La Météo, l'Air Force, et l'Armée dans la Bataille.
Posté : 29 août, 12:55
Influence de la météo sur la Bataille des Ardennes en Décembre 1944.
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Lors d'une assemblée générale du CORLUX (Cercle des Officiers de la Province de Luxembourg) j'avais promis d'écrire un article pour rendre un élan à la revue. Venant de perdre un de mes grands amis américains, le Colonel Lloyd Vanderman qui avait joué un rôle important le 23/12/44, au moment où des combats sanglants se déroulaient dans les Ardennes. Je dédiais ce récit à sa mémoire.
Je connaissais Lloyd depuis 57 ans et l'homme discret ne m'avait jamais rien raconté de son métier de météorologiste,pendant l'Offensive des Ardennes.
Il venait en Belgique, j'allais chez lui à Fort Washington, où à la plage de Béthany DL. Il était un golfeur talentueux, ayant remporté de grands tournois et lors de mes nombreuses visites,, c'était au golf que nous consacrions nos loisirs. Rarement il me conduisait au club des Vétérans, où il rencontrait ses amis. D'Histoire et de son passé militaire, il n'en parlait jamais.
C'est seulement le 10 JANVIER 1998, que LLoyd me faisait parvenir une revue intitulée THOR'S LEGION, la Météo au service de l'US AIR FORCE et de l' ARMEE. En préambule ces quelques mots,
Steve,
Jan10,1998, Norman Philips was with me in Stocholm 1955/56 and in Washington1970/79, the year I retired. I NEVER HEARD OF, OR SAW THIS HISTORICAL PUBLICATION, until Norman sent it to me this Christmas. Best regards. LLoyd.
Voici la traduction du condensé de ces pages.
Depuis l'été jusqu'à la fin de 1944,le mauvais temps qui dominait sur le continent européen fut une facteur dont les Allemands allait tirer un avantage dans leur ultime défense.
Hitler avait choisi l'endroit et avait stipulé entre autres préalables, que la phase initiale de l'offensive soit protégée de la force aérienne alliée par une période d'au moins dix jours de mauvais temps.
L'obectif avait été fixé pour fin novembre, mais sachant que le support logistique nécessaire ne pouvait être mis sur pied, l'opération devait être reportée de deux semaines, afin de ne rien laisser filtrer sur les énormes concentrations allemandes. Rester à l'abri de la reconnaissance aérienne alliée était le souci de tous les instants. L'offensive serait déclenchée le 16 décembre. C'est à l'appui des prévisions d'un certain Werner Schwerdtfeger " Prophète du temps" auquel Hitler avait entièrement fait confiance que les sept premiers jours de la Bataille des Ardennes se déroulaient dans des conditions épouvantables.
Le brouillard très dense, le froid, la neige, les routes verglacées et étroites, les pluies alternatives, les boues, le relief, les forêts boisées et drues, autant d'éléments qui ne pouvaient laisser deviner une attaque d'une telle envergure.
L'effet de surprise, avait donné aux Allemands un avantage considérable, d'autant que les Américains pensaient qu'ils avaient subi de lourdes pertes.
L'impuissance de l'aviation alliée assurait de surcroît une garantie totale aux Allemands pour un minimum de ravitaillement et de renforts
Il devenait urgent de connaître l'évolution du temps.
A Reims, les équipes météo du 21st Weather Squadron au service du QG de la 9e Div de Bombardement du MG Sam Anderson surveillaient depuis la ligne du front l'évolution du temps.
Le 23 déce vers minuit,le LT Lloyd W.Vanderman achevait de dresser un bulletin du temps qui se révélait très favorable. Au moyen de sa radio-sonde, il constatait que l'humidité se résorbait que la température et les points de rosée étaient en très forte baisse, et la pression atmosphérique en forte hausse.
" C"était ce que nous appelions l'aire anticyclonique russe " expliquait Vanderman., une aire de haute pression atmosphérique se déplaçant vers l'est à travers le continenet européen, vidant sa masse d'air humide sur de longues étendues de territoire et se dirigeant vers le front de façon stable et claire.... réf Histoire du 21st Weather Squadron du 6 juin 44 au 31 décembre 44, page 91.
Après avoir pris contact avec l'EM de l'US AIR FORCE à St Germain, Vanderman, était en liaison avec le MG John B. Sanderson, qui était déjà au lit. Il lui communiqua son dernier bulletin. Rassuré par ces précieux renseignements tant attendus et extrêmement sûrs, Anderson appela le QG de l'AIR FORCE à Luxembourg. Mais là, les météo du LT Gén Hoyt S. Vandenberg restaient un peu trop indifférents, car le responsable de la station, le major Stuart .Fuller n'entrevoyait aucune accalmie à brève éhéance.. Il n'avait pas relevé l'aire anticyclonique russe.. Le Major Fuller devait reconnaître, un peu plus tard qu'il s'était trompé..... Mais l'EM à donné quelques cibles à Anderson qui ordonna à ses troupes de se tenir prêtes à décoller..... Lloyd fut promu capitaine quelques jours plus tard.
Quelques trois mois,encore, et par un heureux hasard, il est venu au Billeting Office, lui ai assigné la chambre N°1 à l'Hôtel Einhorn à Wiesbaden, où je logeais également. On s'est revu quelques jours plus tard, et j'en venais a lui expliquer que j'étais belge et lui de me dire que sa fiancée l'était aussi et habitait à 15 kms de chez moi. Il s'est marié avec Ghislaine, a eu un premier fils Guy, né à Habay-la-Neuve, devenu Col à l'Air Force.chef de la maintenance des avions de la base d'Aviano (Italie) pendant la guerre du Golfe.Au hasard des rencontres, Lloyd s'est trouvé sur mon chemin.... @ +.
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Lors d'une assemblée générale du CORLUX (Cercle des Officiers de la Province de Luxembourg) j'avais promis d'écrire un article pour rendre un élan à la revue. Venant de perdre un de mes grands amis américains, le Colonel Lloyd Vanderman qui avait joué un rôle important le 23/12/44, au moment où des combats sanglants se déroulaient dans les Ardennes. Je dédiais ce récit à sa mémoire.
Je connaissais Lloyd depuis 57 ans et l'homme discret ne m'avait jamais rien raconté de son métier de météorologiste,pendant l'Offensive des Ardennes.
Il venait en Belgique, j'allais chez lui à Fort Washington, où à la plage de Béthany DL. Il était un golfeur talentueux, ayant remporté de grands tournois et lors de mes nombreuses visites,, c'était au golf que nous consacrions nos loisirs. Rarement il me conduisait au club des Vétérans, où il rencontrait ses amis. D'Histoire et de son passé militaire, il n'en parlait jamais.
C'est seulement le 10 JANVIER 1998, que LLoyd me faisait parvenir une revue intitulée THOR'S LEGION, la Météo au service de l'US AIR FORCE et de l' ARMEE. En préambule ces quelques mots,
Steve,
Jan10,1998, Norman Philips was with me in Stocholm 1955/56 and in Washington1970/79, the year I retired. I NEVER HEARD OF, OR SAW THIS HISTORICAL PUBLICATION, until Norman sent it to me this Christmas. Best regards. LLoyd.
Voici la traduction du condensé de ces pages.
Depuis l'été jusqu'à la fin de 1944,le mauvais temps qui dominait sur le continent européen fut une facteur dont les Allemands allait tirer un avantage dans leur ultime défense.
Hitler avait choisi l'endroit et avait stipulé entre autres préalables, que la phase initiale de l'offensive soit protégée de la force aérienne alliée par une période d'au moins dix jours de mauvais temps.
L'obectif avait été fixé pour fin novembre, mais sachant que le support logistique nécessaire ne pouvait être mis sur pied, l'opération devait être reportée de deux semaines, afin de ne rien laisser filtrer sur les énormes concentrations allemandes. Rester à l'abri de la reconnaissance aérienne alliée était le souci de tous les instants. L'offensive serait déclenchée le 16 décembre. C'est à l'appui des prévisions d'un certain Werner Schwerdtfeger " Prophète du temps" auquel Hitler avait entièrement fait confiance que les sept premiers jours de la Bataille des Ardennes se déroulaient dans des conditions épouvantables.
Le brouillard très dense, le froid, la neige, les routes verglacées et étroites, les pluies alternatives, les boues, le relief, les forêts boisées et drues, autant d'éléments qui ne pouvaient laisser deviner une attaque d'une telle envergure.
L'effet de surprise, avait donné aux Allemands un avantage considérable, d'autant que les Américains pensaient qu'ils avaient subi de lourdes pertes.
L'impuissance de l'aviation alliée assurait de surcroît une garantie totale aux Allemands pour un minimum de ravitaillement et de renforts
Il devenait urgent de connaître l'évolution du temps.
A Reims, les équipes météo du 21st Weather Squadron au service du QG de la 9e Div de Bombardement du MG Sam Anderson surveillaient depuis la ligne du front l'évolution du temps.
Le 23 déce vers minuit,le LT Lloyd W.Vanderman achevait de dresser un bulletin du temps qui se révélait très favorable. Au moyen de sa radio-sonde, il constatait que l'humidité se résorbait que la température et les points de rosée étaient en très forte baisse, et la pression atmosphérique en forte hausse.
" C"était ce que nous appelions l'aire anticyclonique russe " expliquait Vanderman., une aire de haute pression atmosphérique se déplaçant vers l'est à travers le continenet européen, vidant sa masse d'air humide sur de longues étendues de territoire et se dirigeant vers le front de façon stable et claire.... réf Histoire du 21st Weather Squadron du 6 juin 44 au 31 décembre 44, page 91.
Après avoir pris contact avec l'EM de l'US AIR FORCE à St Germain, Vanderman, était en liaison avec le MG John B. Sanderson, qui était déjà au lit. Il lui communiqua son dernier bulletin. Rassuré par ces précieux renseignements tant attendus et extrêmement sûrs, Anderson appela le QG de l'AIR FORCE à Luxembourg. Mais là, les météo du LT Gén Hoyt S. Vandenberg restaient un peu trop indifférents, car le responsable de la station, le major Stuart .Fuller n'entrevoyait aucune accalmie à brève éhéance.. Il n'avait pas relevé l'aire anticyclonique russe.. Le Major Fuller devait reconnaître, un peu plus tard qu'il s'était trompé..... Mais l'EM à donné quelques cibles à Anderson qui ordonna à ses troupes de se tenir prêtes à décoller..... Lloyd fut promu capitaine quelques jours plus tard.
Quelques trois mois,encore, et par un heureux hasard, il est venu au Billeting Office, lui ai assigné la chambre N°1 à l'Hôtel Einhorn à Wiesbaden, où je logeais également. On s'est revu quelques jours plus tard, et j'en venais a lui expliquer que j'étais belge et lui de me dire que sa fiancée l'était aussi et habitait à 15 kms de chez moi. Il s'est marié avec Ghislaine, a eu un premier fils Guy, né à Habay-la-Neuve, devenu Col à l'Air Force.chef de la maintenance des avions de la base d'Aviano (Italie) pendant la guerre du Golfe.Au hasard des rencontres, Lloyd s'est trouvé sur mon chemin.... @ +.