Hubert Faure – Commando Kieffer – Biographie

Hubert Faure

Troop 1
1er bataillon fusilier-marin commando
1st Special Service Brigade

Biographie

Hubert Faure est né le 28 mai 1914 à Neuvic-en-Dordogne. Il étudie au lycée jésuite de Sarlat tandis que son père, huissier et ancien poilu, décède en 1933 des suites des blessures aux gaz subies lors de la bataille de Verdun. L’année suivante, il s’engage comme sous-officier au 22ème régiment de Dragons à Pontoise, avant de servir comme instructeur à Paris. Il étudie les ouvrages dédiés à la Cavalerie rédigés par Charles de Gaulle avec d’autant plus de curiosité qu’il sert dans un régiment de chars de combat lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939. Hubert Faure est alors engagé avec son unité en réserve, derrière la ligne Maginot, avant de participer à la bataille de Montcornet (Aisne) le 17 mai 1940, qui voit l’engagement de la 4ème division cuirassée commandée par le colonel de Gaulle.

Fait prisonnier en juin 1940, il parvient cependant à s’échapper et à rejoindre les forces françaises lorsque l’Armistice est signée. Lorsque les Alliés déclenchent l’opération Torch en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, Hubert Faure décide de rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre : c’est le début d’un long périple qui, à l’instar de son futur camarade Maurice Chauvet, le mène vers l’Espagne pour y être fait prisonnier. Malgré tout, il s’échappe et rallie le Portugal d’où il parvient à s’envoler vers l’Angleterre. En juin 1943, un avant le débarquement, il se porte volontaire pour rejoindre les commandos français encadrés par le commandant Philippe Kieffer. Fort d’une excellente condition physique, d’un moral d’acier et de son expérience militaire, il est immédiatement remarqué par l’encadrement du stage commando à Achnacarry en Ecosse. Avec le grade de Warrant Officer et son béret vert sur la tête, il devient maître-principal de la Marine nationale (équivalent d’adjudant-chef dans l’armée de Terre française) et commande une section au sein de la Troop 1.

Pendant la préparation du débarquement, les Français découvrent les cartes muettes et les maquettes des plages à prendre d’assaut. Avec ses hommes, Hubert Faure reconnaît rapidement la Normandie : « Nous, nous l’avons su immédiatement. Sur la table à manger, il y avait tout un tas de photos aériennes des plages normandes et des cartes. Mais il nous était interdit d’en parler à qui que ce soit ». Il se souvient des paroles du commandant Kieffer avant d’embarquer pour traverser la Manche : « Le commandant nous a dit qu’il y aurait beaucoup de pertes. Ceux qui ne voulaient pas y aller pouvaient partir, il ne leur en voudrait pas. Mais personne ne s’est dégonflé. A cet âge-là, nous n’avons pas peur de mourir. C’était une fierté pour nous de participer à la libération de notre pays ».

Le 6 juin 1944, il débarque avec ses hommes devant la commune de Colleville-sur-Orne (aujourd’hui Colleville-Montgomery) sous des tirs nourris, étant même soufflé par l’explosion d’obus allemands qui lui décollent la plèvre et lui font cracher du sang. Il reçoit même la communion l’abbé René de Naurois, l’aumônier du commando, juste après le débarquement. Moins de deux heures après le début de l’assaut, il devient le seul cadre de la Troop 1 encore valide, les autres ayant été blessés au feu : à compter de 8h15, la Troop 1 se dirige vers le complexe défensif du Casino, un redoutable ensemble de bunkers et de positions d’artillerie que les François doivent prendre d’assaut. Mais Faure et ses hommes sont compartimentés dans leur progression par les obstacles installés par les Allemands. Malgré les quatre tirs de PIAT, la défense allemande tient bon. Pendant que Kieffer part dérouter un blindé britannique pour appuyer les commandos Français, c’est Hubert Faure qui commande les forces en présence et dirige les tirs de destruction. Une fois le Casino neutralisé, il se dirige successivement vers Bénouville, le pont Pegasus et enfin Amfreville, où les commandos tiennent bon face à des multiples incursions allemandes pendant de longues semaines. Touché par un éclat d’obus, sa blessure s’infecte et il est rapatrié vers l’Angleterre le 7 juillet 1944, comme bon nombre de ses frères d’armes. Hubert Faure est toutefois réengagé à compter du 15 août en Normandie.

S’il ne participe pas à l’assaut sur Flessingue avec les autres commandos français en raison d’une blessure à la colonne vertébrale, il retrouve son unité au front dans les Pays-Bas à l’occasion de l’assaut de l’île de Schouwen. Mais son état de s’améliore pas et il doit mettre un terme à sa carrière militaire à la fin de la guerre en Europe. Reprenant ses études, il devient ingénieur des travaux publiques.
Le 14 juillet 2008, Hubert Faure est élevé au grade de commandeur de la Légion d’Honneur, une décoration remise par l’amiral Philippe de Gaulle : « Je voulais que l’insigne me soit remis par quelqu’un de la France libre. L’amiral, c’est une merveille de gentillesse. Il est mon voisin, et mon ami en même temps depuis trente années. »

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