l'extermination des indiens en Amérique du Nord
Posté : 27 juin, 21:25
Si on avait empeché l'extermination des indiens d'Amérique, si on avait empeché l'extermination des arméniens aurait il eu extermination des Juifs durant la WW2 ?
Stan,
Voici un document traitant de l'extermination du peuple amérindien :
Marie-Françoise TOURET
Selon les historiens blancs, il y avait en Amérique du Nord, à l'arrivée des Blancs, au XVIe siècle, sept millions d'Indiens. Selon les Indiens, ils étaient vingt à vingt-cinq millions. En 1892, quand les survivants furent parqués dans les réserves, il en restait 2O0 000. Cette extermination quasi-totale s'est échelonnée sur deux siècles et demi.
Les grandes puissances, France, Angleterre et Espagne, ont utilisé les Indiens comme combattants dans leurs guerres mutuelles, et on assista ainsi à la disparition progressive de certaines tribus ou groupes de tribus, détruites par leurs frères de sang, armés par les Européens qui tiraient partie de leurs rivalités. La victoire des Anglais sur les Français a porté un coup fatal à la résistance indienne qui dut affronter seule les colons britanniques avides de terres. La conquête de l'Ouest sera poursuivie par les Américains devenus indépendants. Les tribus indiennes sont amenées à signer avec les Blancs des traités que ceux-ci prétendent éternels et qu'ils violent sans vergogne pour déposséder les Indiens de leurs terres, au fur et à mesure que la colonisation progresse vers l'Ouest. "Quel traité le Blanc a-t-il respecté que l'homme rouge ait rompu ? Aucun. Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté après ? Aucun", dira Sitting Bull, le célèbre chef Sioux. Même des tribus comme les Creek et les Cherokee, adaptées au mode de vie des colons et fidèles alliées des Américains, seront chassées des Appalaches et déportées dans des conditions inhumaines lorsqu'on découvre de l'or dans leur territoire. Outre les guerres, la construction du "cheval de fer" à travers le continent et l'extermination systématique des bisons, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, contribuent puissamment à leur destruction.
Pendant les trois siècles qu'ont duré les guerres indiennes, du XVIIe à la fin du XIXe, la période la plus dure fut celle qui suivit la guerre de Sécession, entre 1865 et 1876. Bien que les Indiens aient remporté de grandes victoires, comme celle de Little Big Horn, en juin 1876, qui vit la mort de Custer et de ses 285 soldats, leur destin était scellé. Sitting Bull, qui avait réussi l'exploit de fédérer les Indiens des plaines, âme de la résistance à laquelle il avait consacré sa vie, fut tué le 15 décembre 1890 par des auxiliaires indiens de la police. Le massacre de plusieurs centaines d'Indiens, à Wounded Knee (1), quinze jours plus tard, vint à bout de l'ultime bastion de la résistance Sioux. De son côté, dans le Sud-Ouest, Géronimo, le fameux Apache, dont le seul nom suffisait à faire trembler d'effroi les Américains blancs, fit sa reddition en 1886.
Contraints à accepter la déportation dans des réserves, certains réussirent à y survivre, dans la résignation ou la révolte, soumis à la misère, tant matérielle que psychologique, sans ressource propre et contraints à une assistance forcée et parcimonieuse. Cependant, paradoxalement, si les peuples Indiens n'ont pas totalement disparu d'Amérique du Nord, si leur réveil aujourd'hui est possible, c'est à la réserve qu'ils le doivent. Exploitée comme un dépotoir où furent sequestrés les "méchants sauvages" à la fin du XIXe siècle, elle a finalement joué un rôle de protection. Et, sans elle, il n'y aurait pas aujourd'hui un million cinq cent mille Indiens qui revendiquent leur héritage culturel et ancestral mais un million cinq cent mille Américains de plus, chômeurs de surcroît. Et, paradoxalement, dans les années soixante, ils ont lutté, avec succès, contre la politique de termination, qui visait à la suppression pure et simple des réserves.
Les Indiens constituent cependant aujourd'hui encore parmi la population américaine la couche la plus défavorisée. Ils battent tous les records : taux de chômage les plus hauts, revenus annuels les plus bas, taux le plus élevé de mort par suicide, accidents ou maladies de pauvreté (tuberculose, alcoolisme) et aussi celui des années de prison pour les mêmes délits que ceux commis par des non-lndiens.
Longtemps oubliés, ayant virtuellement disparu de l'histoire américaine, depuis les années soixante les Indiens se réveillent et font valoir leurs droits. Les deux mouvements principaux sont le Congrès des Indiens d'Amérique qui existe depuis 1944 et Le Mouvement des Indiens d'Amérique où se sont regroupés en 1968 les militants les plus durs. Au printemps de 1973, leur occupation du site de Wounded Knee pendant deux mois s'est soldé par la mort de deux Indiens et d'un policier. En 1978, ils organisent "la longue marche", cinq mille cinq cents kilomètres à pied de San Francisco à Washington, pour attirer l'attention sur les problèmes indiens et le non-respect des trois cent soixante-quinze traités passés par le gouvernement américain avec les nations indiennes. Depuis le début des années 70, ils se voient parfois reconnus certains droits. C'est ainsi qu'en 1985, la Cour Suprême a reconnu comme légal la levée d'un impôt par les Navajos sur les revenus d'une société minière installée sur le territoire d'une réserve.
Depuis un certain temps, leur mouvement a pris une tournure moins politique pour prendre la forme d'un renouveau culturel et religieux, servi par la prise de conscience écologique et le mouvement du nouvel âge. Et la commémoration du cinquième centenaire semble être l'occasion d'un sursaut unitaire chez des peuples qui ont toujours été caractérisés par leur diversité, leur individualisme et leur manque d'unité. Des liens même se développent avec les Indiens d'Amérique du Sud. Par delà l'engouement passager actuel du monde occidental qui va chercher son inspiration chez les Indiens dans les domaines les plus commerciaux, vestimentaire, culinaire, etc., l'occasion nous est donnée de trouver des éléments de réponse aux problèmes de notre temps dans ce qui fait l'unité de la culture indienne à travers tout le continent américain, le sens de l'unité entre l'homme et la nature. Nous citerons pour conclure Hartley Burr Alexander, professeur à l'université de Nébraska : "... Maintenant, les vieux temps passent ; l'hypertrophie scientifique qui s'accroît depuis la Renaissance commence à apparaître monstrueuse ; et les hommes cherchent avec empressement une nouvelle vision de leur vie, vision dans laquelle on verra sanctionnées toutes les valeurs idéales, les valeurs esthétiques, morales et religieuses tout autant que celles de la raison et de la science;
"C'est au moment d'une telle crise de la pensée moderne que je demande au lecteur de réfléchir sur les conception des Indiens." Il continue en parlant du don que nous peut nous faire la race indienne, "le don spirituel de l'intuition, qui fera revivre notre sens, depuis longtemps affaibli du symbolisme des choses sensibles et rafraîchira notre entendement de la spiritualité intégrale de cete vie que nous discernons dans le sein d'une Nature maternelle."
Marie-Françoise TOURET
(1) Le dernier après bien d'autres dont celui des Cheyennes, en 1864, à Sand Creek.
SOURCE : http://www.nouvelleacropole.org/article ... .asp?id=93
Stan,
Voici un document traitant de l'extermination du peuple amérindien :
Marie-Françoise TOURET
Selon les historiens blancs, il y avait en Amérique du Nord, à l'arrivée des Blancs, au XVIe siècle, sept millions d'Indiens. Selon les Indiens, ils étaient vingt à vingt-cinq millions. En 1892, quand les survivants furent parqués dans les réserves, il en restait 2O0 000. Cette extermination quasi-totale s'est échelonnée sur deux siècles et demi.
Les grandes puissances, France, Angleterre et Espagne, ont utilisé les Indiens comme combattants dans leurs guerres mutuelles, et on assista ainsi à la disparition progressive de certaines tribus ou groupes de tribus, détruites par leurs frères de sang, armés par les Européens qui tiraient partie de leurs rivalités. La victoire des Anglais sur les Français a porté un coup fatal à la résistance indienne qui dut affronter seule les colons britanniques avides de terres. La conquête de l'Ouest sera poursuivie par les Américains devenus indépendants. Les tribus indiennes sont amenées à signer avec les Blancs des traités que ceux-ci prétendent éternels et qu'ils violent sans vergogne pour déposséder les Indiens de leurs terres, au fur et à mesure que la colonisation progresse vers l'Ouest. "Quel traité le Blanc a-t-il respecté que l'homme rouge ait rompu ? Aucun. Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté après ? Aucun", dira Sitting Bull, le célèbre chef Sioux. Même des tribus comme les Creek et les Cherokee, adaptées au mode de vie des colons et fidèles alliées des Américains, seront chassées des Appalaches et déportées dans des conditions inhumaines lorsqu'on découvre de l'or dans leur territoire. Outre les guerres, la construction du "cheval de fer" à travers le continent et l'extermination systématique des bisons, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, contribuent puissamment à leur destruction.
Pendant les trois siècles qu'ont duré les guerres indiennes, du XVIIe à la fin du XIXe, la période la plus dure fut celle qui suivit la guerre de Sécession, entre 1865 et 1876. Bien que les Indiens aient remporté de grandes victoires, comme celle de Little Big Horn, en juin 1876, qui vit la mort de Custer et de ses 285 soldats, leur destin était scellé. Sitting Bull, qui avait réussi l'exploit de fédérer les Indiens des plaines, âme de la résistance à laquelle il avait consacré sa vie, fut tué le 15 décembre 1890 par des auxiliaires indiens de la police. Le massacre de plusieurs centaines d'Indiens, à Wounded Knee (1), quinze jours plus tard, vint à bout de l'ultime bastion de la résistance Sioux. De son côté, dans le Sud-Ouest, Géronimo, le fameux Apache, dont le seul nom suffisait à faire trembler d'effroi les Américains blancs, fit sa reddition en 1886.
Contraints à accepter la déportation dans des réserves, certains réussirent à y survivre, dans la résignation ou la révolte, soumis à la misère, tant matérielle que psychologique, sans ressource propre et contraints à une assistance forcée et parcimonieuse. Cependant, paradoxalement, si les peuples Indiens n'ont pas totalement disparu d'Amérique du Nord, si leur réveil aujourd'hui est possible, c'est à la réserve qu'ils le doivent. Exploitée comme un dépotoir où furent sequestrés les "méchants sauvages" à la fin du XIXe siècle, elle a finalement joué un rôle de protection. Et, sans elle, il n'y aurait pas aujourd'hui un million cinq cent mille Indiens qui revendiquent leur héritage culturel et ancestral mais un million cinq cent mille Américains de plus, chômeurs de surcroît. Et, paradoxalement, dans les années soixante, ils ont lutté, avec succès, contre la politique de termination, qui visait à la suppression pure et simple des réserves.
Les Indiens constituent cependant aujourd'hui encore parmi la population américaine la couche la plus défavorisée. Ils battent tous les records : taux de chômage les plus hauts, revenus annuels les plus bas, taux le plus élevé de mort par suicide, accidents ou maladies de pauvreté (tuberculose, alcoolisme) et aussi celui des années de prison pour les mêmes délits que ceux commis par des non-lndiens.
Longtemps oubliés, ayant virtuellement disparu de l'histoire américaine, depuis les années soixante les Indiens se réveillent et font valoir leurs droits. Les deux mouvements principaux sont le Congrès des Indiens d'Amérique qui existe depuis 1944 et Le Mouvement des Indiens d'Amérique où se sont regroupés en 1968 les militants les plus durs. Au printemps de 1973, leur occupation du site de Wounded Knee pendant deux mois s'est soldé par la mort de deux Indiens et d'un policier. En 1978, ils organisent "la longue marche", cinq mille cinq cents kilomètres à pied de San Francisco à Washington, pour attirer l'attention sur les problèmes indiens et le non-respect des trois cent soixante-quinze traités passés par le gouvernement américain avec les nations indiennes. Depuis le début des années 70, ils se voient parfois reconnus certains droits. C'est ainsi qu'en 1985, la Cour Suprême a reconnu comme légal la levée d'un impôt par les Navajos sur les revenus d'une société minière installée sur le territoire d'une réserve.
Depuis un certain temps, leur mouvement a pris une tournure moins politique pour prendre la forme d'un renouveau culturel et religieux, servi par la prise de conscience écologique et le mouvement du nouvel âge. Et la commémoration du cinquième centenaire semble être l'occasion d'un sursaut unitaire chez des peuples qui ont toujours été caractérisés par leur diversité, leur individualisme et leur manque d'unité. Des liens même se développent avec les Indiens d'Amérique du Sud. Par delà l'engouement passager actuel du monde occidental qui va chercher son inspiration chez les Indiens dans les domaines les plus commerciaux, vestimentaire, culinaire, etc., l'occasion nous est donnée de trouver des éléments de réponse aux problèmes de notre temps dans ce qui fait l'unité de la culture indienne à travers tout le continent américain, le sens de l'unité entre l'homme et la nature. Nous citerons pour conclure Hartley Burr Alexander, professeur à l'université de Nébraska : "... Maintenant, les vieux temps passent ; l'hypertrophie scientifique qui s'accroît depuis la Renaissance commence à apparaître monstrueuse ; et les hommes cherchent avec empressement une nouvelle vision de leur vie, vision dans laquelle on verra sanctionnées toutes les valeurs idéales, les valeurs esthétiques, morales et religieuses tout autant que celles de la raison et de la science;
"C'est au moment d'une telle crise de la pensée moderne que je demande au lecteur de réfléchir sur les conception des Indiens." Il continue en parlant du don que nous peut nous faire la race indienne, "le don spirituel de l'intuition, qui fera revivre notre sens, depuis longtemps affaibli du symbolisme des choses sensibles et rafraîchira notre entendement de la spiritualité intégrale de cete vie que nous discernons dans le sein d'une Nature maternelle."
Marie-Françoise TOURET
(1) Le dernier après bien d'autres dont celui des Cheyennes, en 1864, à Sand Creek.
SOURCE : http://www.nouvelleacropole.org/article ... .asp?id=93