Un mystère vieux de 75 ans résolu à Pontivy

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Marc Laurenceau
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Un mystère vieux de 75 ans résolu à Pontivy

Message non lu par Marc Laurenceau »

Article rédigé par : Franck Baudouin
Journal : Pontivy Journal
Date : 08/02/2019
Lien : https://actu.fr/bretagne/pontivy_56178/ ... 55259.html

"C’est un mystère vieux de 75 ans qui vient d’être résolu. Alain Laboux, gendarme à la retraite et passionné d’Histoire, vient de résoudre l’énigme du soldat américain dont on avait découvert les restes carbonisés, le 5 août 1944, dans les ruines encore fumantes de l’École supérieure de jeunes filles de Pontivy (Morbihan), aujourd’hui collège Charles-Langlais.

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Il s’appelait Edward N. Hunter. Avait 39 ans. Et avait un faux air de Bourvil.

Retour en 1944. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Gestapo et les miliciens s’installent dans l’École supérieure de jeunes filles de Pontivy.
Les caves de l’établissement servent alors de geôle aux personnes arrêtées, qu’elles appartiennent à la Résistance, qu’elles soient de simples citoyens dénoncés, ou des soldats capturés…
Après le débarquement du 6 juin 1944, des troupes alliées se dirigent vers la Bretagne.
Le 3 août 1944, les Allemands quittent Pontivy pour Lorient. C’est la pagaille. Dans l’après-midi, ils mettent le feu à leurs dépôts, dont l’École supérieure de jeunes filles.

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L’École supérieure de jeunes filles de Pontivy en 1944

Dans les geôles, il reste encore quelques prisonniers. Un soldat allemand (ou autrichien) aurait alors décidé, de son propre chef, de délivrer les détenus, au nombre de sept ou huit, avant que l’incendie ne ravage le bâtiment.
Un seul prisonnier, qui était enchaîné, reste coincé et meurt brûlé vif.

C’est un gamin qui traînait par là qui a découvert le cadavre, le 5 août. Il a alors averti un officier américain.
Cet officier est le capitaine Stephen Knerly, leader du groupe Jedburgh-Gerald parachuté le 18 juillet 1944 sur le marquis de Guerlogoden, à Kergrist (Morbihan). Le 4 août, Knerly rejoint une colonne de la 6e division blindée américaine qui arrive à Pontivy vers 16 h.
Dans son rapport, le capitaine Knerly déclare qu’une dog tag – plaque d’identité américaine – a été retrouvée ainsi qu’un couteau de fabrication américaine sur le cadavre calciné. Guy Blat, photographe à Pontivy, réalisera un cliché de la macabre découverte.

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Le cadavre calciné d'Edward N. Hunter dans les ruines de l'Ecole supérieure de jeunes filles à Pontivy

Le corps est ensuite transféré au cimetière militaire américain de Saint-James, dans la Manche. Puis, sa veuve, Sarah, demandera le rapatriement du corps de son mari dans le cimetière protestant de Cape May où il se trouve depuis le 9 juillet 1948.

À Pontivy, depuis 75 ans, personne ne sait qui est ce soldat. Même les autorités municipales, depuis la Libération, ne parviendront pas à obtenir son identité auprès des affaires civiles américaines. Pourtant, son nom a été donné dès la découverte du cadavre grâce à sa dog tag. Mais les gens n’ont pas compris. Ils ont entendu le mot "parachutiste". Il sera alors désigné comme LE parachutiste américain. En fait, le parachutiste, c’était le capitaine Knerly.

Alain Laboux entend parler de cette histoire pour la première fois en 2013. "Le premier à m’en parler a été Guy Jouan, de Pontivy, dont le père était résistant. Guy voulait trouver le nom de ce soldat mort alors qu’il participait à la libération de la France. Mais ne savait pas comment s’y prendre…"

Commence alors pour Alain Laboux une longue enquête. Chaque jour, le gendarme retraité envoie des mails au Nara (archives américaines), à College Park, près de Washington. Mais aussi à la bibliothèque Dwight-Eisenhower, à Abilene, dans le Kansas, où se trouvent les archives de la 6e division blindée. Sans oublier Fort Nox et Saint-Louis (Missouri), les affaires mortuaires de l’armée américaine.

Alain Laboux récupère des centaines de noms de soldats américains morts début août 1944 en Bretagne. Pour les vérifier un par un, l’ancien gendarme fait alors appel à des réseaux outre-Atlantique. "Je me suis adressé aux consuls de France dans l’Ohio, dans le Kensas. J’ai aussi demandé aux Bretons de New-York et de Saint-Louis, aux Français de Washington de m’aider à aller vérifier dans les archives. J’ai également contacté le fils du capitaine Knerly que j’ai retrouvé à Cleveland, dans l’Ohio… Des volontaires ont accepté d’aller vérifier dans les archives."

Alain Laboux passe en revue tous les noms des soldats tombés en embuscade et/ou morts lors d’accrochages dans les environs de Pontivy.
Le travail est fastidieux. Une centaine de fiches. 20 noms par fiche « à vérifier un par un. » Une véritable enquête policière. "On fait avec ce qu’on a et après on élimine. C’est ce qu’on appelle fermer des portes dans le jargon des enquêteurs."

Arès de cinq ans après le début de son enquête, un nom sur une fiche IDPF (fiche individuelle d’une militaire décédé) retient d’attention d’Alain Laboux : celui d’Edward N. Hunter, 37 ans, membre de la 6e division blindée, décédé le 5 août.

"Cette date est fausse, car elle correspond à la date de découverte du corps. Mais dans le Report of burial, qui a été rédigé lors de la levée du corps à Pontivy, la dog tag est mentionnée ainsi que le couteau."

Alain Laboux contacte alors le maire de Lower. "Enchanté par cette histoire, ce dernier a fait paraître dans la presse locale deux articles mentionnant mes recherches."
C’est ainsi qu’un neveu d’Edward N. Hunter, qui habite d’ailleurs la maison de son oncle et possède son couteau, entre en relation avec Alain Laboux. Grâce à ce neveu, l’ancien gendarme a pu reconstituer l’histoire du sergent Hunter.

Edward N. Hunter résidait à Lower, dans la banlieue de Cape May, dans le New Jersey, jolie station balnéaire sur la côte Est des États-Unis. Il était né le 11 mai 1905. En 1942, il s’était engagé dans la garde nationale du Delaware. Malgré son âge et l’opposition de sa femme, il avait convaincu les autorités américaines de l’envoyer délivrer l’Europe. Il débarque à Utah Beach le 27 juillet 1944. "Il avait écrit une lettre le 2 août 44 disant à sa femme de ne pas s’inquiéter. Quand elle l’a reçue, 15 jours après, il était mort."

Hunter aurait été fait prisonnier par les Allemands entre Plémet et Loudéac (Côtes-d’Armor), le 3 août vers 21 h, et ensuite ramené sur Pontivy.
Le convoi de la 6e DB américaine manquait d’eau potable. "L’équipe chargée d’effectuer cette tâche est tombée dans une embuscade. Certains membres ont réussi à s’échapper, sauf Hunter. Blessé ou non, il a dû être interrogé au cours du trajet vers Pontivy. Dans la précipitation du départ pour la poche de Lorient, les Allemands n’ont pas pris la peine de le fouiller – il a gardé sur lui son couteau – et l’ont enchaîné dans une geôle… Et les Allemands ont mis le feu vers 23 heures."

En juillet dernier, Edward Reeves, autre neveu de Hunter, qui réside dans le Texas, est venu à Pontivy.
"Il voulait absolument voir où son oncle était décédé. Nous avons visité le collège Charles-Langlais ; je l’ai emmené dans le sous-sol où il est mort. Il était très ému. Il avait la larme à l’œil."
Avant de repartir pour les États-Unis, Edward Reeves a remis un drapeau américain à Alain Laboux. Il sera offert au collège Charles-Langlais le jour où une plaque commémorative sera dévoilée en souvenir de Popeye."


Marc Laurenceau
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dan35
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Re: Un mystère vieux de 75 ans résolu à Pontivy

Message non lu par dan35 »

Bonjour,
Je réponds à cette discussion sur le soldat Hunter soit disant mort à Pontivy. Je travaille sur ce dossier depuis de nombreuses années et je fus sollicité il y a quelques années par cet enquêteur pour lui apporter des réponses sur ce qui pouvait être à propos de ce cadavre retrouvé carbonisé dans les sous sols de l'école de Pontivy, cet homme aurait put être un aviateur, en effet la piste était tout à fait plausible sauf que je ne possédais rien malgré des recherches faites. Il y a eu en 1944 suite à la découverte du corps des erreurs d’interprétation pour il est indiqué dans cet article entre ce parachutiste américain le capitaine Knerly. Dans son compte rendu le capitaine Knerly, ne dit pas que le couteau retrouvé sous le corps calciné est un couteau de marque américaine, déjà une première erreur d'interprétation, un couteau supposé de marque américaine. Quand à la paire de dog tag, elle est pas retrouvée autour de son cou, mais près du cou, sans doute à cause du cordon qui a brulé. Premier article dans le journal signalant que le cadavre retrouvé carbonisé avait enfin un nom, il s'agissait du pilote du P-47, Charles Kern mort au combat le 2 aout 1944, son corps aurait été exhumé des lieux du crash pour ensuite être déposé dans les sous sol de l'école, servant de prison, pourquoi inventer un scénario complétement farfelue, alors que nous en avions discutés ensemble, malgré tout un article est paru dans le journal. Bizarrement la piste de notre enquêteur a changé, il s'agissait d'un soldat américain, tombé dans une embuscade, ramené à Pontivy et oublié dans sa cellule, et retrouvé carbonisé. A la demande de l'enquêteur travaillant en coopération avec le DPAA, j'ai demandé le dossier IDPF d’Edward N. Hunter, en toute honnêteté il pouvait très bien ce cadavre retrouvé carbonisé. Ayant ouvert une enquête quelques années auparavant auprès du DPAA avec la photo du corps calciné, l'enquête n'ayant pas aboutit du coté des USA, la réponse était simple, nous avons rien trouvé dans nos archives dans les dossiers des X, le corps a put être identifié et rejoindre ainsi la liste des tués et nous pouvons pas savoir qui était cet homme. Quand j'ai reçu le dossier IDPF d’Edward N. Hunter, de la part du médecin légiste, sa première réponse fut, Edward Hunter n'est pas l'homme que vous rechercher, en consultant son dossier, la première chose qui est évident, le corps d'Edward ne fut jamais retrouvé carbonisé. Déclaré comme mort inconnue, deux fois dans son dossier, corps récupéré le 5 aout, il est clairement noté sur la page que ses affaires personnelles au nombre de 15, furent retrouvées sur son corps. Il avait un bracelet d'identification et non une paire de dog tag. Tous ses objets furent remis à sa veuve. Vous avez le photo du cadavre calciné, imaginé retrouver tous ses objets parfaitement intacts sur son cadavre. Un corps retrouvé calciné, même si celui ci avait une dog tag, le corps était immédiatement classé sous X-..., son identification demandant des mois, voir des années, le relevé dentaire ayant été annexé dans son dossier. Un corps ramené calciné par l'équipe des Quartermaster-graves au cimetière de Saint James, Edward Hunter est inhumé dans la foulée le 7 aout. Dans le premier article du journal Ouest France, l'enquête raconte que le corps du malheureux a été protégé pendant encore 15 jours par les soldats de la libération à Pontivy, il est vrai qu'il dit que le corps du malheureux fut veillé pendant plusieurs jours par les gens du village.
https://www.ouest-france.fr/leditiondus ... 09/page/12
Il est indéniable que que l'enquête réalisée est complètement bidon, un premier article qui signale que le corps calciné est celui de Charles Kern, un second article signalant le mystère du corps calciné levé, la trame de fond est la même, mais notre cadavre a changé d'identité. Pour quelle raison un soldat US, capturé dans une embuscade loin de Pontivy aurait été ramené à Pontivy juste au moment où les allemands se taillaient. Nous savons que les quatre soldats américains sont tombés dans une embuscade le soir du 3 aout, comme il a été rapporté par les camarades d'Edward Hunter. Admettons cette version, il s'agirait de feldgendarmes ou des membres du SD de Pontivy qui étaient dans les parages, le rôle de ses hommes n'étant pas de capturé des soldats US, mais de traquer des terroristes, nos résistants. A cette date les soldats allemands étaient harcelés par les FFI de la région, et les américains arrivant, doublement traqués et les allemands refoulaient vers Lorient. Cela n'empêchant pas de tomber sans doute comme le soir du 3 aout sur un véhicule américain parti à la recherche de ravitaillement. Une rencontre brève, une embuscade, des tirs Edward Hunter, tombe touché, blessé ou mort, au détour d'un fossé ou d'un champ et retrouvé le 5 ou du moins pris en charge par les Quartermaster ce jour là. Je sais que son corps fut identifié, par un soldat de l'équipe qui avait la charge des identifications dans ce secteur nord le 5 aout. Ce sergent a récupéré et identifié sur le secteur d'Evran le corps d'un pilote de Piper, tombé lui aussi dans une embuscade le matin de ce 3 aout. Le corps fut donc identifié, récupéré quand Le 3042d Quartermaster Graves Registration Company, qui a pris en charge le corps de d'Edward Hunter. Le régiment est arrivé de Blosville, le 4 août 1944 à St. James. La première équipe : le Collecting Squad récupère les corps sur le champ de bataille. Les corps sont réunis à un point Collecting Station, car il y a eu des combats dans la région, que nous situons dans un triangle entre Merdrignac, Evran, Lanvallay et Bécherel. La 6th AD ayant perdus plusieurs hommes. Après l'arrestation des officiers allemands, le tribunal pour les crimes de guerre ayant eu lieu dans l'ouest est ouvert à Rennes, en 1946, les trois officiers allemands sont auditionnés et un dossier est ouvert, pour le meurtre d'un parachutiste anglais et l'incendie volontaire et destruction de l'école des filles de Pontivy. Et c'est dans ce dossier que nous découvrons que cet homme alors que dans les articles précédents il n'était fait nullement mention du meurtre d'un soldat. Le compte rendu de l'audition en donne une version au l'officier allemand dit que l'homme en question était déjà présent depuis quelques jours à Pontivy, avant la destruction par explosion et feu de l'école, il avait été vu échangeant quelques mots en anglais dans la cour de l'école avec celui qui sera son meurtrier, cet homme n'était pas un français, mais je crois qu'il était canadien ou un Néozélandais. Pour la mention du meurtre d'un parachutiste anglais, cette piste a été explorée à fond, il n'y pas eu de parachutistes, tués oui, mais pas reliés au cadavre retrouvé calciné. Pour les allemands un parachutiste allié était un aviateur parachuté. D'ailleurs le photographe Guy Blat réalisera un croquis indiquant l'emplacement du corps retrouvé dans le sous sol, où il est écrit, corps du para ou du pilote. Dans un article repris par la journal de Pontivy en 1945 par le résistant H. VELLY. Notre satisfaction fut grande et j'associerais dans mes pensées émues et pleines de reconnaissance envers ceux qui avaient fait don de leur vie pour notre liberté le brave aviateur allié qui avait péri cette nuit et dont les ossements calcinés furent découverts dans les sous-sols, par les pompiers. La piste de l'aviateur allié est la bonne piste, mais avant de publier et d'informer et commettre de telles erreurs en honorant un soldat et en faisant croire à une famille que leur neveu était celui dont le corps fut retrouvé calciné à Pontivy, et malgré nos mises en garde. Les recherches demandent du temps, de la précision, nous avons à ce jour, un témoignage se rapportant parfaitement à un aviateur anglais, blessé grièvement lors d'un atterrissage forcé avec son bombardier, cela dans la région nord ouest de Pontivy. Ce témoignage écrit datant de 1965, aviateur soigné et caché dans le maquis. Sans doute fut il capturé dans une rafle à la fin juillet. Mais tant que nous nous n'aurons pas les documents prouvant de la part du Commonwealth War Graves nous prouvant la récupération du corps d'un inconnu à Pontivy, nous ne donnerons pas une identité de l'aviateur en question. Il y a de fortes chances que nous l'avons identité, mais nous avons une grande part d'incertitude aussi. Une chose est sure, le coté américain nous ayant ouvert aucune piste pour un soldat ou un aviateur.
https://actu.fr/bretagne/pontivy_56178/ ... 00136.html
Dahiot Daniel ABSA 39-45.

Article paru bizarrement après la cérémonie. https://www.ouest-france.fr/bretagne/po ... er-6362750


Cordialement,

Regards,

Mit freundlichem Gruß,

Dan

Association Bretonne du Souvenir Aérien 39-45
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Anoti
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Re: Un mystère vieux de 75 ans résolu à Pontivy

Message non lu par Anoti »

Complexe investigation ! A Pontivy ils ont rendu hommage à Hunter en pensant que c'était lui qui était décédé dans ce collège. Même si ce n'est pas lui qui y est décédé, l'hommage a raison d'avoir lieu !
Bon courage pour la suite des recherches ...


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