KAR 98k Mauser
Histoire, fiche technique et photo

- Historique du fusil Kar 98k Mauser
Le Karabiner 98k (souvent abrégé Kar98k ou K98k) est l’aboutissement de la longue lignée des fusils Mauser initiée par Paul Mauser à la fin du XIXᵉ siècle. La famille de fusils Model 1898 (Gewehr 98) conçue par Paul Mauser a posé les bases d’un mécanisme à verrou qui deviendra la référence pour de nombreux pays. La conception originelle remonte à 1898 et Mauser distribuera et vendra ses modèles à plusieurs pays (Espagne, Chine, Belgique, etc.).
La version dite Karabiner 98 kurz (kurz = court) est une évolution plus compacte du Gewehr/Model 98, conçue dans les années 1930 pour améliorer la maniabilité du soldat d’infanterie moderne. Le Kar98k a été officiellement adopté par la Wehrmacht le 21 juin 1935 et est entré en production à grande échelle à partir de 1934–1935.
La production du Kar98k entre 1934 et 1945 a été massive : plus de 14 millions d’exemplaires auraient été fabriqués par Mauser et par de nombreux sous-traitants (Gustloff, Steyr-Fabric, Berlin-Lübecker, etc.). Les modèles produits tard dans la guerre (Kriegsmodell) présentent des simplifications de fabrication (pièces estampées, retrait d’éléments non-essentiels) en raison des impératifs industriels et du manque de matières premières. Les coûts unitaires varient selon l’usine et l’année : des sources d’époque et des compilations indiquent un coût d’environ 67–70 Reichsmarks par fusil pour certaines usines (chiffres de début des années 1940, à interpréter selon la source et la méthode comptable).
Le K98k fut l’arme de base de l’infanterie allemande pendant la Seconde Guerre mondiale : robuste, précis et bien connu pour son mécanisme fiable. Malgré l’arrivée d’armes semi-automatiques (Gewehr 43, StG44) il resta l’arme la plus répandue jusqu’à la fin du conflit. Son architecture (5 coups, verrou, canon relativement long) en faisait une plate-forme précise pour les tireurs d’élite improvisés et les transformations (lunettes, rallonges, conversions) furent fréquentes sur le terrain. Tout comme le Lee Enfield Mark 1 n°4, le K98 k pouvait être modifié afin de servir d’arme de tireur de précision, en y ajoutant une lunette de tir. Il était également possible de transformer ce fusil pour qu’il serve de lance-grenade.
Variantes et modifications :
K98k « standard » pour l’infanterie.
Kriegsmodell (modèle guerre) : simplification à partir de 1944 (moins de finitions, retrait de l’anneau porte-bayonnette sur certains, nettoyage/rod plus courts, pièces estampées).
Versus tireur d’élite / désignation de tireur : certains K98k furent équipés de rails latéraux et de lunettes. L’effort le plus connu fut la monture de la Zielfernrohr 41 (ZF41), une petite lunette 1.5× destinée à équiper un grand nombre de fusils pour améliorer la précision des « sharpshooters ». En pratique l’ampleur du déploiement du ZF41 resta limitée (planifié massivement mais réalisé pour une fraction des armes).
Conversion lance-grenades : à partir de 1942, un dispositif appelé Schießbecher / Gewehrgranatengerät fut standardisé et permit d’employer des grenades à fusil depuis le K98k.
Des millions de K98k capturés furent réutilisés par l’Armée rouge puis redistribués comme aide militaire à de nombreux pays ; plusieurs armées nationales (France, Israël, Pays nordiques, pays d’Afrique et d’Asie) ont utilisé des K98k après-guerre, souvent convertis au calibre local (Israël convertit certains exemplaires au 7,62×51 mm NATO dans les années 1950–60). On retrouve encore des K98k dans des conflits locaux jusqu’à la fin du XXᵉ siècle et au-delà, parfois sortis de stock ou d’arsenaux obsolètes.
Le Karabiner 98k, issu de la lignée du Gewehr 98 de Paul Mauser, n’a pas seulement eu une carrière militaire prolongée : sa robuste action à verrou M98 et sa fiabilité en ont fait aussi une arme prisée pour la chasse. Chambré d’origine en 7,92×57 mm (8×57), calibre européen traditionnel, le K98k offre, avec des munitions modernes et un canon en bon état, des performances balistiques tout à fait adaptées au chevreuil, au sanglier et au cerf sur les distances habituelles de battue et d’approche. Parallèlement, les actions civiles dérivées (Mauser M98 et variantes « sporter ») montrent la continuité de l’usage cynégétique de cette mécanique.
Après la guerre, de nombreux exemplaires de surplus ont été « sporterisés » (nouveau bois, montage d’optique) ou recanonés/rechambrés pour faciliter l’approvisionnement en munitions ou adapter la balistique aux besoins locaux. Ces transformations, courantes chez les armuriers, augmentent le confort et la praticité de l’arme pour la chasse, mais elles peuvent aussi diminuer la valeur historique des pièces qui présentent un intérêt patrimonial. De même, certains exemplaires anciens exigent un contrôle professionnel (canon, état des chambres, headspace) avant toute mise en service pour des raisons de sécurité.
Enfin, si le K98k est bien adapté à la chasse en Europe, il reste peu indiqué pour les gros animaux « dangerous game » où l’on privilégie des actions magnum et des calibres nettement plus puissants. Dans un texte historique, il est utile de noter que l’emploi cynégétique du Mauser illustre la double vie de nombreuses armes militaires du XXᵉ siècle : outil de guerre puis outil de subsistance ou de loisir, souvent adapté et reconfiguré par des utilisateurs civils.
- Fiche technique du fusil Kar 98 k Mauser
Pays créateur/utilisateur : Allemagne
Dénomination : K98k
Production totale : 2 769 533 d’unités pendant la Seconde Guerre mondiale, 14 millions d’unités au total.
Mode de tir : manuel par culasse mobile Mauser
Calibre : 7,92 mm
Chargeur : 5 cartouches
Portée pratique : 400 m
Portée utile : 2000 m
Portée maximale : 4000 m
Cadence de tir : 15 coups/min
Masse : 3,92 kg
Longueur : 1101 mm
Bibliographie :
D.Day Normandie : uniformes-armes-matériels
Mauser: Military Rifles of the World
Infantry Weapons of World War 2
Weapon: A visual History of Arms & Armour
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