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de la page "La
Poche de Falaise (1)" :
Fermeture
de la poche
Le
front américain, qui était encore orienté nord-sud
le 5 août, est le 12 août orienté est-ouest.
Plus au nord, la 2ème armée britannique et la 1ère armée canadienne progressent vers le sud : entre les deux
fronts, les Allemands sont enfermés et une seule porte de
sortie existe : la région de Falaise.
Les
troupes américaines et anglo-canadiennes se font désormais
face, ce qui pose de sérieux problèmes aux officiers
alliés : les Allemands, encerclés, sont bombardés
par les artilleurs et par les aviateurs britanniques et américains,
et les deux fronts se rapprochent. Or, dans une telle situation,
les Alliés risquent de se tirer dessus. Le général
Patton, qui commande la 3ème armée, demande au général
Bradley l'autorisation de fermer
la poche et de rejoindre les Canadiens à Falaise.
Mais
Bradley est inquiet à propos des risques de "Friendly
Fire" (tirs amis) et il demande à Patton de rester au
niveau d'Argentan et de sécuriser les environs. Le général
trois étoiles de la 3ème armée est hors de
lui : s'il ferme la poche de Falaise tout de suite en rejoignant
la ville de Falaise, s'en est terminé de l'armée allemande
en Normandie. Mais le haut-commandement américain est formel,
Patton doit stopper sa progression pendant quelques heures. Des
heures qui profiteront à des milliers de soldats allemands,
parvenant à rejoindre la Seine.
Pour
les Allemands, la situation en Normandie est désormais catastrophique.
Plusieurs dizaines de divisions sont encerclées par les Alliés
et l'étau se reserre. Les Américains attaquent au sud de la poche selon trois axes majeurs ; à l'ouest, le 19ème corps de la 1ère armée bouscule quatre
divisions allemandes dont une blindée. Sur son flanc droit, le 7ème corps de la 1ère armée, la 2ème division blindée française et le 15ème corps américain
progressent pour refermer le piège.
Les
Allemands de la 7ème armée, commandée par le général Hausser, commencent à évacuer
un maximum de divisions de la poche qui se referme sur eux. Les
grosses unités de type SS Panzer Division sont prioritaires
et plus particulièrement les chars. L'aviation alliée
bombarde sans relâche la poche, véritable "terrain
d'entraînement" pour les pilotes de chasseurs-bombardiers
qui disposent d'un nombre impressionnant de cibles.
En fin de journée, plus de 10 000 soldats allemands appartenant
à la 12ème SS Panzer Division sont déjà
sortis de la poche et se dirigent vers la Seine.
La
fermeture de la poche de Falaise est enfin ordonnée. Pour
ce faire, les Canadiens lancent leur propre opération, dénommée
Tractable, qui vise à capturer l'axe majeur de fuite des Allemands, situé dans la région proche de la ville
de Falaise. Après de violents bombardements, localisés
au nord et au sud de Falaise, la 53ème division d'infanterie
britannique, trois divisions canadiennes (2ème et 3ème
d'infanterie, 4ème division blindée), et la 1ère division blindée polonaise passent à l'offensive.
Les
1ère, 12ème et 21ème SS Panzer divisions qui
se repliaient au moment de l'attaque pour quitter la poche de Falaise
lancent une contre-offensive au nord-ouest en direction de Soulangy.
Mais les Alliés repoussent les attaques tandis que la 1ère division blindée polonaise progresse à l'est de Falaise
pour couper la retraite des divisions allemandes.
Les
officiers allemands reçoivent continuellement des ordres
d'Hitler qui interdisent toute retraite vers l'est, et qui
demandent aux officiers de rester sur leurs positions. Les Allemands
sont bombardés de manière continue, jour et nuit.
Les aviateurs et les artilleurs alliés attaquent sans relâche
les divisions de la Wehrmacht et de Panzer qui se replient vers l'est en direction de la Seine.
Malgré
la situation désastreuse pour les forces allemandes, leur
repli est extrêmement rapide : en la seule journée
du 17 août, près d'un tiers des forces de l'Axe encerclées
sont parvenues à sortir du chaudron.
Le
couloir de neuf kilomètres, situé dans la région
proche de Chambois et qui permet encore aux forces allemandes de
s'échapper vers l'est, est peu à peu réduit
par les soldats alliés. Mais depuis le commencement de l'évacuation
des troupes allemandes en direction de la Seine, le 13 août,
près de 55 000 hommes sont parvenus à se replier,
soit environ 40% des forces allemandes menacées au début
de la manoeuvre d'encerclement.
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L'encerclement
des forces allemandes se termine au sud-est de Falaise le 20 août
1944. Les troupes et les véhicules doivent emprunter, pour
fuir la poche, un fin couloir de quelques kilomètres situé
entre Trun, Saint-Lambert et Chambois, qui est constamment bombardé
par l'aviation et l'artillerie alliée.
Bilan
Le
désordre du repli est indescriptible : les carcasses fumantes
de véhicules, les corps des Allemands et des chevaux qui
servent à leur évacuation jonchent les routes et les
rivières, offrant un spectacle terrifiant d'une armée
en déroute : plus de 200 chars, près de 1000 pièces
d'artillerie et autant de véhicules divers sont détruits.
Quelques
ponts sur la Dives permettent encore aux survivants des divisions
2ème Panzer, 10ème Panzer SS et 116ème Panzer
de fuir. Pour les traverser, les blessés et les épaves
de véhicules sont précipités dans les fossés
et dans la rivière.
Cependant,
si la situation de l'Axe en Normandie est désastreuse et
que trois généraux allemands sont capturés,
de nombreuses unités parviennent encore à s'échapper
vers l'est, et rejoignent la Seine, malgré les attaques incessantes
de l'aviation, profitant des brumes matinales pour traverser les
lignes Canadiennes, Polonaises et américaines.
Ainsi,
si plus de 6000 soldats ont trouvé la mort, plus de 165 000
allemands ont atteint la rive droite de la Seine. Cette mauvaise
nouvelle pour les Alliés entraîne une nouvelle tactique
: un encerclement de plus grande envergure est envisagé,
qui doit prendre au piège les soldats de l'Axe fuyant la
Normandie et faisant route vers l'est de la France (ainsi, la majeur
partie de la 17ème SS Panzer Grenadier Division a déjà
atteint la Lorraine dès le 13 août).
Fin
de la Bataille de Normandie
La
5ème division blindée américaine progresse
toujours difficilement dans l'Eure, précisément dans la
région d'Elbeuf et Louviers. Les Allemands, quittant la rive
gauche de la Seine, ordonnent à une arrière garde
de stopper un temps la progression alliée, leur permettant
ainsi de rejoindre la rive droite de la Seine, pour se reformer
par la suite. Cette arrière garde allemande pose de très
nombreux problèmes aux américains, qui n'ont pas en
face d'eux des unités organisés, et l'aviation alliée
termine sa journée avec des résultats faibles, du
fait de ce manque de structure des divisions allemandes en déroute.
A l'est de l'Orne, les unités motorisés belges de la
brigade Piron parviennent au centre des localités de Honfleur,
Pont-L'Evêque, tandis que les derniers défenseurs de
Deauville et de Trouville se rendent.
Du
26 au 29 août, les Allemands continuent de traverser la Seine
sur des ponts flottants, au nord et au sud de Paris. Ils sont directement
suivis des troupes américaines et britanniques, qui poursuivent
les soldats en déroute afin qu'ils n'aient pas le temps de
se regrouper et de contre-attaquer. Toutefois, les arrière
gardes allemandes empêchent les Alliés de progresser
rapidement et favorisent le repli de la Wehrmacht et des Panzer.
Le
29 août, les opérations de traversée de la Seine
par les Allemands sur des ponts flottants, au nord et au sud de
Paris, sont désormais terminées. A présent,
les forces alliées progressent vers le nord, l'est et le sud, à la poursuite des divisions allemandes se repliant
pour se réorganiser. Les soldats appartenant à la
3ème armée du général Patton vont notamment
effectuer une "avancée éclair" vers l'est
de la France pendant les semaines qui suivent, avant d'être
ralentis par des problèmes de ravitaillement.
Au nord-est de Caen, les soldats appartenant à la brigade belge
du Colonel Piron traversent la Seine au niveau de Caudebec-en-Caux
et La Mailleraye.
La
bataille de Normandie est, le 29 août, terminée.
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