Le vétéran canadien Ernest Adolphe Côté de retour à Juno Beach

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Marc Laurenceau
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Le vétéran canadien Ernest Adolphe Côté de retour à Juno Beach

Message non lu par Marc Laurenceau » 18 avr., 04:02

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Ernest Côté, vétéran canadien du Débarquement allié du 6 juin 1944, à Courseulles-sur-Mer (Calvados), le 17 avril 2014 [Charly Triballeau / AFP]

Source : Direct-Matin.fr
Date : 17/04/2014
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"Des obstacles en tous genres, des troupes qui avancent, des morts à droite à gauche, des blessés" mais aussi "des Anglais qui arrêtent tout pour prendre le thé": à bientôt 101 ans, le colonel Ernest Côté, vétéran canadien du jour J, égrène ses souvenirs lors d'un séjour en Normandie, à moins de deux mois des célébrations du 70ème anniversaire du Débarquement allié le 6 juin 1944.

"On ne se rend pas compte du prix auquel la liberté a été achetée", confie Ernest Adolphe Côté, né le 12 juin 1913 à Edmonton (ouest du Canada), invité à Courseulles-sur-Mer (Calvados) par le centre Juno Beach, le musée canadien du Débarquement, à l'occasion de la présentation d'un documentaire sur le D-Day.

Amateur de "calva", le colonel Côté, lunettes et petite moustache blanche, esprit vif et humour acéré, est "descendu" à Besnières-sur-Mer à 11 heures le 6 juin 1944, soit quelques heures après le début de la plus grosse opération militaire de tous les temps.

Aujourd'hui, à "légèrement plus de cent ans", il se déplace avec un déambulateur qu'il pousse d'un très bon pas dans les allées du centre Juno Beach.

En juin 44, il était responsable de la logistique de la troisième division canadienne, soit près de 20.000 volontaires ayant participé au Débarquement aux côtés des Américains et des Britanniques. Ce jour là, il voit tout d'abord "des obstacles en tous genre", des blessés, "des morts à droite, à gauche" que des soldats enterrent sur la plage. L'officier rejoint rapidement son quartier général.

- 'Se grouiller pour débarrasser les morts' -

Avec un délicieux accent canadien, il reconnaît un "accueil extraordinaire". "Quelques soldats ont eu du calva, c'est pas la Normandie pour rien", sourit-il.

Du déluge de feu qui s'est abattu sur la côte normande, il dit avoir été relativement épargné: "La troupe qui se faisait faucher, c'étaient les soldats, les aviateurs, les marins. Au QG, on était là pour planifier".

Sa mission était avant tout logistique, explique-t-il: préparer dans le plus grand secret le Débarquement, depuis l'île de Wight, en Angleterre.

Il fallait notamment "établir quelles étaient les routes" que devaient emprunter les régiments et les indiquer. Quant au British Beach Group, sous les ordres de la troisième division canadienne, il "devait placer des enseignes" mais à 11 heures, l'heure du thé, "ils arrêtaient tout", raconte-t-il.

Surtout, il fallait trouver le moyen de déblayer les "osselets" de Rommel, de hauts croisillons de fer destinés à empêcher les bateaux d'approcher.

"On a demandé aux Anglais d'envoyer des hommes grenouilles par une nuit sans lune, pour prendre les dimensions de ces osselets", raconte le colonel Côté. Ensuite, des soldats s'y cachaient "avec une corde autour du corps qu'ils accrochaient à des tracteurs blindés canadiens" qui les ôtaient, libérant le passage pour les troupes. "Ah il fallait planifier!", s'exclame-t-il.

De ce jour J, qu'il a abordé "mouillé", dit-il avec humour, il retient "la satisfaction de voir les troupes avancer et réussir à établir une tête de pont", et sa demande au British Beach Group de "se grouiller pour débarrasser les morts".

"La liberté est donnée de génération en génération, elle doit être conservée, il faut pas qu'on se chamaille trop", explique Ernest Côté, vêtu d'une veste portant l'écusson du 22e régiment sur lequel est inscrit: "Je me souviens".


Marc Laurenceau
Webmaster du site DDay-Overlord et du forum
Auteur du livre Jour J Heure par Heure

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