre en compte pour certains, mais il faut le lire avec une extrème prudence. D'une part, il ne pouvait anticiper sur des résultats de recherches ultérieures. D'autre part, et c'est plus gênant, son récit est trop spéculatif et "romanesque", du moins pour ce qui concerne mon projet personnel.
!!!! (Je suppose près de la mairie). My god, manquait plus que ça! Le machin est censé apparaître entre la fin de la mise en place des positions défensives et avant l'apparition du pseudo-Pz IV. L'auteur reste dans le vague. Et on le comprend, s'il veut soutenir un truc pareil! il viendrait de Ouistreham, par le quartier de Le Port. Bizarre. A quel régiment, quelle division appartient-il? Il n'y a sur place que la 716 I.D. Quant aux divisions blindées, il n'y en a qu'une couvrant cette zone: la 21 Pz ID. Von Luck (125è Rgt), le plus prompt à intervenir, ne dispose que de forces en amont des 2 ponts de Bénouville-Ranville, Et surtout: IL N'Y A AUCUN TIGER dans la 21 I.D. (voir Perrigault, "21 Panzer-Division",Heimdal). On trouve aussi facilement sur le net un organigramme très précis de l'OB cette Pz I.D chère à Rommel (des anciens du DAK en partie). En Normandie, elle se compose de blindés de prise, genre Somua modifiés, Marder I, divers semi-chenilés, bref beaucoup d'engins plutôt bien bricolés (les "funnies" de Rommel, par analogie avec ceux d' Hobart). Aucun char lourd. Les plus gros sont des Pz IV. Il y a, paraît-il, des manoeuvres dans le coin cette nuit-là. Mais quelle division? A Bénouville même? Un Tiger égaré ayant cassé sa radio, sans escorte ni protection?
Non, restons sérieux, c'est tout à fait improbable, et je n'ai trouvé aucun témoignage faisant état d' une si singulière rencontre. Mais Hugedé est à Hollywood! Et ça remplit des pages. Dialogue surréaliste, p.101:"Ca fait plus de 68 tonnes,un joujou pareil". "C'est surtout le canon que je crains, compléta Howard, c'est un canon de 88. S'il tire, on est fichu". Effet dramatique assuré. Et on ne peut résister à ce sublime élan de poésie lyrique, p.102: "mais qu'il tire! Qu'on en finisse!...Rien. Silence. Immobilité. Seul le bruissement du grand peuplier dans le vent, des coassements indifférents dans les marais... La nature était calme, et ne prêtait aucune attention à cette montagne d'acier, immobile, silencieuse [Moi: Ach, c'est vrai, blindé lourd, mais technologie allemande: à un mètre on n'entend pas le moteur
],qui, d'un instant à l'autre, pouvait déclencher l'apocalypse". Vu? Ok, je me suis fait plaisir en citant tout le passage, et je ris encore. C'est bien triste, plutôt: on n'a pas affaire à un ouvrage d'Histoire un peu rigoureux. C'est l'illiade, le mythe, l'épopée. D'où Hugedé sort-il cette hallucination? Un témoignage? Dans ce cas il aurait été bon de le citer. Mais n'oublions pas que l'infanterie alliée avait, dans les premières semaines après le D Day, une forte tendance à voir les blindés Allemands plus gros qu'ils n'étaient. Il y aurait eu des Tigers partout ...Ces erreurs d'appréciation liées à la crainte (bien compréhensible) de la puissance blindée ennemie, et à l'inexpérience (ici c'était le baptême du feu pour la plupart des hommes de Howard), explique sans doute pourquoi Thornton fut persuadé d'avoir détruit un Pz Iv et non un half-track de reconnaissance. Sans doute le projet de l'auteur n'est pas "scientifique", il vise le grand public. Mais je ne me souviens pas de telles divagations grandiloquentes, dignes des années 50-60, même dans C. Ryan, ni chez Ambrose.