Torigni-sur-Vire sous les bombes en 1944 : témoignage

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Marc Laurenceau
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Torigni-sur-Vire sous les bombes en 1944 : témoignage

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Une plaque, sur laquelle figurent le nom des victimes, est fixée sur le mur la ferme. Le premier est celui de Jacqueline Auger, tuée à l'âge de 6 ans.

Il y a 69 ans jour pour jour, un mois et demi après le bombardement du carrefour central du 12 juin, Torigni-sur-Vire vivait le mardi 1er août 1944 un second drame. La ville avait été libérée la veille par le 1er bataillon du 320ème régiment d'infanterie de la 35ème division d'infanterie américaine "Santa Fe". Des Torignais se retrouvent à la ferme de la Bigne ; l'ambiance est joyeuse.

Mais vers 17 heures, un obus allemand s'abat sur la cour de la ferme, tuant 23 personnes et en blessant une vingtaine d'autres. « J'ai des images, mais je ne peux rien raconter. J'étais trop jeune. Je n'avais que 4 ans », confie Jean Auger. Sa mère, Françoise, est décédée un an plus tôt et son père, Raphaël, est timonier dans la marine nationale. C'est donc sa grand-mère qui l'élève. Lui et sa soeur Jacqueline, 6 ans. « Pourquoi nous étions à La Bigne ? Je n'en sais rien », se demande-t-il encore après tant d'années.L'obus ne laissera que des blessures superficielles sur le corps du garçonnet, mais lui enlève sa soeur.

Après la guerre, son père est employé à la gare de Torigni-sur-Vire, puis est garde-barrière. Jean Auger quitte Torigni-sur-Vire pour Cherbourg à 11 ou 12 ans et vit près de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) depuis plus de 30 ans. « J'étais revenu à La Bigne, mais je n'avais pas de renseignements. Et quand j'ai vu toutes ces maisons... cela avait énormément changé. J'avais retrouvé la ferme, mais c'est une propriété privée. Je ne suis pas entré », raconte-t-il.

Récemment, il s'est adressé à la mairie et a eu les coordonnées de Guy Marie, président du comité du 60ème anniversaire, qui lui apprend qu'une cérémonie aurait lieu chaque année le 1er août, à La Bigne. « Ma démarche a dû les surprendre, presque 70 ans plus tard. Mais mieux vaut tard que jamais », lâche Jean Auger. Ce jeudi 1er août, avec son épouse Christiane et leur petit-fils Léo, 16 ans, il reverra pour la première fois la cour de la ferme de La Bigne. Il sait qu'il va vivre un moment douloureux. Il s'y est préparé. « Je vais découvrir tout cela jeudi. Cela ne va pas être simple, mais ça va combler un vide. J'avais le sentiment de culpabiliser. Il fallait le faire avant qu'il ne soit trop tard. » Pour lui... et surtout en hommage à Jacqueline.

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Marc Laurenceau
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