Témoignages de civils pendant la bataille de Normandie

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Marc Laurenceau
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Témoignages de civils pendant la bataille de Normandie

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Georgette Pointeau, Suzanne Vornier et Gilbert Héry habitent à la résidence Clair-Soleil.

Ils avaient 14, 18 ou 19 ans au moment de la Libération de la commune. Réfugiés aux Roches et évacués, ces Mondevillais se souviennent des bombardements et de semaines difficiles.

« Le 6 Juin avec mon père cheminot, on a passé la nuit à la fenêtre. Au-dessus de la gare, il y avait des milliers de petites lumières immobiles. » Suzanne Vornier a 19 ans. Sa famille habite une maison de l'avenue Jean-Jaurès. Ces semaines de l'été 1944, « je n'y pense plus depuis longtemps », dit-elle. Mais comme pour ses voisins de la résidence Clair-Soleil, si la mémoire des dates fait défaut, la mémoire des faits, elle, est intacte. Une histoire faite de bombardements, de refuges dans les galeries des Roches et d'évacuation...

Le chien sous les décombres

A l'époque, Georgette Pointeau a 21 ans. Mondevillaise depuis ses 3 mois, elle habite un logement de la SMN au sommet du Plateau avec ses parents et neuf de ses frères et soeurs. « Le lendemain du bombardement du Plateau, se souvient Georgette, mon père est retourné à la maison pour soigner les poules et les lapins. Il n'y avait plus rien. Il a même retrouvé notre chien écrasé sous les décombres. »

Pour la famille de Georgette, c'est l'évacuation vers le sud : « On a fait au moins les 100 premiers kilomètres à pied en dormant de ferme en ferme pour arriver jusque dans la Vienne où on est restés pas loin d'un an et demi. » Même destin pour Simone Girouard, 18 ans à l'été 44. Partie plus tôt du Plateau, elle trouve refuge dans le Maine-et-Loire.

« Le temps d'attraper des poux »

Dans chaque témoignage de Mondevillais revient un lieu : les galeries des Roches, au pied du Plateau, « où on avait tous un oreiller, une couverture et un casier à bouteille pour s'asseoir. » Suzanne, elle, n'y passe que quelques jours, « le temps d'attraper des poux ». La maison de la famille Vornier est toujours debout, « mais il n'y a plus ni toit ni étage. »

Aux Roches, c'est la promiscuité, la débrouille. La famille Pointeau a gardé sa chèvre pour le lait. Georgette se souvient « d'immenses chaudrons » amenés par la Ville. « Les gens se débrouillaient pour trouver des légumes et on faisait de grandes soupes populaires. »

En juillet, à l'approche de la Libération, l'occupant commence à pousser la population sur les routes. Gilbert Héry, 13 ans, a déjà quitté le quartier des Charmettes pour les Roches à ce moment-là : « Ils nous chassaient en nous donnant deux heures pour quitter Mondeville ». A cette évocation, Suzanne revoit « les Allemands qui nous mettaient le revolver dans le dos pour nous faire partir. »

Chacun part comme il peut. Gilbert vers la région de Bourges, Suzanne aussi, direction le Sud : « On a été parmi les derniers à partir. On était dans une charette en bois et mon père marchait derrière en traînant une petite remorque pleine de conserves. » Sur la route, la peur les tenaille tous car « les Allemands se mêlaient aux évacués. »

Mondeville est libérée mais en grande partie inhabitable. Le retour se fait progressivement. Travaillant à la gare, le père de Suzanne est rentré plus tôt : « Ils ont bâché la maison pour qu'on puisse se sentir un peu chez nous. » Pour Georgette, ce sera plus long. Le Plateau étant entièrement à reconstruire, « on a passé un an à Houlgate avant de rentrer à Mondeville ».

Assis dans la salle de lecture et d'activités de la résidence Clair-Soleil, les anciens regardent par la fenêtre. Le jardin est inondé par le soleil de l'été 2013. Georgette pointe le doigt : « Tiens, il y avait des baraquements là-bas, à la place du Super U. En rentrant, on a commencé par vivre ici avant de nous installer à la résidence du Parc... »

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Marc Laurenceau
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