Stèle Audigier à Cherbourg

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Andy Norm
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Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonsoir,

Tout le monde connaît René BOUSQUET, Secrétaire Général à la Police de Vichy .

Tout le monde connaît aussi Maurice PAPON, avec rang de sous-préfet à la Préfecture de Bordeaux.

On connaît moins Lionel Audigier, Directeur de cabinet de René Bousquet avant de devenir en Juin/juillet 1942 sous-préfet à Cherbourg.

Il est mort sous les bombes alliées à la prison de St Lô dans la nuit du 5 au 6 juin 44 d'où le mythe du "sous-prefet martyr de Cherbourg". En juin 1994 on lui dédiait une stèle sur laquelle on mettait en avant son rôle de résistant... (BOUSQUET avait été assassiné un an plus tôt)

...sauf que ce rôle n'a jamais été établi et au contraire on a découvert, avec documents à l'appui, qu'il avait fait à Cherbourg, ce que Maurice Papon avait fait à Bordeaux, ni l'un ni l'autre n'étant couvert par une délégation du préfet seul habilité (je sais c'est affreux mais c'est ainsi) à autoriser des déportations vers Drancy. C'est ainsi que Marc GRUNBERG, 14 ans s'est volatilisé début novembre 1942 à AUSCHWITZ (sa jeune soeur a été sauvée par des braves normands). La justice a considéré que PAPON ne pouvait pas ne pas savoir le sort de ceux qu'il remettait aux nazis et par conséquent AUDIGIER non plus vu son rôle antérieur de Directeur de cabinet de BOUSQUET.

On aurait oublié AUDIGIER s'il n'y avait pas eu la stèle et on l'aurait à nouveau oublié en pardonnant ceux qui avait eu l'idée de cette stèle sans avoir mené des recherches, puisque la dorure des inscriptions disparaissait peu à peu, mais voilà début mai 2009, je suis passé par hasard square Lionel Audigier à Cherbourg et là surprise les lettres avaient été redorées.

Lionel AUDIGIER a-t'il été un résistant de la dernière heure, ou bien la mise à l'écart de BOUSQUET en 1943 et le statut de forteresse de Cherbourg (non loin du camp d'Aurigny et du camp de stérilisation des tsiganes à Valognes) ont-ils poussé les allemands à s'en méfier ou à le mettre à l'abri dans la prison de St Lô ?

Actuellement, s'il s'agit d'un Papon normand, la stèle relèverait de l'apologie de crimes contre l'humanité.

Merci pour vos éventuels renseignements.


Andy Norm


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MLQ
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Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonjour

Né le 6 février 1909 au Havre, Lionel Audigier est profondément hostile à l'occupant et au gouvernement de Vichy. Nommé sous-préfet de Cherbourg, Lionel Audigier est contacté en octobre 1942 par Jean Sainteny, alias "Dragon", pour entrer dans le réseau Alliance, sous le pseudonyme de "Couteau". Bien informé des sentiments du nouveau sous-préfet, Jean Sainteny a immédiatement pensé à lui. La présence du sous-préfet dans le réseau est un atout de choix.
Il semble que Lionel Audigier avait déjà commencé sa lutte contre l'occupant quelques mois auparavant. Il avait ainsi, en avril 1942, fourni à Jean Mihet, originaire d'Agen mais travaillant à Cherbourg, des laissez-passer pour la zone interdite lui permettant ainsi pendant un an de collecter
de nombreux renseignements sur le dispositif défensif allemand.
Lionel Audigier, grâce à la fonction qu'il exerce, couvre l'activité des membres du réseau. Il n'hésite pas à placer des résistants à des postes stratégiques. C'est ainsi qu'en juillet 1943, sur la demande du lieutenant Yvon Gitulicelli, Lionel Audigier engage Albert Fatosme comme directeur de l'action sociale sur les chantiers allemands utilisant des requis.
Ces fonctions lui permettent de visiter les chantiers et d?y collecter de
nombreux renseignements.
Lionel Audigier utilise aussi sa position pour avertir des Juifs et des réfractaires au STO d'une prochaine arrestation.
Le sous-préfet patriote entretient de fréquents contacts avec Roussel, chef de division de la sous-préfecture, qui appartient également à la Résistance, par l'intermédiaire de courriers administratifs.
Lionel Audigier est arrêté le 18 mars 1944 à la suite de la capture de l'agent de liaison du réseau, Jean Truffaut. Il meurt sous les décombres de la prison de Saint-Lô bombardée dans la nuit du 6 au 7 juin 1944.

Sources:
- SHAT (Vincennes) :1 K 848: Dossier Alliance.
-Archives Michel Boivin.
- LECLERC Marcel, La Résistance dans la Manche, réseaux et
mouvements, juin l940-aoû1944, Cherbourg, Éditions La Dépêche, 1980, 290 p.
Cédric Neveu

N'oubliez pas que Maurice Papon était titulaire de la carte du Combattant Volontaire de la Résistance à partir du 1 janvier 1943. (Décision du Jury d'honneur en date du 15 décembre 1981).
Si vous êtes sûr de vos infos vous pouvez contacter l'AERI.


Michel Le Querrec
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Andy Norm
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Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonjour,

Merci de ces réponses bien documentées. J'ai eu entre les mains des copies des ordres de transfert de diverses personnes supposées de confession juive de la prison de Cherbourg vers Drancy en date du 16 octobre 1942 signés par Lionel Audigier et provenant d'archives. Dans ces questions là on avance en terrain "miné" bien souvent. La vérification des sources prend du temps et Cherbourg reste une zone sensible (comme Valognes et Mme Lucie AUBRAC avait demandé de débaptiser le Lycée Henry Cornat, autre homme ténébreux du Cotentin). De plus Lionel Audigier étant mort il ne s'agit pas de faire son procès, mais de démasquer certains mensonges s'il y a lieu. Je m'étonnais de ne pas voir un nom de résistant : donc ce serait "couteau". Je suis cependant étonné que sa fonction de Directeur de Cabinet du Secrétaire Général à la Police de Vichy, ne soit pas mentionnée. Peut-être a-t'il pu basculer dans la résistance dès novembre 1942 ?

Dans le même ordre d'idées je m'interrogeais sur le cas de Marc Giustiniani ancien directeur de la Publication de La Presse de la Manche (qui affirme aujourd'hui être bien la continuité de Cherbourg-Eclair après l'avoir nié après guerre devant les juges). Sa veuve (elle-même aujourd'hui décédée) réagissait aux propos de diverses personnes qui affirmaient que son mari avait été résistant, en déclarant que son mari était prisonnier en Allemagne et avait été libéré comme tout le monde à la fin de la guerre ce qui pour moi est en mai 1945. Or ledit mari créait, me semble-t'il, à la libération de Cherbourg, La Presse Cherbourgeoise (avec le séquestre de Cherbourg-Eclair naturellement interdit), qui deviendra, quelques lustres plus tard, La Presse de la Manche.
Je dois dire que cela m'interpelle, mais c'est peut-être moi qui me trompe totalement.

Merci de votre aimable attention.


Andy Norm


MINIAC
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Messieurs,

Auteur d'un ouvrage sur le département de la Manche en cours d'écriture, je suis fortement intéressé par tous les témoignages relatifs à ce sous-préfet de Cherbourg, Lionel Audigier. L'apparent double jeu du mois d'octobre 1942 me trouble. Vous serait-il possible de m'adresser copie du document de ce 16 octobre, de m'indiquer son lieu de conservation pour consultation, voire de le scanner et de le joindre ici en fichier-joint ? Je suis naturellement ouvert à tout, n'ayant aucun à priori sur l'action de ce haut-fonctionnaire. Auriez-vous des informations sur la soeur du jeune Marc déporté, "sauvée par de braves normands" ? De même, qui se cache derrière la "comtesse du Cotentin tristement célèbre" supposée avoir dénoncé Audigier en 19944 à la Gestapo ?

A votre écoute, avec toute ma considération,

Jean-François Miniac.


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MLQ
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonjour

Une vicomtesse (seulement)

Voici ce que j'ai sur les gestapistes manchois

1-Les agents français de la Gestapo
Dans la Manche, la Gestapo recrute une dizaine de Manchois, issus pour la plupart de mouvements collaborationnistes.

On peut citer Albert Lenourry, ouvrier lingrevillais, membre du PPF, né à Marchesieux en 1921. En 1942, il devient interprète à Granville puis entre au service de la Gestapo en 1943. Se faisant passer pour un résistant ou un réfractaire au STO, il est à l'origine de plusieurs arrestations. La Gestapo s'appuie également sur quatre agents de renseignement peu sérieux, membres de partis de collaboration : Maurice Achart, Edwige Bazire, Mercédès Para et Georges Tostain. Ceux-ci dénoncent des personnes hostiles aux Allemands, souvent pour se donner de l'importance comme Georges Tostain qui dresse des listes de personnes hostiles aux Allemands à Cherbourg en recopiant le Bottin.

Le PPF a donné le concours de plusieurs de ses adhérents, dont Hippolyte Degroote qui dénonce le préfet, trois magistrats saint-lois et le directeur départemental du STO, pour gaullisme. Deux militants s'activent autour de lui : Hyacinthe Infray et Jacques Queuin. Ce dernier est particulièrement actif. Entré à la Gestapo en 1943 pour un salaire mensuel de 2500 francs, il se fait souvent passer pour un réfractaire au STO pour faire tomber résistants et réfractaires. On le voit ainsi en avril 1944, à la gare de Saint-Lô, procéder à un contrôle d'identité assisté de gendarmes allemands. Le 19 mai 1944, avec un important détachement allemand, il prend part à une battue dans le bois du Hommet-d'Arthenay, signalé comme un refuge de réfractaires. L'un d'entre eux est arrêté et déporté.

Certains gestapistes agissent de façon isolée comme Suzanne Crevon à l'origine de la rafle contre le Front National en mai 1943, ou encore Ernest Lion qui multiplie les ennuis à la famille Mainemer, famille juive d'Avranches.

Deux gestapistes vont particulièrement se distinguer dans la Manche : la vicomtesse de Plinval et Marie-Louise Guéret.

La collaboration policière dans la Manche ne fut le fait que d'une poignée d'individus marginalisés et manipulés, sans organisation structurée.


2- La vicomtesse de Plinval et Marie-Louise Guéret
Elisa de Plinval, née L'Eguillon, voit le jour le 7 novembre 1893 à Paris. Elevée par les dames de Sion, elle prépare le conservatoire avant d'être recrutée comme professeur de piano par une institution catholique. En 1916, elle s'installe à Bricquebec dans le château familial de la Ramée puis épouse, en 1925, le vicomte Lefèvre de Plinval. Vicomtesse endettée, elle est chargée par la Croix-Rouge d'organiser une équipe d'ambulancières dans l'agglomération cherbourgeoise pour le compte de la Défense Passive. Ses fonctions l'amènent à rencontrer fréquemment des officiers allemands, et en particulier le capitaine Haberla, adjoint du Kreiskommandant et membre de la Gestapo. Elle lui fournit régulièrement des informations. Adhérente au RNP, au MSR et aux Amis de la LVF, elle devient un agent de renseignement de la Gestapo.

Marie-Louise Guéret, alias Marylou, est née le 10 août 1901 à Saint-Pierre-Eglise. Couturière, choriste au théâtre de Cherbourg, plusieurs liaisons sentimentales l'éloignent de cette ville. A son retour en 1938, elle se livre à la prostitution. Pendant l'Occupation, elle se prostitue avec des officiers allemands et des personnalités cherbourgeoises tout en exerçant la fonction d'infirmière bénévole à la Défense Passive. C'est là qu'elle se lie d'amitié avec la vicomtesse de Plinval qui l'héberge dans un appartement cherbourgeois qu'elle loue. Lorsqu'elle est radiée par le préfet des cadres de la Croix-Rouge pour autoritarisme, consommation d'essence injustifiée et distribution de denrées contingentées, elle noue une rancœur tenace. Elle décide de se venger de tous ceux qui ont contrarié ses desseins et trouve un moyen de régler ses problèmes en empruntant la voie de la collaboration avec la Gestapo et en y entraînant ses amis.

En janvier 1943, les deux femmes dressent une liste de quatorze personnalités, "suspects gaullistes" qu'elles remettent au siège de la Gestapo de Cherbourg. Se trouvent sur cette liste entre autres le préfet Henri Faugère, le sous-préfet de Cherbourg Lionel Audigier et le docteur Jack Meslin. Par la suite, la vicomtesse dénonce comme anglophiles et dangereux tous ceux qui se mettent sur sa route. Ainsi le vétérinaire Lemière et le maire des Pieux qui ont attaqué la réputation de son ami le colonel Rendu, ou encore le dénommé Gosnon qui refuse d'assister à une fête de la Croix-Rouge en compagnie des Allemands, comptent parmi ses victimes.

Traduites devant la cour de justice à la Libération, les deux femmes sont condamnées à mort.

Sources :
- BOIVIN Michel, Les Manchois dans la tourmente de la Guerre, 1939-1945, Thèse de Doctorat d'État Lettres et Sciences Humaines, sous la direction de Dominique Barjot, 13 décembre 2003, pp. 504-506.
-Cédric Neveu


Michel Le Querrec
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MINIAC
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Monsieur,

Je viens vous remercier pour vos informations fort complètes concernant Elisa de Plival, information que je vais exploiter pour un chapitre. Sauriez-vous me préciser si c'est bien sa liste dénonciatrice de 1943 qui est la cause directe de l'arrestation de Lionel Audigier en mars 1944 ?

Par ailleurs, quelqu'un saurait-il me renseigner sur l'élément suivant, je cite : " En avril 1942, Lionel Audigier a fourni à Jean Mihet, originaire d'Agen mais travaillant à Cherbourg, des laissez-passer pour la zone interdite lui permettant ainsi pendant un an de collecter de nombreux renseignements sur le dispositif défensif allemand." Or, d'après mes renseignements, ce sous-préfet est nommé le 29 mai 1942. Etait-il dans la région antérieurement à sa nomination ? Doit-on comprendre avril 1943 ?

Par ailleurs encore, j'ai lu dans un ouvrage, "Shoah en Normandie" je crois, qu'un fromager de Tourlaville, Jacob Siskine, ayant rechigné à porter l'étoile jaune ( donc à partir de début juin 1942) avait été invité à venir chercher ses trois insignes, ceci par Lionel Audigier à la demande du préfet de la Manche, donc nécessairement le résistant Faugère, puisque Siskine est déporté au départ de Drancy début novembre 1942, par le convoi n°40. Qui aurait des éléments d'archives prouvant ces faits ? Qui pourrait m'indiquer où accéder à ces éléments ?

Plus globalement, existe-il un ouvrage de témoignages sur l'activité résistante de Lionel Audigier ?

En vous remerciant à nouveau de votre diligence,

Jean-François Miniac.


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MLQ
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonjour

Informations sur la liste:

Source; pages 202 et 203 du livre de Michel Boivin

"La vengeance est à l'origine de la collaboration policière de deux Manchoises très liées avec les autorités occupantes : Elisa et Marylou. La première, vicomtesse endettée, est chargée par la Croix Rouge d'organiser une équipe d'ambulancières dans l'agglomération cherbourgeoise, pour le compte de la Défense passive. Cette activité l'amène à rencontrer fréquemment des officiers allemands, en particulier le capitaine Haberla, adjoint au Kreiskommandant et membre de la Gestapo, auquel elle fournit régulièrement des informations. Adhérente au RNP, au MSR et aux Amis de la LVF, elle devient un agent de renseignement pour la Gestapo. La seconde, qui se livre à la prostitution avec des officiers allemands et des personnalités cherbourgeoises tout en étant infirmière bénévole dans le service de la Défense passive, se lie d'amitié avec la vicomtesse qui l'héberge dans un appartement cherbourgeois qu'elle loue. Toutes les deux entrent en relations avec plusieurs activistes de la collaboration. Lorsqu’Elisa est évincée de la Défense passive par le préfet et radiée des cadres de la Croix Rouge pour «autoritarisme», «consommation d'essence injustifiée», «distribution de denrées contingentées», elle cherche d'abord à se faire réintégrer avec l'appui du Kreiskommandant de Cherbourg et du Feldkommandant. N'y parvenant pas, elle ne pense plus qu'à se venger de tous ceux qui ont contrarié ses desseins, avec l'aide de Marylou. Elisa s'efforce de résoudre ses problèmes personnels en choisissant la voie de la collaboration avec la Gestapo et en y entraînant son amie.
En janvier 1943, les deux femmes dressent une liste de «suspects gaullistes» qu'elles remettent au siège de la Gestapo de Cherbourg. Sur cette liste figurent quatorze noms: Faugère (préfet de la Manche), Audigier (sous-préfet de Cherbourg), Lesaffre (médecin, inspecteur de la santé), Meslin (médecin), Ardouin (médecin), Baudoin (président de la Croix-Rouge), Canonne (chef de la Défense passive), de Kergorlay (président de la Croix-Rouge de la Manche), Kerboeuf (médecin de la Défense passive), Desfontaines (secrétaire général de la sous-préfecture de Cherbourg), Mme Auboineau (inspectrice de la Croix-Rouge), Mlle Albert (ambulancière), Chapron (secrétaire général de la préfecture), Ginas (inspecteur de la Croix Rouge). La vicomtesse dénonce d'autre part à la Gestapo, «comme anglophiles et dangereux pour l'armée allemande», tous ceux qui se mettent sur sa route et contrarient ses desseins ou ses intérêts : les Grisel qui bénéficient de la générosité de son frère à ses dépens; Grillard et Eliard qui soutiennent les Grisel ; Verger et de Rouzé qui empêchent sa mainmise sur le capital de sa fille mineure Élisabeth ; Gosnon qui refuse d'assister à une fête de la Croix-Rouge en compagnie des Allemands; le vétérinaire Lemière et le maire des Pieux, Picquenot, qui attaquent la réputation de son ami le colonel Rendu ; le chef de gare Tihy qui parle en mauvais termes des Allemands ; l'adjoint au maire de Bricquebec Nicolle qui lui refuse un bon de chaussures; et d'autres personnes encore. Ses rancunes et ses haines sont publiques. Au colonel Canonne, elle dit un jour: «Je ferai sauter le préfet et le sous-préfet». Parlant de Marcel Grillard, elle déclare: «Je ne serai tranquille que lorsque je l'aurai fait arrêter et fusiller par les Allemands». Quant à maître Verger et M. Gosnon, «ils peuvent pourrir en prison le restant de leurs jours, je m'en moque. Ils ne méritent que cela»


Michel Le Querrec
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MINIAC
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Monsieur,

Je viens à nouveau vous remercier pour tous ces renseignements et la diligence avec laquelle vous répondez à ces questions. Mille merci, c'est fort aimable à vous.

Naturellement,chaque information amène d'autres questions. Je me permets donc de vous demander si vous connaissez la date d'exécution de la vicomtesse de Plinval, de même que celle de son amie "Marilou" et, auparavant, la date à laquelle elle et son amie ont été déférées devant la cour de justice ?

En outre, j'aurai des question relative au préfet de la Manche Henri Faugère. J'ignore en effet les circonstances de son arrestation, en mai 1944 de mémoire, ainsi que celles entourant sa déportation.

Quelqu'un aurait-il des informations sur un dénommé Roussel, résistant et fonctionnaire à la sous-préfecture de Cherbourg ?

De même, quelqu'un aurait-il des informations sur le docteur Jack Meslin, à savoir où se situait son cabinet à Cherbourg ?

Encore, profitant de cet espace public sur le net, quelqu'un aurait-il des informations sur un dentiste juif de Valognes dont le cabinet dentaire a été vendu en 1943 par les autorités de Vichy ?

Cordialement,

Jean-François Miniac.

PS : Vous êtes Michel Boivin, c'est bien cela ?


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MLQ
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

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Bonjour

Lisez le second message
http://www.blog.passion-histoire.net/vi ... 8&start=15

PS non je ne suis pas Michel Boivin
cliquez sur le lien de ma signature et vous saurez qui je suis :D


Michel Le Querrec
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Re: Stèle Audigier à Cherbourg

Message non lu par MLQ »

Re

Pour Jack Meslin :

Marié et père de deux enfants, né à Leyde (Pays-Bas) le 7 avril 1914, le docteur Jack Meslin est domicilié à Cherbourg. Mobilisé en 1939, il participe à la campagne de 1940 comme médecin-lieutenant. Fait prisonnier, il est affecté, en raison de sa connaissance de la langue allemande, au service chargé de la censure des lettres des prisonniers français. En tant que médecin, il s'emploie, autant qu'il le peut, à réformer les soldats français. Libéré après dix mois de captivité en février 1941, il ouvre un cabinet médical à Cherbourg.
Début 1943, il entre en contact avec René Leseigneur, qui le fait entrer au sein du réseau Alliance sous le pseudonyme de "Le Vairon". Il devient rapidement le chef du groupe de Cherbourg. Sa profession lui permet de nombreux contacts avec les autorités occupantes et de jeunes requis du S70.

Nommé médecin du Soldatenheim, le dispensaire allemand, il entretient avec le Kreiskommandant Withelz des rapports courtois et amicaux, ce qui lui permet, au cours de leurs conversations, d'obtenir de précieux renseignements sur les fortifications établies dans La Hague et sur les côtes nord et est du Cotentin ou sur les pistes d'envol en construction dans la presqu’ile pour le lancement des V1 et V2.
Il s'adonne aussi au sabotage du STO. Il fournit aux jeunes requis des certificats médicaux attestant de leur inaptitude. Il a recours à des stratagèmes plus subtils en injectant un liquide aux jeunes, avant leur convocation, provoquant un léger malaise et permettant ainsi l'exemption.

En novembre 1943, il est dénoncé comme gaulliste par la vicomtesse de Plinval. Cela est sans effet auprès le la Kreiskommandantur, mais la Gestapo, alertée, le surveille de plus en plus étroitement.

Le 17 mars 1944, il est arrêté avec de nombreux camarades lors du démantèlement de son réseau par la Gestapo. Il meurt avec de nombreux camarades sous les décombres de la prison de Saint-Lô, bombardée par les Alliés, dans la nuit du 6 au 7 juin 1944.

Sources:
- SHAT (Vincennes) :1 K 848 : Dossier Alliance.
-Archives Michel Boivin.
- LECLERC Marcel, La Résistance dans la Manche, réseaux et mouvements, juin 1940-août 1944, Cherbourg, Éditions La Dépêche, 1980, 290 p.

Voici les 4 Roussel
-Henri Roussel (36 ans), profession : inconnue, organisation : inconnue, domicile : Le Fresne-Poret
-Victor Roussel, profession : employé à la SNCF, organisation : inconnue, domicile : Bouillon
-Hippolyte Roussel, profession : agriculteur, organisation : isolé, domicile : Le Mesnil-Garnier
-Jean-Baptiste Roussel, , profession : inconnue, organisation : inconnue, domicile : Brécey.

D'autre part

Octobre 1945 : la Cour de justice de la Manche réunie à Cherbourg condamne à mort deux collaboratrices notoires, Élise de Plinval et Marie-Louise Guéret, qui, en mars 1944, ont dénoncé 15 personnes à la Gestapo. Leurs peines seront commuées, pour la première, en travaux forcés à perpétuité, et pour la seconde, en vingt ans de travaux forcés.


Michel Le Querrec
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