La bataille de Tchernobyl

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La bataille de Tchernobyl

Le 26 avril 1986, marque le début d'une lutte à mort contre le temps et la radioactivé. Au total plus de 700.000 personnes participeront à la bataille de Tchernobyl.

Voici l'histoire :

1. Un exercice de sécurité

Depuis sa mise en service en 1977, la centrale de Tchernobyl est dirigée par Viktor Petrovitch Brioukhanov, un ingénieur en thermodynamique et non un spécialiste du nucléaire. Il fait partie d'une génération d'hommes promus grâce à " leur volontarisme militant, qui consistait d'abord et avant tout à remplir et dépasser le plan de production, nonobstant le respect des normes de construction ou de sécurité. "

L'accident s'est produit suite à une série d'erreurs commises par les techniciens de la centrale et d'une conception non sécurisée. Les opérateurs ont notamment violé des procédures garantissant la sécurité du réacteur et donc de la centrale.
Une expérience est prévu sur le réacteur n°4, pour tester l'alimentation électrique de secours qui permet au réacteur de fonctionner en toute sécurité pendant une panne de courant. La puissance thermique du réacteur est donc réduite de 3.200 Mw* à 1.000 Mw dans le cadre de ce test dans la nuit du 25 au 26 avril.

25 avril 1986, 13:05 : La puissance du réacteur est stabilisée autour de 1.600 Mw.

23:10 : La puissance est encore abaissée à 500 Mw. Cependant, la puissance de sortie chute brutalement à 30 Mw, ce qui provoque un empoisonnement du réacteur au xénon. Les opérateurs essaient alors de rétablir la puissance, mais le xénon-135 accumulé absorbe les neutrons et limite la puissance à 200 Mw. Pour débloquer la situation, les opérateurs retirent les barres de carbure de bore, qui servent à contrôler la température du réacteur, au-delà des limites de sécurité autorisées.
La procédure normale est différente : Au moment de l'expérience, la puissance du réacteur chute jusqu'à 30 Mw et selon les lois de physique le réacteur tombe dans un " trou d'iode ". Dans cette situation il faut arrêter le réacteur, attendre 2 ou 3 jours que les isotopes d'iode à vie brève se désintègrent et que la puissance revienne à son niveau normal.

26 avril 1986, Entre 01:03 et 01:07 : Deux pompes supplémentaires du circuit de refroidissement sont enclenchées pour essayer de faire augmenter la puissance du réacteur. C'est le dernier moment pour arrêter le réacteur et le sauver.

01:19 : Pour stabiliser le débit d'eau arrivant dans les séparateurs de vapeur, la puissance des pompes est encore augmentée. Le système demande l'arrêt d'urgence. Les signaux sont bloqués et les opérateurs décident de continuer.
01:23 : L'essai réel commence. Les vannes d'alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui a fait augmenter la pression dans le circuit primaire.

01:23:40 : L'opérateur en chef ordonne l'arrêt d'urgence. Les barres de contrôle sont descendues, sans grand effet.

01:32:44 : La radiolyse de l'eau conduit à la formation d'un mélange détonnant d'hydrogène et d'oxygène. De petites explosions se produisent, éjectant les barres permettant le contrôle du réacteur. En 3 à 5 secondes, la puissance du réacteur se voit centupler. Les mille tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l'air et retombent de biais sur le c?ur de réacteur, qui est fracturé par le choc.
Un incendie très important se déclare, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégage du trou formé.

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A droite de la cheminée ce trouve le bloc n°4 et à gauche le bloc n°3.

Il est à noter que les techniciens présents sur place, ainsi que Brioukhanov réveillé à 1h30, ne saisissent pas dans l'immédiat l'ampleur de la catastrophe.
Celui-ci appelle le ministère de l'énergie à 4h en déclarant que " Le c?ur du réacteur n'est probablement pas endommagé."

Déjà le nuage radioactif** commence à dériver au gré du vent.

2. Les pompiers arrivent

Afin d'éteindre l'incendie, Brioukhanov appelle tout simplement... les pompiers. La caserne de pompier de la ville Pripyat, située à 3 km de la centrale, intervient sur les lieux sans équipement particulier. Dans des conditions extrèmes, les pompiers parviennent au matin à éteindre l'incendie, mais ils sont décimés. Gravement irradiés, ils sont évacués et 31 vont mourir, pour la plupart dans des conditions atroces, les jours suivants.
Aucune photographie ne subsiste de l'incendie, la radiation ayant détruit tout les négatifs.

3. Les hélicoptères

Même si l'incendie est éteint le graphite est toujours en combustion (3400°- 3800°) et ce mélange au magma d'uranium toujours en réaction. On peut voir des rayon gamma* pur flamboyer, d'un joli bleu, dans le cratère. C'est cela qui forme le nuage de fumée saturé de particules radioactives.
Après avoir éteint l'incendie, il faut étouffer la réaction nucléaire incontrôlée. Ce n'est que par la suite que le réacteur pourra être isolé par le sarcophage.

Cette opération est réalisée à partir d'hélicoptères militaires de transport. 1000 pilotes y participeront.
Il s'agit de larguer dans le trou béant : 1.800 tonnes de sable et d'argile, de 2.400 tonnes de plomb, de 40 tonnes de bore et de borax (absorbant les neutrons), et de 600 tonnes de dolomite (relachant du Co² sensé étouffer le feu), du phosphate de sodium et un liquide contenant du polymère BU 93.

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Un hélicoptère déverse des liquides sensés retenir la poussière radioactive au sol.

On a largué environ 150 tonnes de matériaux le 27 avril, puis 300 tonnes le 28 avril, 750 tonnes le 29 avril, 1.500 tonnes le 30 avril, 1.900 tonnes le 1er mai et 400 tonnes le 2 mai.

Ce mélange doit servir à stopper la réaction nucléaire. Au début le larguage était éffectué en vol stationnaire, mais l'exposition est trop importante. Sans vol stationnaire cependant, la mission est difficile, car elle revient à larguer les sacs à une hauteur de 200 m dans un trou de 10 m de diamètre environ, et le plus vite possible, car les équipages reçoivent 8.000 Röntgen/heure****, même à cette altitude.

Les hélicoptères fournis pour ces missions, sont blindés de plaques de plomb.
Au final le plomb largué rend le nuage encore plus toxique tandis que divers élements on fait office d'isolant thermique faisant encore grimper la température du c?ur endommagé. Le pic de radionucléides relachés est atteint la dernière semaine (du 2 au 9 mai) moment où le feu de graphite est enfin maitrisé.

4. Sous terre

Sous le réacteur détruit, une dalle de béton commence à fondre. Cette dalle doit normalement non seulement être utilisée pour refroidir le c?ur, mais aussi servir de barrière à la contamination des eaux souterraines par des matières radioactives fondues.

Plus grave : les 28 et 29 avril les membres du département de la physique des réacteurs de l'institut de l'énergie atomique de l'Académie des sciences de Biélorussie éffectuent des calculs qui montres que 1300 à 1400kg du mélange magma d'uranium-graphite en combustion-eau consitue une masse critique et qu'une explosion atomique d'une puissance de 3 à 5 Mégatonnes peut ce produire ( 50 à 80 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima).
Une explosion d'une telle puissance peut provoquer des radiolésions massives des habitants dans un rayon de 300 à 320 km (y compris la grande ville de Minsk) et recouvrir toute l'Europe d'une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible.

Le 9 mai, il est décidé de renforcer cette dalle, en creusant une galerie sous le réacteur et d'y établir un système de refroidissement incorporé.

À cet effet, il faut creuser un tunnel à partir du soubassement de la tranche 3. De l'ordre de 400 personnes ont travaillé sur ce tunnel dans des conditions de chaleur (70°) et de radiation (200R) infernales. Ces gens ne sont pas des militaires, ce sont des mineurs venu de Moscou et du bassin du Donbass. Ils se sont sacrifiés volontairement pour l'humanité même si je ne pense pas qu'ils savaient exactement à quoi ils s'exposaient. Leur temps d'exposition aux radiations a écourté la vie à la majorité d'entre eux. Le tunnel de 200 mètres est achevé et la dalle est renforcé dans l'espace de 15 jours empêchant une catastrophe qui aurais dévasté l'Europe.


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5. A l'assaut du toit

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Médaille que reçurent les liquidateurs.
Preuve d'abnégation et de courage,elle représente une goute de sang traversé par
des rayons Alpha, Bêta et Gamma.


Lorsque le réacteur du bloc n°4 explose, des débris, en particulier du graphite ce déposent sur les aletours. Le toit du bloc n°3 est particulièrement chargé en débris (graphite, barre de zirconium, combustible etc). Le niveau de radiation peut s'élever jusqu'à 16.000 Röntgen/heure (6000 fois la dose maximum toleré en France).

Du 26 avril au 17 septembre 1986, les débris restent en place. Impossible d'envoyer des troupes nettoyer la zône, ce sont donc des robots qu'on envois déblayer (certains sont héliporté sur les zônes les plus dangeureuse).

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Sur le toit du bloc n°3 les robots poussent débris en contre-bas.

Mais bien vite, les robots commencent à griller : les circuits imprimés et les batteries fondent sous l'effet de la radioactivité. L'un d'entre eux, griller comme les autres, est coincé sous des blocs de graphite et gêne l'accès au bloc 4.
Les premières reconnaissance sont éffectué en Zône N par le chef des "dosimétristes-éclaireurs" Alexandre Yourchenko. Son appareil de mesure DP-5 fonctionna parfaitement, c'est-à-dire qu'il resta bloqué au maximum ce qui retarda les sorties sur les toits des Zône M et N (bloc n°3).

L'un des solutions évoqué, vu l'inéfficacitée des robots est d'utilisé des grue géante allemande (coutant 4.5 millions de roubles pièce) pour déposé les déchets du bloc n°3 dans le cratère laissé par l'explosion du réacteur 4, mais l'urgence de la construction d'un sarcophage était tel qu'on ne peut envisager d'installer les grues. (le toit est situé entre 71 et 150 mètre de haut)

La seul solution est d'envoyer des hommes faire le travail. Sans être prise de facilement, la décision de faire appel aux troupiers est décidé par l'état-major soviétique de B. A. Plyshevskii. Ces unités seront désormais baptisé " liquidateur ". Le responsable du nettoyage du toit du bloc n°3 est le général de division Nikolai D. Tarakanov.

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L'environnement est tellement irradié que les pelles, les brancards,
les tenus et même l'appareil photo du photographe sont concidérés comme déchets toxiques
dès leur arrivée sur le toit et qu'ils seront par la suite enterrés avec le reste des débris.


La première tentative est faite par le lieutenant-colonel M. Alexandre Alekseyevitch Saleyev, médecin militaire. Amener par un hélicoptère, en 1 minute 13, il suit un parcours précis, fait des relevés, jète cinqs pelettés de graphite dans le cratère et rembarque dans l'hélicoptère sous les yeux de ses chefs. Cette méthode est approuvée.

Deux hommes ouvrent alors un passage dans un conduit de ventilation pour accèder au toit (en zône N).

Le général Tarakanov fait lui-même une reconnaissance sur le toit avant la première tentative en groupe. C'est lui qui met au point le plan d'action. Si un homme ne se sent pas capable d'y aller, ou s'il est malade, il as ordre de ne pas partir. Personne ne se désiste.
Les hommes qui participent aux missions ont entre 20 et 30 ans et sont tous réserviste. Ils sont appelés au front pour la mission la plus dangeureuse de leur vie. En effet personne n'as jamais travaillé dans des zônes aussi radioactive.

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Liquidateurs portant des tenus plombé, sur le toit du bloc n°3.
Les traces blanches en bas de la photographie sont l'effet de la radioactivitée montant du sol sur le négatif.
Igor Kostine pris cette photopgraphie grâce à un appareil emmailloté de plomb.


Non loin de la centrale, les troupes s'entrainent à refaire les gestes qu'ils devront faire sur le toit. Un maquette du bloc n°3 est mis à leur disposition. Des tenus de plombs sont confectionné par les soldats la veille de l'assaut : elle pèsent entre 20 et 25 kg et réduisent le facteur de risque dit-on de 1.6. Les bottes sont également remplis de plombs, de plus chaque homme porte un masque de protection contre les rayons Bêta.

Le 19 septembre, le général Tarakanov rejoint sont poste de commandement dans le bloc n°3 où les soldats l'attendent.
Dans l'après-midi du 19 septembre, les troupes chimiques commandées par le commandant V. Biba, revêtues de leur équipement de protection, sont prêtes et reçoivent leurs instructions.

On les informa que le ministère de la Défense avait décidé de ne confier cette mission qu'à des membres de l'armée soviétique.

Les 5 premiers hommes qui ont commencé le difficile travail en zone N sont le commandant de bataillon V. Biba, le sergent chef de section V. Kanareikin et les soldats N. Dudin, S. Novozhilov et V. Shanin.
Les hommes sont prêt, la sirène hurle ; l'équipe, armé de pelle sort du conduit de ventilation.
Vu la dose qu'ils absorberont, ils n'ont que 45 secondes pour jeter deux pelletés de gravats dans le bloc n°4. Puis la sirène hurle à nouveau et tout le monde reviens en courant.

Une fois rentrés, ils s'écroulent. Ils sont épuisés : 45 secondes passé sur le toit leur à donné une santée de grand père.

Normalement les hommes sont démobilisé au bout de 25 REM*****, mais la hiérarchie ment sur leur taux d'irradiation, annoncant des doses 10 fois inférieurs à celle reçue. Alors les liquidateurs retournent sur le toit. Il le font car la mère patrie à besoin d'eux, car le toit ne se videra pas sans eux. Certains retournent jusqu'à quatres fois sur le toit. Les fameux trait de caractère russe : courage et fatalisme.

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Une autre vue des liquidateurs au travail en zône N, bloc n°3.

Le 1er octobre, dernier jour de l'intervention, il y a beaucoup de travail. Deux robots en panne en Zone M sont empêtrés dans le graphite et d'autres débris. Ils sont dégagé à l'aide d'un hélicoptère, mais pour les dégager, les sortir de là et les mettre en lieu sûr il faut envoyer par roulement plusieurs équipes de soldats.

Les " anciens " sont reconnaissable au fait qu'ils ne portent pas de masque de protection. Ainsi ils sentiront les zône les plus polués au gout d'iode que les radiations leurs mettrons dans la bouche ou au faite qu'ils commencent à saliver et suer abondamment. Les " bleus " ne connaissent pas encore ces subtilitées.
Après leur temps de service, durant une courte cérémonie, chaque liquidateur se voit remettre un diplome.

Puis les engins hydrauliques lourds et les pompes à haute pression de nettoyage se mettent au travail sous la direction de Victor Goloubev.

A 20 h 30, une équipe des troupes chimiques constituée du sergent V. Parfenis et des soldats V. Borisovich, S. Mikheyev, Ya. Tumanis jete dans les restes du réacteur 4 les derniers morceaux de graphite ainsi que les derniers fragments de barres de combustibles. La sirène retentit plus longuement qu'à l'accoutumée. Dans le poste de commande tout le monde pousse un hourra.

Il est décidé de hisser le drapeau rouge, le lendemain, sur la cheminée de ventilation. Toute l'équipe du poste de commande grimpe par une échelle à incendie et passant par un trou du toit, accéde en zone M. Une brève réunion a lieu au cours de laquelle avant que tous serrent les mains de Yurchenko, Sotnikov et Starodumov, chargés de hisser le drapeau.

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Photo d'Igor Kostine : A la fin des travaux en zône M, bloc 3,
Yurchenko, Sotnikov et Starodumov, trois dosimètristes, hissent le drapeau rouge en haut de la cheminée de 78 mètre.
La cheminée n'est pas encore décontaminée et ils reçoivent tous 47 REM de plus.
Cette photo est pour tout les participants, tel la prise du Reichtag en 1945, le symbole d'une victoire.


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6. Le sarcophage

La dernière étape est la mise en place du sarcophage de béton et d'acier. Le sarcophage construit à la hâte dans des conditions extrêmement difficiles, présente de nombreux défauts : le toit fait de tôles n'est pas étanche et repose, par l'intermédiaire d'une longue poutre métallique, sur des appuis appartenant au bâtiment d'origine, qui ne sont pas stables. Le mur séparant le sarcophage du bâtiment intermédiaire qui le relie à l'unité 3 toujours en fonction est également instable, comme le sont d'autres éléments de la structure interne du bâtiment.

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Le sarcophage du réacteur 4. Derrière on peut voir la base de la cheminée.

Jusqu'aujourd'hui et pour encore longtemps, des hommes inspectent chaques jours l'interieur du sarcophage, pour garantir sa sécuritée. Le manque de fonds empêche les réparations lourde et il est triste de constater que la structure commence à faiblir sans que rien soit fait.

7. Les civils

Durant la première semaine, devant le risque d'une explosion nucléaire, les 135.000 habitants de Pripyat (la cité voisine de la centrale) et sa régions sont évacués. Dans un rayons de 350 km, des milliers de wagons de chemin de fer sont rassembler pour faire fasse a une explosion nucléaire (selon le principe eau+graphite+uranium vu plus haut).
La plupart des civils de Pripyat n'échappent pas aux radiations même si leur cas est enviable par rapports aux liquidateurs.

8. Aujourd'hui

Soldat Evguéni :
" Je devais revenir au bout de deux mois, je suis resté trois mois et demi. On reconnaissait les bleus au fait qu'ils portaient le masque sur la figure. Nous, on s'en était débarrassés en le portant dans le dos, on sentait le danger en respirant ou en salivant, un goût d'iode qui venait du réacteur.
Toute la nature vivait au ralenti. Les lézards étaient sans force, on pouvait les prendre dans la main, les oiseaux s'écrasaient sur le pare-brise des camions même quand on roulait à petite vitesse "


Officier Borovsky :
" Nous décontaminions les villages. On décapait la terre avec les pelles, on la chargeait sur les camions à la main. Évidemment la poussière volait sur nous et nous la respirions. En tant qu'officier, j'ai pu observer que les hommes étaient conscients que c'était une tâche importante: "Oui, nous sommes en train de sauver". Et nous comptions que nous ne serions pas oubliés non plus. Mais il s'est avéré que nous sommes inutiles. Nous sommes un poids. Nous dérangeons parce que nous demandons. Nous demandons simplement un traitement humain. "

Soldat Groudino :
" Maintenant je suis déjà un invalide de seconde catégorie. Les maladies sont si nombreuses qu'on ne peut pas les énumérer. Comme un vieillard de 70 ans, à 35 ans. "

Soldat Anatoli Saragovietz :
" En novembre j'ai perdu la sensibilité de la main gauche, puis du bras gauche, puis du côté gauche, puis les jambes se sont paralysées. Ils ne savaient pas quoi faire. Ils ne reconnaissaient pas la cause radiologique. J'allais travailler. Je conduisais le trolleybus et je ne disais rien, parce que je devais nourrir la famille. Je conduisais avec une main et un pied. Jusqu'au jour où j'ai perdu connaissance et on m'a amené à la maison. Maintenant je ne peux pas marcher, les jambes ne marchent plus. À la maison je me tiens au mur.
Je ne faisais que tomber, et tomber. Ma femme m'a dit: mets-toi dans le fauteuil roulant. Je m'y suis mis, et voilà. Je suis de fauteuil roulant. Un cauchemar. L'homme est fichu, c'est tout. Il ne reste qu'à se résigner à tout. L'âge est encore jeune, 38 ans. On peut même dire 60, quelle différence? Avant j'étais un homme. Avant je marchais. Avant je conduisais la voiture. Mais maintenant ni de ci, ni de là. Moi, désormais, je me suis résigné durant ces années de Tchernobyl.
Vodolajsky est mort. Migorok Klimovitch est mort. Lionka Zaturanov est mort. Bref, on est restés Kolka Verbytsky et moi. Des cinq qu'on était, je suis resté comme un corbeau blanc, un divers. "


Anatoli Saragovetz s'est marié en 1983. Il a eu deux enfants, un garçon et une fille. En 1986 il était déjà à Tchernobyl. Treize ans plus tard il mourait.

Sa veuve raconte :
" Il est resté couché six mois, après quoi il s'est décomposé vivant. Tous ses tissus ont commencé à se décomposer, au point que les os iliaques étaient visibles. Je le soignais moi-même, en suivant les recommandations du médecin. Jusqu'au moment où le cur s'est arrêté.
Tout s'en allait Le dos tout entier les os étaient à nu. L'os de l'articulation du fémur pouvait être touché avec la main. J'introduisais ma main couverte d'un gant, et je désinfectais l'os. J'extrayais de là des résidus d'os qui s'en allaient, de l'os décomposé, pourri. Nous nous sommes adressés à tous ceux que nous pouvions interroger. Ils ont dit: "Nous ne connaissons pas cette maladie. Nous pouvons aider seulement à diminuer la souffrance". Devant cette décomposition de la moelle osseuse ils restaient interdits. Ils ne pouvaient pas aider.
Il demandait de mourir rapidement, pour que ces souffrances cessent. Il disait que ça faisait très mal Quand je le retournais d'un côté sur l'autre, parfois il serrait les dents, d'autres fois il gémissait. En réalité il ne criait pas, il supportait. Il avait une grande force de volonté. "


Viatcheslav Kitaïev :
" Au total, quelque 600 000 héros de l'Union soviétique, soldats et civils, furent envoyés à Tchernobyl dans les mois et les années qui suivirent l'explosion du réacteur. La moitié d'entre eux seraient aujourd'hui gravement malades ou déjà morts, selon les estimations de l'Union russe des liquidateurs. "Et la moitié de ceux qui sont encore vivants sont aujourd'hui en procès pour toucher les indemnités qui leur sont dues ! Ça vous paraît normal ?"

Et il y as la nouvelle générations. Ceux qui naitrons déjà atteint par la radiation et qui devrons vivre malformé. Oui cela ce passe tout les jours. Oui tout le monde s'en fout, oui.

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Toute ces personnes sont en ce moment sont très souvent livrés à elle-même, avec des maladies inconnus, avec les infirmités les plus cruelles. Les liquidateurs à eux seuls, sur 700.000 hommes, 250.000 sont invalides et environs 100.000 sont morts. Leur moyenne d'âge en 2007 est de seulement 54 ans (pour 33 ans au moment des faits).
Il n'y as pour eux aucune indemnitée, ils ont littéralement jetés leur vie à la poubelle lorsque l'appel du devoir est arrivé.

Notons également qu'en 1991, le réacteur no 2 fut arrêté à la suite d'un incendie. Les réacteurs 1 et 3 n'ont jamais cessé de fonctionner jusqu'à leur arrêt récent. Les experts estiment que 5% de la matière radioactive as était expulsé, soit une quantitée infime.
Une idée fausse fait son chemin en Occident : du moment que les réacteurs de la centrale de Tchernobyl sont arrêtés, il paraît qu'il n'y a plus de risque d'explosion atomique. Or tant que le combustible nucléaire se trouve à l'intérieur du réacteur en ruines, il présente un danger non seulement pour l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie mais pour les populations de l'Europe entière. Et le sarcophage arrivera bientôt à ses limites et il faudra le changé mais personnene veut payer pour.


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9. Annexe

A - Ci-dessous ce trouve le tableau des dommages en Röntgen équivalent de dose (REM en anglais) par rapport au temps d'exposition. Le REM est une unité de mesure des particules ionisés attaquants éffectivement l'organisme et non pas un total de dose absorbé (dénommé RAD en anglais).
Le taux RAD est normalement de 10 Röntgen par heures.
Le tableau s'arrête à 1.000, mais à certains endroit de la centrales, les soldats ont été en contact avec des élements dégageant 20.000 Röntgen / heure.

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B - Le réacteur type KBMK.. Tchernobyl, en compte quatres. Conçut en 1977, ils ont été mis en service sans vérifications poussées. Les 1700 canaux actifs du réacteur contenaient 192 tonnes d'uranium (enrichis à 1,8% d'uranium 235). De plus les canaux de maintien contenaient les assemblages de cartouches déjà utilisées qui avaient été déchargées du réacteur.

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* Mw : Mégawatt. Un Mégawatt équivaut à 1 millions de Watts. Le Watt l'unité de mesure de l'énergie. A titre d'exemple, une machine à café nécéssite 700 Watts.

** La radioactivité est une propriétés que possèdent certains éléments de se transformer spontanément en un autre élément par désintégration du noyau atomique avec émission de particules alpha ou bêta ou rayonnements électromagnétiques appelés rayons x et rayons gamma.

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*** Les rayons gamma ( symbole y ) sont une forme de rayonnement électromagnétiquede haute énergie produits par la désintégration y ou d'autre processus nucléaire ou subatomique tel que l'annihilation d'une paire électron-positron. Ils possèdent une longueur d'onde très courte inférieure à 5 picomètres.
Le blindage contre les rayons gamma requiert des grandes quantités de matière. Par exemple un blindage qui réduit de 50% l'intensité des rayons gamma nécessite 1 cm de plomb, 6 cm de béton ou 9 cm de terre.
Les rayons gamma provenant de retombées radioactives sont probablement le plus grand danger en cas d'incident nucléaire. Si les rayons gamma sont moins ionisants que les rayons alpha ou bêta, ils demandent des épaisseurs de blindage beaucoup plus importantes pour s'en protéger. Ils produisent des dégâts similaires à ceux produits par les rayons X, tel que brûlures, cancers et mutations génétiques.

**** Le Röntgen est une ancienne unité d'exposition aux rayonnements ionisants (rayons Alpha, Bêta, Gamma et X) définie comme le nombre d'ionisation (arrachage d'un électron) par kilogramme d'air. Il est nommé en l'honneur du physicien Wilhelm Röntgen.
La dose naturelle rencontré chaque jours (rayons cosmiques, surtout) est d'environ 10 Röntgen par heure (elle augmente avec l'altitude).

****** Le REM est une unité de mesure des particules ionisés attaquants éffectivement l'organisme et non pas un total de dose absorbé (dénommé RAD en anglais). On peut donc avoir un haut REM et un RAD assez faible. Le taux RAD est normalement de 10 Röntgen par heures.

Documentation :

V.Nesterenko
membre-correspondant de l'Académie des sciences de Bielorusssie,
professeur, docteur de sciences techniques.
Igor Kostine
Photographe et journaliste ayant couvert toute la bataille.
Nikolai D. Tarakanov
Général de division, responsable de la décontamination du Bloc n°3.

Les illustrations viennent de Google image.

Par Ungern, achevé le 12 février 2007


Yousse
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La bataille de Tchernobyl

Message non lu par Yousse »

Merci pour cet exposé très détaillé Ungern !

C'est vraiment terrible ce qu'il s'est passé là bas !J'espère que personne ne sera amené à connaitre de nouveau cette tragédie. Et dire qu'on a voulu faire croire aux Français que le nuage radioactif s'arréterait à la frontière :\ !


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Message non lu par Invité »

Jen ai pas parlé mais ça c'est une grosse arnaque. Il y as même eu des précipitation radioactive en Provece et sur la Corse.

Je pensais qu'on en parlerai plus que ça. J'ai suer pour l'écrire


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La bataille de Tchernobyl

Message non lu par Invité »

Si je me souviens bien, les dirigeants de la centrale avaient été choisis par leur choix politique (c'était encore à l'époque de l'URSS), et non pour leur compétence qui n'excellait pas (ils ont commis de nombreuses erreurs cette nuit là)...
Apparement, cette catastrophe aurait eu une influence non négligeable dans la chute du régime communiste...


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Guile
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La bataille de Tchernobyl

Message non lu par Guile »

Tres interessant Ungern( même si je n'est pas encore tout lu Image )!
Un reportage est passé il n'y a pas tres longtemp, sur Arte il me semble, et il expliquait tout ceci en détail .
C'était assé horrible de voir ces "commandos" partir dans le coeur du réacteur et sur les toits pour deblayer les debris radioactifs !


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Message non lu par Invité »

Fantomas j'en parle au début : Viktor Petrovitch Brioukhanov, le chef de la centrale, n'était même pas expert en la matière par contre c'était un bon militant du parti


Yuri67
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Message non lu par Yuri67 »

Merci beaucoup ungern pour toute ces precisions, tu a le merite (et tu es le seul) a parler et informer les autres de cette histoire.

Ce que l'on ignore souvent, c'est que le "traitement" de la centrale etait urgent, car il y avait un risque d'explosion nucléaire (jusqu'a 50 fois la puissance de la bombe de hiroshima). Dans la precipitation et pris au depourvu, les autorités ont envoyé les "liquidateurs" nettoyer le site.

C'est la l'une des plus grande tragedie, on les a envoyer vetu d'uniforme militaire, et d'armures de plomb decoupé a la main, pour seul protection, ils avaient un masque anti-poussiere (le meme que l'on achete chez bricoman) et une paire de gants en tissu.

Ils ne devaient pas resté plus de 90 secondes sur le site, le probleme c'est qu'il fallais deja plus de 90 secondes pour y arrivé ... on leur disai "prenez le grafite et jeter le dans le trou, mais attention, restez a 2.5m de la fosse, sinon vous serez contaminé", alors que tout le site etait contaminé. Parfois ils devaient prendre le graphite a la main, en 1.5seconde, ils resevaient l'equivalent de la dose normal pour tout une vie.

Quand on vois le nombre de victmes, des dizaines de milliers, en plus de ceux qui sont malades, et de la facon dont on les traites (la Russie a mis un certains temps a reconnaitre les bielorusse et ukainiens malade), c'est innaceptale.
Mais malheureusement, l'une des seul chose que l'ont peux faire, c'est faire connaitre leur histoire.



J'ai une video, une femme temoigne sur les conditions dans lesquelles son mari est mort, il a agonisé pendant pres de 6 mois, sa moelle osseuse et ses tissu se sont decomposé, et il continuai a vivre, il n'y avais aucun traitement. La plupart des victimes n'ont pas pu etre soigné, car les radiations ont provocqués des maladies "rare".

Pour parlé un peu de politique, nul doute que l'explosion a contribué a la fin de l'URSS, 4 ans plus tard.


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