Rapide biographie du Général Weygand

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Quentin
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Rapide biographie du Général Weygand

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Extraits Wikipédia


Général Weygand



Né à Bruxelles, le 21 janvier 1867.
Les origines familiales de Maxime Weygand sont obscures, et certains avancent qu?il aurait pu être enfant naturel du roi des Belges, Léopold II, ou de la princesse Charlotte, veuve de l?Empereur du Mexique, Maximilien. Il fut élevé à Marseille, puis à Paris où il poursuivit ses études aux lycées Louis-le-Grand et Henri IV, avant d?entrer à Saint-Cyr, dont il sortit en 1887, dans la cavalerie.
Il fut alors reconnu par un employé de son tuteur, qui lui donna son patronyme de Weygand en même temps que la nationalité française.
Instructeur à Saumur, officier brillant, il fut remarqué par Joffre et par Foch, lequel le prit comme chef d?état-major en 1914 ; jusqu?à la fin de la guerre, il allait demeurer son plus proche collaborateur.
Promu général en 1916, il devait recevoir en 1918, quand Foch fut chargé de coordonner les armées alliées en France, le titre de major-général des armées alliées .
Après la guerre, il fut envoyé en Pologne comme conseiller militaire auprès de Pilsudski, afin d?organiser la défense de Varsovie et la lutte contre l?armée Rouge. Puis, en 1923, Poincaré lui confia l?armée du Levant. Après avoir exercé les fonctions de haut-commissaire de la République en Syrie et au Liban, il revint en France, où il prit la direction du centre des hautes études militaires.
Mis à la retraite en 1935, le général Weygand devait cependant être rappelé par Daladier lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale, avec mission de diriger les armées françaises du Moyen-Orient.
En mai 1940, alors que la situation militaire tournait au désastre et que le généralissime Gamelin se montrait incapable de faire face, il était nommé chef d?état-major général et commandant en chef des armées alliées par Paul Reynaud. En juin, refusant d?assumer la signature d?une capitulation dont il ne s?estimait guère comptable, le général Weygand soutint le projet d?un armistice qui contraignait le gouvernement à endosser la responsabilité de la défaite. L?armistice signé, Maxime Weygand devenait ministre de la défense nationale dans le cabinet Pétain, puis délégué général du gouvernement en Afrique du Nord, où il prit contact avec les Américains. Arrêté par les Allemands lors de l?invasion de la zone libre, il fut déporté en Allemagne jusqu?en mai 1945.
Libéré par les Américains, il était de nouveau arrêté à son retour en France, et détenu un an au Val-de-Grâce. Jugé pour son attitude en 1940, il bénéficia d?un non-lieu en 1948. L?un des rares ministres de Pétain à n?avoir pas été condamné à l?indignité nationale, le général Weygand demeure l?une des figures majeures de l?histoire militaire de la France au XXe siècle. Outre son rôle aux côtés du maréchal Foch, on citera pour mémoire les études qu?il consacra à l?armée et à son histoire : Le maréchal Foch, Le 11 novembre, Histoire illustrée de l?armée française, Histoire militaire de Mohamed Aly et de ses fils. Il a également laissé des volumes de mémoires : Rappelé au service, Idéal vécu, ainsi qu?un ouvrage consacré à l?Académie française.
Le général Weygand fut élu à l?Académie française le 11 juin 1931 à l?unanimité des 34 votants, au fauteuil du maréchal Joffre. Il fut reçu le 19 mai 1932 par Jules Cambon. Sa réception avait été retardée d?une semaine, à cause des funérailles du président de la République, Paul Doumer, assassiné le 6 mai 1932. Il meurt le 28 janvier 1965

Origines
Weygand est né à Bruxelles, en Belgique. Selon certaines sources, il aurait été le fils illégitime de l'impératrice Charlotte du Mexique. Weygand a toujours refusé de confirmer ou d?infirmer cette rumeur, ce qui donne à penser qu?elle était inexacte
Il a été élevé à Marseille par la famille Cohen de Léon. Or dans ses volumineuses Mémoires (dont le volume I s'intitule Idéal vécu), il ne dit pratiquement pas un mot de sa jeunesse (quatre pages sur 651), si ce n?est que sa gouvernante et l?aumônier de son lycée lui ont insufflé une forte foi catholique. Ses mémoires ne commencent donc, pratiquement, qu?à son entrée en classe préparatoire de Saint-Cyr, à Paris, comme s'il avait voulu ainsi effacer sa dette à l'égard de la famille juive qui l?avait accueilli et assuré son éducation. Sans doute en raison de son antisémitisme, qu'il allait manifester notamment au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Débuts militaires
Il fut reçu à l?École militaire de Saint-Cyr, sous le nom de Maxime de Nimal, comme élève à titre étranger (belge). Reçu au concours de sortie en 1887, il fut affecté à un régiment de cavalerie. Il fut ensuite adopté, par un M. Weygand, comptable de M. Cohen de Léon, dont il prit le nom, et fut naturalisé Français.
Au moment de l?affaire Dreyfus, il se signala comme l?un des officiers les plus antidreyfusards de son régiment en souscrivant en faveur de la veuve du colonel Henry, suicidé lorsque fut révélée sa falsification du bordereau censé accabler Dreyfus.
Une fois capitaine, Weygand recula devant la préparation de l?École de Guerre, selon lui de par de son désir de rester au contact de la troupe. Ce goût pour la troupe ne l?empêcha cependant pas d?entrer, peu après, comme instructeur à l'école de cavalerie de Saumur.

Première Guerre mondiale
Weygand passa la guerre de 1914-18 dans les états-majors : après 26 jours au contact de la troupe, le 28 août 1914, il fut affecté, comme lieutenant-colonel, auprès du général Ferdinand Foch.
Il fut promu général de brigade en 1916, et général de division en 1918. Il a été membre d'un Conseil de guerre, en 1917. Il resta auprès de Foch, lorsque celui-ci fut nommé Commandant allié suprême. En 1918, il participa aux négociations d'armistice et donna lecture aux Allemands des conditions d?armistice, à Compiègne, dans le célèbre wagon de chemin de fer.

Entre les deux guerres
Pologne

Weygand commanda en 1920 les importants renforts français envoyés en Pologne, sous la modeste appellation de « Mission militaire française », et y vint à l?aide des Polonais en déroute. En effet, ceux-ci, après avoir attaqué la Russie qu?ils croyaient sans défense, du fait de la guerre civile, avaient été mis en déroute, et étaient sur le point d?être battus par les cavaliers soviétiques de Boudienny et de Thoukhatchevski.
L?intervention française permit-elle aux Polonais de bénéficier d?une victoire qu?ils n?avaient pas remportée lors de la guerre Russo-Polonaise, et ils en profitèrent pour annexer des territoires russes très substantiels, bien au-delà de la frontière fixée à la Pologne par le traité de Versailles (ligne Curzon). Les Polonais allaient payer très cher leur annexion de territoires russes, puisque ce fut pour les récupérer que Staline allait s?allier à Hitler en 1940.
Selon certaines allégations polonaises, la bataille de Varsovie aurait été combattue et remportée par eux-seuls, avant que la mission française ait pu renvoyer et rédiger son rapport. Weygand n'avait pas d'expérience du combat, et une connaissance de la guerre du point de vue des états-majors. Les officiers polonais accueillirent assez mal ses prétentions de les commander, et parlèrent ostensiblement polonais en sa présence. En outre, il semble qu?il n?ait su conseiller que des replis et de la défensive à des hommes, qui après s?être largement repliés d?eux-mêmes, n?avaient plus d?autre choix que l?offensive.
Cette version polonaise de l?intervention française est, malgré tout, inexacte, en ce que, même si Weygand a pu manquer d?efficacité, les nombreux officiers français de sa « mission », qui, eux étaient rompus au combat, ont alors encadré et instruit une forte part des forces polonaises, et y ont remis un peu d?ordre. Sans parler de l?aviation « polonaise », dont nombre de pilotes étaient Français. Donc s?il paraît bien possible que le rôle central de Weygand soit à nuancer, l?aide matérielle appréciable de la France (que les Polonais s?étaient permis de juger insuffisante), a été, en revanche, une réalité déterminante dans le succès de la contre-offensive d?une armée polonaise, disloquée avant la venue de la « Mission ».
Weygand revint choqué du dédain de la Pologne pour la cause de l?Entente. Pourtant les Alliés l'avait bien cherché, puisque la Pologne qu'ils avaient ressuscitée, était dirigée par une majorité d?officiers polonais qui avaient servi dans le camp allemand en 1914-1918, et étaient fiers d?avoir combattu sous l?uniforme prussien ou autrichien. Car en effet, dans le camp allié, seuls avaient servi quelques régiments polonais, alors que dans le camp austro-allemand, c'était une vingtaine de divisions polonaises qui avaient combattu.

En temps de paix
Weygand fut élu en 1931 à l?Académie française (siège 35). Il servit également comme Haut commissaire en Syrie, puis comme Inspecteur-général de l'armée, en 1931, avant de se retirer en 1935.
Mais les affaires militaires ne le laissent pas indifférent et on lui doit en 1938 un article particulièrement rassurant certifiant que l'armée française était la meilleure.

Seconde Guerre mondiale
La Drôle de guerre

Weygand fut rappelé au service actif par le président Édouard Daladier en août 1939 pour diriger les forces françaises au Moyen-Orient, où, bien que la France n'eût été en guerre qu'avec l?Allemagne, ce fût à un coup de force contre les pétroles soviétiques que Weygand prépara ses troupes.
En mai 1940 la situation militaire en France était si compromise que le commandant suprême, le général Maurice Gamelin, fut écarté. Weygand fut alors rappelé pour le remplacer. Il arriva le 17 mai et, voulant se donner le temps de réfléchir, commença par annuler la contre-offensive latérale ordonnée par Gamelin pour couper de leurs arrières les blindés ennemis qui avaient témérairement percé le front français. Ainsi deux jours passèrent, avant d?adopter enfin la solution de son prédécesseur. Ce fut alors un échec de plus, car, pendant les 48 heures perdues, les troupes allemandes s?étaient massivement engouffrées dans la trouée, derrière les chars, et l?avaient consolidée.
Weygand après une vaine tentative de retarder l?avance ennemie, se prononça alors pour la conclusion d?un armistice. Une partie de la tactique militaire du « Hérisson », professée alors par Weygand, mais non mise alors en pratique par lui, pour résister au blitzkrieg, aurait influencé plus tard les discussions de doctrine sur les stratégies anti-blitzkrieg. Celle-ci consistait à organiser une défense inférieure en nombre en môles séparés les uns des autres, mais capables de se soutenir mutuellement. Laissant passer les chars, mais non l'infanterie et les approvisionnements, elle coupe bientôt les régiments blindés de leurs bases, ceux-ci devenant alors vulnérables.
Cette tactique ne put être mise en ?uvre, essentiellement par manque de temps, la défense française sur la Somme et l'Aisne n'ayant eu que quelques jours pour s'organiser. Ainsi, Weygand, dont les conceptions de la guerre passaient pour plus modernes que celles de Gamelin, ne fit-il que rassurer momentanément l'opinion française, compte tenu de l'aura dont il bénéficiait en tant qu'héritier spirituel du maréchal Foch. Mais le sursaut provoqué par son arrivée ne put durer que durant quelques jours, notamment sur l'Aisne où le temps de préparation avait été supérieur, et la débâcle devint totale et irrémédiable.

Le régime de Vichy
En juin 1940, Weygand a été nommé, au gouvernement de Bordeaux puis à celui de Vichy, ministre de la défense nationale pendant trois mois (juin 1940 à septembre 1940), et puis Délégué général en Afrique française. Là, il s'est employé, dès son arrivée, à convaincre les jeunes officiers tentés par la dissidence de la justesse de l?armistice, en leur laissant espérer une reprise ultérieure du combat.
Dès le départ, il se montra très favorable à la Révolution nationale de Philippe Pétain et à son projet social réactionnaire.
Son rôle jusqu'en 1942, année de sa démission forcée du gouvernement (les Allemands le jugeant comme un obstacle à la politique de collaboration) fut équivoque. En effet, si certaines de ses mesures, a posteriori, peuvent être jugées durement, il ne faut pas oublier que dans un contexte de défaite et d'occupation d'une grande partie de la France, le régime de Vichy, avant 1942, jouait très largement une politique de double jeu : feindre une collaboration active avec les Allemands tout en la limitant au minimum (les Allemands n'en étaient d'ailleurs pas dupes). Dans l'esprit de Weygand et de la plupart des grands chefs militaires de Vichy, il faut préparer la Revanche.
Il n'en reste pas moins que certaines mesures prises par le général Weygand entre 1940 et 1942 nous paraissent aujourd'hui inacceptables. Et ses détracteurs ne cessent de souligner les décisions qu'il prit pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Il a ainsi appliqué durement les lois raciales décidées par Vichy, notamment celles chassant les juifs de la fonction publique et des universités, leur interdisant de nombreuses acivités privées, ou les spoliant de leurs entreprises .
Mais, de plus, avec la complicité du recteur Georges Hardy, il a institué de son propre chef, sans aucune loi de Vichy, et par la simple note de service n°343QJ du 30 septembre 1941, un numerus clausus scolaire chassant la quasi totalité des enfants juifs des établissements publics d'enseignement, y compris les tous petits des écoles primaires, « par analogie, selon ses termes, avec la législation de l?Enseignement supérieur ».
Il a aussi enfermé, avec la complicité de l?amiral Abrial dans de véritables camps de concentration au sud de l'Algérie et du Maroc, les volontaires étrangers de la Légion étrangère, les opposants au régime, réels ou présumés, et même les simples réfugiés étrangers sans contrat de travail (mais régulièrement entrés en France).
Il collabora aussi avec les Allemands, puisque le 4e Bureau de sa Délégation générale a fait livrer à l?Afrika Korps de Rommel, 1200 camions français et autres véhicules de l?armée française (contrat Dankworth en 1941), ainsi qu?un certain nombre de pièces d?artillerie lourde, accompagnées de 1000 obus par pièce.
Pourtant sur un plan militaire, Weygand avait affecté de préparer la revanche, vers septembre 1940, après que la Luftwaffe eût perdu la bataille d'Angleterre. Il avait fait dissimuler certains armements aux Commissions d'armistice italiennes et allemandes. Il s'efforça aussi, après les attaques de Mers-El-Kébir et Dakar, de renforcer l'armée française d'armistice en Afrique, et donna son accord à René Carmille pour l'équipement mécanographique des bureaux de recrutement. Il fit aussi passer certaines unités coloniales pour de simples forces de police, et tenta de remobiliser les esprits avec notamment la création des « Chantiers de Jeunesse » (créées par le général de La Porte du Theil), qui, dans un strict maréchalisme, tentaient de préparer la jeunesse à une future revanche.
Mais lorsque des officiers de son entourage (commandant Faye, commandant Dartois, et capitaine Beauffre) lui proposèrent l'établissement d'un plan de rentrée en guerre avec une aide militaire américaine, il les fit arrêter.
Weygand a protesté, à Vichy contre les protocoles de Paris du 28 mai 1941 signés par Darlan, accords qui attribuaient à l'ennemi des bases à Alep, en Syrie, à Bizerte et à Dakar, et prévoyaient une collaboration militaire avec l?Axe, en cas de riposte alliée. Hitler exerça des pressions sur le gouvernement de Vichy afin d'obtenir le rappel et le renvoi de Weygand en novembre 1941. Un an plus tard, en novembre 1942, après l?invasion alliée de l'Afrique du Nord, les Allemands placèrent Weygand en résidence surveillée en Allemagne. Il y resta jusqu'à ce que, en mai 1945, il soit tombé aux mains des Américains. Renvoyé en France, il fut d?abord interné comme collaborateur au Val-de-Grâce, puis finalement libéré en mai 1946 et dégagé de toute responsabilité en 1948.


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