Suite de témoignage et souvenirs de guerre LA COMPAGNIE BAKER

Omaha Beach est le second des deux secteurs de débarquement américains. Longue de 5,9 kilomètres, cette plage est située à 12 kilomètres à l'Est de Utah Beach.
alain2904

Suite de témoignage et souvenirs de guerre LA COMPAGNIE BAKER

Message non lu par alain2904 » 11 nov., 16:47

La Compagnie Baker qui doit débarquer 26 minutes après ABLE, et juste au-dessus d'elle à droite, avait pour mission de la soutenir et de la renforcer. Elle a déjà beaucoup de difficulté pour parvenir à ce point. Pendant le trajet,la mer était si furieuse que les hommes ont dû écoper avec leurs casques pour maintenir les six bateaux en état de flotter...Ainsi préoccupés, ils ne voient pas la catastrophe qui se profiles devant eux, ou alors très tard. Ce qu'ils voient alors est , soit encore très limité, soit si incroyable que leurs sens ne semblent plus fonctionner. La vague d’Assaut commence a se disloquer, et la désunion induite par la peur annule pratiquement la mission. Un grand nuage de fumée et de poussière soulevé par les explosions de mortier et par les mitrailleuses,à presque tiré un rideau autour de l'épreuve que doit subir la compagnie ABLE. En dehors de cet écran, on ne voit rien, sinon des cadavres à la dérive, quelques têtes dansant sur l'eau, et le vague de la marée montante. Mais c'en était assez pour les barreurs britanniques qui se mirent à crier très fort: "Nous ne pouvons pas aller là-bas. Nous ne voyons plus les points de repères. Il nous faut battre en retraite!" Dans le bateau de commandement, le capitaine Ettore V.Zappacosta sort alors son COLT 45 et hurle: "Pa Dieu, vous allez diriger ce bateau droit là-dedans!" Cet accès de courage remporta l’obéissance, mais c'était quand même un ordre imbécile. Les bateaux de la Compagnie BAKER risquaient de connaitre un funeste destin, sans pour autant pouvoir aider l'autre compagnie. Trois fois au cours de l'approche, des obus de mortier tombèrent juste à côté du bateau de Zappacosta, mais par ironie le laissèrent indemne, permettant ainsi a ses occupants de vivre quelques instants de plus. A soixante-quinze mètres de la plage de sable Zappacosta cria: "Laissez tomber la rampe!"
Mais la fin fut sur eux quand une tempête de feu les enveloppa. Zappacosta sauta d'abord du bateau courut dix mètre à travers l'eau qui lui arrivait aux coudes,et hurla :"Je suis touché!" Il tituba sur quelques pas. L'home des soins, Thomas Kenser,voit qu'il saigne à la hanche et à l'épaule. Kenser lui cria en retour: "Restez debout , j'arrive!"
Mais le capitaine tombe face face en avant dans les vagues, et le poids de son équipement et de son sac imbibé d'eau le font couler au fond. Kenser saute vers lui, mais il est mortellement blessé dans cette action. Le lieutenant Tom Dallas de la Compagnie CHARLEY, qui était venu en reconnaissance , est le troisième homme. Il parvient jusqu'au sable, mais une rafale de mitrailleuse lui fait sauter la tête avant qu'il ne puisse s'allonger au sol.


Le soldat de première classe RoberL. Sales, dont le job est de trimbaler la radio de Zappacosta (un RC 300), est le quatrième homme à quitter le bateau après avoir attendu longtemps pour voir les autres mourir devant lui. Son talon de botte se coince sur le bord de la rampe et il tombe de tout son long dans la mer. Il perd la radio , mais cela lui sauve la vie. Tout homme qui essaie le suivre est, soit tué, soit blessé, avant d'atteindre la terre ferme.
Seul Robert Sales arrivera jusqu'à la plage sans être touché. Faire quelques mètres lui prend deux heures. D'abord, il s'accroupit dans l'eau, et se dandinant sur ses hanches, avance de quelques pas, puis se heurte à un morceau de bois flottant-une épave. A ce moment, un obus de mortier explose juste au-dessus de sa tête, le laissant groggy.
Il étreint le bout de bois pour ne pas couler, et en quelque sorte l'effort semble lui faire reprendre ses esprits. La prochaine chose dont il a conscience, c'est que l'un des rescapés de la compagnie ABLE le hisse sur le bois flottant et, utilisant son couteau de gaine, lui découpe son paquetage, lui retire ses bottes et sa veste de combat. Se sentant mieux, Sales retourne à l'eau, et se servant du bois pour se protéger, continue à progresser vers la plage. Le soldat Mack L. Smith de la compagnie BAKER, touché trois fois au visage, le rejoint, Un fusilier de la compagnie ABLE, nommé Kemper, touché trois fois a la jambe droite, reste également à côté d'eux.
Ensemble, ils se cachent derrière le morceau de bois flottant qui est porté par la marée haute jusque vers le haut de la plage,puis ils s'aplatissent derrière lui, restant ainsi pendant des heures après que la marée eut commencé à redescendre. Les morts des deux compagnies venaient s'échouer à côté de l'endroit ou ils se trouvaient, puis étaient repris par la mer.
Alors qu'un corps dérive près d'eux, Sales et ses compagnons, au mépris du feu nourri,quittent la protection du morceau de bois pour essayer de voir qui c'était. Si l'un d'eux reconnaissait le visage d'un camarade, il le rejoignait et traînait le corps vers le haut sur le sable sec, hors de portée des vagues. Les morts non familiers étaient laissées à la mer.
Tant que la marée est haute, les trois hommes n'ont que cette unique tâche. Plus tard, un homme de premiers secours non identifié est venu vers eux en faisant des zigzags sur la plage. Il a examiné les blessures de Smith. Quand il eut repris assez de forces; Sales fit des bandages à Kemper. Les trois restèrent derrière le morceau de bois jusqu'à ce que vint la nuit.
Il n'y a rien d'autre qui puisse être rapporté sur un quelconque autre membres de l'équipe qui se trouvait à bord du bateau de Zappacosta.

Seul un autre bateau de la compagnie BAKER tente de se diriger tout droit vers la plage. Pour une raison ou une autre, le bateau se mit a couler . D'une manière ou d'un autre, tous ses occupants furent tués-un barreur britannique et une trentaine de fantassins américains.
Quelle que soit la façon dont ils sont tombé, il n'y avait plus personne pour prendre acte et en rendre compte.
Effrayés, les barreurs dans les quatre autres embarcations jettent un rapide regarda alentour, instinctivement ils font marche arrière, esquivant à droite et à gauche les débris de ce qui reste de la compagnie ABLE. Ce faisant, ils se détourne de leur devoir immédiat, tout en donnant un délai à leurs passagers. Tel était l'état de choc dans lequel se trouvait les chefs d'équipe dans les bateaux, et leur sentiments de soulagement était tel quand les barreurs virèrent de cap, que pas un seul n'émit une protestation. Le barreur du lieutenant Loe A.Pingenot dirigea son bateau loin vers la droite, en direction de la Pointe du Hoc; puis avisant une petite crique à l'apparence faussement paisible, dirigea embarcation directement vers la terre. Après une cinquantaine de mètres , Pingenot cria:" Faîtes tomber la rampe!" Le barreur qui devait actionner une corde , refusa de baisser la rampe. Alors le sergent-chef Odell L.Padgett lui saute dessus dessus,le prend à la gorge et le fait chuter à terre. Les hommes de Padgett abaissent alors la corde et saute dans l'eau. En deux minutes, ils ont tous de l'eau à hauteur du cou et luttent pour éviter la noyade.
Rapidement, Pingenot se retrouve loin devant eux. Padgett arrive à le rejoindre, et ensemble, ils prennent pieds sur la terre ferme. La plage de l'anse est fortement,t parsemée d’énormes rochers qui résonnent sous l'impacte des balles allemandes.
Pingenot et Padgett plongent derrière le même rocher. Puis ils regardent derrière eux, mais a leur grande horreur ils ne voient plus personne... Tout à coup, de la fumée occulte à moitié la scène par delà le bord de plage.Pingenot gémit :"Mon Dieu,tous dans le bateau sont mort!" Padgett rétorque:" Hé, êtes-vous touché?" De nombreuses voix proviennent d'au-delà un rideau de fumée. "Il faur faire vite!" "Restons calme" "Nous allons y arriver"."C'est ou que ça tire?" "Personne ne le sais!"Les hommes sont toujours en mouvement, utilisant l'eau comme couverture. Le cri poussé par Padgett est leur première information que quelqu'un d'autre se trouve à l'avant. Ils veulent tous arriver sur la plage, et ils sont vingt-huit à essayer. Pingenot et Padgett s’efforcent de rester devant eux, les encourageant de la voix. Padgett continue à crier: "Allez bon Dieu, ici vous serez mieux!" Mais ils perdent deux hommes qui sont tués et trois autres blessés en mettant pied sur la plage. En arrivant dans la crique lepetit groupe se joint à une compagnie de Rangers, se bat toute la journée avec ceux-ci, et participe à la destruction de retranchement ennemis au sommet de la Pointe du Hoc. Au coucher du soleil, le ratissage est terminé. Le peloton peut bivouaquer par delà la falaise.

L'autre bateau de la compagnie BAKER,qui avait tourné à droite, a eu beaucoup moins de chance.
Le sergent-chef Robert M.Campbell, qui dirige la section, est le premier homme à sauter quand la rampe descend. Il tombe dans l'eau profonde et manque de se noyer, car le poids de ses deux torpille "Bangalore" l'emmène tout droit au fond. Donc,il largue les torpilles et refait surface, puis se débarrasse de tout l'équipement pour faire bonne mesure. Sous le feu des mitrailleuses,il plonge à nouveau brièvement . Même en n'étant pas un bon nageur; il essaye d'aller vers le large.

Pendant deux heures, il s'efforcera de se maintenir en surface, à quelques deux cent mètres du rivage.
Bien qu'il n'entende et qu'il ne voit quasiment rien de la bataille, il a en quelque sorte l'impression que le débarquement a échoué, et que tous les autres Américains sont morts, blessés, ou ont été faits prisonniers... En désespoire de cause, il se force à retourner à terre, plutôt que se noyer. Au-delà du rideau de fumée,il se retrouve sous le feu de l'ennemis. Alors il s'empare d'un casque sur la tête d'un homme mort, se traîne sur les mains et sur les genoux jusqu'àla première digue, et y retrouve cinqu de ses hommes, deux d'entre eux sans aucunes blessures. Tout comme Campbell, le soldat de première classe JanJ.Budziszewski avait été poussé vers le fond par la charge de ses deux torpilles Bengalore.
Il se cramponne à elles pendant une demi-minute avant de réaliser que, soit il les la^che, soit il se noie... Ensuite, il enlève son casque et son paquetage, et laisse tomber son fusil, puis refait surface...
A SUIVRE......



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Dam's 1944
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Re: Suite de témoignage et souvenirs de guerre LA COMAGNIE BAKER

Message non lu par Dam's 1944 » 13 nov., 19:23

Merci pour la suite de l'article.



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BILL BAROUD
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Re: Suite de témoignage et souvenirs de guerre LA COMAGNIE BAKER

Message non lu par BILL BAROUD » 14 nov., 03:18

merci... :mrgreen: ca continu chouette :super:


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