LE 20 JUILLET 1944

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veronique49
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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par veronique49 » 15 août, 20:02

Episode 7


« ILS NE M?ONT PAS EU ! » HURLE HITLER

Comme convenu, le pilote est prêt à décoller. Et à 13h15, Stauffenberg regarde sans les voir les lacs et forêts en échangeant de rares paroles avec Haeften et le général Stieff qui n?a pas quitté le Heinkel. Une seule pensée habite ces hommes : il faudra rendre à l?Allemagne tout ensemble la paix et son honneur.

Mais Hitler n?est pas mort.

Une fois de plus le hasard l?a sauvé, et le hasard s?appelle Brandt. Les pieds gênés par la serviette de Stauffenberg, le colonel Brandt l?avait poussée de l?autre côté de la console, vers l?extrémité de la table où le Führer occupait le centre. Brandt, affreusement blessé, révèlera ce détail avant de mourir.

Ainsi, pendant que Stauffenberg et ses amis pensent au déroulement du plan Walkyrie que Fellgiebel a dû déclencher en prévenant Olbricht, une scène qu?ils sont à mille lieues d?imaginer se déroule au Wolfshantze.

Hébété, méconnaissable, les cheveux roussis par les flammes, les joues charbonneuses, dolman et pantalons déchirés, les bras pendants, inertes, soutenu, presque porté par son aide de camp Staub, accouru au bruit, et par Keitel, indemne, Hitler, enjambe péniblement les gravas. A la grande stupeur de Keitel, le voilà qui se ressaisit, retrouve la voix de Nuremberg ?alors qu?il chevrote depuis des mois- et se met à hurler :
- « Que rien ne transpire de cette affaire ! Silence absolu, total ! Sinon, la mort ! »

Sur quoi il ordonne que soit branchée la table d?écoute des transmissions et que l?on barricade le camp. C?est dans cet abri souterrain que le chirurgien Von Hasselbach l?examine. Tout à coup, devant Hasselbach figé de stupeur, Hitler se met à sauter sur place, comme saisi de folie. Il vocifère :
-« Ils ne m?ont pas eu, mais moi, je la tiens enfin, cette clique ! »

Ses blessures sont superficielles. Rassuré par cet examen, le Führer refait surface pour changer de tenue.
-Nous avons eu des morts, lui répond Keitel à qui il demande qui est blessé
Morts, Berger, le secrétaire, trois officiers SS, l?une des sténographes, qui a eu la jambe arrachée, mourra peu après. Blessés mortellement, le général Korten, chef d?état-major de la Luftwaffe, le général Schmundt, aide de camp du Führer, le colonel Brandt. Gravement atteints Bodenschatz, le chef d?état-major de Goering, et à des degrés divers, tous les participants, Keitel excepté.
Le sergent du standard téléphonique survient alors, à peine remis d?une forte commotion. Il révèle qu?il n?a reçu aucune communication de Berlin pour Stauffenberg, lequel « a détalé comme un lièvre avec un lieutenant ». Sur quoi, on signale l?arrivée à Rastenburg du train de Mussolini, en retard d?une heure.

A SUIVRE.... prochain épisode "Qu'on les massacre tous !"

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veronique49
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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par veronique49 » 16 août, 20:55

Episode 8

1. QU?ON LES MASSACRE TOUS !

Accourus par avion à la nouvelle de l?attentat, Ribbentrop et l?amiral Doenitz accueillent le Duce aux côté de Goering[url="http://dday-overlord.forumactif.com/Deb ... .htm#_ftn1][1][/url] et d?Himmler. Amaigri, courbé, Mussolini suit Hitler sur les lieux de l?attentat. « Mussolini parut absolument horrifié », rapporte le Dr Schmidt, l?interprète officiel du Führer.

Les deux dictateurs et leur entourage prennent le thé lorsque l?annonce d?une révolte militaire parvient à Berlin. Aussitôt, une querelle de charretier éclate, devant Mussolini stupéfait. Doenitz fustige Goering pour les échecs de la Luftwaffe. Lequel Goering reproche à Ribbentrop sa politique étrangère, allant jusqu?à le menacer de son bâton de maréchal en le traitant de « sale petit trafiquant de champagne ».

Prostré et sourd au bruit, Hitler arrose de thé les pilules de Morele. Puis, subitement, quelqu?un ayant prononcé le nom de Roehm, le voilà hurlant, crachant ses mots. Oui, il a tué Roehm ! Et toute sa bande ! Oui, et ce châtiment n?était rien à côté de celui qu?il promet aux traitres d?aujourd?hui.
-« Je ferais enfermer leurs femmes et leurs enfants dans des camps de concentration ! Je serais sans pitié ! Qu?on les massacre tous, tous !

Avant de conduire Mussolini à la gare, il nomme Himmler commandant en chef de l?armée de l?Intérieur, et lui ordonne de sauter en avion pour aller à Berlin écraser la rébellion. Au commandant des SS de la capitale, il téléphone un ordre bref :
-« Tuez tous les suspects, jusqu?au dernier ».




[url="http://dday-overlord.forumactif.com/Deb ... m#_ftnref1][1][/url] Alors que ses aides de camp et son escorte l?attendaient depuis deux heures pour aller inspecter le front de Lithuanie?Goering était resté à son pavillon de chasse de Romintern ? à 50 km du « repaire du loup ». Certains en ont conclu qu?il savait qu?un attentat allait se produire et qu?il était resté à proximité pour « se placer » si il réussissait, pour manifester sa fidélité en cas d?échec.



A SUIVRE .....Prochain épisode "L'incroyable échec du plan Walkyrie"



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veronique49
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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par veronique49 » 17 août, 13:25

Episode 9


L?INCROYABLE ECHEC DU PLAN WALKYRIE

Les suspects sont persuadés qu?Hitler est mort. Ils agissent en conséquence à Berlin et en France. Le général Von Stülpnagel, commandant les troupes d?occupation en France et le général Hofacker, apprenant « la réussite » de l?attentat vers 16 h, font rapidement arrêter dans la capitale française plus de douze cents SS et, en tête Oberg, chef des polices et du SD en France, avant de sabler le champagne de la victoire.

En son Q.G. de la Roche-Guyon, le maréchal Von Kluge se montrera plus méfiant. Vers 18 h, Von Stülpnagel lui fera téléphoner par Beck. Celui-ci priera le commandant du front de l?Ouest de se déclarer nettement en faveur des insurgés. Mais Von Kluge vient d?apprendre que la mort d?Hitler est démentie. Alors il tergiverse, dit qu?il doit consulter son état-major, qu?il rappellera quand il aura des précisions sur ce qui se passe à Berlin?. Etc.

Les choses ne se dérouleront comme prévu qu?à Paris.

A Berlin, la mécanique du plan Walkyrie s?est enrayée dès le départ. Plus exactement, elle n?a pas été déclenchée, comme l?apprend, à sa grande fureur Stauffenberg, en téléphonant vers 16 h de l?aéroport de Rangsdorf au général Olbricht.

L?attentat manqué du 15 juillet a rendu Olbricht circonspect. Trop circonspect. De plus, craignant les écoutes de la Gestapo, Fellgiebel, quand il a téléphoné au « repaire du loup », a enrobé son information de circonlocutions qui ont semé l?incertitude dans l?esprit d?Olbricht et du général Hoepner, présent à la réception du coup de téléphone.
-« Ne m?attendez pas, supplie Stauffenberg, j?ai quarante cinq minutes de route. Lancez immédiatement les ordres ! »

Ces ordres, les uns signés Witzleben depuis des mois, les autres portant la signature imitée de Fromm[url="http://dday-overlord.forumactif.com/Deb ... .htm#_ftn1][1][/url], le colonel Mertz Von Quirnheim se met alors en devoir de les transmettre par télex et par téléphone. Il est plus de 16 h.

Trois précieuses heures ont été perdues. Aucun ministère n?a été investi, ni aucun bâtiment militaire. Les stations de radio et les transmissions fonctionnent normalement. Aucune unité ne s?est mise en mouvement.

Helldorf, le chef de la police, Arthur Nebe, lieutenant-général des Waffen SS, membres actifs du complot, se sont contentés de mettre au « cran d?arrêt » leur appareil policier.

On s?aperçoit que la répartition exacte des effectifs SS à Berlin n?est pas connue, qu?aucun moyen de transmission spécial n?a été prévu pour assurer la liaison entre les conjurés. Ceux (ci ne disposent même pas d?automobiles pour faire les liaisons.

Beck n?est arrivé à la Bendlerstrasse (ministère de la Guerre) qu?à 16h. Von Witzleben qui doit prendre le commandement de la Wehrmacht est pour l?instant introuvable.

A la Bendlerstrasse, Beck, Hoepner, Olbricht, Yorck, Schulenburg, et d?autres parlent, passent d?un bureau à l?autre. Bref, rien ou presque rien n?a été fait avant l?arrivée de Stauffenberg. On l?attend pour convaincre Fromm qu?Hitler est bien mort.
-« J?ai eu Keitel au téléphone, affirme le chef de l?armée de l?Intérieur. Il m?a dit que le Führer prenait le thé avec Mussolini.
-Comment ? C?est impossible ! S?écrit Olbricht »

Il croit en effet, que les lignes téléphoniques du Q.G. de Rastenburg sont coupées, que Fromm n?a donc pas pu téléphoner à Keitel. Mais Fromm demande le Q.G. et passe l?écouteur à Olbricht qui entend stupéfait, la voix de Keitel
-« Il y a eu un attentat, c?est exacte, mais il a échoué. Dieu merci. Le Führer n?a que des blessures légères. A propos où est donc votre chef d?état-major Stauffenberg ?
-Il n?est pas encore revenu. »

Peu après, « il » arrive enfin à la Bendlerstrasse. Il s?indigne que rien n?ait été fait et s?insurge contre le « mensonge » de Keitel. Bravant Fromm, il lui crie :
-Keitel ment ! C?est moi qui ai amorcé la bombe et j?ai vu l?explosion. Il n?y a pas de survivants.
-Il ne vous reste plus qu?à vous tuer, réplique le général Fromm.
-C?est nous qui allons vous arrêter, annonce Olbricht. »
Fromm est effectivement enfermé dans un bureau et Hoepner placé à la tête de l?armée de l?Intérieur. Mais celui-ci, déjà sceptique, demande un ordre écrit. En fait le doute a envahi les esprits. On n?est pas certain que Keitel a menti. Et le plan Walkyrie n?a pas envisagé le cas où Hitler survivrait




[url="http://dday-overlord.forumactif.com/Deb ... m#_ftnref1][1][/url] Erika von Tresckow, l?épouse du général, et la fille du général von Oven, avait établi les copies des ordres de « Walkyrie »et imité à la perfection le signature du général Fromm.

A SUIVRE ..... Prochain épisode "Nous n'étions pas des révolutionnaires"

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veronique49
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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par veronique49 » 18 août, 17:46

Episode 10


« NOUS N?ETIONS PAS DES REVOLUTIONNAIRES »



L?un des rares conjurés qui aient survécu au drame, Fabian Von Schlabrendorff, reconnaîtra que, le 20 juillet « le sang aurait dû couler ; mais, au lieu de cela, les hommes du 20 juillet dirent à tout le monde : « asseyez-vous donc, nous ne sommes pas de véritables révolutionnaires? »

C?est bien ce qui ressort des faits. A l?heure où Fromm est fait prisonnier à l?étage au-dessus de son bureau, les ordres lancés par Mertz Von Guirnheim n?ont guère rencontré d?écho sérieux. Les troupes complices n?occupent encore que les restes du ministère de la Bendlerstrasse. Des sections du régiment de garde de Berlin marchent vers 17h30 vers la Chancellerie et sur le ministère de la Propagande, ignorant que nul ne peut entrer sans autorisation spécial du Führer. Ordre est donné aux SS de garde de tirer à vue. Devant la menace les assaillants se retirent à distance respectueuse. L?incident est aussitôt connu au Q.G. du Wolfshantze.
-« Ils n?ont même pas coupé les fils du téléphone, ces imbéciles, s?écrie Hitler.



Vers 18h45 le puissant émetteur Deutschlandsender diffuse dans toute l?Europe une brève information sur le « miracle » qui a permis à Hitler d?échapper à un attentat.

Il faut se rendre à l?évidence. Cependant Stauffenberg espère que le putsch peut encore réussir, si tous les points-clés sont occupés et les « bêtes nuisibles » comme Goebbels, arrêtées.

Un jeune major du régiment de garde, Remer, a été désigné par lui pour s?emparer du ministère de la Propagande et de la personne de Goebbels, mais un officier persuade Remer de ne pas s?emballer et prévient Goebbels. Celui-ci, malin, convoque Remer avant qu?il n?agisse. Il s?efforce de le convaincre qu?il n?est qu?un pion vulgaire dans un complot assassin contre le régime de l?Allemagne. Comme Remer semble hésitant, il téléphone au Führer sur sa ligne personnelle et passe le combiné à ce modeste officier qui n?en croit pas ses oreilles.
-« Je vous charge de l?honneur de briser la révolte, lui dit le Führer. Vous n?obéirez qu?à Goebbels, à Himmler ou au général Reineke. Je vous nomme colonel. Tous les maréchaux et les généraux se trouvent désormais sous votre autorité.

Remer sort du ministère ivre d?orgueil, et retourne son bataillon contre les conjurés. (Remer se suicidera en juillet 1945)

Peu après Keitel fait connaître par radio à tous les officiers que les ordres n?émanant pas de lui-même ou de Himmler sont sans valeur. Après quoi la radio dont les conspirateurs auraient dû naturellement s?emparer sans délai annonce que le Führer parlera dans la soirée au peuple allemand.

A SUIVRE .... Prochain épisode "A la lueur de phares bleuis"

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Message non lu par veronique49 » 19 août, 11:45

Episode 11

A LA LUEUR DE PHARES BLEUIS

Les conjurés ne doutent plus guère de la survie d?Hitler. Comment donc le plan Walkyrie pourrait-il déboucher alors qu?il n?a quasiment pas été mis en ?uvre à l?heure où l?on croyait le Führer mort !

« Pas un seul des chars prévus, écrit Maxime Mourin (les complots contre Hitler, payot 1948)

N?est apparu au centre de Berlin. Le comte Helldorff crie son impatience au téléphone. Stauffenberg avait pourtant assuré que du côté militaire tout était prêt. D?après lui, dans toutes les unités de la place de Berlin se trouvaient des officiers complices prêts à abattre sur-le-champ ceux uni refusaient de marcher ».

Le maréchal Von Witzleben, n?arrive à la Bendlerstrasse que peu avant huit heures de soir. C?est pour s?enfermer dans un bureau avec Beck et Von Staffenberg. Une vive discussion éclate et le maréchal s?en va, très en colère, en déclarant qu?il rentre chez lui.

Approuvé par le général Hoepner, Olbricht permet à Fromm, à 8h du soi, de regagner son propre bureau au troisième étage, de s?y faire apporter un repas, et d?y recevoir trois généraux de l?état-major !.... C?est signe d?un profond désarroi.

Tout se joue en ces instants dramatiques. Par une porte dérobée connue de Fromm, les généraux vont chercher des renforts qui permettront de cerner le ministère, de délivrer le prisonnier et de s?emparer des conjurés. Des SS arrivent, appuyés par Remer.

Une demi douzaine d?officiers qu?Olbricht croyait ralliés au complot, font irruption dans son bureau, mitraillettes à la main. Le bruit a attiré Stauffenberg, qui veut fuir, mais un SS l?atteint d?une balle dans le bras. Il est poussé sans ménagements, avec Haeften dans le bureau de Fromm, où les SS amènent aussitôt les généraux Beck, Olbricht, Hoepner, et le colonel von Quirnheim. Fromm ne pense qu?à une chose : réduire au silence les conjurés pour les empêcher de révéler qu?il a eu connaissance du complot.
-« Eh bien, messieurs, déclare Fromm, je vous vous traiter comme vous m?avez traité. Posez vos armes !
Beck se rebiffe :
-A moi, votre ancien chef, vous oseriez ?
Et la main sur son revolver :
-Laissez ?moi tirer seul les conséquences de la situation ?
-Assez parlé, finissez-en vite, ordonne Fromm ;
Beck vise sa tempe droite, se blesse et tombe sur un siège, la tête en sang.
-Achevez-le, achevez-le vieux ! Commande Fromm à deux officiers.
Mais Beck sursaute, reprend son revolver, n?arrive pas à lever sa main tremblante, et, les officiers se dérobant, c?est un sergent qui donnera le coup de grâce à l?ancien chef suprême de l?armée allemande.

Ses compagnons n?ont pas bronché. Fromm les autorise à écrire des lettres d?adieux, leur accorde « quelques minutes ». Puis quitte la pièce pour y rentrer presque aussitôt en déclarant :
-Au nom du Führer, j?ai formé une cour martiale qui vous a condamnés à mort.

Stauffenberg, Olbricht, Haeften, von Quirnheim n?ont ni un geste ni un mot. Des SS les emmènent dans la cour du ministère. C?est à la faible lueur de phares d?auto bleuis qu?un peloton formé par des SS et commandé par le général Kortfleisch commandant de la région de Berlin, tire quatre rafales de balles sur les conjurés. Avant de tomber Stauffenberg s?écrie : vive notre Allemagne éternelle !
-Unsere Führer Adolf Hitler, Sieg Heil, répliquent Kortzfleisch et ses hommes.

Des SS chargent aussitôt les corps sur un camion. Ils réveillent le gardien du cimetière le plus proche et creusent un grand trou pour y jeter les suppliciés. A l?aube, les SS reviendront photographier et filmer les cadavres en uniforme avant de les incinérer.

Hoepner a échappé à la tuerie. Fromm lui a laissé le choix, au « nom d?une vieille camaraderie », entre l?exécution ou la prison de Moabit. Il a choisi Moabit.

Aucun des autres conjurés présents au ministère de la Guerre (von der Schulenburg, von Bernardis, le pasteur Verstroken etc.) ne tenta de résister.

A SUIVRE .... Prochain épisode "4980 exécutions"



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Message non lu par veronique49 » 19 août, 11:53

Photos des lieux de l'attentat, et rencontre Mussolini /Hitler :

http://www.servimg.com/image_preview.ph ... u=11409959
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Message non lu par veronique49 » 20 août, 18:14

EPISODE 12


1. 4980 EXECUTIONS

A minuit, du ministère de la Propagande où il a rejoint Goebels, Himmler annonce à Hitler que le putsch est neutralisé, que quatre conjurés ont été exécutés, que Beck s?est suicidé. Hitler peut alors s?adresser au peuple allemand. A une heure moins le quart, le chef de la Propagande lance sur les ondes : « Notre Führer vous parle ! »

Et on peut entendre dans toute l?Europe la voix rauque, trop connue, crier :
-Camarades allemands ! Je n?ai pas été blessé. C?est pour moi la confirmation de la mission que m?a dévolue la Providence ?. Les usurpateurs ne sont qu?un tout petit groupe?. Un e bande de criminels qui seront tous exterminés impitoyablement?. Je donne l?ordre d?arrêter ou di tirer à vue quiconque de ces imposteurs qui donnerait des ordres. Nous les traiterons de la manière dont nous, nationaux-socialistes, avons toujours traité nos ennemis.

D?après les dossiers de la Gestapo, 7 000 personnes environ seront arrêtées, et 4 980 exécutées dans les jours et les mois qui suivront l?attentat. Une « cour d?honneur » composée de généraux don von Rundstedt et Guderian acceptent de faire partie, est constituée pour délibérer sur le cas des militaires compromis. Son rôle est de les exclure de l?armée et de les remettre au Volksgericht ou Tribunal du peuple. Là, les accusés seront « jugés » sur preuves fournies par la Gestapo.

Les sentences seront exécutées dans les deux heures.
-Je veux les voir pendus comme du bétail de boucherie ! a déclaré Hitler.

Pour cette besogne, il désigne un certain Freisler, formé dans l?admiration de Vichinsky, le liquidateur des généraux soviétiques en 1937.

Dès le matin du 21 juillet, la chasse s?organise en Allemagne et dans tous les pays occupés. Le Tribunal du peuple se réunit pour la première fois le 7 août. Tirés de la prison de la Gestapo après deux semaines de tortures, amaigri, le visage tuméfié, le maréchal von Witzleben, les généraux Stieff, Hoepner et von Hase, les officiers Klausing, von Hagen, von Bernardis, et Yorck von Wartenburg, déguisés en clochards par les SS, comparaissent devant la robe pourpre de Freisler.

Ils agrippent leurs pantalons qui tombent, faute de ceinture. Witzleben, privé de son dentier, est traité de vieux dégoûtant par le « président », et les avocats de la défense réclament pour leurs clients « les pires châtiments ».

Aucun des accusés ne nie son hostilité au nazisme.

Deux heures après les huit condamnés sont conduits dans une salle étroite de la prison de Ploezensee. Ils voient huit crocs de boucher auxquels on va les pendre. Des caméras filment la lente agonie de ces hommes amenés le buste nu, et dont les pantalons glissent lentement, laissant apparaître les traces des coups qu?ils ont subis. On dit que Goebbels ne pus supporter la vue de ce film, expédié le jour même à Hitler.

Ce n?était qu?un commencement. Une autre charrette, la semaine suivante, comprend des dizaines de diplomates, des professeurs, des religieux, le juriste Trott zu Solz, tandis que par centaines, épouses, s?urs, parents et enfants prennent le chemin des camps de concentration.

Nombre d?accusés n?hésitent pas à défier Freisler qui écume de colère.
-Dépêchez-vous de nous pendre, monsieur le président, lui lance le général Fellgiebel, sinon vous serez pendu avant nous.
-Vous serez bientôt en enfer, crie le juge à l?adresse de Wirmer qui réplique :

-J?aurai le plaisir de vous voir bientôt m?y rejoindre.

Petite galerie photo
http://www.servimg.com/image_preview.ph ... u=11409959
Von Witzleben
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Von Witzleben constamment humilié
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Hoepner qui avait refusé de se suicider
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A gauche le Dr Carl Goerdeler, ancien bourgmestre de Leipzig, conspirait depuis 1935. Il eût été chancelier du gonvernement provisoire si le complot avait réussi. Arrêté le 12 août, il ne fut pendu que le 2 février 1945. Il semble qu'il ait trop parlé en prison. A droite Freisler président du Tribunal du peuple, chargé de condamner à mort tous les inculpés. La sentence était exécutoire dans les deux heures.

A SUIVRE .... Prochain épisode "Suicides et pendaison en cascade"

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Message non lu par veronique49 » 21 août, 10:01

Episode 13

SUICIDES ET PENDAISON EN CASCADE

Freisler présidera le Volksgericht jusqu?au matin du 3 février 1945. Ce jour-là une bombe américaine tomba sur le Palais de Justice et le tua net, épargnant le conjuré von Schlabrendorff qui allait écrire plus tard, l?histoire de ses camarades.

Mais Freisler avait eu le temps d?exécuter sa macabre besogne. L?un des tout premiers « résistants » à l?hitlérisme, Goerdeler, qui erre depuis des jours en Prusse orientale, couchant dehors, affamé, est reconnu dans une auberge, arrêté et soumis aux pires tortures ; IL est possible que cet indomptable sexagénaire ait livré quelques secrets secondaires sous la torture, avant d?être pendu en même temps que l?ancien ministre Popitz, un jésuite, le P. Delp, ami du vicomte von Moltke, qui avait été lui-même pendu la semaine précédente à un croc de boucher.

Le général von Tresckow se fait sauter la tête dès le 21 juillet, avec un grenade face aux lignes russes, imité la semaine d?après, par le général Wagner et par le colonel von Freytag- Loringhoven. Le général von Stüpnagel, invité par Keitel à se rendre à Berlin, fait arrêter sa voiture en face de Douaumont et se tire une balle dans la tête, qui l?aveugle, mais ne le tue pas. Le 30 août Hitler le fait porter sur une civière au Tribunal du peuple pui, à la potence de Ploenzensee, où en même temps que lui, trois conjurés arrêtés à Paris, le colonel von Linstow, neveu de Kluge, le lieutenant-colonel Rathgens et le commandant Finckh, seront suppliciés.

Leur prudence ne sauve ni le général Herfurth, ni Fromm, arrêté dès le 21 juillet et « fusillé par faveur spéciale » en mars 1945. Ni le maréchal von Kluge, l?un des premiers grands chefs à envoyer un message de loyalisme au Führer après l?attentat : il absorbe une capsule de cyanure près de Clermont-en- Argogne plutôt que d?arriver vivant à Berlin pour s?y faire pendre.

Parce que son nom a été arraché sous la torture du 3e degré au général Hofacker, le maréchal Rommel est sommé de s?empoisonner.

A SUIVRE .... Prochain épisode "Un lent étranglement"

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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par Invité » 21 août, 10:11

Clair net et précis : fort bien écrit ! on en redemande.



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PatrickBrion
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LE 20 JUILLET 1944

Message non lu par PatrickBrion » 21 août, 15:35

Sortie de la presse allemande. Le film actuellement en tournage en Allemagne avec Tom Cruise risque de prendre une stop temporaire à cause d'une accident avec des figurants.

A+

Patrick


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