Libération de Vimoutiers en 1944 pendant la bataille de Normandie

Vimoutiers (Orne)

Les villes de Normandie pendant les combats de 1944

Le char Tigre I « 224 » de Vimoutiers.
Photo : DR

Libération : 21 août 1944

Unités engagées :

Drapeau canadien de 1944 Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada, 5th Canadian Infantry Brigade, 2nd Infantry Division

Drapeau canadien de 1944 18th Armoured Car Regiment, 12th Manitoba Dragoons, 2nd Canadian Corps

Drapeau nazi 2. SS Panzer-Korps

Historique :

Le 7 juin 1944, au lendemain du débarquement, de multiples raids aériens ciblent des communes de Normandie pouvant servir de carrefour routier aux renforts allemands pour atteindre la côte : la gare ferroviaire de Vimoutiers n’est pas épargnée par les Alliés. Moins d’une semaine plus tard, le 14 juin à 7 heures 50, un nouveau bombardement touche cette fois le centre du village : 16 appareils Marauder B-26 larguent leurs bombes, dont certaines n’explosent qu’en soirée. La population, qui avait été invitée à s’abriter en campagne avant le Jour-J via le largage de tracts, avait alors regagné ses logements après plusieurs journées sans raids. Plus de 170 habitants sont tués et 376 habitations sont détruites. L’hôpital ayant été endommagé suite à ce bombardement, une partie des 400 blessés sont accueillis au château de Vimer à Guerquesalles.

Quelques semaines plus tard, le 17 juillet, une voiture allemande modèle 830 BL de marque Horch est mitraillée par un chasseur-bombardier allié dans la périphérie immédiate de Vimoutiers, à proximité du lieu-dit de La Gosselinaie, peu après 16 heures 30. A son bord se trouvent quatre occupants : le Generalfeldmarschall Erwin Rommel, chef du groupe d’armées B, accompagné de son aide de camp le Hauptmann Lang, le Major Neuhaus, le Feldwebel Holker et l’Oberfeldwebel Daniel qui pilote la Horch. Touché par un obus de 20 mm, le véhicule percute un arbre sur le bas-côté et se renverse. Rommel est grièvement blessé (il perd un œil, subit une fracture du crâne ainsi qu’une commotion cérébrale) et le conducteur meurt quelques heures plus tard. Le Generalfeldmarschall est transporté à bord d’un camion allemand à l’hôpital de Livarot où il est soigné.

A compter de la mi-août, le village assiste à la déroute de plusieurs centaines de soldats et véhicules allemands de la 7e armée qui cherchent à échapper à la nasse que les Alliés se refermant progressivement sur eux. Le 20 août, tous les blindés disponibles dans le secteur de Vimoutiers sont engagés dans une contre-attaque désespérée en direction de Trun : les équipages, harcelés par l’aviation alliée et régulièrement engagés contre leurs adversaires ne ménagent pas leur moteur : plusieurs d’entre eux rencontrent des pannes mécaniques suite à des surchauffes, d’autres n’ont tout simplement plus de carburant, les pentes successives ayant eu raison de la consommation excessives des engins. Cinq chars du SS Schwere Panzer-Abteilung 102 sont ainsi abandonnés par leur équipage à la sortie de Vimoutiers en direction de Gacé, après avoir été sommairement neutralisés. L’un d’entre eux, le char Tigre I numéroté « 224 » et commandé par le SS-Unterscharführer Herbert Reisske, est toujours visible aujourd’hui, à quelques mètres de l’endroit où il a stoppé sa route.

Le 21 août, le 2e corps canadien du Lieutenant General Guy Simonds cherche à fermer cette porte de sortie en se dirigeant vers Gacé. Au préalable, il donne l’ordre à la 2nd Infantry Division de s’emparer de Vimoutiers et de sécuriser un point de franchissement sur la Vie. Après une longue infiltration à travers le bocage dense, le régiment du Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada aborde la commune en milieu d’après-midi. Vers 19 heures 15, le 3e bataillon entame la reconnaissance de Vimoutiers et confirme que le pont est intact. Il doit néanmoins repousser plusieurs fantassins allemands chargés d’y ralentir la progression alliée. En fin de journée, à 22 heures 26, les unités de reconnaissance du 18th Armoured Car Regiment prennent position dans le village pour la nuit.

Durant les quarante-huit heures suivantes, les combats se poursuivent aux abords de Vimoutiers, toujours à portée de l’artillerie allemande. Le régiment canadien de la Chaudière traverse à son tour la commune le 22 août vers 20 heures. Incapables de tenir le terrain, les Allemands effectuent des tirs d’harcèlement pour maintenir la pression sur les Alliés : ces derniers continuent d’enregistrer d’importantes pertes : le 1er bataillon du Black Watch rend compte de la perte de 34 des siens durant la seule journée du 23 août en raison de ces tirs.

  Photos de Vimoutiers en 1944

Carte de Vimoutiers :