| But
de l'Opération Jubilee
Une
fois l'armée française mise hors de combat et l'armée
anglaise repoussée de l'autre côté de la Manche,
les Allemands se concentrent sur le front Est. Toutefois, conscients
de la probabilité d'un débarquement allié à
l'Ouest de l'Europe, les Allemands décident de protéger
la façade maritime Ouest par une série de fortifications
fixes, afin de concenter un maximun de leurs forces contre les troupes
de l'Union Soviétique : c'est la naissance du Mur
de l'Atlantique. Suite aux nombreux appels à l'aide de
Staline, dont les troupes sont submergées par les soldats
allemands, les Alliés envisagent de soulager un temps le
front à l'Est en lançant une opération amphibie
de faible envergure sur les côtes à l'Ouest, ce qui
permetterait en plus de tester ce fameux Mur ; l'Angleterre apparait
ainsi comme un tremplin servant de base à toute opération
future.
Très
rapidemment, les Alliés mettent au point une opération
militaire qui vise principalement à tester les défenses
allemandes qui font face à l'Angleterre. Pour ce faire, 5000
Canadiens, 1100 Britanniques, 56 américains et 15 Français
(France Libre) sont mis en alerte durant l'été 1942.
Cette
opération, si elle n'est pas destinée à remporter
une victoire décisive, doit cependant apporter des renseignements
très importants aux forces alliées en préparation
d'un débarquement de plus grande importance dans les mois
qui suivent, toujours au Nord-Ouest de l'Europe, alors également
en cours de préparation (Opération Overlord).
Stratégie
employée
L'objectif
des troupes alliées est simple : ils doivent débarquer
à l'aube, détruire des positions d'artillerie importantes,
détruire un radar et un aérodrome. Une fois ces actions
réalisées, les troupes débarquées, renforcées
par différentes unités d'infanterie, seraient alors
réembarquées par la Marine alliée avec d'éventuels
prisonniers allemands.
Le
18 août 1942 en soirée, près de 250 bâtiments
de guerre britanniques se dirigent vers les côtes du Nord
de la France, en direction de Dieppe. Le soutien aérien est
assuré par la présence de 58 escadrilles qui protègent
le convoi.
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Sur
la plage de Dieppe, les épaves des navires et des chars
témoignent de la férocité des combats. |
Cinq
secteurs de débarquement répartis sur 17 kilomètres
ont été désignés, tous situés
dans les envions de la ville de Dieppe.
A
l'Ouest, le Commando N°4 doit attaquer dans les environs de
Vesterival et de Varengeville-sur-Mer où sont installés
des positions d'artilleries allemandes importantes qu'il lui faut
détruire. A quelques kilomètres à l'Ouest de
Dieppe, le South Saskatchewan Regiment et le Cameron Highlanders
du Canada doivent capturer Pourville puis progresser en direction
de l'aérodrome.
Le
Royal Hamilton Light Infantry, l'Essex Scottish, les Fusiliers Mont-Royal,
le Royal Marine et le 14ème Régiment de cavalerie
de l'Armée Canadienne (28 chars Churchill)
attaquent directement en face de Dieppe. Ils débarquent sur
les secteurs de plages dénommés "White"
à l'Ouest et "Red" à l'Est. Sur leur flanc
gauche, le Régiment Royal du Canada débarque sur le
secteur de plage nom de code "Blue" et doit progresser
en direction d'Arques-la-Bataille.
Enfin,
plus à l'Est, les soldats britanniques appartenant au Commando
N°3 débarquent en face des localités de Berneval-le-Grand
et de Petit-Berneval, où sont également installés
des positions d'artilleries allemandes importantes à détruire.
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de page
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Déroulement
A
cinq heures du matin, les troupes alliées débarquent
sur les plages du Nord de la France et sont accueillies, malgré
l'effet de surprise, par des tirs nourris et meurtriers. Les soldats
allemands, appartenant à la 302ème division d'infanterie,
profitent de leurs positions idéales pour la défense
: en effet, les positions allemandes sont situées au sommet
de hautes falaises et les galets qui parsèment la plage ralentissent
la progression de l'infanterie et des chars alliés.
Pour
les commandos britanniques N°3 et N°4, qui attaquent sur
les flancs Ouest et Est du secteur d'invasion, les opérations
se déroulent globalement de manière propice aux forces
alliées et les batteries d'artilleries allemandes sont en
grande majorités détruites : les commandos accèdent
au sommet des falaises en empruntant des ravins naturels ou aménagés
par l'homme et accomplissent dans la mesure du possible leurs objectifs.
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Sur
la plage de Dieppe, les victimes et les chars alliés
sont pris en photo par la propagande Nazie. |
Mais
en face de Dieppe, la situation des troupes débarquées
est nettement plus inquiétante : malgré quelques percées
des soldats canadiens à l'intérieur de la ville, la
plupart des effectifs ne parviennent pas à dépasser
l'obstacle de la plage et la suite des événements
s'accèlère : les Alliés, souffrant de pertes
élevées et d'un manque de communication entre les
différentes compagnies engagées, décident de
mettre un terme à l'opération et de réembarquer
immédiatement toutes les unités valides, tandis que
les chars - ceux qui n'ont pas encore été détruits
- sont abandonnés sur place. Il est 9 heures 30.
L'Opération
Jubilee est terminée, les pertes sont catastrophiques pour
les Alliés, mais à présent le Mur de l'Atlantique
est testé.
Bilan
D'un
point de vue humain, l'Opération Jubilee est une véritable
catastrophe. Sur les 6086 soldats alliés engagés,
4397 sont portés disparus, faits prisonniers, ont été
blessés ou tués.
Les Canadiens ont le plus souffert de cette attaque : 907 d'entre
eux ont été tués.
Les
Alliés établissent rapidement des nombreux rapports
qui permettent de comprendre pourquoi l'opération a pris
une telle ampleur. Les constatations les plus nettes sont les suivantes
: le manque de soutien aérien a fait défaut aux forces
débarquées, un bombardement préalable aurait
certainement handicapé de manière considérable
les troupes allemandes tandis que le soutien blindé était
inefficace.
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Corps
et épaves sur la plage de Dieppe après le déroulement
de l'Opération Jubilee. |
L'Opération
Jubilee apporte de très nombreuses informations extrêmement
importantes aux dirigeants alliés qui ont désormais
testé la réactivité des forces allemandes derrière
le Mur de l'Atlantique. Ces renseignements, payés au prix
du sang par les soldats Alliés, seront très utiles
aux militaires dans le cadre de la préparation de l'Opération
Overlord.
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