Bonne
après-midi,
Monsieur le
président Sarkozy, notre hôte, Monsieur le premier
ministre Brown, Son Altesse Royale le prince de Galles, Monsieur
le président Obama, Messieurs les anciens combattants, camarades
parlementaires, distingués invités, Mesdames et Messieurs.
Nous
sommes en terrain sacré. Aujourd’hui, tout est calme,
pacifique et serein, mais en ce même jour, il y a exactement
soixante-cinq ans, ce front de mer de cinquante milles était
le théâtre de la plus grande invasion de toute l’histoire
de l’humanité.
Les troupes
alliées de nos quatre grandes nations qui traversèrent
la Manche pour lancer la libération de l’Europe et
sauver la civilisation de l’horreur nazie n’avaient
aucun doute sur leur mission ou leur devoir. Comme l’avait
dit le capitaine Jack Fawcett du premier bataillon canadien du régiment
écossais : « nous étions tellement déterminés
à arriver sur la plage que même si les moteurs s’étaient
arrêtés ou étaient tombés en panne, notre
volonté pure aurait propulsé l’embarcation sur
le rivage. »
La volonté
indéfectible des soldats, la planification minutieuse de
leurs commandants et l’appui inébranlable de leurs
compatriotes ont entraîné ce jour-là la victoire
et, dans les mois qui ont suivi, le triomphe ultime du bien sur
le mal. C’était ainsi l’exploit le plus spectaculaire
accompli par ce qu’on a appelé à juste titre
la grande génération; les pères et les mères
des leaders d’aujourd’hui, les pères et les mères
de mon enfance.
Si cela été
leur exploit le plus spectaculaire, il n’a pas été
le seul. Pour avoir lutté contre l’oppression, le racisme
et la cruauté en Europe, ils rentreraient au Canada bien
résolus à bâtir une société plus
juste, plus égalitaire et plus bienveillante que celle qu’ils
avaient laissée derrière eux. Avec le même engagement,
mais avec plus de patience, ils gagneraient aussi la guerre froide
et vaincraient la tyrannie du communisme.
Alors que le
nombre des représentants de cette grande génération
diminue à vue d’oeil, nous nous demandons comment les
honorer ? Comment les remercier vraiment ? Comme l’a appris
chaque écolier canadien depuis le temps de notre présence
en Flandres il y a près d’un siècle, il n’y
a qu’une seule réponse : prendre le flambeau de leurs
mains désormais hésitantes et le porter bien haut.
Notre propre
monde nous rappelle constamment la criante nécessité
de sauvegarder et de faire avancer la vision et les valeurs pour
lesquelles s’est battue la génération de nos
parents.
Et aujourd’hui,
tout comme nous nous rappelons les vies des soldats canadiens, français,
américains, britanniques et autres alliés qui reposent
sous ces sables, nous pensons aussi et aux femmes et aux hommes
courageux de notre alliance durable qui servent côte à
côte en Afghanistan pour apporter la lumière et l’espoir
à peuple qui n’a longtemps connu que la noirceur et
le désespoir. Et nous nous rappelons aussi que notre paix
et notre prospérité ont été assorties,
non seulement d’un prix à payer, mais aussi de l’obligation
de partager notre bonne fortune, notamment avec ceux et celles qui,
encore aujourd’hui subissent violence, oppression et privations.
Prenons donc
aujourd’hui la résolution, au nom de nos glorieux anciens
combattants, au nom des jeunes pleins d’espoir pour un monde
meilleur et plus sûr et au nom des âmes héroïques
qui ont mis pied ici afin de libérer ces plages, de ne jamais
oublier, de ne jamais renoncer et de ne jamais fléchir dans
notre détermination à défendre la liberté,
à promouvoir la démocratie et à chercher la
justice pour tous les peuples.
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