Inauguration du monument dédié à Joseph T. Cagney

Monument Jospeh T. Cagney Cerisy-la-Salle

Le monument inauguré le 29 juillet 2019 au lieu-dit Le Coton à Cerisy-la-Salle, dont la forme s’inspire d’une aile d’avion et sur lequel est apposé la plaque en souvenir de Joseph T. Cagney.
Photo : M. Heissler

29 juillet 2019 : inauguration du monument en souvenir du pilote américain Joseph “Joe” T. Cagney
Auteur : Marc Laurenceau

75 ans jour pour jour après le décès en mission du pilote américain Joseph T. Cagney, un monument a été inauguré en sa mémoire sur la commune de Cerisy-la-Salle. Une cérémonie, organisée par l’association D-Day Overlord et la commune de Cerisy-la-Salle, s’est tenue cet après-midi en présence de la famille.

Il y a 75 ans, la samedi 29 juillet 1944, la bataille de Normandie battait encore son plein, plus de sept semaines après le début du Débarquement. Les Américains continuaient d’exploiter l’opération Cobra ayant débuté quatre jours auparavant, bousculant les forces allemandes vers le sud du Cotentin à plus de treize kilomètres de la ligne de départ. Dans le secteur de Caen, les forces anglo-canadiennes fixent les unités blindés ennemies au prix de lourdes pertes, afin d’alléger le front à l’ouest et faciliter la percée américaine.

Sur cette vidéo d’époque (probablement filmée à Carentan sur l’aérodrome ALG A-10), le P-47 en arrière plan porte les bandes blanches de reconnaissance correspondantes à la période de la bataille de Normandie ainsi que le code T5 qui correspond au 10th Fighter Squadron du 50th Fighter Group, l’unité à laquelle appartenait Joe Cagney.
Vidéo : US National Archives

En ce 29 juillet 1944, les Américains du groupement tactique interarmes « A » de la 3e division blindée atteignent le village de Cerisy-la-Salle, abandonné la veille par les défenseurs, à la faveur de la nuit. Dans les airs, ils sont appuyés par les escadrilles de chasseurs-bombardiers, décollant depuis différents aérodromes. Joseph Thomas Cagney, surnommé « Joe », était l’un de ces pilotes. En fin de matinée du 29 juillet, « Joe » décolle de l’aérodrome avancé (ALG A-10) de Carentan à bord de son chasseur-bombardier P-47 Thunderbolt, baptisé « Gallopin Gertie ». Avec trois de ses frères d’armes, ils appuient depuis les airs les combattants dans le secteur de Saint-Denis-le-Gast avant de faire demi-tour en direction de leur point de départ pour ravitailler. En chemin, ils sont pris sous le feu d’une batterie antiaérienne allemande.

Touché sur le coup ou croyant jusqu’au bout à sa chance de maîtriser un atterrissage de fortune, il s’écrase sur la commune de Cerisy-la-Salle, à proximité du lieu-dit Le Coton.

Né le 20 janvier 1921, Joseph T. Cagney était originaire de Chicago et avait l’âme d’un artiste. Avant la guerre, il avait obtenu son diplôme auprès de la prestigieuse Art Institute of Chicago et avait trouvé sa voie dans la peinture. Mais en 1942, quelques semaines seulement après l’attaque japonaise de Pearl Harbor et l’entrée en guerre des Etats-Unis, il s’était porté volontaire pour rejoindre l’US Army Air Force. Désigné pour servir au sein du 10th Fighter Squadron (50th fighter Group), il était arrivé en Normandie à la fin du mois de juin avant de connaître son sort funeste.

En raison de difficultés administratives, le corps de “Joe” n’a jamais été rapatrié aux Etats-Unis, contrairement au souhait de ses parents. Sa mère avait préparé une place dans le caveau familial, mais celle-ci est restée vide.

Florence Cagney - Saint-James - 1950

La mère de Joseph, Florence, sur la tombe de son fils dans les années 1950 au cimetière militaire de Saint-James.
Photo : Famille Cagney

Exactement 75 ans plus tard après le crash, le 29 juillet 2019, Mathias Heissler a souhaité rendre hommage à ce jeune pilote disparu à l’âge de vingt-trois ans. Passionné d’aviation et de la Seconde Guerre mondiale, Mathias a réuni de très nombreuses informations au sujet de “Joe” Cagney et échange régulièrement avec sa famille depuis plusieurs mois. Il s’est rapproché de l’association D-Day Overlord ainsi que de la commune de Cerisy-la-Salle pour appuyer son projet d’hommage. Une stèle a ainsi été érigée à quelques mètres de l’endroit précis du crash, surmontée d’une plaque rappelant l’ultime sacrifice d’un héros discret américain.

Plaque Joseph Joe T Cagney

Détail du monument et la plaque, inaugurés le 29 juillet 2019 à Cerisy-la-Salle.
Photo : D-Day Overlrod

La famille de Joseph a fait le déplacement en Europe pour l’occasion, et s’est vu remettre des pièces originales du P-47 Thunderbolt retrouvées sur les lieux du crash. Les pièces de l’avion, récupérées par André Heylie (16 ans en 1944, et dont le témoignage a été essentiel pour retracer le fil de cette journée) ont été offertes par Alexandre Besnard aux huit membres de la famille. L’une d’entre elle sera enterrée dans le caveau familial, à l’emplacement initialement prévu pour accueillir l’enfant disparu.

En remerciement pour cet hommage en la mémoire de “Joe”, rendu à l’occasion du 75e anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie, la famille a à son tour offert un précieux souvenir aux habitants de Cerisy-la-Salle : l’un des rares tableaux peints par Joseph avant la guerre. Cette toile, témoignage vivant du soldat disparu, nous inspire désormais pour nous rappeler le prix de la liberté.

Joseph Joe T. Cagney

Aujourd’hui encore, “Joe” Cagney repose au cimetière militaire américain de Saint-James.
Photo : ABMC

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