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La Poche de Falaise - Bataille de Normandie La Bataille de Normandie - DDay-Overlord.com
   
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6 Juin 1944 - Jour J - Débarquement de Normandie
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La Poche de Falaise (2)

Jour J + 70 à Jour J + 75 - Du 15 août au 20 août 1944

 
 

Suite de la page "La Poche de Falaise (1)" :

Fermeture de la poche

Le front américain, qui était encore orienté nord-sud le 5 août, est le 12 août orienté est-ouest. Plus au nord, la 2ème armée britannique et la 1ère armée canadienne progressent vers le sud : entre les deux fronts, les Allemands sont enfermés et une seule porte de sortie existe : la région de Falaise.

Les troupes américaines et anglo-canadiennes se font désormais face, ce qui pose de sérieux problèmes aux officiers alliés : les Allemands, encerclés, sont bombardés par les artilleurs et par les aviateurs britanniques et américains, et les deux fronts se rapprochent. Or, dans une telle situation, les Alliés risquent de se tirer dessus. Le général Patton, qui commande la 3ème armée, demande au général Bradley l'autorisation de fermer la poche et de rejoindre les Canadiens à Falaise.

Mais Bradley est inquiet à propos des risques de "Friendly Fire" (tirs amis) et il demande à Patton de rester au niveau d'Argentan et de sécuriser les environs. Le général trois étoiles de la 3ème armée est hors de lui : s'il ferme la poche de Falaise tout de suite en rejoignant la ville de Falaise, s'en est terminé de l'armée allemande en Normandie. Mais le haut-commandement américain est formel, Patton doit stopper sa progression pendant quelques heures. Des heures qui profiteront à des milliers de soldats allemands, parvenant à rejoindre la Seine.

Pour les Allemands, la situation en Normandie est désormais catastrophique. Plusieurs dizaines de divisions sont encerclées par les Alliés et l'étau se reserre. Les Américains attaquent au sud de la poche selon trois axes majeurs ; à l'ouest, le 19ème corps de la 1ère armée bouscule quatre divisions allemandes dont une blindée. Sur son flanc droit, le 7ème corps de la 1ère armée, la 2ème division blindée française et le 15ème corps américain progressent pour refermer le piège.

Les Allemands de la 7ème armée, commandée par le général Hausser, commencent à évacuer un maximum de divisions de la poche qui se referme sur eux. Les grosses unités de type SS Panzer Division sont prioritaires et plus particulièrement les chars. L'aviation alliée bombarde sans relâche la poche, véritable "terrain d'entraînement" pour les pilotes de chasseurs-bombardiers qui disposent d'un nombre impressionnant de cibles.
En fin de journée, plus de 10 000 soldats allemands appartenant à la 12ème SS Panzer Division sont déjà sortis de la poche et se dirigent vers la Seine.

La fermeture de la poche de Falaise est enfin ordonnée. Pour ce faire, les Canadiens lancent leur propre opération, dénommée Tractable, qui vise à capturer l'axe majeur de fuite des Allemands, situé dans la région proche de la ville de Falaise. Après de violents bombardements, localisés au nord et au sud de Falaise, la 53ème division d'infanterie britannique, trois divisions canadiennes (2ème et 3ème d'infanterie, 4ème division blindée), et la 1ère division blindée polonaise passent à l'offensive.

Les 1ère, 12ème et 21ème SS Panzer divisions qui se repliaient au moment de l'attaque pour quitter la poche de Falaise lancent une contre-offensive au nord-ouest en direction de Soulangy. Mais les Alliés repoussent les attaques tandis que la 1ère division blindée polonaise progresse à l'est de Falaise pour couper la retraite des divisions allemandes.

Les officiers allemands reçoivent continuellement des ordres d'Hitler qui interdisent toute retraite vers l'est, et qui demandent aux officiers de rester sur leurs positions. Les Allemands sont bombardés de manière continue, jour et nuit. Les aviateurs et les artilleurs alliés attaquent sans relâche les divisions de la Wehrmacht et de Panzer qui se replient vers l'est en direction de la Seine.

Malgré la situation désastreuse pour les forces allemandes, leur repli est extrêmement rapide : en la seule journée du 17 août, près d'un tiers des forces de l'Axe encerclées sont parvenues à sortir du chaudron.

Le couloir de neuf kilomètres, situé dans la région proche de Chambois et qui permet encore aux forces allemandes de s'échapper vers l'est, est peu à peu réduit par les soldats alliés. Mais depuis le commencement de l'évacuation des troupes allemandes en direction de la Seine, le 13 août, près de 55 000 hommes sont parvenus à se replier, soit environ 40% des forces allemandes menacées au début de la manoeuvre d'encerclement.

 

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L'encerclement des forces allemandes se termine au sud-est de Falaise le 20 août 1944. Les troupes et les véhicules doivent emprunter, pour fuir la poche, un fin couloir de quelques kilomètres situé entre Trun, Saint-Lambert et Chambois, qui est constamment bombardé par l'aviation et l'artillerie alliée.

Bilan

Le désordre du repli est indescriptible : les carcasses fumantes de véhicules, les corps des Allemands et des chevaux qui servent à leur évacuation jonchent les routes et les rivières, offrant un spectacle terrifiant d'une armée en déroute : plus de 200 chars, près de 1000 pièces d'artillerie et autant de véhicules divers sont détruits.

Quelques ponts sur la Dives permettent encore aux survivants des divisions 2ème Panzer, 10ème Panzer SS et 116ème Panzer de fuir. Pour les traverser, les blessés et les épaves de véhicules sont précipités dans les fossés et dans la rivière.

Cependant, si la situation de l'Axe en Normandie est désastreuse et que trois généraux allemands sont capturés, de nombreuses unités parviennent encore à s'échapper vers l'est, et rejoignent la Seine, malgré les attaques incessantes de l'aviation, profitant des brumes matinales pour traverser les lignes Canadiennes, Polonaises et américaines.

Ainsi, si plus de 6000 soldats ont trouvé la mort, plus de 165 000 allemands ont atteint la rive droite de la Seine. Cette mauvaise nouvelle pour les Alliés entraîne une nouvelle tactique : un encerclement de plus grande envergure est envisagé, qui doit prendre au piège les soldats de l'Axe fuyant la Normandie et faisant route vers l'est de la France (ainsi, la majeur partie de la 17ème SS Panzer Grenadier Division a déjà atteint la Lorraine dès le 13 août).

Fin de la Bataille de Normandie

La 5ème division blindée américaine progresse toujours difficilement dans l'Eure, précisément dans la région d'Elbeuf et Louviers. Les Allemands, quittant la rive gauche de la Seine, ordonnent à une arrière garde de stopper un temps la progression alliée, leur permettant ainsi de rejoindre la rive droite de la Seine, pour se reformer par la suite. Cette arrière garde allemande pose de très nombreux problèmes aux américains, qui n'ont pas en face d'eux des unités organisés, et l'aviation alliée termine sa journée avec des résultats faibles, du fait de ce manque de structure des divisions allemandes en déroute.

A l'est de l'Orne, les unités motorisés belges de la brigade Piron parviennent au centre des localités de Honfleur, Pont-L'Evêque, tandis que les derniers défenseurs de Deauville et de Trouville se rendent.

Du 26 au 29 août, les Allemands continuent de traverser la Seine sur des ponts flottants, au nord et au sud de Paris. Ils sont directement suivis des troupes américaines et britanniques, qui poursuivent les soldats en déroute afin qu'ils n'aient pas le temps de se regrouper et de contre-attaquer. Toutefois, les arrière gardes allemandes empêchent les Alliés de progresser rapidement et favorisent le repli de la Wehrmacht et des Panzer.

Le 29 août, les opérations de traversée de la Seine par les Allemands sur des ponts flottants, au nord et au sud de Paris, sont désormais terminées. A présent, les forces alliées progressent vers le nord, l'est et le sud, à la poursuite des divisions allemandes se repliant pour se réorganiser. Les soldats appartenant à la 3ème armée du général Patton vont notamment effectuer une "avancée éclair" vers l'est de la France pendant les semaines qui suivent, avant d'être ralentis par des problèmes de ravitaillement.

Au nord-est de Caen, les soldats appartenant à la brigade belge du Colonel Piron traversent la Seine au niveau de Caudebec-en-Caux et La Mailleraye.

La bataille de Normandie est, le 29 août, terminée.

 

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