Bonjour
Pénétration dans Caen le 9 juillet 44 par le nord
Le 2nd Royal Ulster Rifles, Lt-col Harris de la 9th Brigade 3rd British ID
05 h 00. Une section de la Cie A descend la cote 64 vers le sud-est, appuyée par un peloton de Sherman. objectif: le cimetière nord-est et le Pont de Calix sur le canal. Quelques obus de 88 et des centaines d'obus de mortiers provenant de Colombelles ralentissent le mouvement puis interdisent toute progression jusqu'à midi.
05 h 15. Une autre section, celle du lieutenant Burges, de la Cie A, se dirige vers St-Julien, au sud-ouest de la cote 64. La progression est extrêmement pénible à tra¬vers les champs de cratères des bombes de la RAF et des tirs d'armes automatiques qui infestent encore tout le secteur.
07 h 00. Des carrières de pierre sont dépassées et des mortiers de 8 cm abandonnés sur place sont rendus inutilisables par les pionniers. "La progression reprend à travers un terrain bouleversé. Seule menace, toujours la peste des tireurs isolés équipés d'armes automatiques et de fusils à lunettes. Depuis les hauts murs d'un grand cimetière, deux "spandaus" nous arrosent et nous dévions prudemment sur notre gauche. Nous sommes à Saint-Julien, dans les premières maisons de Caen, il est 07h20."
07 h 30. Le lieutenant Burges décide de poursuivre vers le centre-ville et la section s'infiltre rue Marescot, vers la rue des Rosiers, quand des crépitements éclatent depuis le Jardin des Plantes. Plusieurs tirs croisés de MG tuent deux sous-officiers irlandais, le lieutenant Burges est sérieusement blessé.
08 h 30. La section, prudemment, se replie sur Saint¬Julien, à l'abri du remblai de la voie du chemin de fer de Caen à la Mer. Elle ne rejoindra la Cie A que le lendemain matin et cette petite unité du 2nd RUR peut se glorifier d'avoir été la première formation alliée dans la ville de Caen, élément précurseur du gros du bataillon qui s'engage à son tour vers la cité.
09 h 30. La Cie B guide le 2nd RUR dans sa descente vers la ville, lentement, en chassant systématiquement les Allemands qui se terrent encore, çà et là, dans les ruines. Le Calvaire Saint-Pierre (en haut de la rue de la Délivrande)est atteint, les blindés sont incapables de franchir les énormes cratères et les montagnes de gravats.
09 h 50. Au Moulin-au-Roy, plusieurs groupes de trois à huit Jäger de la Luftwaffe, bien armés, en tenue camouflée, opposent une résistance. Ils décrochent en se couvrant mutuellement et disparaissent vers les remparts du château. Aucune opposition n'est plus rencontrée mais quelques mines et pièges parsèment le chemin entre les maisons et les petits jardins où est passée la tempête de la bataille, volets pendants, portes arrachées, contenu des maisons répandu dans la rue. Les nombreux petits jardins ouvriers ont été consciencieusement pillés, seules quelques petites pommes de terre ont été oubliées. Dans le cimetière protestant dont les pierres tombales ancestrales n'ont pas été épargnées par l'acharnement du Bomber-Command, un petit groupe de Jäger est circonscrit en une brève mais violente échauffourée. "Des FM et des armes anti-chars sont récupérés en grand nombre, l'ennemi fuyant désormais sans plus chercher à nous accrocher. Aucun véhicule ne pourrait suivre les fusiliers irlandais tant les cratères sont profonds, serrés, et recouvrent tout le secteur de notre approche. "
11 h 00. La Cie D a subi des pertes entre la cote 64 et le calvaire Saint-Pierre. Les fantassins s'engagent dans un nettoyage consciencieux des maisons, de porte à porte, à la recherche de snipers de l'ultime arrière-garde de la 16 Luftwaffen-Felddivision.
11 h 30. La Cie B, le Major Hyde en tête, atteint le Boulevard des Alliés
12H30 une patrouille rue des Fossés Saint-Julien rencontre des civils
13 h 50. Boulevard des Alliés, la Compagnie de commandement du 2nd Royal Ulster Rifles rejoint les quatre compagnies d'assaut, et le lieutenant-colonel Harris les envoie en exploitation vers les ponts sur l'Orne, avec mission de traverser et de mettre un pied à Vaucelles, si le passage est encore possible.
A Melville :"En début d'après-midi, tout le monde se trouve en même temps au pied des remparts du château, (les Irlandais du 2nd RUR et les Ecossais du 1st KOSB) place de l'église Saint-Pierre, décapitée. Nous rencon-trons les premiers civils en nous demandant bien quelle sera leur réception, après tant de souffrances dans la cité que nous avons implacablement ruinée".
Ils sortent progressivement des caves et des abris, timidement, des larmes aux yeux. Le caractère peu démons-tratif des Normands nous est bien connu et, à Caen, dans les ruines, ils nous trouvent des fleurs et du vin qu'ils nous offrent avec le sourire des gens qui ont beaucoup espéré et souffert. La chaleur humaine des Caennais est désarmante, c'est le premier accueil véritable que nous recevions de civils en Normandie, et Caen fête ses libéra-teurs irlandais et écossais spontanément avec sincérité et gentillesse: "Il y a si longtemps qu'on vous attendait...
Boulevard des Alliés, le lieutenant-colonel Harris rencontre le capitaine Poinlanne, adjoint de Gille qui se trouve à Vaucelles à ce moment-là. D'autres résistants viennent à notre rencontre, brassards tricolores et cas¬ques français, dans les tenues aussi différentes que variées. Poinlanne est en uniforme bleu foncé des chasseurs, coiffé d'un large béret, colt à la ceinture et son charme séduit le colonel qui sent en lui une ferme détermination de vouloir en "découdre avec le boche". Il le prie de rejoindre le Major de Longueuil qui parle le français couramment, et cette force de 120 Irlandais dirigés par deux officiers conversant en français, atteint l'énorme chaos du quartier Saint-Jean.
. Personne ne veut me croire et des sourires rail¬leurs me sont adressés quand je tente d'expliquer que la Presse Radiophonique était à 500 m de là ce matin déjà, mais tragiquement sous-équipée !... Des balles sifflent depuis la rive sud de l'Orne, qui ne trouvent que peu d'obstacles encore debout pour les arrêter. Nous bondis¬sons dans les éboulis des murs de la rue Saint-Jean, où la tragédie des civils se lit encore dans les appartements cruellement mis à jour... Sur le parvis de l'église Saint¬-Jean, un coup de feu claque et le projectile frôle le cas¬que d'un petit Irlandais qui se rue vers le porche de l'église, en jurant ! Ses camarades l'imitent suivis de toute la section qui s'engouffre dans le Saint-Endroit. Une course poursuite s'engage dans les coursives où des coups de feu résonnent. Une minute plus tard, chacun ressort, avec le sentiment du devoir accompli; et nous rejoignons la compagnie du Major de Longueil clouée sur place dans les ruines du garage Citroën, par des tirs de mortiers et de MG provenant du quai de l'Amiral Hamelin. "
14 h 10. "Je réalise que si l'Orne est atteinte, nous n'irons pas plus loin et je décide de récupérer mon chauffeur et ma Jeep ».
NB j'ai une dette envers ces hommes, lire ici:
http://sgmcaen.free.fr/presentationauteur.htm