Une
répétition générale de l'installation
du PLUTO vers la Normandie est réalisée afin de
relier les localités de Swansea et Watermouth, distantes
de 83 km.
 |
Déroulement
du pipeline en mer lors d'essais. |
L'installation
du PLUTO vers la Normandie
L'opération
PLUTO en Normandie se décline en trois phases : dans un
premier temps, des pétroliers effectuent les aller-retour
entre la Grande-Bretagne et les côtes normandes, ravitaillant
les forces alliées grâce à des oléoducs
disposés entre la côte et le large. Dans un deuxième
temps, des pipelines sous-marins sont installés au fond
de la Manche et relient directement la Grande-Bretagne et la Normandie.
Enfin, dans un troisième temps, un nouveau réseau
d'oléoducs (opération Bambi) est mis en place entre
l'île de Wight et Querqueville, à l'ouest de Cherbourg,
évitant ainsi aux pétroliers de multiplier les traversées.
 |
Déroulement
du tuyau à bord de l'HMS Latimer. |
Les
communes désignées pour accueillir les dépôts
de carburant de la deuxième phase de l'opération
PLUTO sont Port-en-Bessin et Saint-Honorine-des-Pertes, situées
au centre géographique des plages de débarquement
alliées. Les travaux d'installation y débutent dès
le 9 juin 1944 et après plusieurs semaines de travaux,
le ravitaillement par oléoduc peut s'effectuer.
Du
12 au 21 août 1944, plus de deux mois après le Jour
J, le pipeline entre Shanklin Chine (sur l'île de Wight)
et Querqueville est installé, reliant la Grande-Bretagne
à la Normandie sur une distance de 130 km. Le réseau
de pipelines se développe ensuite sur terre, suivant l'évolution
de la ligne de front et alimentant des dépôts de
carburant comme La-Haye-du-Puits, Lessay, Saint-Lô ou encore
Vire.
 |
L'approvisionnement
des pipelines en Angleterre, protégé des vues
et des attaques aériennes. |
En
Normandie, le service des Essences allié peut ainsi se
servir directement à la pompe et des milliers de jerricans
sont alignés afin de recevoir le précieux carburant.
Une fois chargés sur des camions, les jerricans sont distribués
aux unités opérationnelles et le circuit de
ravitaillement se poursuit ainsi.
Par
la suite, pas moins de dix-sept pipelines sont mis en place (onze
modèles HAIS et six modèles HAMEL) entre la Grande-Bretagne
et le Pas-de-Calais (de Dungeness à Ambleteuse).
 |
Pipelines
de modèle HAMEL installés en France. |
En
janvier 1945, ce sont 305 tonnes de carburant qui franchissent
quotidiennement la Manche, puis 3048 tonnes en mars et 4000 tonnes
en mai. Au total, entre août 1944 et mai 1945, 781 000 mètres
cubes de carburant ont effectué le trajet sous-marin Grande-Bretagne-France.
En
septembre 1946, les opérations de désengagement
des pipelines débutent, à l'aide des bâtiments
HMS Latimer (rebaptisé Empire Ridley après la fin
de la Seconde Guerre mondiale), HMS Holdfast (rebaptisé
Empire Taw), Empire Tigness et Redeemer. La vente des câbles
récupérés a fait plus de bénéfices
que prévu et a très largement couvert les frais
de désengagement.
 |
Un
"conus" laissé à l'abandon sur une
plage de Grande-Bretagne après la guerre. |
Aujourd'hui,
des vestiges du pipeline PLUTO subsistent encore, notamment des
dixaines des mètres des éléments de l'opération
Bambi au fond de la Manche, ainsi que sur l'île de Wight.
En effet, 10% de l'ensemble des oléoducs n'ont pas été
récupérés.