| Pourquoi
un débarquement ?
Rappel de la
situation internationale : pendant la Seconde Guerre mondiale, les
troupes de l'Axe contrôlent la majeure partie de l'Europe,
sauf l'Angleterre qui se défend toujours contre l'envahisseur
nazi. Les Etats-Unis sont une puissance montante et ils récoltent,
en 1944, des succès décisifs militaires au Pacifique
tandis que les troupes alliées se battent en Afrique du nord .
Depuis 1941,
les troupes de l'URSS souffrent face aux soldats allemands, même
s'ils sont soutenus par les Américains qui leur envoient
armes et munitions. Ainsi, la même année, Staline souhaite
voir la création d'une opération par les forces alliées
à l'ouest de l'Europe afin de réduire le nombre de
divisions allemandes qui se battent en URSS et dont une partie serait
envoyée à l'ouest pour défendre ce second front.
Après quelques discussions, et notamment celle décisive
de Téhéran en 1943, les dirigeants alliés (Roosevelt
: USA, Churchill : Grande-Bretagne, Staline : URSS) choisissent
d'ouvrir le second front en France, et plus particulièrement
en Normandie. Il est décidé que l'invasion se fera
de l'Angleterre. Alors, des centaines de convois traversent l'Atlantique en provenance des Etats-Unis pour déposer
en Angleterre des milliers de soldats et des centaines de tonnes
de matériel. L'Angleterre devient un véritable camp
militaire où des milliers de soldats s'entraînent
et où l'on entrepose le maximum de matériel possible.
En août
1942, un débarquement "test" est organisé
au nord de la France à Dieppe. Officiellement, c'est une
attaque pour installer une tête de pont à l'ouest et
ouvrir ce second front que demandent les soviétiques. Officieusement,
c'est un test du dispositif de défense allemand. Ceux qui
seront envoyés dans le Pas-de-Calais seront sacrifiés
pour permettre aux alliés de chronométrer la réaction
allemande. Ainsi, en août 1942, des Canadiens prennent pied
sur les galets de la côte française sous un feu extrêmement
nourri, appuyés par des chars. L'assaut est un désastre
: plus de 3378 hommes sont laissés sur le terrain, tués
ou prisonniers. Néanmoins ce sacrifice servira aux alliés
dans l'étude du débarquement suivant, celui de Normandie.
Choix
de la Normandie
Pourquoi la
Normandie ? Voici les raisons : les côtes bretonnes sont trop
éloignées de l'Angleterre pour être abordées,
les terres en Hollande sont inondées et ne permettent pas
la mise en place d'une tête de pont, les courants des côtes
belges sont très forts et donc dangereux, et surtout les
Allemands attendent les alliés dans le Pas-de-Calais
car le bras de mer entre l'Angleterre et la France à cet
endroit est le plus réduit. Les plages normandes sont des
plages de sable et sur quelques endroits on y trouve des galets.
La composition des plages normandes est proche de celles De l'ouest
de l'Angleterre. Ainsi, les soldats pourront s'entraîner et l'on pourra tester la résistance des chars en manoeuvre sur
ce sable.
La Normandie
est l'endroit où les Allemands attendent le moins
une tentative de débarquement Allié, d'où sa
sélection par ces derniers. Néanmoins, la côte
(de la Norvège à la côte basque) est défendue
par une série de protections en béton avec mitrailleuses,
barbelés, champs de mines, appelée le Mur de l'Atlantique. L'opération sera nommée l'opération Overlord.
Déroulement
Préambule
: une terrible tempête fait rage dans la Mer de la Manche,
alors que l'ordre de départ des navires alliés pour
la Normandie, le 4 juin 1944 en fin d'après-midi, est donné
par Eisenhower, commandant en chef de l'opération
Overlord. Les météorologues sont formels, ce serait
de la folie d'envoyer les navires de guerre à travers une
mer déchainée. L'ordre de départ est annulé
et est repoussé de 24 heures. La tempête rassure les
officiers allemands qui sont persuadés que les Alliés
ne débarqueront pas par un temps pareil. Mais le 5 juin,
une éclaircie s'annonce dans la Manche. Eisenhower, sur qui
repose toute la responsabilité de l'opération, aura
cette phrase qui est restée célèbre : "O.K.
Let's go !" (O.K. on y va !)
- l'opération
aéroportée
Avant l'assaut
maritime se déroule un assaut aéroporté.
Deux assauts à chaque extrémité de la zone
d'action de l'assaut maritime sont programmés : à l'ouest, les avions doivent larguer plusieurs centaines de parachutistes
américains de la 101ème
et de la 82ème divisions aéroportées pour contrôler les axes
routiers autour de Carentan et ralentir les futures contre-attaques
allemandes à la suite du débarquement. A l'est,
les britanniques de la 6ème division aéroportée
sont chargés d'effectuer le même travail. Les ponts,
comme le pont de Pegasus Bridge près de Bénouville,
à l'est de la zone d'invasion, sont des objectifs cruciaux
et les nombreux parachutistes doivent en capturer en tout une dizaine
sans les détruire pour sécuriser l'invasion des contre-attaques
allemandes. Ces derniers possèdent également des batteries
capables d'ouvrir le feu à très longue distance, comme
la batterie de Merville, également à l'est de la zone
d'invasion. Ainsi, peu après minuit, le 6 juin 1944, les
paras sautent dans la nuit et avec beaucoup de mal, capturent leurs
objectifs. Sur 18000 parachutistes, la moitié seront tués.
Mais les Allemands sont désorientés et les communications
ne passent plus. Le débarquement peut alors commencer.
- l'opération
maritime
Environ 5000
navires de toutes tailles sont nécessaires au transport
de troupes et de matériel.
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Ils
parcourent le trajet qui sépare l'Angleterre de la Normandie
pendant la nuit. C'est l'Armada la plus importante de l'Histoire.
Les navires de guerre escortent les navires de transport et se déplacent
en colonne. Ils sont protégés par des ballons captifs
qui empêchent d'éventuels avions ennemis de voler en
rase-motte. Un seul bateau allié est coulé avant le
débarquement, le Svenner (bateau norvégien),
torpillé par une vedette rapide (E-boote) allemande qui patrouillait
dans la Manche et qui s'est enfui immédiatement.
L'assaut se
déroule le mardi 6 juin 1944 à l'aube sur 5 plages
de noms de codes Utah
Beach et Omaha
Beach (où débarquent les Américains), Gold
Beach, Juno
Beach et Sword
Beach (où débarquent les anglo-canadiens), plages
situées entre le lieu dit La Madelaine (dans la Manche) et
Ouistreham (dans le Calvados). Après un bombardement pendant
la nuit de l'aviation alliée sur le Mur de l'Atlantique et
un bombardement naval par l'armada, les soldats débarquent
sur le sol normand. A 8h00, toutes les premières vagues d'assaut
sont débarquées.
Toutes les plages
sont conquises dans les minutes qui suivent l'assaut, sauf à
Omaha Beach où les troupes américaines sont
clouées au sol par des tirs intenses. Ce n'est qu'en début
d'après-midi que cette plage est sécurisée.
Les pertes alliées
s'élèvent à 3000 soldats morts, tués,
disparus ou prisonniers dont 2500 à Omaha Beach. Les aides
du soutien aérien et de l'artillerie navale ont permis
de remplir la plus grande partie des objectifs. En effet, des planeurs
se posent derrière les lignes ennemies pour déposer
des jeeps et du matériel divers ainsi que des canons et de
petits chars de reconnaissance.
Aussitôt
après l'assaut militaire se met en place une véritable
course contre la montre : les troupes doivent être au plus
vite approvisionnées en carburant, armes et munitions, ainsi
qu'en vivres et en vêtements. Mais comment décharger
tout ce matériel sans avoir capturé de port en eau
profonde ? La clé de la solution repose en l'opération
Mulberry qui consiste à construire pièce par pièce
un port et de le placer à Arromanches en le faisant traverser
la Manche en pièces détachées.
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Participation française
177 français
ont débarqué à Sword le 6 juin à l'aube.
Ils étaient avec les troupes britanniques pendant tout l'engagement
et sont allés aider des parachutistes anglais en début
d'après-midi. Des équipages français de bombardiers
stratégiques lourds et moyens ont participé aux bombardements
pendant la campagne normande. Des bateaux de guerre de la France
Libre ont participé aux bombardements de la côte le
6 juin 1944 et aux ravitaillements dans les jours qui ont suivi.
Une dizaine de français ont été parachutés
au-dessus de la Bretagne dans le but notamment d'effectuer des actions
de sabotage.
Il faut évidemment
tirer un grand coup de chapeau aux actions de la Résistance
française qui ont permis de perturber les transmissions
allemandes, les arrivées des renforts allemands. Les renseignements
envoyés en Angleterre par la Résistance française
ont été nécessaires à la victoire en
Normandie.
Conséquences
- Conséquences
immédiates
L'armée
allemande est surprise de ce débarquement en Normandie, alors
qu'elle l'attendait dans le Pas-de-Calais. Les alliés profitent
de ce violent choc pour installer une solide tête de pont
et déversent sur les plages des centaines de régiments
en renfort. La Bataille de Normandie s'engage. Le port d'Arromanches
et le port de Saint-Laurent sont installés dans les
jours qui suivent le 6 juin 1944 et le rythme de déchargement
de matériels ne cessera pas d'augmenter. Un pipe-line sous-marin
est installé ; il relie l'Angleterre aux côtes normandes
et approvisionne les troupes alliées en carburant. Mais une
tempête détruira les deux ports et seul celui d'Arromanches
sera récupérable. Le délai de réparation
empêchera le débarquement de matériel et une
offensive britannique est reportée. Les besoins d'un port
en eau profonde comme celui de Cherbourg se font de plus en plus
importants, d'où les combats sanglants pour capturer la ville.
- Conséquences
dans les mois qui suivent
Les nouvelles
du front russe sont marquées par le départ de divisions
allemandes, envoyées en renfort contre les troupes fraîchement
débarquées en Normandie. Les soviétiques reprennent
des forces et font reculer les soldats allemands. Ces derniers pensent
que le débarquement en Normandie est une diversion et que
le vrai débarquement aura lieu dans le Pas-de-Calais. Ils
laissent sur place 150 000 hommes. Cette erreur sera fatale à l'armée allemande. La libération de la France s'engage
de manière efficace et rapide, Paris est libéré
en août et les alliés atteindront le Rhin à
la fin de l'hiver 1944.
Le débarquement
de Normandie est un tournant de la Seconde Guerre mondiale. |