| COSSAC
Pour
monter l'opération qui doit ouvrir un nouveau front à
l'Ouest de l'Europe, les Alliés souhaitent voir la création
d'une organisation réunissant le plus grand nombre de professionnels
des opérations combinées.
C'est
ainsi que le COSSAC voit le jour. Il s'agit du "Chief of Staff
to the Supreme Allied Commander", une organisation militaire
représentée en la personne de Frederick Morgan.
Les
missions du COSSAC sont les suivantes : choisir le lieu exact de
débarquement, collecter un maximum de renseignements à
partir des opérations amphibies combinées déjà
menées (opérations en Afrique du Nord : "Sledghammer"
et "Torch", ainsi qu'à Dieppe : "Jubilee"),
et enfin palier aux problèmes de transport de troupes.
Choix
de la Normandie
Le
COSSAC doit tout d'abord définir le lieu d'invasion à
l'Ouest de l'Europe. Les avis sont très partagés au
sein des militaires alliés. La décision se porte finalement
sur les côtes du Nord de la France, en Normandie, à
proximité immédiate de l'Angleterre. Cette stratégie
est présentée en août 1943 lors de la Conférence
de Québec : la Normandie est le point de départ de
l'invasion alliée à l'Ouest de l'Europe.
Voici
les raisons : les côtes bretonnes sont trop éloignées
de l'Angleterre pour être abordées, les terres en Hollande
sont inondées et ne permettent pas la mise en place d'une
tête de pont solide, les courants des côtes belges sont
très forts et donc dangereux, et surtout les Allemands attendent
les Alliés dans le Pas-de-Calais car le bras de mer entre
l'Angleterre et la France est, à cet endroit, le plus réduit.
Les
plages normandes sont en grande majorité des plages sableuses.
On y trouve également des galets. La composition des plages
normandes est relativement proche de celles de l'Ouest de l'Angleterre.
Ainsi, les soldats peuvent s'entraîner outre-Manche et l'on
peut même tester la résistance des chars en manoeuvre
sur ce type particulier de sable.
L'Angleterre
comme base militaire
Pour
réaliser l'Opération Overlord alors en préparation,
les généraux alliés s'accordent sur la nécessité
d'une concentration de troupes en Grande-Bretagne en prévision
d'une invasion de plus grande envergure de la France, opération
surnommée "Round-up" (Rassemblement).
Dans
un premier temps, dans le cadre de la préparation de l'invasion,
les armées alliées doivent s'équiper, se former,
s'entraîner, pour mener à bien des missions diverses
et précises. Les troupes américaines et canadiennes
profitent des installations militaires sur leur sol, mais il faut
déjà penser à l'acheminement du matériel
et des hommes en Angleterre, base de lancement pour l'attaque en
Normandie.
A
partir de la fin 1942, les premiers navires de transports quittent
le continent Nord-américain et gagnent la Grande-Bretagne.
Une lutte intense anti-sous-marine commence dans l'Atlantique entre
les navires de surface alliés et les sous-marins U-Boot allemands.
Mais
à partir de 1943, la bataille semble gagnée par les
Anglos-Américains qui coulent de plus en plus de bâtiments
appartenant aux forces de l'Axe, alors que les officiers mariniers
allemands détruisent de moins en moins de convois alliés.
Une fois débarqués en Angleterre, les soldats alliés
sont installés à divers endroits du pays, tandis que
le matériel (char, véhicules de transport, canons...)
est stocké dans des bases tenues soigneusement secrètes.
Dans
le cadre des préparatifs du Jour-J, le programme économique
du prêt-bail bat son plein, et les Américains livrent
des centaines de véhicules, des bâtiments de guerre,
et de l'armement individuel aux Britanniques, en l'échange
de l'utilisation de terres occupées jusqu'alors par les troupes
du Commonwealth. Le parc militaire britannique s'agrandit, tandis
que les industries de l'armement situées aux Etats-Unis fonctionnent
à plein régime.
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Le
travail des avions de reconnaissance alliés est considérable
: les photographies prises par ces derniers apportent des renseignements
importants aux stratèges anglos-américains, qui organisent
en conséquence les entraînements des forces alliées.
De nombreux pilotes d'avions parachuteurs et de planeurs sont formés,
très souvent des exercices amphibies sont organisés,
et des parachutages par tous les temps sont effectués au-dessus
de l'Angleterre.
Les troupes
alliées sont entraînées sans arrêt et
leur moral est au beau fixe. Les bâtiments de guerre et de
transport sont de plus en plus nombreux dans les ports britanniques
et les raids aériens augmentent en intensité sur les
côtes du Nord-Ouest de la France. En effet, le rivage Français
situé entre La Pallice au Sud et Dunkerque au Nord est constamment
bombardé à partir de janvier 1944, et la fréquence
de ces raids augmentera considérablement à partir
de mai 1944.
Opération
Fortitude
Pour en savoir
plus sur l'Opération Fortitude, cliquez
ici. Ce
gigantesque rassemblement de troupes, de véhicules et de
navires en Angleterre ne passe pas inaperçu et les Alliés
le savent très bien. Les Allemands, qui comprennent rapidement
qu'une vaste opération amphibie est en préparation,
décident d'augmenter les effectifs des agents de renseignement
positionnés en Angleterre.
Les
Alliés, qui s'attendaient à ce genre de situation,
ont préparé l'Opération Fortitude, chargée
de désinformer les services de renseignement allemands. Ainsi,
une véritable "armée fantôme" va voir
le jour en Angleterre, dotée de véhicules blindés
gonflables et de canons en bois. Ces unités factices sont
positionnées en masse en face du Pas-de-Calais, dans la région
de Douvres. Les avions de reconnaissance allemands vont observer
et photographier cette armée de leurres en pensant qu'il
s'agit d'unités aux ordres du redouté général
Patton, fin prêtes à débarquer dans le Pas-de-Calais.
Aussitôt,
la XVème armée allemande, stationnée dans le
Pas-de-Calais, est mise en alerte. Les Alliés sont désormais
passés maîtres dans le domaine du renseignement et
protègent ainsi parfaitement le bon déroulement des
préparatifs du Débarquement de Normandie : le succès
de l'Opération Fortitude est total.
Résistance
Française
Pour
que ce débarquement en Normandie soit une réussite
complète, les Alliés demandent aux réseaux
de la Résistance française de participer à
la préparation de cette opération qui porte désormais
le nom d'Opération Overlord.
Les
alertes sont envoyées aux résistants par l'intermédiaire
de la radio : la BBC, lors de son émission Française,
émettait des messages codés qui avaient tous leur
signification et leurs destinataires. Ainsi, cinq jours avant le
6 juin 1944, Jour J, les auditeurs de l'émission Française
de la BBC peuvent entendre les trois premiers vers du poème
"Chant d'Automne" de Verlaine ("Les sanglots longs
- Des Violons - De l'automne...").
La
signification de ce message est la suivante : le débarquement
aura lieu au cours de cette semaine et une fois les trois prochains
vers de ce poème émis ("Blessent mon coeur
- D'une langueur - Monotone..."), l'offensive commencera
dans les 48 heures. Ces messages, très nombreux, annoncent
le début d'opérations de sabotage : les résistants
détruisent alors des chemins de fer, des lignes téléphoniques
et installent des mines antichars sur les routes. Dans la nuit du
5 au 6 juin 1944, près de 1000 actions de sabotage seront
effectuées par la Résistance française.
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