But
de l'opération Jubilee
L'opération
Barbarossa, déclenchée par les Allemands le 22 juin
1941 contre les armées de Staline, marque le début
d'une résistance acharnée des forces soviétiques
sur leur propre sol. Les Allemands ont engagé la plupart
de leurs divisions à l'est, n'ayant plus d'ennemi direct
à l'ouest.
Toutefois,
conscients de la probabilité d'un débarquement allié
à l'ouest de l'Europe depuis l'Angleterre, les Allemands
décident, afin de concentrer un maximum de leurs forces contre
les troupes de l'Union Soviétique, de protéger la
façade maritime ouest par une série de fortifications
fixes, dont le devoir est de stopper tout assaut amphibie ennemi
: c'est la naissance du Mur
de l'Atlantique.
Très
rapidement, les Alliés mettent au point une opération
militaire qui vise principalement à soulager partiellement
le front soviétique et à tester les défenses
allemandes qui font face à l'Angleterre. Pour ce faire, 5000
Canadiens, 1100 Britanniques, 56 Américains et 15 Français
(France Libre) sont mis en alerte durant l'été 1942.
Cette
opération, de relativement faible envergure, doit cependant
apporter des renseignements très importants aux forces alliées
en préparation d'un débarquement de plus grande importance
dans les mois qui suivent, toujours au nord-ouest de l'Europe, alors
également en cours de préparation (opération
Overlord).
Stratégie
employée
L'objectif
des troupes alliées est simple : les soldats doivent débarquer
à l'aube, détruire des positions d'artillerie importantes,
détruire un radar et un aérodrome. Une fois ces actions
réalisées, les troupes débarquées, renforcées
par différentes unités d'infanterie, seraient alors
réembarquées par la marine de guerre alliée
avec d'éventuels prisonniers allemands.
Le
18 août 1942 en soirée, près de 250 bâtiments
de guerre britanniques se dirigent vers les côtes du nord
de la France, en direction de Dieppe. Le soutien aérien est
assuré par la présence de 58 escadrilles qui protègent
le convoi.
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Sur
la plage de Dieppe, les épaves des navires et des chars
témoignent de la férocité des combats. |
Cinq
secteurs de débarquement répartis sur 17 kilomètres
ont été désignés, tous situés
dans les environs de la ville de Dieppe.
A
l'ouest, le Commando N°4 doit attaquer dans les environs de
Vesterival et de Varengeville-sur-Mer où sont installés
des positions d'artilleries allemandes importantes qu'il lui faut
détruire. A quelques kilomètres à l'ouest de
Dieppe, le South Saskatchewan Regiment et le Cameron
Highlanders du Canada doivent capturer Pourville puis progresser
en direction de l'aérodrome.
Le Royal Hamilton Light Infantry, l'Essex Scottish,
les Fusiliers Mont-Royal, le Royal Marine et le
14ème régiment de cavalerie de l'armée canadienne
(28 chars Churchill)
attaquent directement en face de Dieppe. Ils débarquent sur
les secteurs de plages dénommés "White"
à l'ouest et "Red" à l'est. Sur
leur flanc gauche, le Régiment Royal du Canada débarque
sur le secteur de plage nom de code "Blue" et
doit progresser en direction d'Arques-la-Bataille.
Enfin,
plus à l'est, les soldats britanniques appartenant au Commando
N°3 débarquent en face des localités de Berneval-le-Grand
et de Petit-Berneval, où sont également installés
des positions d'artilleries allemandes importantes à détruire. |
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Déroulement
Le
19 août à cinq heures du matin, les troupes alliées
débarquent sur les plages de Seine-Maritime en Normandie
et sont accueillies, malgré l'effet de surprise, par des
tirs nourris et meurtriers. Les soldats allemands, appartenant à
la 302ème division d'infanterie, profitent de leurs positions
idéales pour la défense : en effet, les positions
allemandes sont situées au sommet de hautes falaises et les
galets qui parsèment la plage ralentissent la progression
de l'infanterie et des chars alliés.
Pour
les commandos britanniques N°3 et N°4, qui attaquent sur
les flancs ouest et est du secteur d'invasion, les opérations
se déroulent globalement de manière propice aux forces
alliées et les batteries d'artilleries allemandes sont en
grande majorités détruites : les commandos accèdent
au sommet des falaises en empruntant des ravins naturels ou aménagés
par l'homme et accomplissent dans la mesure du possible leurs objectifs.
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Sur
la plage de Dieppe, les victimes et les chars Alliés
sont pris en photo par la propagande Nazie. |
Mais
en face de Dieppe, la situation des troupes débarquées
est nettement plus inquiétante : malgré quelques percées
des soldats canadiens à l'intérieur de la ville, la
plupart des effectifs ne parviennent pas à dépasser
l'obstacle de la plage et la suite des évènements
s'accélère : les alliés, souffrant de pertes
élevées et d'un manque de communication entre les
différentes compagnies engagées, décident de
mettre un terme à l'opération et de réembarquer
immédiatement toutes les unités valides, tandis que
les chars - ceux qui n'ont pas encore été détruits
- sont abandonnés sur place. Il est 9 heures 30.
L'opération
Jubilee est terminée, les pertes sont catastrophiques pour
les alliés, mais à présent le Mur de l'Atlantique
est testé.
Bilan
D'un
point de vue humain, l'opération Jubilee est une véritable
catastrophe. Sur les 6 086 soldats alliés engagés,
4 397 sont portés disparus, faits prisonniers, ont été
blessés ou tués.
Les Canadiens ont le plus souffert de cette attaque : 907 d'entre
eux ont été tués. 550 soldats britanniques
ont également perdu la vie.
Les
Alliés établissent rapidement des nombreux rapports
qui permettent de comprendre pourquoi l'opération a pris
une telle ampleur. Les constatations les plus nettes sont les suivantes
: le manque de soutien aérien a fait défaut aux forces
débarquées, un bombardement préalable aurait
certainement handicapé de manière considérable
les troupes allemandes tandis que le soutien blindé était
inefficace.
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Corps
et épaves sur la plage de Dieppe après le déroulement
de l'opération Jubilee. |
L'opération
Jubilee apporte de très nombreuses informations extrêmement
importantes aux dirigeants alliés qui ont désormais
testé la réactivité des forces allemandes derrière
le Mur de l'Atlantique. Ces données, payées au prix
du sang, ont été très utiles aux militaires
alliés dans le cadre de la préparation de l'opération
Overlord.
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