Bretteville-sur-Laize en 1944 pendant la bataille de Normandie

Bretteville-sur-Laize (Calvados)

Les villes de Normandie pendant les combats de 1944

Bombardement de la commune de Bretteville-sur-Laize le 8 août 1944 dans le cadre de l'opération Totalize par les B-17 "Flying Fortress" de la 8th (US) Air Force. Photo : US National Archives

Bombardement de la commune de Bretteville-sur-Laize le 8 août 1944 dans le cadre de l’opération Totalize par les B-17 “Flying Fortress” de la 8th (US) Air Force.
Photo : US National Archives

Libération : 11 août 1944

Unités engagées :

Drapeau canadien de 1944 2nd Infantry Division

Drapeau canadien de 1944 6th Canadian Armoured Regiment (1st Hussars), 2nd Armoured Brigade

Drapeau nazi 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend »

Drapeau nazi 89. Infanterie-Division

Historique :

Quelques jours seulement après le débarquement, n’étant pas parvenus à s’emparer de Caen le Jour J, les Alliés multiplient les bombardements sur cette ville ainsi que sur les villages aux alentours afin de perturber les mouvements des troupes allemandes cherchant à renforcer le front. Le village de Bretteville-sur-Laize n’est pas épargné et est durement frappé le 10 juin 1944 par un raid. A 17 heures 30, les bombes s’abattent sur la commune, tuant vingt-cinq habitants et détruisant une grande partie des édifices. Une partie de la population préfère dès lors se réfugier dans les souterrains de la mine de fer de Gouvix.

Afin de bousculer les lignes allemandes défendant Caen, la 2e armée britannique multiplie les tentatives pour réaliser un grand mouvement de contournement et dépasser la capitale du Calvados par l’Ouest. A cet effet, dans le cadre de l’opération Epsom qui débute le 26 juin, le VIIIe corps du Lieutenant General Richard O’Connor est chargé d’atteindre les hauteurs dominant Bretteville-sur-Laize en fin de phase. Mais la redoutable résistance allemande en décide autrement ; les Britanniques et les Canadiens renouvellent leur tentative le 18 juillet à l’occasion de l’opération Goodwood, réalisant un nouveau bombardement meurtrier sur Bretteville-sur-Laize, mais sans davantage de succès.

Depuis le début du mois d’août 1944, en conséquence de l’opération Bluecoat, les Allemands se sont repliés à l’Est de l’Orne en prenant appui le long des hauteurs dominant la Laize. Il faut attendre l’opération Totalize lancée dans la soirée du 7 août pour que les Alliés s’approchent enfin de Bretteville-sur-Laize. Dès le 8 août, avec le déclenchement de la phase II de Totalize, le village est à nouveau pris pour cible par les avions américains de la 8th Air Force malgré la présence dissuasive de la défense antiaérienne allemande qui parvient à détruire neuf bombardiers. Des bombes tombent par erreur dans les lignes alliées : 65 soldats alliés sont tués, 250 sont blessés et 55 véhicules ont été neutralisés. La 2nd Infantry Division canadienne monte malgré tout à l’assaut et progresse sur le flanc droit de l’offensive, s’approchant de Bretteville-sur-Laize par le Nord-Est. Mais en l’absence d’appui d’artillerie, qui intervient prioritairement au profit de la 6th Infantry Brigade, la 5th Infantry Brigade canadienne retarde son assaut du village qui n’est finalement déclenché qu’à compter de 16 heures. Le régiment de Maisonneuve et le Calgary Highlanders sont alors engagés au combat, appuyés par le 6th Canadian Armoured Regiment (1st Hussars). Les Canadiens sont fixés par la résistance allemande de la 89. Infanterie-Division qui reçoit le renfort des canons de 88 mm armés par les batteries du III. Flak-Korps qui sont disposés de manière à former une nasse antichar.

En soirée, le Calgary Highlanders s’empare du village mais continue d’y subir de lourdes pertes, en particulier en raison de la concentration de roquettes de Nebelwerfer : son chef de corps, le lieutenant-colonel MacLaughlan, estime qu’en se rétablissant sur les hauteurs au Nord-Est du village, il parviendrait à s’extraire de la zone battue par les feux. Il est autorisé à rompre le contact et à se replier. Mais durant leur désengagement, les Canadiens sont pris sous les tirs de leur propre artillerie, augmentant le nombre de pertes. Les hommes du régiment de Maisonneuve tiennent quant à eux les hauteurs situées à l’Est de Bretteville-sur-Laize.

Le 10 août, la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » s’installe aux abords Sud de la commune, préparant de nouvelles positions défensives et multipliant les patrouilles pour maintenir la pression sur les combattants canadiens. Face à ce renforcement, les Alliés renouvellent les bombardements sur le village qui n’est plus qu’un vaste champ de ruines. Les Canadiens de la 2nd Infantry Division multiplient les reconnaissances dans le secteur pour empêcher toute infiltration le long des berges de la Laize où ils ne rencontrent que des unités adverses éparses, au moral fortement réduit par les derniers combat. Le 11 août, les Allemands se replient plus au Sud, permettant aux Canadiens de reprendre définitivement pied dans les ruines de Bretteville-sur-Laize qu’ils tiennent jusqu’à 14 heures : ils se préparent à reprendre l’offensive en direction de Barbery puis Ussy.

Aujourd’hui, 2 958 militaires (en majorité des Canadiens) reposent dans le cimetière militaire de Bretteville-sur-Laize, situé à proximité de la commune de Cintheaux, dont 87 soldats non-identifiés.

  Photos de Bretteville-sur-Laize en 1944

Carte de Bretteville-sur-Laize :

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