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6 Juin 1944 - Jour J - Débarquement de Normandie
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Les préparatifs du Débarquement de Normandie

 

COSSAC

Pour monter l'opération qui doit ouvrir un nouveau front à l'Ouest de l'Europe, les Alliés souhaitent voir la création d'une organisation réunissant le plus grand nombre de professionnels des opérations combinées.

C'est ainsi que le COSSAC voit le jour. Il s'agit du "Chief of Staff to the Supreme Allied Commander", une organisation militaire représentée en la personne de Frederick Morgan.

Les missions du COSSAC sont les suivantes : choisir le lieu exact de débarquement, collecter un maximum de renseignements à partir des opérations amphibies combinées déjà menées (opérations en Afrique du Nord : "Sledghammer" et "Torch", ainsi qu'à Dieppe : "Jubilee"), et enfin palier aux problèmes de transport de troupes.

Choix de la Normandie

Le COSSAC doit tout d'abord définir le lieu d'invasion à l'Ouest de l'Europe. Les avis sont très partagés au sein des militaires alliés. La décision se porte finalement sur les côtes du Nord de la France, en Normandie, à proximité immédiate de l'Angleterre. Cette stratégie est présentée en août 1943 lors de la Conférence de Québec : la Normandie est le point de départ de l'invasion alliée à l'Ouest de l'Europe.

Voici les raisons : les côtes bretonnes sont trop éloignées de l'Angleterre pour être abordées, les terres en Hollande sont inondées et ne permettent pas la mise en place d'une tête de pont solide, les courants des côtes belges sont très forts et donc dangereux, et surtout les Allemands attendent les Alliés dans le Pas-de-Calais car le bras de mer entre l'Angleterre et la France est, à cet endroit, le plus réduit.

Les plages normandes sont en grande majorité des plages sableuses. On y trouve également des galets. La composition des plages normandes est relativement proche de celles de l'Ouest de l'Angleterre. Ainsi, les soldats peuvent s'entraîner outre-Manche et l'on peut même tester la résistance des chars en manoeuvre sur ce type particulier de sable.

L'Angleterre comme base militaire

Pour réaliser l'Opération Overlord alors en préparation, les généraux alliés s'accordent sur la nécessité d'une concentration de troupes en Grande-Bretagne en prévision d'une invasion de plus grande envergure de la France, opération surnommée "Round-up" (Rassemblement).

Dans un premier temps, dans le cadre de la préparation de l'invasion, les armées alliées doivent s'équiper, se former, s'entraîner, pour mener à bien des missions diverses et précises. Les troupes américaines et canadiennes profitent des installations militaires sur leur sol, mais il faut déjà penser à l'acheminement du matériel et des hommes en Angleterre, base de lancement pour l'attaque en Normandie.

A partir de la fin 1942, les premiers navires de transports quittent le continent Nord-américain et gagnent la Grande-Bretagne. Une lutte intense anti-sous-marine commence dans l'Atlantique entre les navires de surface alliés et les sous-marins U-Boot allemands.

Mais à partir de 1943, la bataille semble gagnée par les Anglos-Américains qui coulent de plus en plus de bâtiments appartenant aux forces de l'Axe, alors que les officiers mariniers allemands détruisent de moins en moins de convois alliés.
Une fois débarqués en Angleterre, les soldats alliés sont installés à divers endroits du pays, tandis que le matériel (char, véhicules de transport, canons...) est stocké dans des bases tenues soigneusement secrètes.

Dans le cadre des préparatifs du Jour-J, le programme économique du prêt-bail bat son plein, et les Américains livrent des centaines de véhicules, des bâtiments de guerre, et de l'armement individuel aux Britanniques, en l'échange de l'utilisation de terres occupées jusqu'alors par les troupes du Commonwealth. Le parc militaire britannique s'agrandit, tandis que les industries de l'armement situées aux Etats-Unis fonctionnent à plein régime.

 

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Le travail des avions de reconnaissance alliés est considérable : les photographies prises par ces derniers apportent des renseignements importants aux stratèges anglos-américains, qui organisent en conséquence les entraînements des forces alliées. De nombreux pilotes d'avions parachuteurs et de planeurs sont formés, très souvent des exercices amphibies sont organisés, et des parachutages par tous les temps sont effectués au-dessus de l'Angleterre.

Les troupes alliées sont entraînées sans arrêt et leur moral est au beau fixe. Les bâtiments de guerre et de transport sont de plus en plus nombreux dans les ports britanniques et les raids aériens augmentent en intensité sur les côtes du Nord-Ouest de la France. En effet, le rivage Français situé entre La Pallice au Sud et Dunkerque au Nord est constamment bombardé à partir de janvier 1944, et la fréquence de ces raids augmentera considérablement à partir de mai 1944.

Opération Fortitude


Pour en savoir plus sur l'Opération Fortitude, cliquez ici.

Ce gigantesque rassemblement de troupes, de véhicules et de navires en Angleterre ne passe pas inaperçu et les Alliés le savent très bien. Les Allemands, qui comprennent rapidement qu'une vaste opération amphibie est en préparation, décident d'augmenter les effectifs des agents de renseignement positionnés en Angleterre.

Les Alliés, qui s'attendaient à ce genre de situation, ont préparé l'Opération Fortitude, chargée de désinformer les services de renseignement allemands. Ainsi, une véritable "armée fantôme" va voir le jour en Angleterre, dotée de véhicules blindés gonflables et de canons en bois. Ces unités factices sont positionnées en masse en face du Pas-de-Calais, dans la région de Douvres. Les avions de reconnaissance allemands vont observer et photographier cette armée de leurres en pensant qu'il s'agit d'unités aux ordres du redouté général Patton, fin prêtes à débarquer dans le Pas-de-Calais.

Aussitôt, la XVème armée allemande, stationnée dans le Pas-de-Calais, est mise en alerte. Les Alliés sont désormais passés maîtres dans le domaine du renseignement et protègent ainsi parfaitement le bon déroulement des préparatifs du Débarquement de Normandie : le succès de l'Opération Fortitude est total.

Résistance Française

Pour que ce débarquement en Normandie soit une réussite complète, les Alliés demandent aux réseaux de la Résistance française de participer à la préparation de cette opération qui porte désormais le nom d'Opération Overlord.

Les alertes sont envoyées aux résistants par l'intermédiaire de la radio : la BBC, lors de son émission Française, émettait des messages codés qui avaient tous leur signification et leurs destinataires. Ainsi, cinq jours avant le 6 juin 1944, Jour J, les auditeurs de l'émission Française de la BBC peuvent entendre les trois premiers vers du poème "Chant d'Automne" de Verlaine ("Les sanglots longs - Des Violons - De l'automne...").

La signification de ce message est la suivante : le débarquement aura lieu au cours de cette semaine et une fois les trois prochains vers de ce poème émis ("Blessent mon coeur - D'une langueur - Monotone..."), l'offensive commencera dans les 48 heures. Ces messages, très nombreux, annoncent le début d'opérations de sabotage : les résistants détruisent alors des chemins de fer, des lignes téléphoniques et installent des mines antichars sur les routes. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, près de 1000 actions de sabotage seront effectuées par la Résistance française.

 

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