Landing Ship Infantry (LSI)
Histoire, fiche technique et photo

Le Landing Ship Infantry HMS Glengyle. Photo : IWM
- Historique du Landing Ship Infantry
Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés (principalement les Britanniques) réalisent qu’ils doivent pouvoir projeter des troupes sur des côtes hostiles pour libérer l’Europe. Contrairement aux cargos classiques, il fallait des navires capables de transporter des troupes en grand nombre avec leur équipement, mettre à l’eau leurs propres embarcations de débarquement (les LCA – Landing Craft Assault), le tout en étant assez rapides pour naviguer au sein de convois militaires. Faute de navires spécialisés construits dès le départ, les Britanniques ont réquisitionné et converti des paquebots civils, des ferries rapides et des navires de transport de passagers.
Le Landing Ship Infantry (LSI) n’est pas un navire de débarquement de plage (il ne s’échoue pas), mais un transporteur intermédiaire. Des bossoirs massifs étaient répartis sur les ponts pour suspendre et descendre des barges de débarquement entièrement chargées de soldats. Selon la taille, ils transportaient entre 800 et 1 800 hommes, et se voyaient dotés d’armements de défense antiaérienne (canons de 40mm Bofors ou 20mm Oerlikon) pour se protéger lors de la phase de mise à l’eau, où ils étaient très vulnérables.
Le LSI fonctionnait selon un protocole précis : il s’arrêtait à quelques milles de la côte (la « Lowering Position » ou position de mise à l’eau). Là, les soldats descendaient dans les chalands de débarquement suspendus aux flancs du navire, puis ces derniers étaient mis à l’eau pour faire route vers la plage.
Dès 1941, les LSI ont servi de base mobile pour les raids commandos sur les côtes occupées, comme lors de l’opération Archery contre les installations allemandes en Norvège. Cette expérience a prouvé l’efficacité de transformer des paquebots civils rapides en transporteurs d’assaut capables de frapper par surprise avant de se retirer rapidement. En 1942, les Landing Ship Infantry ont joué un rôle déterminant lors de l’opération Torch en Afrique du Nord, où ils ont permis de débarquer simultanément des milliers de soldats britanniques et américains sur les côtes marocaines et algériennes. Cette campagne a servi de banc d’essai pour affiner les techniques de mise à l’eau des barges sous le feu ennemi.
Par la suite, on les retrouve au cœur des invasions de la Sicile lors de l’opération Husky, puis sur l’Italie continentale à Salerne et Anzio. Dans ces eaux méditerranéennes, leur vitesse de croisière supérieure à celle des navires de charge classiques était un atout vital pour échapper aux attaques des sous-marins de l’Axe.
Au-delà de l’Europe, les LSI ont également été déployés dans l’océan Indien et le Pacifique par la Royal Navy et la Royal Australian Navy. Ils ont participé à l’invasion de Madagascar en 1942 pour empêcher l’établissement de bases japonaises, et plus tard, les navires australiens comme le HMAS Manoora ont mené des assauts amphibies complexes en Nouvelle-Guinée et aux Philippines. Dans ces secteurs, les LSI étaient souvent les seuls navires capables de transporter des troupes sur de très longues distances tout en conservant une capacité de débarquement immédiate.
Enfin, en dehors des phases purement offensives, ces navires ont parfois servi de transports de troupes rapides pour les évacuations ou les transferts d’urgence de garnisons. Leur conception hybride, à la fois navire de transport spacieux et base pour petites embarcations, en a fait les unités les plus polyvalentes de la guerre amphibie alliée, agissant comme des centres névralgiques capables de gérer la logistique humaine du départ jusqu’aux derniers mètres avant le sable ennemi.
Le Landing Ship Infantry a constitué le pivot logistique de l’assaut initial lors du Débarquement de Normandie. Dans le cadre de l’opération Neptune, environ 55 de ces navires, majoritairement britanniques et canadiens, ont servi de plateformes de déploiement pour les troupes d’élite. Leur mission débutait par la traversée de la Manche depuis les ports du sud de l’Angleterre, transportant jusqu’à 1 500 soldats chacun dans des conditions relativement confortables par rapport aux petites péniches, ce qui permettait aux hommes d’arriver sur zone avec un minimum de fatigue.
Ainsi, le Landing Ship Infantry était le chaînon manquant entre le port de départ et la plage de débarquement. Sans la conversion rapide de ces paquebots civils en transporteurs de barges d’assaut, les Alliés n’auraient jamais pu lancer des invasions d’une telle ampleur avant l’arrivée massive des navires de guerre spécialisés en 1944.
Les trois classes principales de Landing Ship Infantry :
– LSI(L) – Large : paquebots de plus de 10 000 tonnes (ex: HMS Glengyle).
– LSI(M) – Medium : navires de taille moyenne (ex: HMS Prince Henry).
– LSI(S) – Small : souvent des ferries rapides (ex: HMS Princess Beatrix), idéaux pour les raids rapides.
- Fiche technique du LSI (Landing Ship Infantry) Large, type HMS Glenroy
Pays créateur/utilisateur : Royaume-Uni / Commonwealth (certains construits aux USA sous prêt-bail)
Dénomination : Landing Ship, Infantry (LSI)
Equipage : Environ 250 à 300 marins (incluant le personnel de bord et les équipages des barges de débarquement)
Propulsion : 2 moteurs Diesel (type Doxford ou Sulzer) développant environ 12 000 CV
Capacité : 800 à 1 500 soldats d’infanterie et 12 à 24 barges de débarquement (LCA)
Armement : 1 canon de 102 mm, 2 canons de 40 mm Bofors et jusqu’à 12 canons de 20 mm Oerlikon
Masse : 10 000 à 12 000 tonnes
Vitesse : 14 à 18 nœuds
Longueur : 150 à 160 m
Largeur : 20 à 21 m
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