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Un
Sherman Bulldozer traverse le pont d'Airel le 8 juillet avec
des soldats du 105e Engineer Combat Batallion américain.
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Le
8 juillet 1944, suite à l'opération
Charnwood, le nord de Caen tombe enfin dans les mains de la
2ème armée du général Dempsey. Le port de Cherbourg,
détruit par les Allemands au moment de l'attaque de la ville,
est en réparation afin de permettre aux forces Alliés
de débarquer du matériel dans un port en eau profonde
(il est inauguré le 17 juillet 1944 par les navires de transport
alliés).
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Des
soldats canadiens patrouillent au nord de Caen le 9 juillet
1944.
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Opération
Goodwood
Mais
au sud de Caen, l'effet d'attraction des blindés Allemands
se poursuit, le sud de Caen étant solidement tenu par le
Panzergroupwest d'Eberbach. Pour conquérir la totalité
de la capitale du Calvados, le général Montgomery
met au point une nouvelle opération nom de code Goodwood.
Elle vise à s'emparer de la partie sud de la ville en attaquant
par l'est à partir des positions défendues par la
6ème
division aéroportée, constituée le 6 juin
entre les rivières de l'Orne et de Troarn. L'attaque est
prévue pour le 18 juin 1944.
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Un
soldat britannique patrouille, baïonnette au canon.
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Trois
divisions blindées britanniques (la 11ème, la 7ème
et les Guards), commandées par le 8ème corps
britannique du général O'Connor doivent attaquer à
l'est de Caen en direction des terrains découverts sud et
sud-ouest de Caen ainsi que vers Falaise.
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A Saint-Fromond,
une colonne blindée américaine attend le 11
juillet l'ordre du départ.
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Mais
les préparatifs de cette attaque alarment les Allemands qui
remarquent les mouvements d'infanterie et de blindés britanniques
avant même le début de l'opération. Rommel ordonne
à Eberbach (commandant le groupe blindé ouest, responsable
de la partie Est du front, à droite de la 7ème armée
allemande) de renforcer la défense au sud de Caen en plaçant
des batteries de canons
de 88 appartenant à la 16ème division de défense
antiaérienne arrivée de Hollande, des chars des 1ère
et 12ème S.S. Panzerdivisions, et 21ème Panzerdivision
(le commandement de Eberbach prend par la suite le nom de 5ème
Panzer armée).
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Position
allemande (soldats de la Heer) de mitrailleuse lourde, ici
une MG 42, dans le bois de Bavent début juillet.
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Rommel
part le 17 juillet inspecter les fortifications mises en place par
Eberbach et à son retour du trajet vers son poste de commandement
à La Roche-Guyon, une patrouille d'avions chasseurs-bombardiers
composée de pilotes belges prend en chasse Le général.
Le chauffeur de la voiture est tué et Rommel est très
gravement blessé : un véhicule d'un civil Normand
roule sur cette route à ce moment et il est réquisitionné
par les rescapés de l'attaque, puis leur officier est amené
dans un hôpital militaire allemand en toute urgence. C'est
von Kluge qui assure les responsabilités de Rommel à
la tête de son commandement (commandement ouest) que personne
ne remplace, en plus de ses propres responsabilités au sein
du commandement du groupe d'armée B.
Le
conflit des chefs
La
défense allemande, face à l'attaque de l'opération
Goodwood résiste fort bien jusqu'au 24 juillet et fait
perdre 126 chars (en une seule journée) à la 11ème
division britannique. Mais la ville de Caen est à cette date
totalement sous contrôle allié, ainsi que la plaine
environnante sur une profondeur de 7 kilomètres. Si Goodwood
semble une réussite, Eisenhower et l'ensemble du commandement
allié doutent de la véritable progression qu'elle
a entraînée et le chef suprême des forces alliées
souhaite faire le point, le 19 juillet 1944, avec le responsable
des forces américaines, Omar
Bradley, et le responsable des forces britanniques, Montgomery.
Cette
rencontre a lieu car les rapports n'apparaissent pas comme favorables
aux chefs militaires alliés : la progression est très
lente dans la région de Caen et considérée
comme insuffisante par les spécialistes militaires. De plus,
les pertes en vies humaines sont très élevées
et l'approvisionnement des forces débarquées est en
retard par rapport aux prévisions, suite aux mauvaises conditions
atmosphériques. Bradley les informe qu'une opération
américaine visant à percer le front au sud du Cotentin
est prête et qu'il attend le moment opportun (lié essentiellement
à une amélioration des conditions météorologiques)
pour la lancer.
Quant
à Montgomery, il estime que sa dernière opération,
Goodwood, est satisfaisante au niveau des résultats, même
si elle apparaît comme désastreuse pour les spécialistes
et la plupart des généraux alliés. Churchill,
prévenu par Eisenhower, rend visite à Montgomery et
lui demande de continuer ainsi. Cette tension entre les différents
dirigeants militaires alliés semble s'apparenter à
une crise, qui disparaîtra très vite suite aux événements
qui se dérouleront après la rencontre du 19 juillet.
Le
20 juillet a lieu l'attentat manqué contre Hitler, pendant
qu'il examinait des cartes avec ses généraux au grand
quartier général de Rastenburg, en Prusse orientale.
Les
conséquences ne sont pas d'ordre militaire, car les soldats
allemands poursuivent les combats avec la même ferveur en
Normandie. En revanche, suite à cet attentat, le Führer
prend beaucoup plus de distance avec ses généraux,
notamment ceux issus de la noblesse (qui sont d'ailleurs nombreux)
et qu'il accuse de comploter contre lui. En
effet, la bombe qui devait le tuer a été déposée
par un membre de son propre entourage militaire, le comte Claus
von Stauffenberg, chef d'état-major des armées allemandes.
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Hitler
se rend sur les lieux de l'explosion avec Mussolini, après l'attentat manqué du Rastenburg, le 20 juin 1944.
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Cela
n'améliore pas les mauvaises relations entre les officiers
des quartiers généraux allemands. Hitler ne fait déjà
plus confiance aux unités classiques comme la Wehrmacht
mais privilégie des unités considérées
comme des élites militaires, les divisions S.S.,
ce qui n'améliore pas non plus les relations entre la Wehrmacht
et les S.S. Le pouvoir d'Hitler est bien plus important
désormais et la guerre semble bien se prolonger. De plus,
les ressources allemandes sont encore importantes et ce malgré
les bombardements incessants des Alliés.
La
guerre des haies
Consultez le
dossier dédié à la spécificité de la guerre des haies, cliquez
ici.
Bradley
indique que la zone marécageuse de Carentan est encore l'objet
de sérieux combats. La 1ère armée américaine
est retenue dans ce secteur, défendu farouchement par les
troupes allemandes, conscientes de l'importance de cette ville reliant
les plages d'Utah et d'Omaha. Mais petit à petit, les Américains
s'enfoncent vers le sud de la Normandie et la 1ère armée
capture la ville de la Haye-du-Puits après 7 jours de combats
meurtriers.
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Une
photographie illustrant bien la "guerre des haies",
près de Saint-Lô.
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Les
Américains, rassurés par la capture de Cherbourg,
peuvent se concentrer à une progression axée vers
le sud. Début juillet 1944, les quatre corps de l'armée
américaine (soit quatorze divisions) sont positionnés
vers le sud sur un front de 75 kilomètres entre la côte
ouest du Cotentin, au sud de Saint-Sauveur, et Caumont.
Cependant,
la progression des troupes débarquées n'est pas facile
: le bocage et les haies de Normandie occupées par une quinzaine
de divisions appartenant au 84ème corps allemand (aux ordres
de von Choltitz, qui remplace Farmbacher limogé après
la chute de Cherbourg, qui remplace Erich Marcks, tué à
Caumont) ne facilitent pas la tâche aux Alliés.
La
progression américaine est lente : les Allemands font de
chaque haie une forteresse, avec mitrailleuses lourdes et blindés
légers en embuscade. Caumont sert de pivot à la ligne
de front qui atteint le 18 juillet Saint-Lô, ville martyre,
détruite par les bombardements à près de 80
%. Le nord de la route de Périers et Lessay est sous contrôle
américain, mais les Allemands sous les ordres de von Choltitz
défendent solidement la partie sud de la route.
Ne
disposant que d'une seule division de réserve (la 2ème
S.S. Panzerdivision, arrivée de Toulouse fin juin,
au nord de Coutances), toutes les autres divisions sont positionnées
de manière défensive, y compris la Panzerlehrdivision,
sur le front depuis le 8 juin 1944 (au départ, elle est positionnée
à proximité de Caen) sans interruption.
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Saint-Lô,
détruite à 80 %, est capturée le 18 juillet
1944.
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Les
Britanniques et les Canadiens avancent également vers le
sud de Caen et en direction du mont Pinçon qui domine le
centre de la ligne de front alliée.
Les
usines militaires allemandes fonctionnent encore à grand
régime : 4 545 avions bimoteurs sont livrés durant
le deuxième trimestre de 1944, alors que 2 545 sont détruits
en vol ou au sol par les forces alliées. De même entre
mai et juillet 1944 pour les industries de chars qui livrent 2 313
blindés à la Wehrmacht contre 1730 de perdus.
L'une des préoccupations majeures des forces allemandes est le déplacement
des unités nouvelles ou des réserves. En effet, ces
dernières connaissent des pénuries de pétrole, des
difficultés de communication et un non remplacement du personnel
qualifié, sans compter les attaques incessantes des chasseurs-bombardiers
alliés et de la résistance française.
Du
6 juin au 23 juillet 1944, la 7ème armée allemande
et le groupe blindé ouest perdent 116 863 hommes et n'en
reçoivent que 10 078 venant des centres d'instruction. Il
en est de même pour les chars : alors que trois à quatre
centaines de blindés sont détruits, seules deux dizaines
de chars les remplacent.
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Soldats
américains prenant position au sud de la-Haye-du-Puits
après la capture de la ville.
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Opération
Cobra
Pour consulter
le dossier dédié à l'opération Cobra, cliquez
ici.
Le
responsable des forces militaires américaines engagées
en Normandie, Omar Bradley, souhaite lancer une offensive de grande
envergure afin de percer le front et de désorganiser les
défenses ennemies pour précipiter la fin de l'armée
allemande dans le nord-ouest de la France.
Cette
opération, dénommée Cobra,
est prévue pour le 20 juillet. De nouveaux renforts sont
débarqués et en 7 semaines, 36 divisions alliées
sont mises à terre en Normandie, sans compter des forces
d'appui aériennes et terrestres qui représentent un
total de 1 566 000 hommes, 332 000 véhicules et 1 500 000
tonnes de matériel et munitions. En raison des conditions
atmosphériques, le début de l'opération Cobra
est reporté au 25 juillet.
A
cette date, le front de l'ouest normand a avancé d'une quinzaine
de kilomètres au prix de très lourdes pertes.
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