Feuilleton, The Parachute School...

Le front de l'Ouest ne se limite pas à la bataille de Normandie : discutez ici des autres grandes batailles !
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Gennaker
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Petit feuilleton à vous proposer ; la Parachute School de Fort Benning, comme si vous y étiez, à travers le regard de Richard "Dick" O'Brien, medic Geronimo du 501st…


Richard E. O'Brien est né en 1925 à St Louis, Missouri. Le 6 juillet 1943, il est appelé sous les drapeaux. Il suit des cours de médecine au Medical Basic Training de Camp Barkeley, puis une spécialisation à O'Reilly General Hospital. Il est ensuite envoyé à The Parachute School de Fort Benning. Le 4 avril, il monte dans un train pour Benning et TPS... l'inconnu!

"Fort Benning Georgia ; Home of the Airborne!
Une fois encore, j'ai pris le train. Mais cette fois direction Fort Benning, Home de la Parachute School. Je me demandais dans quel merdier je m'étais encore fourré. Sauter d'un avion n'est pas une chose naturelle pour un être humain! Quelles étaient donc mes motivations? J'avais dit à mon pote Shargel que si je n'entrais pas au Army Specialized Training Programm, je choisirais les paratroopers. Et Shargel est partit pour L'University of Southern California. Les paratroopers avaient déjà sauté en Afrique du Nord, en Sicile, en Italie et en Normandie. C'était une force d'élite. Et puis, ils portaient un uniforme spécial, avec ces bottes de saut bien brillantes, et recevaient 50 dollars de plus par mois. C'étaient de bonnes motivations.

Quand le train entra en gare de Columbus, Georgie, ce 5 avril 1944, les quais étaient pratiquement déserts. Je jetai un oeil aux alentours, un peu étonné quand un sergent en uniforme complet avec jump boots rutilantes et jump wings s'avança et me demanda si je venais à la jumpschool. Quand j'eus dit "oui", il me dit de prendre mes affaires et me mena vers sa jeep. Il me conduisit vers un coin de Fort Benning appelé le "Alabama area", de l'autre côté de la Chattahootchee River. Il me laissa au secrétariat du Receiving Company, Parachute training Regiment, et me dit de me présenter au "Charge of Quarters". Le CQ me montra ma paillasse et en un clin d'oeil, j'étais endormi. Cela avait été une longue journée! J'avais à peine fermé mes yeux quant un coup de sifflet retentit. Il était 5 heures et demi du mat et il faisait encore nuit. Une vingtaine de gars venus des quatre coins des States se mit en formation approximative, qu'un jeune sergent s'empressa de corriger. On fit l'appel et le sergent dit : "Tous en position allongée! Gimme Twenty!". Alors, on s'est allongé, sans trop savoir ce que "Gimme Twenty" voulait dire. On a vite compris! Le sergent était à présent très énervé. Il nous cria : "donnez moi 20 pompes! Un! deux! Trois! Quatre..." On s'est mis à faire des pompes comme on pouvait. Cela ne plut pas du tout au sergent qui se mit à hurler des obscénités. "Vous ressemblez à une bande de singes en train de baiser un ballon de football! N'avez vous donc jamais fait de pompes? Poitrine au sol! dos droit! baissez moi vos gros culs! Au bout de quelques minutes, un medic bien gras au rang de First sergeant se leva, dépoussiéra ses manches et dit : "je me barre! je n'ai pas à entendre ce genre de conneries!" Il revint vers le secrétariat. On ne le revit plus jamais.

Fort Benning est construit le long de la Chattahoochee River, qui fait la frontière entre l'Alabama et la Georgie. Le post a reçu le nom d'un Brigadier General Henry Lewis Benning, de Columbus. Le post abrite le Airborne Command,des unités de l'Army Air Corps qui bosse avec le Airborne Command, des équipements d'entrainement de l'infanterie, et une division blindée.

L'après-midi de la seconde journée, je fus assigné à I company du Parachute training regiment. On me précisa en quoi consisterait le parachute training program. Ce cours était divisé en 5 semaines, dénommées Pre-A, A, B, C, et D. Toute une partie de la colline avait été déboisée et était appelée "The Bowl"., en mémoire d'un major qui s'était tué en sautant. Il avait une confiance totale en son parachute, et avait déjà accompli ses 5 sauts qualificatifs. Un soir, il a laissé tremper son parachute dans l'eau. Le lendemain, le parachute a refusé de s'ouvrir....
TO BE CONTINUED!
Dick à la fin du conflit. il a été versé à la 82nd Airborne, mais porte au revers de son uniforme les c'est Geronimo du 501st PIR…
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Gennaker
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PRE-A STAGE

Durant la phase de "Pre A Stage", nous faisions 8 heures par jour d'entrainement physique, ou de corvées, "Kitchen Police (cantine), ou gardien de prison. L'entrainement commençait dès le réveil par une heure d'exercices, suivie d'une heure de course à pied, puis deux heures d'entrainement sadiques avec des exercices du genre grimper à la corde, judo, ramper, lancer de troncs...L'après midi était l'exact répétition du matin. A la Jump school, personne ne marche, ou ne s'appuie contre un mur ; tout est fait en courant. Chaque matin, le NCO le plus gradé emmenait la compagnie sur la zone d'entrainement. Là, les cadres de la parachute school prenaient le relais. Lorsque votre nom était appelé, vous sprintiez jusqu'au premier rang, et formiez une nouvelle ligne. On ne pouvait pas essayer de remplacer un pote qui était AWOL. Lorsque vous étiez en formation, les cadres vous passaient en revue. Il fallait être rasé de près, avec des vêtements propres, cheveux courts et chaussures brillantes. Comme nous n'avions que deux jeux de vêtements, nous devions en laver un chaque soir pour être sûr d'en porter un de propre lors de l'inspection du matin. Durant le Pre A Stage, le truc le plus dur était la course à pied. Nous courrions en platoon, et il fallait rester compact et courir en cadence. Si un gars manquait un pas, il devait courir avec les bras levés! Si plusieurs gars manquaient la cadence, c'est tout le platoon qui courait bras en l'air. C'était vraiment TUANT! Mon bras gauche était plus faible que mon droit, et quand il s'est affaissé de fatigue, j'ai dû le tenir avec mon bras droit par dessus ma tête.

Un truc intéressant à propos du Pre A stage, c'est la projection d'un film d'entrainement pris aux parachutistes allemands. Et pourquoi pas? Après tout, les allemands ont fait un usage intensif des paratroopers durant la WWII. Ils ont sauté au Danemark, en Norvège, belgique, Hollande, Afrique du Nord, Sicile et en Crête. Leur vieux Fokker trimoteurs avaient l'air de sortir de la première guerre mondiale et c'était très drôle de voir un mec dans l'avion de tête sortir le bras et agiter un drapeau pour signifier aux autres appareils de larguer leurs paras. Les paras allemands plongeaient de leurs avions, et quand le parachute s'ouvrait, il se trouvaient suspendus par le milieu du dos, et non pas par les épaules comme les troopers américains. Ils descendaient dans les airs avec un air penché en avant. ils s'écrasaient face contre terre à l'atterrissage.

Une chose que j'ai apprise durant cette première phase de la jump school, c'est que lorsqu'on atteignait le point de fatigue extrême, ce qui ne m'est jamais arrivé, , et que vous vous écrouliez, les cadres se précipitaient et essayaient de voir le blanc de vos yeux. Si vous vous évanouissiez, et que vous vous releviez pour reprendre l'entrainement, les cadres pensaient que vous aviez des cou...les, peut-être pas beaucoup de cervelle, mais des cojones. Si vous abandonniez, c'était la fin des haricots. Vous étiez humiliés et viré de l'école. Un jour, on courrait tout autour de Lawson Field. on venait de boucler le tour et chacun pensait que c'était fini et qu'on allait rentrer aux barraquements. mais le sergent à décider qu'on continuait pour un autre tour. En prenant un virage, alors que je me trouvais à l'arrière du dernier platoon, j'ai jeté un oeil en contrebas de la colline sur le chemin que nous empruntions, et j'ai eu une vision de champs de bataille. Une dizaine de gars était au sol, prostrés. Lorsqu'on est passé à leur hauteur, les cadres regardaient si on voyait le blanc de leurs yeux. ceux qui étaient vraiment évanoui étaient aidés. ceux qui étaient juste fatigués furent virés du programme. Il n'y avait pas de place à Jumpschool pour les petites bites.

Quand on ne faisait pas de PT (Physical Training), durant pre A stage, on était de corvée. KP (Kitchen Police, corvée de cuisine) n'avait rien de nouveau, mais gardien de prison, oui! J'ai dû me rendre à la prison de la zone Alabama qui était pleine de contrevenants. Certains avaient accompli leurs 5 sauts, et étaient en taule car ils ne voulaient plus sauter. (Durant la WWII, un trooper qualifié qui refusait de sauter était passible de la cour martiale.) Ce qui était nouveau pour moi, c'est le M1 avec chargeur de 8 balles qu'on m'a mis entre les mains. Je n'avais suivi qu'une instruction et formation médicale et je n'avais jamais tenu de fusil. Je n'en connaissais pas le maniement et je n'avais jamais tiré avec un fusil. ce qui m'angoissait, c'est qu'on disait que si un prisonnier s'échappait pendant qu'on était de garde, il fallait accomplir sa peine à sa place. je ne pouvais pâs non plus dire au sergent que je n'étais pas capable de faire une garde à la prison. J'ai donc fait ma garde, avec un M1 chargé, à regarder les prisonniers.

A STAGE
Durant le A Stage, on avait 4 heures d'entrainement physique sous toutes les formes, et quatre heures à travailler avec le parachute ; harnais, comment affaisser un parachute, et comment sortir d'un avion. On allait sur la zone d'entrainement, où se tenait l'appel, et on avait droit à notre inspection rituelle. Puis, le NCOIC (non Commissioned Officer In Charge) nous montra à quoi ressemblait un paratrooper avec tout son équipement et prêt au combat. A partir du haut, se trouvait un casque en acier camouflé, avec une jugulaire qui maintenait le menton, puis une veste khaki qui descendait environ 30 cm sous la ceinture, avec deux poches de poitrine, deux poches plaquées, et une petite poche zippée au niveau de la gorge. Dans cette petite poche se trouvait un canif pour couper les suspentes au cas où le trooper se trouvait coincé dans un arbre. Puis il y avait ce pantalon khaki avec de larges poches juste au dessus du genou, et ces fabuleuses bottes éclatantes qui finissaient l'ensemble. Sur le dos du trooper se trouvait le parachute principale de 8,53 m de diamètre, avec la static line de 4 mètres bien repliée et qui revenait sur l'épaule gauche. sur la poitrine était placé le parachute de secours de 6,70 m de diamètre. Accroché à son harnais se trouvait le sac matelassé dénommé Griswold et qui contenait un M1 démonté en trois parties. Glissé dans une bote ou attaché au mollet, un poignard. Hey! c'est génial! C'est bien cela l'élite, et bientôt je ferai partie de la plus belle unité de combat au monde.

L'instructeur enleva alors le parachute principal ainsi que celui de réserve, les ouvrtit et nous raconta tout à leur sujet. Il nous décrivit les panneaux du parachute, les suspentes, les différents câbles, et la poignée pour ouvrir le secours. Il nous dit qu'un paratrooper, avec un parachute bien ouvert, descendait à la vitesse de 4,50 à 6,00 mètres seconde, en fonction de son poids et de son équipement. Après que toutes les questions en rapport avec le parachute aient été abordées, un autre instructeur nous montra la procédure pour affaler un parachute au sol. Puis, chaque élève reçut un harnais de parachute, sans parachute, A tour de rôle, on s'allongea devant un énorme ventilateur et on accrocha un parachute ouvert à notre harnais. L'instructeur donna le signal à l'opérateur du ventilo de mettre la gomme. le vent ainsi généré gonfla le parachute et le parachute nous traina en travers du champs. Il fallait attraper le harnais, ramener nos genoux sur la poitrine, se relever d'une pirouette, contourner en courant l'axe du vent, et brasser les suspentes et la voile avec nos bras. la première fois que j'ai essayée, le parachute m'a trainé sur 50 mètres. Avec de l'entrainement et beaucoup d'engueulade de la part des cadres, je suis parvenu à maitriser cet exercice.

Les deux jours suivants furent consacrés à apprendre à tomber. D'abord, on se tenait sur une estrade à environ deux mètres du sol, on se penchait en avant à 35 degrés avec les bras le long du corps, pied gauche en avant, et pied droit en arrière, et les yeux braqués sur l'horizon. Au commandement, on sautait en jetant le pied droit en avant, et en effectuant un quart de tour à gauche, le regard toujours droit, le menton dans la poitrine, les genoux pliés, et les talons joints. Juste avant l'ordre de sauter, l'instructeur criait PLF RIght ou PLF Gauche (Parachute landing fall). Ceci si-gnifiait qu'en touchant le sol, il fallait éxécuter une roulade sur la droite ou sur la gauche. Il fallait soustraire le poids de son corps de son mollet, cuisse et épaule. Après que nous ayons maitrisé le PLF, on nous a mené vers une cabine de C 47. A l'intérieur du fuselage, on s'est entrainé à se lever (stand up), à accrocher la static line (hook up)à vérifier nos équipements (equipment check), à confirmer la vérification des équipements (sound off for equipment check), à se placer à la porte, sauter et effectuer u PLF droite ou gauche. L'entrainemet au PLF était monotone mais il était fondamental de maîtriser son atterrissage.
TO BE CONTINED…
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Gennaker
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B STAGE
A Stage est passé très vite, pas de trucs précis, juste les fondamentaux du parachutisme. On avait appris à affaler un parachute, à accrocher notre static line au câble qui court le long du plafond d'un avion, à vérifier nos équipements, à se placer à la porte, sauter et éxécuter un PLF à droite ou à gauche. Nous étions prêt à traverser la Chattahoochee River pour rejoindre le poste principal et apprendre les aspects plus compliqués de la procédure de saut en parachute. Le samedi matin, le moral était au beau fixe quand nous montâmes à bord de bus pour rejoindre Fort Benning proprement dit, et intégrer la Company B du Parachute Training Regiment.


Notre nouvel environnement à Fort Benning était bien meilleur que nos installations côté Alabama. Les barraquements étaient à vue des des grandes tours de saut rouges. Il y avait aussi un grand cinema, un club de loisirs, et une super cafeteria dans le camp principal. C'est là que nous avons appris notre premier chant parachutiste, "Beautiful streamer" (streamer = parachute en torche ndlr). Cette chanson n'était pas prise au sérieux et était généralement chantée par des troopers de retour de permission. 
A ce point de notre entrainement, une chose sympa est arrivée. Puisque nous avions été autorisé à traverser la Chattahoochee River pour poursuivre à Bening notre formation, nous avions donc prouvé que nous étions en parfaite condition ; On nous procura les fameuses jump boots, avec leur talon bizoté  à 45 degrés. Cela afin d'éviter qu'une suspente ne s'accroche au talon lors d'un saut. J'étais aux anges! les jump boots sont le signe le plus évident qu'on est un paratrooper. Je venais de franchir une nouvelle étape dans mon but de devenir un paratrooper. En regardant mes jumpboots, je réalisais que j'avais un problème. Lorsqu'on vous remet une paire de jumpboots neuves, le premier truc est de les assouplir pour pouvoir les porter sans douleur. Si cela n'est pas bien fait, on peut souffrir le martyre durant les marches. Alors que je tournais le problème dans ma tête, un cadre entra dans notre barraquement et nous expliqua comment "faire" une nouvelle paire de bottes. La procédure consistait à se mettre à poil, enfilerb ses bottes, les lacer et d'aller prendre une longue douche bien chaude. Après cela, les bottes étaient séchées avec un chiffon et étaient portées ainsi tout le reste de la journée. L'idée était de marcher avec jusqu'à ce qu'elles sèchent sur vos pieds. En séchant, le cuir épousait parfaitement les contours de vos pieds. Ca marchait!!




Lors de B Stage, on a vraiment appris à raison de 4 heures par jour comment sauter d'un avion en vol. Mais la Parachute school n'oubliait jamais l'aspect condition physique du programme. Chaque jour, et en plus des séances de course à pied, nous faisions une heure de gymnastique. Ces exercices avait lieu en un endroit appelé le "trou de sciure". C'était un endroit d'environ 100 m de côté, fermé par des rondins d'une trentaine de centimètres de haut. Toute la surface était recouverte d'environ  20 cm de sciure. Une chose qu'il ne fallait jamais faire, c'est cracher dans sciure. Vous risquiez une sévère punition. Parfois, je pense qu'on aurait pu s'en tirer si on avait pissé ou chié dans la sciure, mais pas cracher! Il y avait ue trentaine d'officiers qui s'entraienaient avec nous pour gagner leurs wings, et l'un deux était chapelain. Mais un jour, le chapelain cracha dans sciure. Le silence s'abattit sur le groupe. L'instructeur fit s'avancer le chapelain au devant de tout le groupe et lui dit ; "Chaplain, vous avec commis le péché capital de cracher dans la sciure. Vous allez courir tout autour du sawdust pit avec les bras tendus au desus de votre tête en répétant à voix haute ; "I'm a bad, bad chaplain! j'ai craché dans le pit!" jusqu'à ce que je vous dise d'arrêter. L'instructeur l'a fait courir ainsi pendant 20 mn.


Note : "J'ai souvenir d'un récit d'un trooper qui a été témoin d'une punition similaire ; un élève crache dans la sciure, et l'instructeur lui fait enlever le crachat... avec sa bouche....! Ca calme!


"....Un peu plus tard, je me suis fait chopper pour je ne sais plus quelle infraction et j'ai entendu les mots redoutés ; "Hey you!. le sergent pointait son doigt vers moi. "Get down and gimme 25!" Je savais à présent ce que cela voulait dire. Je me mis à terre, fis mes 25 pompes et me relevai. "Combien de pompes as tu fait?" me demanda le sergent. "25!" répondis je. "Quoi! tu en as réellement fait 25?""Yes Sergeant! j'en ai réellement fait 25!" "Alors reprend la position et fais m'en 25 autres! Un bon paratrooper ne dit jamais la vérité!" Je me remis en position, fis mes pompes et me redressai au garde à vous. Je me disais alors ; "Merde alors! jamais je ne referrai 25 pompes!" "Combien " me demanda le sergent.  "25" dis je en souriant. "Mais as tu vraiment fais 25 ou à tu tricher ujn petit peu?""Et bien sergent, je n'en ai fait en fait que 15 ou 16".  "Quoi!!! tu m'as menti? Un bon paratrooper ne ment jamais! descend ton Q et donne m'en 25 en comptant à voix haute." mort de trouille, je m'éxécutai et tout en soufflant comme un phoque, je refis mes 25 en comptant. Aucun fuckin sergeant" n'allait me virer des paras!


Un jour où nous étions dans le "pit", l'instructeur nous fit faire de petits cercles avec nos bras. Dans cette exercice, on est au garde à vous, les bras étendus à l'horizontal sur le côté, doigts joints et tendus, et les paumes en l'air. Au commandement, on faisait de petits cercles dans le sens des aiguilles d'une montre ou inversement. En quelques minutes, vos bras vous donnent l'imùpression de peser 20 kg à hauteur des poignets. Lentement, votre bras le plus faible commence à s'affaisser. Au moment où le groupe commençait vraiment à en baver, l'instructeur à l'avant demanda à l'instructeur à l'arrière de raconter sa dernière perm'. le sergent instructeur, 1,64 m et 74 kg de muscle, bras bien écartés de chaque côté, épaules bien plantées, commença son histoire.
"Et bien vendredi dernier, le sergent Jones et moi sommes allés à Columbus pour une petite virée du week end. On étai dans la Chevrolet décapotable de 1938 du sergent. on avait un rencart avec deux bombes de Georgie chaudes comme la braise, mais avant d'aller les voir, on s'est arrêté casser la croûte. On est entré dans un rade bien crasseux et on a commandé deux hamburgers, un bol de Chili et des cocas. Quand la serveuse nous a apporté la bouffe, son pouce trainait dans le bol de Jones.
Jones lui a dit : "Pourquoi avec vous trempé votre pouce dans mon chili?"
Elle répondit : "Parce que j'ai de l'arthrite et que la chaleur me fait du bien."
Jones, une peu énervé, a marmonné : " Si tu veux réchauffer ton pouce, fout le toi dans le Q."
Rapide comme l'éclair, elle répondit : "C'est ce que je fais quand je suis dans la cuisine."


Quand on a eu terminé de manger, Jones a souligné que c'était le meilleur chili qu'il avait jamais mangé. On est sorti, et on est allé chercher les filles pour aller dans un bar....."
Il continuait comme cela, à n'en plus finir, et je me disais que j'allais mourir. Je me dis que les tortures du moyen âge devaient ressembler à cela.
Finalement, le sergent eut le souffle court, ou eut pitié de nous, et arrêta l'exercice..."


On nous mena ensuite vers un barraquement à l'intérieur duquel se trouvaient trois cercles d'acier d'environ un mètre de diamètre, suspendu au plafond par des cordes. Attachés à ces cercles, il y avait un jeu de suspentes reliées à un harnais de parachute. On montait sur une plateforme, accrochait le harnais et on se jetait ainsi harnaché de la plateforme. On se trouvait alors suspendu à un mètre du sol. Dans cette position, on nous apprenait à guider le parachute en se laissant "glisser" sur la gauche ou sur la droite, en avant et en arrière. L'idée générale était que, si vous tiriez vers le bas vos deux suspentes de gauche, le parachute s'inclinait vers la gauche, et l'air se précipitait dans la partie droite du parachute, et vous descendiez alors vers la gauche. Cette procédure s'appliquat naturellement sur la droite, sur l'avant et sur l'arrière, si vous vouliez vous dirigez dans l'une de ces directions.


L'entrainement le plus excitant de Jumpschool, à part les sauts réels, étaient les exercices depuis les tours de 78 mètres. Chaque tour de 78 mètres avaient 4 grands bras. De très grands anneaux étaient accrochés par des câbles aux extrémités de ces bras. On descendait ces anneaux grâce à des poulies électriques. Des parachutes entièrement déployés étaient fixés à ces anneaux. L'élève enfilait un harnais et était hissé jusqu'en haut de l'un des bras. Au signal, l'opérateur de la tour relâchait l'anneau relié à un parachute. On tombait brutalement durant 3 ou 4 mètres jusqu'à ce que le parachute se remplisse d'air, et ralentisse la chute. Le paratrooper descendait tranquillement vers le sol. Durant la descente, il devait toujours être vigilant sur sa trajectoire qu'il devait corriger en tirant sur les suspentes pour éviter de percuter la tour.  Le contrôleur au sol avait un haut parleur qu'il utilisait pour prévenir l'élève s'il dérivait trop vers la tour, et donner ses commentaires sur la qualité de sa descente. Cette partie de l'entrainement était vraiment sympa. Ce concept avait été mise en place lors de l'exposition universelle de New York en 1939. L'armée avait acheté les tours qui avaient été assemblé à Benning.


Le dernière surprise que les instructeurs avaient pour nous était la tour de 34 pieds (10,5 m). Le but de cette tour était d'habituer le trooper au choc du saut dans le vide depuis un avion. Ce n'était pas aussi brutal que la réalité du saut, mais cela était assez stressant. Un harnais de parachute complet, avec static line était accroché sur l'élève qui grimpait tout en haut de la tour. Au plafond de la cabine réconstitué en haut de la tour, se trouvait un câble d'acier qui courait vers le sol où il était rattaché à un pieu à environ une centaine de mètre de la cabine. Juste avant ce pieu, il y avait une aire de réception pleine de sciure à 1,5 m au dessous du câble. Quand on arrivait en haut de la tour, un sergent attachait votre static line au câble et vous ordonnait de prendre position au bord de la plateforme qui simulait la porte de l'avion. A son commandement, il fallait sauter. En sautant, il fallait effectuer une demi rotation vers la gauche, les yeux sur l'horizon, le mention dans la poitrine, et les bras croisés sur le parachute de réserve, les coudes bien rentrés, talons joints et genoux fléchis. En sautant, vous tombiez durant 5 ou 6 mètres avant que la static line ne se tende et n'arrête votre chute. Vous descendiez alors le long du câble comme sur une tyrolienne, en maintenant la bonne position de saut et en arrivant à hauteur du trou de sciure, il fallait stopper sa course avec les pieds. Durant tout ce saut sauvage, un instructeur avec un porte voix vous engueulait pour tout ce que vous faisiez de travers. C'était difficile de plaire à ces instructeurs. quand j'ai pris position au sommet de la tour dans l'embrasure de la fausse porte, je me suis dit que cela allait être du gâteau. J'avais déjà sauté des différentes plateformes, de faux fuselages et des tours de 78 mètres. Je m'étais entrainé à tenir cette position de saut des milliers de fois. Quand j'ai sauté, cela a été du gâteau, mais pas le gâteau auquel je pensais. A la fin de mon saut libre, ce fut comme si une main géante m'attrappait et me jetait en l(air et de tous les côtés, comme une poupée de chiffon. J'ai essayé de maintenir ma position de saut et j'ai descendu rapidement le long du câble jusqu'au "saw pit" où j'ai pu arrêter ma course. En enlevant mon harnais, je me dis que si un saut en parachute ressemblait à cela, ce ne devrait pas être trop difficile. Plus tard, j'ai réalisé que de nombreux soldats avaient été virés à cause de cette tour de 10 mètres que lors des sauts depuis la tour de 78 mètres ou du saut depuis un avion.
TO BE CONTINUED


La très redoutée tour de 34 pieds, qui a provoqué les départs de tant d'excellents troopers…


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baker-bzh
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

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j'ai une question, je pensais que les parachutes rond ne pouvais pas etre dirigés de gauche a droite pour evités de devier et ainsi rentrer en collision avec les autres paratroopers, pendant les saut en masses comme le jour-j? contrairement au parachutes rectangulaires, si tu peu m'en dire plus la dessus ;)


Marc Laurenceau
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

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Les parachutes à voile ronde sont composés de "fenêtres" qui peuvent être fermées aux moyens de suspentes et où l'air n'est pas dévié. En modifiant par les suspentes l'ouverture/fermeture de ces fenêtres, on peut légèrement diriger son parachute. Mais leur utilité apparaît surtout à l'atterrissage : en fermant celles qui sont face au vent, la vitesse de chute ralentie pendant quelques secondes.

Bien cordialement.


Marc Laurenceau
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Gennaker
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

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Dans la réalité des sauts effectués durant la WWII, compte tenu des vitesses souvent excessives et de la basse altitude, le parachute n'a bien souvent servi qu'à ralentir la chute avant atterrissage après deux ou trois oscillations…. à part peut être en Hollande, et encore. De nombreux troopers vétérans du 504th et 505th se sont même débarrassés de leur ventral, jugeant qu'à si faible altitude, ils n'auraient en cas de problème pas le temps de le déployer…
Mais à l'entrainement stateside, il y a eu de nombreux incidents de collision, de parachutes emmêlés entre deux troopers, et de soldat "chevauchant" littéralement le parachute du soldat le précédent...


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Gennaker
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

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C STAGE
Avec C Stage, les choses sont vraiment devenues sérieuses. On a continué à faire 4 heures de physique chaque jour, mais c'est durant cette phase qu'on a appris à plier nos parachutes pour le saut. "Le hangar où l'on pliait les parachutes, le "packing shed", était juste à côté de Lawson Field. Il était rempli de très longues tables. Après une démonstration de la manière de plier un parachute, deux hommes furent assignés à chaque table, avec mission de plier un parachute. Le haut du parachute était fixé à une extrémité de la table, tandis que le harnais était accroché à l'autre côté et tenu par un des élèves désigné comme assistant. Le premier élève devait d'abord s'assurer que toutes les suspentes étaient bien tendues. Il devait ensuite étendre et plier dans la longueur chaque panneau du parachute. Les deux étudiants échangeaient ensuite de position, l'assistant décrochant le haut d'un parachute de la table, tout en maintenant la tension, pendant que l'autre élève ramenaient les suspentes vers lui et les pliait au fond du sac de parachute. Les petites suspentes étaient pliées soigneusement en boucle sur le sac du parachute. la voile avait alors ramené vers le sac. le premier élève plaçait un poids fait d'un tube plein de sable à l'endroit où les suspentes rejoignaient la toile. Il mesurait alors une longueur de voile égale à la longueur du sac de parachute et plaçait un nouveau poids à cet endroit. Ce procédé était répété jusqu'à ce que toute la voile soit pliée. Le parachute ainsi plié était placé sur le sac et une corde fermait l'ensemble. Quand ce fut fait, l'élève enlevait les poids et fermait le sac à parachute. La dernière étape consistait à attacher la static line à l'arrière du sac par un système de noeuds et de le sécuriser avec du ruban adhésif. Le dernier mètre de static line avec le crochet était laissé libre.

Lorsque l'on plie un parachute, il y a quelques points très importants à NE PAS FAIRE :
Ne pas laisser de suspentes emmêlées
Ne pas laisser de poids dans la toile
Et ne pas oublier de fixer la cordelette d'ouverture entre le haut du parachute et l'ouverture du sac.
Le vendredi du C stage était un jour critique, car on pliait le parachute principal et celui de réserve avec lesquels on allait sauter le lundi. Inutile de préciser que nous étions tous très concentrés sur l'exercice. Je travaillais étroitement avec mon assistant. Il y avait beaucoup de vérifications et contre vérifications. les instructeurs étaient comme des mères poules, vérifiant chaque détail. Quand ce fut fini, on a marqué nos parachutes avec nos noms et on a commencé trois jours d'angoisse.
Avec l'anxiété du premier saut qui montait tout au long du week end, on entendait de plus en p^lus la sinistre chanson des paratroopers... Blood upon the risers! sur l'air du "Battle rythme of the Republic.
He was just a cherry trooper and he surely shook with fright
as he checked all his equipment and made sure his pack was tight
He had to sit and listen to the awful engines roar,
And he ain't gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

“Is everybody happy?” cried the Sergeant, looking up.
Our hero feebly answered “yes,” and then they stood him up.
He leaped right out into the blast, his static line unhooked.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

He counted long, he counted loud, he waited for the shock;
He felt the wind, he felt the clouds, he felt the awful drop;
He jerked his cord, the silk spilled out and wrapped around his legs.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

The risers wrapped around his neck, connectors cracked his dome;
The lines were snarled and tied in knots, around his skinny bones;
The canopy became his shroud, he hurtled to the ground.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

The days he’d lived and loved and laughed kept running through his mind;
He thought about the girl back home, the one he’d left behind;
He thought about the medics and wondered what they’ed find.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

The ambulance was on the spot, the jeeps were running wild;
The medics jumped and screamed with glee, they rolled their sleeves and smiled;
For it had been a week or more since last a chute had failed.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

He hit the ground, the sound was splat, his blood went spurting high;
His comrades were then heard to say, “A helluve way to die”;
He lay there rolling ‘round in the welter of his gore.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more.

There was blood upon the risers, there were brains upon the chute;
Intestines were a-dangling from this paratrooper’s boots;
They picked him up, still in his chute and poured him from his boots.
He ain’t gonna jump no more.

CHORUS:
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
Gory, Gory, What a helluva way to die
He ain’t gonna jump no more



A 9 heures le dimanche matin, un coup de sifflet nous réveilla et un First Sergeant nous annonça que nous allions... à la messe. Il nous dit que tous les élèves paratroopers allaient à la messe avant leur premier saut. Quelques gars voulurent savoir si le service était protestant ou catholique. Le First sergeant n'en savait rien : "Une église est une église!" En arrivant à la chapelle, deux ou trois gars de confession judaïque protestèrent ; "Ce n'est pas une synagogue? Et ce n'est pas le jour du sabbath!" Le First sergeant répliqua ; "mes ordres sont de vous conduire à l'église ; que vous y entriez ou non n'est pas mon problème. Dismissed!" Environ 95 % des gars entrèrent.

Cet après midi là, alors que je me prélassais dans le barraquement, un mec frappa au carreau et nous appela ; Il dit : "Matez un peu ce trooper qui descend l'allée avec une WAC (Woman's Army Auxiliary Corps). N'est ce pas le mec qui a signé sa démission la semaine dernière?" Après avoir bien regardé, nous tombâmes tous d'accord qu'il s'agissait bien d'un gars de notre classe qui avait démissionné devant nous. Et voilà qu'il se pavanait dans son bel uniforme d'été khaki, avec overseas cap, airborne patch et une splendide paire de bottes flambant neuves! J'imagine qu'il essayait d'impressionner la WAC. Un de nos gars dit : "Bullshit! attrapons le! Il n'a pas le droit de porter ces bottes" Nous sortîmes et interpellâmes le gars, lui ordonnant d'enlever ses bottes ou nous nous en chargerions pour lui.Il semblait très gêné, mais devant notre détermination, il s'assit au milieu de l'allée et retira ses bottes. Un de nos gars prit les bottes et les retourna au supply sergeant. Le dernière fois que nous avons vu ce clown, il descendait la rue en chaussette, avec la WAC à la traine...

Bien qu'ayant été à l'église le matin, j'eus du mal à trouver le sommeil cette nuit là. Je n'arrêtais pas de me répéter mentalement toutes les procédures du saut : STAND UP, HOOK UP, SOUND OFF FOR EQUIPMENT CHECK, STAND IN THE DOOR, GO!!! regard fixé sur l'horizon, bras vers le bas et écarté de 45 degrés, doigts tendus, touchant l'extérieur de la porte, sauter et pivoter vers la gauche, menton sur la poitrine, bras sur le reserve chute, coudes rentrés, talons joints, genoux fléchis.... Compter ; ONE THOUSAND ONE, TWO THOUSAND TWO, THREE THOUSAND THREE... ouverture du pépin! Vérifier la voilure, vérifier autour de moi, vérifier la descente se diriger pour éviter les autres ou les obstacles au sol.. A 30 mètres du sol, garder les yeux sur l'horizon, se relaxer, talons joints, toucher le sol avec un PLF à gauche ou à droite... pourrais je me rappeler toutes ces procédures??Oups! j'ai oublié un truc! à THREE THOUSAND THREE, est que mon parachute s'est ouvert? Si NON, tirer sur la manette d'ouverture du parachute de secours avec la main droite, en gardant la main gauche sur le sac, pour éviter que la voile ne se déploie n'importe comment. la vache! ça faisait un paquet de trucs à mémoriser!Puis de nouvelles pensées m'envahir l'esprit. Des doutes, non que je ne serai pas capable de sauter, mais des doutes sur les "Et si...?" Et si je coinçais à la porte? Et si j'entrais en collision avec un autre trooper? Et si un des panneaux de ma voilure explosait? Et si je me mettais en torche? Et si j'atterrissais dans un arbre?J'avais autant de "Et si?" que de procédures à me rappeler. (Après la guerre, le Père Francis Sampson, lors d'une conférence devant les vétérans du "Five O' Wonders" (502 PIR ndlr) nous avoua qu'il n'avait pas été capable de fermer l'oeil la veille de son saut. Il s'était levé à l'aube, s'était habillé et était sorti marcher un peu à la fraîche. durant sa promenade, il tomba sur un trooper appuyé contre un barraquement en train de fumer. Father Sampson s'approcha et remarqua que ce trooper portait ses jumpwings. Sampson se dit qu'il serait bien de discuter avec un gars qui avait conquis ses wings. Sampson lui dit : "Trooper, je dois faire mon premier saut aujourd'hui ; n'as tu jamais été effrayé à l'idée de sauter?" Le troopper le regarda, enleva sa cigarette de sa bouche et lui répondit :

"Seul Dieu et ma machine à laver connaissent la réponse à cette question."

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baker-bzh
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

Message non lu par baker-bzh »

merci pour vos reponses et ce chant il est sur youtube pour ceux que ca interesse ;)


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Gennaker
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

Message non lu par Gennaker »

D STAGE
J'ai eu l'impression que le coup de sifflet du réveil en ce lundi matin avait retenti juste quand je commençais à m'endormir. Sans même m'en rendre compte, je me retrouvai dans le "packing shed", à récupérer mon parachute. Nous nous aidâmes mutuellement à mettre nos parachutes, à régler les fixations d'épaules et de jambes aussi serrées que possible, puis d'attacher le parachute de réserve avec deux boucles et une bande qui passait autour de la taille.Pour enfiler le parachute principal, il fallait passer les bras dans deux harnais supérieurs et les boucler sur un anneau central. Lorsque vous tiriez sur les harnais du bas pour les fixer à l'anneau central, il fallait bien faire attention à ce que les harnais passent bien de chaque côtés de vos roubignoles. Sinon, le choc de l'ouverture pouvait vous rendre définitivement stérile, ou au moins vous faire gueuler comme un cochon pendant quelques minutes. Ce pouvait être bien plus douloureux que d'être heurté par la tension des suspentes.


Après avoir piétiner pendant des heures semblait il, à rouspéter après les crampes, l'heure arriva de monter à bord des avions.  Le pilote mena le C 47 jusqu'au bout de la piste, fit monter le régime des moteurs, et décolla. Une fois atteinte l'altitude de saut, il fit un grand virage et revint vers la DZ. Le jumpmaster gueula par dessus le bruit des moteurs : "Light Up" (Vous pouvez fumer ndlr) Comme je ne fumais pas, je continuais de regarder par  le hublot. De grands champs orangés défilaient sous l'appareil, avec ici et là quelques forêts de pins. J'aperçus une cascade, puis la Chattahoochee River. On devait être au dessus de l'Alabama Je me foutais un peu de là où nous étions. Dans 5 minutes, d'une manière ou d'une autre, je serais au sol. Le gars à côté de moi, du même âge, essayais de fumer. Il inhala deux fois puis écrasa la cigarette avec sa botte. En face de moi, d'autres troopers tout aussi nerveux regardaient par le hublot, essayaient de fumer, ou vérifiaient pour la millionième fois leur équipement.
"Lights Out!" (Eteignez vos clopes). cria le jumpmaster, avant d'envoyer toute une série d'ordre de préparation au saut ; "First Stick ; Stand up!!" A ce moment, tous les gars assis du côté gauche de l'avion se levèrent, face à l'arrière de l'avion. J'étais heureux d'être du premier stick, car après notre saut, l'avion allait virer et faire un second passage au dessus de la DZ pour lâcher les gars assis à la droite de l'allée principale. Je voulais en finir à présent : "Hook up!!!" Le crochet qui est au bout de la static line du parachute est dans ma main gauche, avec son ouverture vers l'extérieur. Au commandement, je l'accrochai. Le petit ressort du crochet se referma sur le câble central de l'avion ; j'étais à présent physiquement lié à l'avion. "Check your equipment!" je vérifiai que j'étais bien accroché, vérifiai mon parachute de réserve, et les harnais qui le tiennent. puis je vérifiai le parachute du gars devant moi. "Sound off for equipment check!" Des gars placés derrière moi j'entendis : "Nine OKay!, eight OK, seven OK, six ok... "J'étais N°5 et je gueula "Five OK"; Devant moi, j'entendis le reste du stick jusqu'à "One OK". Puis, "Stand in the door". Tout le monde s'avança vers la porte, pied droit en avant. Le premier homme se plaça dans l'embrasure, tourna sur la droite, et prit la position de saut. "GO!!!" Le jumpmaster cria "Go" et lui donna une tape sur le Q. Il disparut. La procédure continua jusqu'à ce que tout le stick ait quitté l'avion.
Quand le jumpmaster m'a tapé sur les fesses en disant GO, je ne crois pas que j'aurai réussi un examen cardiaque. Mais je n'ai pas eu le temps de beaucoup réfléchir. Quand j'ai passé la porte en pivotant sur ma gauche, un coup de vent (prop blast) m'a frappé comme une tornade. Et soudain, j'ai entendu un craquement sourd quand mon parachute s'est ouvert, et j'ai été balancé plus que je ne l'avais jamais été en sautant des tours de 78 m. Je ne sais plus si j'ai pris le temps de compter, mais quand j'ai réalisé que je flottait doucement dans les airs, j'ai levé la tête et j'ai vérifié ma coupole. Tout était absolument normal. Et j'étais vivant! Je regardai autour de moi et vis déjà beaucoup de parachutes au sol, avec des gars occupés à les récupérer. Il y avait aussi des parachutes au dessus de moi, ceux des gars qui avaient sauté après moi. je jetai un regard vers le bas, et tout à coup, il me sembla que je descendais beaucoup plus vite. Ce n'était pas le cas mais le sol approchait rapidement. je vérifiais qu'il n'y avait pas d'obstacles et rassuré qu'il n'y en avait pas, je regardai droit devant vers l'horizon, rassemblai mes talons bien joints, fléchi mes genoux, rentrai mon menton et mes coudes puis.... badaboum!! je touchai le sol, fit une demi roulade sur la gauche et m'étalai au sol. Une pensée m'envahit immédiatement : "O'Brien! tu l'as fait! tu as sauté de ce put.. d'avion." Si vous n'avez pas sauté d'un avion, vous ne pouvez pas imaginer le flux de joie qui vous envahit l'esprit. Vous êtes comme un fou!L'adrénaline coule à flot! On a un immense sentiment d'accomplissement. Ma rêverie fut brutalement interrompue par un sergent qui accourut vers moi en criant : "Bouge tes fesses et ramasse ton parachute. Il faut dégager la DZ. Le second stick sera là d'un instant à l'autre..."
Je récupérai mon parachute et couru jusqu'à l'extrémité de la DZ pour rejoindre les autres troopers. Tout le monde n'avait pas été chanceux. Il y avait un "camion à viande" (ambulance ndlr) sur la DZ pour ramasser un trooper à la cheville cassée. Dans le camion qui nous ramenait, tout le monde parlait en même temps. La plupart des gars avouèrent avoir oublié la majeure partie des trucs qu'on aurait dû faire durant le saut. C'était mon cas. Il nous sembla que la répétition de toutes les procédures de saut nous avait permis de bien nous en sortir. Le terrible entrainement physique, les milliers de PLF, les innombrables exercices de saut depuis la tour, les exercices de direction du parachute et toutes les fois où nous avions répété la bonne position de sortie de l'avion, toutes ces procédures avaient payé. On était le 8 mai 1944, un jour et un événement de ma vie que je n'oublierai jamais. Le camion nous ramena vers le "packing shed" où nous laissâmes nos parachutes dans un panier, avant de rejoindre les baraquements pour bouffer. L'après midi, nous revînmes plier nos parachutes pour le saut du mardi.
Ce qui s'est passé ce mardi fut la répétition du saut du lundi avec une exception ; quand je quittai l'avion, j'oubliai de rentrer ma tête dans mes épaules, et PAN, une des suspentes, en se tendant, me frappa violemment sur l'arrière de mon casque en plastique (nous ne sautions pas avec nos vrais casques d'acier). j'ai eu l'impression de recevoir un coup de pieds de mule! Le reste du saut se passa sans problème mais en atterrissant, j'avais un mal de tête king size.  Après cette expérience, j'ai toujours veillé à bien rentrer mon menton.


Lors de mon troisième saut, tout a bien débuté. Je suis sorti convenablement de la porte de l'appareil, ai compté One Thousand One, Two thousand two, three thousand threee et mon parachute s'est ouvert. J'ai vérifié ma voile, et tout était OK. J'ai jeté un oeil vers le bas pour m'assurer que tout allait bien au sol mais mon champs de vision était entièrement rempli par un parachute blanc. Si je continuais ainsi, j'allais littéralement chevaucher le parachute d'un autre trooper. Si cela arrivait, mon parachute risquait de s'affaler et alors, nous serions tous deux en difficulté. J'ai attrapé mes deux suspentes de gauche et j'ai tiré dessus. Mon parachute glissa doucement vers la gauche, m'éloignant de l'autre gars. Le reste de la descente se passa sans problème.
Mon quatrième saut fut un saut de routine. Mais un trooper ne fut pas aussi chanceux. Il attérit dans un petit chêne. On nous avait appris à gérer l'éventualité d'un atterrissage dans un arbre. Quand vous voyez que vous allez tomber dans un arbre, vous devez croiser vos bras au dessus de votre tête et attraper les sustentes. Puis vous tournez la tête d'un côté. Ces actions sont sensées vous protéger contre de graves blessures au visage provoquées par les branches. Une fois votre chute stoppée, et que vous vous balancez dans l'arbre, vous tirez fort sur les suspentes pour diminuer la pression sur le harnais, et vous glissez vos fesses sur le harnais pour vous asseoir dessus, comme dans une balançoire. Ca évite aussi aux harnais de vous couper la circulation du sang dans les jambes. Le gars dans l'arbre avait dû être assommé par le choc ou bien  peut-être avait il tout oublié de cette procédure car quand on est arrivé près de lui, il était suspendu à une branche à 15 mètres du sol. Sa tête était affaissée sur sa poitrine. Il ne parlait pas et semblait à peine conscient. Quand on l'a descendu, il ne parvint pas à se mettre sur ses pieds. Le harnais avait joué le rôle d'un garrot, bloquant la circulation dans ses jambes. Heureusement, il a été vite secouru et après une nuit à l'hopital, il avait pleinement récupéré.
Le cinquième saut qualificatif était un saut de nuit. Il y avait une pleine lune, quelques nuages et un peu de vent. Nous avions donc déjà sauté 4 fois, et bien que je me sentais toujours un peu nerveux avant un saut, chaque saut avait été un peu plus facile que le précédent. Je m'efforçais de bien suivre les procédures. Je gardais mon menton dans ma poitrine et je n'avais plus été frappé par mes suspentes sur l'arrière de la tête. Mes attérissages étaient mieux contrôlés. Nos instructeurs nous disaient que les sauts de nuit étaient plus faciles car puisqu'on ne voyait pas le sol, on se crispait moins et on pédalait moins pour toucher le sol. 
L'avion décolla donc et nous entendîmes bientôt le cri habituel du jumpmaster "Light Up". Puis bientôt suivi de : "Stand up!" Nous poursuivîmes la routine avec l'accrochage de la static line, vérification des équipements, mouvement vers la porte etc... En descendant doucement vers le sol, je regardai le ciel éclairé par la lune et admirai cette incroyable tranquillité. Les seuls bruits étaient ces des appareils qui s'éloignaient dans l'obscurité, et l'omniprésence des cris des sergents avec leurs porte voix sur la DZ. Au combat, il n'y aurait pas d'instructeurs à gueuler sur la DZ. Soudain, je m'écrasait contre la dure terre argileuse d'Alabama mais mes entrainements et mon instinct me préservèrent. Je me relevai, ramassai mon parachute et couru vers les camions qui nous attendaient. La jubilation dans les camions étaient encore supérieure à celle du premier saut. Nous étions à présent des paratrooper qualifiés. Nous étions des GERONIMOS.


THE END
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armand44
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Re: Feuilleton, The Parachute School...

Message non lu par armand44 »

bonjour,

encore merci beaucoup pour ce superbe feuilleton !

j'en redemande ! :)

cordialement Armand44


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