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Suite
de la page Opération
Neptune (1) :
Traversée
de la Manche (suite)
Eisenhower
décide, en raison d'une amélioration du temps
prévue par la météo, le dimanche 4 juin
à 04h15 : "Overlord aura lieu demain, 5 juin".
Eisenhower
fixe la date du Débarquement, le "Jour J",
au lundi 5 juin 1944, car les conditions de marées
et de pleine Lune sont favorables. En effet, les marins alliées
reçoivent l'ordre de débarquer les fantassins
sur les plages par marée basse afin de ne pas envoyer
de péniches contre les fortifications de plages du
"Mur de l'Atlantique". Les facteurs Lune et marée
sont liés, mais ils ne sont que très rarement
favorables en même temps.
C'est pourquoi si la date du 5 juin ou du 6 juin doit être
annulée, les météorologues militaires
pensent qu'un phénomène identique ne se reproduira
qu'en septembre 1944, soit quatre mois plus tard. Les Alliés
ne peuvent se permettre un tel retard, certainement favorable
aux forces de l'Axe.
Et
c'est à l'aube du
4 juin que la flotte d'invasion se met
en route. Mais elle est rappelée au bout de quelques
heures, le temps étant devenu exécrable. Les
hommes doivent attendre encore 24 heures ; quant aux troupes
d'assaut, qui étaient déjà dans leurs
embarcations depuis 5 jours, ce n'est plus pour elles qu'un
petit délai supplémentaire.
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Le
4 juin, l'ordre du retour aux bases est donné par
les avions Alliés au moyen de signaux lumineux. |
Pour
le chef suprême des armées alliées, l'heure
est tragique : s'il repousse à septembre 1944 le débarquement,
qui sait si le secret de toute l'Opération Overlord
ne sera pas découvert ? Et qui sait quel sera l'impact
militaire si 1500000 soldats américains et 1750000
soldats du Commonwealth, auxquels viennent se rajouter 40000
unités provenant des pays occupés par les forces
de l'Axe doivent rester bloqués sur le sol britannique,
sans compter tout le matériel de guerre ?
Mais le général américain Dwight
Eisenhower ne maîtrise pas la météorologie
: la tempête l'empêche d'ordonner le départ
avec assurance.
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Un
bombardier moyen américain B-26 survole l'armada
alliée. |
Pourtant,
prenant toute la responsabilité de l'affaire, il décide
que le débarquement de Normandie commencera le surlendemain,
le mardi 6 juin 1944 et prononce la célèbre
phrase ; "O.k., let's go !" ("O.k., on y va
!"). Le lendemain, à l'aube du 5 juin 1944, la
flotte d'invasion reprend la direction de la Normandie et
cette fois pour de bon.
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Les
dragueurs Alliés détruisent en Manche une
mine située à proximité du passage
des convois. |
La force
U (Utah), grosse de 1000 bateaux portant 30000 hommes
et 3500 véhicules arrive la première et est,
à 2 heures du matin le 6 juin 1944, à 15 km
au large de son objectif, la plage de Saint-Martin-de-Vareville.
Lors de la traversée, les premiers bâtiments
englobent l'immense armada d'un rideau de fumée qui
doit la protéger des sous-marins et des vedettes E-Boot
allemandes.
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Pourtant,
les officiers allemands de l'Etat-Major ignorent toujours
la présence de cette armada en Manche.
Protection
des convois
Pendant
la traversée, les ordres donnés aux officiers
commandant les navires de guerre sont clairs : ils doivent
ouvrir le feu sur tous les avions survolant à basse
altitude la flotte, qu'ils soient amis ou ennemis. Les pilotes
alliés étant prévenus, ne pouvant pas
descendre en deça d'une certaine altitude.
Pour protéger les différents bâtiments
de l'armada alliée de toute attaque aérienne
à basse altitude, la plupart des navires qui possèdent
un fort tonnage disposent d'un ballon volant à plusieurs
dizaines de mètres de hauteur au-dessus de leur structure.
Ce ballon est relié au navire par un cable en acier.
Ce n'est pas le ballon qui va empêcher les attaques
aériennes mais plutôt le cable d'acier qui
risque de couper les ailes des avions volant à basse
altitude pour attaquer l'armada.
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Sur
cette photographie il est possible de distinguer les
ballons captifs visant à protéger les
navires Alliés. |
Un
large nuage de fumée servant à camoufler l'armada
dans une brume artificielle est envoyé à l'avant
de la flotte alliée par des vedettes.
Mais
au large du Havre, 4 S-Boot surgissent du nuage de brouillard
artificiel et tombent nez-à-nez avec la flotte alliée
et le convoi de la Force S (Sword) : immédiatement,
ils envoient leurs torpillent et effectuent un demi-tour
très rapide, puis disparaissent dans le nuage de
protection. Un navire de guerre Norvégien, le Svenner,
est touché et sombre. Les survivants sont récupérés
par les navires environnants. C'est l'incident majeur de
la traversée.
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L'USS
Thompson, qui doit ouvrir le feu le 6 juin 1944 sur
les positions allemandes d'Omaha. |
Les
bombardements
Pendant
ce temps, 3460 avions bombardiers lourds et 1650 bombardiers
légers et moyens Alliés larguent des centaines
de tonnes de bombes sur la côte normande, visant les
batteries et les fortifications du Mur
de l'Atlantique.
A
5 heures 30 du matin, alors que le jour se lèvera
28 minutes plus tard, les 200 bâtiments de guerre
Alliés dirigent leurs canons vers leurs objectifs
en Normandie, situés entre Barfleur et le Havre,
et ouvrent le feu. Le spectacle est terrifiant, le rivage
s'embrase et les soldats alliés qui gagnent les péniches
de débarquement arrivent difficilement à respirer
: le stress serre leur estomac et les obus des canons, qui
survolent à quelques mètres au-dessus des
barges les têtes des soldats, créent de tels
appels d'air qu'il devient difficile de respirer.
Les
barges se dirigent vers les cinq plages de débarquement,
pendant que le bombardement naval se poursuit, jusqu'au
moment du débarquement. Certaines péniches
de débarquement sont équipées de lance-fusées
afin de bombarder les positions allemandes jusqu'à
l'instant où le premier soldat allié pose
le pied sur la plage de Normandie qu'il vient libérer.
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Ces
soldats américains rejoignent la barge qui va
les mener au rivage Normand. |
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