Rapide biographie du Général Giraud

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Quentin
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Rapide biographie du Général Giraud

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Extraits de Wikipédia


Général Giraud


Henri Giraud (1879 - 1949) est un général français. Patriote, admirateur de Pétain, il a participé, de novembre 1942 à mars 1943, à la tentative de maintien d'un régime vichyste sous protectorat américain, en Afrique française (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)).
Puis, de juin à novembre 1943, il a été, avec le général de Gaulle, co-président du Comité français de la Libération nationale (CFLN)

La carrière du général Giraud jusqu'avant l'armistice de 1940
Giraud, avant la Seconde guerre mondiale

Henri Giraud (18 janvier 1879 - 13 mars 1949) est né à Paris. Il était de souche alsacienne. Il fut diplômé de l?École militaire de Saint Cyr, en 1900 puis rejoignit un corps de troupe. Il a servi en Afrique du Nord, jusqu'à son affectation en France, en 1914 lors de la première guerre mondiale, et y commanda des unités de Zouaves. Sérieusement blessé au combat, il fut capturé en août 1914, mais s?échappa deux mois plus tard et rentra en France par les Pays-Bas.
Giraud servit ensuite avec les troupes françaises à Constantinople, sous le général Franchet d'Esperey. En 1933 il fut muté au Maroc pour y combattre les rebelles du Rif. Il y obtint la Légion d?honneur, après la capture d?Abd el-Krim. Il devint plus tard le commandant militaire de Metz.
Quand la Seconde guerre mondiale commença, Giraud était membre du Conseil supérieur de guerre. Il y avait désapprouvé la tactique préconisée par le lieutenant-colonel Charles de Gaulle d?emploi offensif des blindés en formations groupées pour percer les lignes ennemies. Le stratège allemand des blindés, Gudérian, démontra la validité des recommandations de de Gaulle, en les appliquant victorieusement contre la France, par la faute de Giraud et de ses collègues hauts placés dans la hiérarchie militaire.


Giraud, prisonnier et évadé de la Seconde guerre mondiale
Giraud devint le commandant du 7e groupe d'armées quand il fut envoyé en Hollande, le 10 mai 1940, et parvint à retarder les troupes allemandes à Breda le 13 mai. Plus tard, la 7e armée épuisée fut fusionnée avec la 9e. C?est quand il essaya de bloquer l?attaque blindée allemande par les Ardennes, qu?il fut capturé par l?ennemi à Wassigny le 19 mai.
Il fut interné au Château de Königstein près de Dresde qui était employé comme centre d?internement de Haute sécurité pour les prisonniers de guerre de marque.
Giraud y prépara soigneusement son évasion pendant deux ans. Il y pratiqua l'allemand et apprit par c?ur une carte des abords de la forteresse. Le 17 avril 1942, il se laissa descendre le long de la falaise de la forteresse de montagne. Il avait rasé sa moustache, s?était coiffé d?un chapeau tyrolien et voyagea jusqu?à Schandau pour y rencontrer son contact du SOE. Par diverses ruses il a atteint la frontière suisse et par la suite a rejoint Vichy, en France.
L'évasion de Giraud fut bientôt connue en France. Hitler, ayant confondu paraît-il Giraud avec de Gaulle, et croyant que c'était le technicien français des blindés qui lui avait échappé, entra dans une violente colère. Himmler ordonna à la Gestapo de l'assassiner. Pierre Laval et Abetz essayèrent vainement et à plusieurs reprises de persuader Giraud de retourner en Allemagne. Mais Giraud, qui, bien que patriote, admirait pourtant Pétain et son régime, s'obstina dans son refus. Cependant il signa en mai 1942 une lettre au maréchal, dans laquelle il s'exprima en ces termes: "Je vous donne ma parole d'officier que je ne ferai rien qui puisse gêner en quoi que ce soit vos rapports avec le gouvernement allemand ou entraver l'?uvre que vous avez chargé l'amiral Darlan et le président Pierre Laval d'accomplir sous votre haute autorité. Mon passé est garant de ma loyauté...".

Giraud et l'Opération Torch
La revendication par Giraud au commandement de l'Opération Torch
Quelques mois plus tard, Giraud quitta secrètement la France, en vue de participer à l?Opération Torch. C?est le Seraph, submersible britannique, qui le transporta à Gibraltar, le 7 novembre 1942. Il y apprit alors que le débarquement allié en Afrique du Nord serait commandé par le général Dwight Eisenhower, alors qu?il avait demandé à le diriger lui-même.
Il eût été de toutes façons impossible aux alliés, même s'ils l'avaient souhaité, de confier 24 heures seulement à l'avance, le commandement d'une opération si importante et si complexe, dans laquelle tous les ordres s'échangeaient en anglais, à un général de langue étrangère. Aussi la longue et inutile discussion imposée par Giraud à Eisenhower à ce sujet n'eût-elle pour seul effet que de faire perdre à Eisenhower un temps précieux à la veille de l'opération.
Quant au commandement des troupes françaises en Afrique du Nord, qu'Eisenhower lui demanda de prendre, Giraud le lui refusa.

L'abandon par Giraud de l'Opération Torch
À titre de protestation, Giraud se refusa aussi, jusqu?au 9 novembre, à quitter Gibraltar. Mais il abandonnait, du même coup, les résistants d?Alger qui comptaient sur sa présence, pour lui remettre la ville au matin après en avoir neutralisé la garnison. Ainsi l'Opération Torch dut-elle se dérouler sans lui.
En conséquence, les 400 résistants français d'Alger exécutèrent sans lui, leur putsch du 8 novembre 1942 : ils occupèrent, dans la nuit du 7 au 8, les points stratégiques d'Alger, et y arrêtèrent les plus hauts dirigeants civils et militaires vichystes, tels que le général Juin et l'amiral Darlan. C'est l'un de ces résistants, qui suppléant à la carence de Giraud, lança de Radio-Alger un soit-disant appel du général Giraud appelant à la rentrée en guerre, et se terminant par la phrase « Un seul but la Victoire ».
À la suite de quoi, les régiments vichystes perdirent leur temps à reconquérir Alger contre les résistants français, au lieu d'attaquer les forces de débarquement allié sur les plages. Ainsi ces dernières purent-elles débarquer paisiblement, encercler Alger presque sans opposition, et obtenir la reddition de la garnison de vichyste à 17h30, le même jour.
Ainsi les résistants d'Alger accomplirent-ils, mais sans Giraud, la réussite de l'opération Torch, en faisant tomber, dès le premier jour, le plus grand port d'Afrique du Nord intact et les principaux chefs militaires français entre les mains des alliés.


L'arrivée de Giraud à Alger, après la bataille
Giraud n?arriva à Alger que le 9 novembre, dans l'après-midi, alors qu?en son absence, le général Clark avait commencé à traiter avec Darlan pour obtenir la fin des combats à Oran et au Maroc. Là les troupes françaises de Vichy combattirent les forces alliées, pendant trois jours, jusqu'à ce que l'amiral collaborationniste François Darlan ait été obligé, par Clark sous la menace, de leur ordonner un cessez-le-feu (Prix des 3 jours d'obstination des généraux de Vichy, à Oran et au Maroc : 1346 tués Français et 479 alliés + 1997 blessés français et 720 alliés).


Giraud dans les « Expédients provisoires »
Le ralliement de Giraud à Darlan

L?amiral collaborationniste Darlan, ayant alors pris la direction politique de l'Afrique française du nord et de l'A.O.F. avec le soutien de Roosevelt, nomma Giraud commandant de ses troupes. Giraud, après son refus de prendre en main l'opération Torch, avait sans doute perdu une bonne part de la confiance des Américains. Mais Darlan ne pouvait pas fédérer tous les mouvements sous son seul nom, vu son appartenance au gouvernement de Vichy, et son titre officieux de dauphin de Pétain.
Darlan maintint alors, avec l?appui de Giraud, le régime totalitaire de Vichy (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)), avec ses lois d?exclusion et ses camps de concentration.
Le Comité national français de Londres (voir France libre) refusa de reconnaître ce Haut-commissariat de France en Afrique.
Après que, le 24 décembre 1942, le jeune patriote français, Bonnier de la Chapelle, eut abattu Darlan, il semble bien qu'au sein du Conseil Impérial, ce soit Giraud qui, selon Renée Gosset (p.397), aurait insisté pour que ce jeune résistant de 20 ans ne soit pas gracié, en affirmant qu'une telle mesure de mansuétude déplairait au président Roosevelt (qui aurait qualifié l'acte de Bonnier de « meurtre au premier degré »).
Ce qui est certain est qu'après une instruction baclée par un capitaine juge peu curieux, le tribunal militaire d'Alger siègea le soir même, rejeta les demandes de supplément d'enquête, qui pourtant étaient de droit, présentées par les avocats, Mes Viala et Sansonnetti. Le reste de la procédure se déroula en moins d'un quart d'heure, et le tribunal, ne tenant pas compte des motivations patriotiques de Bonnier ni de son âge, le condamna à mort.
Un recours en grace, dont le pourvoi était suspensif, fût alors immédiatement présenté. Il aurait dû légalement être soumis au chef de l'État, le maréchal Pétain, au nom duquel Darlan et les autres membres du Conseil Impérial exerçaient leur autorité, ce qui aurait conduit à attendre la fin des hostilités.
Mais Noguès, doyen du Conseil impérial, se proclama Haut-commissaire par intérim, en vertu d'une ordonnance secrète prise par Darlan du 2 décembre 1942, et sans valeur légale, puisque non publiée. Usurpant alors la fonction du Maréchal, dont pourtant il se réclamait, il rejeta dans la nuit même le recours en grace. Giraud dirigeait alors la justice militaire en tant que Commandant en Chef, et fut immédiatement saisi. Il refusa dans la même nuit de différer l'exécution, et donna l'ordre de fusiller le jeune résistant dès le lendemain matin, à 7h30. Deux heures plus tard Giraud s'agenouillait devant le cadavre de Darlan.
Giraud fût récompensé de son attitude le jour même, 26 décembre 1942, par les membres vichystes du Conseil impérial, qui l'élirent, sans opposition, Haut-commissaire pour succéder à Darlan. Giraud garda alors le même adjoint que son prédecesseur, le général Bergeret, ancien ministre de l'Air de Pétain, et maintint les aspects les moins défendables du régime de Vichy dans le camp allié.
Simultanément, il fit rapidement ouvrir une nouvelle enquête sur le meurtre de Darlan, alors qu'il venait de faire exécuter à la hâte Bonnier, le principal témoin. il ordonna, ce que Darlan n'avait pas osé faire,l'arrestation, le 30 décembre 1942, de 27 chefs de la résistance française du 8 novembre qui avaient permis le succès du débarquement allié, dont Henri d'Astier.


Le maintien du régime de Vichy par Giraud
Il maintint, à son tour, le régime de Vichy dans le camp allié, y compris ses pires lois d'exclusion, et les internés de Vichy dans les camps de concentration du sud, en dehors de toute pression allemande. Il aggrava même ce régime en interdisant l'accès des officiers et soldats juifs aux unités combattantes, au détriment des besoins pressants de l'armée d'Afrique, pour les empêcher d'utiliser ultérieurement leurs décorations, leurs blessures ou autres titres militaires pour récupérer leur citoyenneté française. (Note de service n°12/1 du 15 novembre 1942 du général d'Armée Giraud, commandant en chef des Forces terrestres et Aeriennes et Note de service n°40C.MAGP/CAB. du 30 janvier 1943 du général Prioux).

Les négociations avec de Gaulle
Giraud participa à la Conférence de Casablanca (1943) (dite aussi « Conférence d'Anfa »), et fut contraint, après quelques mois, de faire relacher les chefs de la résistance qu'il avait déportés dans le sud algérien, puis de libéraliser partiellement son régime, sous l'influence de Jean Monnet.


Le Comité Français de la Libération nationale (CFLN)
Le maintien des désaccords au sein du CFLN

Puis, en juin 1943, il devint avec Charles De Gaulle l'un des co-présidents du Comité français de la Libération nationale (CFLN), destiné à unir la totalité des forces françaises en guerre. Mais la collaboration des deux généraux au sein de cet organisme fut jalonnée de différends parfois graves, à l'occasion desquels Giraud, chaque fois qu'il était mis en minorité, se réclamait du soutien personnel des autorités américaines.
Par la suite, de Gaulle consolida sa position politique aux dépends de Giraud, qui dut quitter le CFLN, tout en restant Commandant en chef, lors de l'alignement de la compostion du Comité sur celle de l'Assemblée consultative provisoire.
De Gaulle, appuyé sur cette assemblée, put alors rétablir complètement les libertés. Mais sa victoire sur Giraud, qui avait au départ tous les atouts en mains, ne tint pas seulement au sens man?uvrier de de Gaulle, face à l'incompétence de Giraud. De Gaulle a en réalité gagné parce qu'il a mieux compris que Giraud le sens de l'évolution politique de cette guerre, dirigée au moins autant contre l'Hitlérisme que contre l'Allemagne, et mieux perçu que Giraud les aspirations des Français au respect de leur souveraineté et de leur liberté.


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Le jeu personnel de Giraud
L'affaire Pucheu
Pucheu, ancien ministre de l'Intérieur de Pétain très compromis dans la collaboration, avait fui la France à travers l'Espagne, et avait écrit à Giraud pour demander à venir au Maroc s'engager comme officier de réserve dans une unité combattante. Giraud lui avait donné son accord par une lettre du 15 février 1943, à condition que Pucheu prenne un nom d'emprunt et s'abstienne de toute activité politique, et lui avait fait adresser à cet effet un sauf-conduit par l'un de ses collaborateurs, le colonel Malaise. C'est ainsi que Pucheu était arrivé, au début de mai 1943, en Afrique du nord. Mais, une semaine plus tard, le 12 mai 1943, le même Giraud l'avait fait placer en résidence surveillée.
Peu après, de Gaulle était arrivé à Alger et avait constitué avec Giraud le Comité Français de la Libération nationale dont il avait progressivement pris le controle. La liberté de la presse alors rétablie avait permis au journaux gaullistes et communistes de dénoncer enfin ouvertement ceux qui avait collaboré avec l'ennemi. C'est ainsi qu'une campagne fût lancé contre Pucheu, par le journal gaulliste « Combat » le 15 mai 1943, puis relayée en force par les médias communistes.
C'est alors que le CFLN avait décidé de procéder à l'épuration des collaborateurs, et de faire traduire Pucheu devant un tribunal militaire, sans que Giraud qui en faisait partie, et l'avait fait venir en Afrique du Nord ait protesté.
Par la suite, appelé par la défense à déposer au procés Pucheu, non seulement Giraud n'avait pas défendu l'interessé, mais de plus avait justifié la violation de ses engagements envers l'accusé, lors de sa mise en résidence surveillée:
Il avait d'abord avancé le fait que celui-ci serait arrivé en pleine bataille de Tunisie, alors que celle-ci aurait été « indécise », et qu'il ne pouvait alors tolérer aucune agitation à l'arrière. Cette affirmation était inexacte car la campagne de Tunisie était si peu « indécise », lors de la mise en résidence surveillée de Pucheu le 12 mai, que cette campagne allait se terminer le lendemain 13 mai.
La deuxième justification de sa mesure par Giraud était plus sérieuse: Il affirmait, en effet, avoir reçu des informations relatives à la responsabilité de Pucheu dans des arrestations d'otages, qu'il ne pouvait vérifier. Mais alors il semble que, dans le doute, il eût été plus correct, compte tenu de son envoi inconsidéré d'un sauf-conduit à ce personnage, de le renvoyer aussitôt en Espagne plutôt que de l'interner.
Quoiqu'il en soit, son comportement dans cette affaire contribua à le déconsidérer auprès de son entourage militaire vichyste.


L'affaire de Corse
Giraud avait définitivement perdu la confiance du Comité, après plusieurs incidents, notamment lorsqu?il lui avait caché jusqu'à la dernière minute son projet de libération de la Corse.
Le 13 septembre 1943, Giraud mena en effet le débarquement en Corse avec succés, en liaison avec les résistants corses, qui firent le plus gros du travail. Mais il laissa au surplus, à l'issue de cette opération, le « Front national », groupe de résistance à orientation communiste, prendre le contrôle de l?île. Ce qui fit encourir à Giraud les critiques de l?ensemble des commissaires. Il perdit la co-présidence du CFLN en novembre 1943, tout en restant le Commandant en chef des forces françaises.


L'affaire des services secrets
Malheureusement, Giraud , par la suite, s?obstina, malgré plusieurs avertissements, à conserver à son usage exclusif l'ex-service de renseignements de Vichy, indépendamment du CFLN. Comme, avant novembre 1942, les membres de ce service s'étaient essentiellement consacrés à la chasse aux résistants (Voir le rapport du colonel Rivet, lui-même, sur les arrestations de patriotes réalisées par son service, en 1941, dans l'article Régime de Vichy, section sur l'"inféodation militaire à l'ennemi"), il paraissait difficile de les laisser maintenant opérer en France occupée, sans contrôle du CFLN.
Le CFLN dut donc retirer à Giraud son poste de commandant en chef des forces françaises. Giraud refusa alors d'accepter le poste d'inspecteur général des armées qui lui était proposé, et choisit de se retirer.
Le 28 août 1944, alors que le CFLN, devenu Gouvernement provisoire de la République française (CFLN) était installé à Paris, Giraud survécut à une tentative d'assassinat de l?un des soldats indigènes de sa garde, en Algérie.


L'après-guerre de Giraud

Giraud fut élu en juin 1946 à l'Assemblée constituante française comme représentant du Parti républicain de la liberté, et contribua à la création de la Quatrième République. Il est resté membre du Conseil de la défense nationale et reçut une médaille pour son évasion.
Il a publié deux livres, Mes évasions, en 1946, et Un seul but, la victoire 1942-1944, en 1949, au sujet de ses expériences.
Henri Giraud est mort à Dijon, en France, le 13 mars 1949.


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