Libération de Saint-Vaast-la-Hougue en 1944 – Bataille de Normandie

Saint-Vaast-la-Hougue (Manche)

Les villes de Normandie pendant les combats de 1944

Vue aérienne de la commune de Saint-Vaast-la-Hougue en 1944. Photo : US National Archives

Vue aérienne du centre-ville de la commune de Saint-Vaast-la-Hougue en 1944.
Photo : US National Archives

Libération : 21 juin 1944

Unités engagées :

Drapeau anglais N°1 section, N°5 Troop, N°1 Commando

Drapeau américain 24th Cavalry Reconnaissance Squadron, 4th Reconnaissance unit, 4th Infantry Division

Drapeau américain 342nd Engineer Regiment (General Service)

Drapeau américain 11th Port of Embarkation

Drapeau nazi 709. Infanterie-Division

Historique :

L’occupation de Saint-Vaast-la-Hougue par les forces armées allemandes débute le 19 juin 1940. La commune connait ensuite son premier bombardement en avril 1941, à l’occasion d’un raid allié qui occasionne la mort de huit de ses habitants.

Dans la nuit du 24 au 25 septembre 1941, un commando britannique fort d’une trentaine de militaires appartenant à la N°1 section (N°5 Troop, N°1 Commando), débarque en toute discrétion sur la plage de Saint-Vaast-la-Hougue. Commandés par le lieutenant Scaramanga, ils ont traversé la Manche à bord du navire HMS Prince Leopold et ont abordé le rivage à partir de petites embarcations motorisées. Cette mission, baptisée opération Deep Cut, vise plusieurs objectifs : tester le niveau de vigilance ennemi, obtenir du renseignement sur le dispositif défensif adverse et maintenir la pression sur l’ensemble des côtes de la Manche afin d’y fixer les effectifs Allemands. Les commandos effectuent la reconnaissance de plusieurs habitations. Une patrouille à vélo est décelée par les commandos qui décident d’ouvrir le feu : deux Allemands sont tués, un troisième est blessé et fait prisonnier. Rompant le contact en direction des embarcations, deux commandos anglais sont blessés lors de l’escarmouche. Le prisonnier allemand décède de ses blessures une fois à bord de l’HMS Prince Leopold.

Les Allemands occupent le fort Vauban et l’aménagent pour recevoir des armements modernes. Ce point d’appui est baptisé “Stp 110” (aussi connu sous l’appellation Wn 29) : il est notamment équipé d’un des plus grands phares de recherche du secteur, avec un diamètre de 120 cm, ainsi qu’un canon antichar de 50 mm. Le port de Saint-Vaast-la-Hougue est quant à lui protégé par le point d’appui “Stp 111” (Wn 30). Sur l’île Tatihou, ils construisent le point d’appui “Stp 112” (Wn 31) : ce site, qui s’appuie sur la caserne historique française construite en 1888, est armé principalement par deux canons belges de 7,5 cm FK 235 (b) et est protégé par un champ de mines Mf 08.

D’avril à mai 1944, à l’approche du Jour-J, les bombardements aériens alliés s’intensifient dans le secteur de Saint-Vaast-la-Hougue, en raison de la proximité de la commune avec les batteries d’artillerie situées à La Pernelle. Le 6 juin 1944, ce secteur est pris sous les feux du monitor (petit cuirassé) anglais HMS Erebus et du croiseur lourd américain USS Tuscaloosa. Afin de déceler précisément les positions des canons allemands de La Pernelle et du mont Coquerel, les Alliés engagent à plusieurs reprises des chalands de débarquement au large de Saint-Vaast et de l’île de Tatihou pour simuler un débarquement au nord d’Utah Beach. Cette tactique maritime est conduite jusqu’au 8 juin 1944, obligeant les Allemands à ouvrir régulièrement le feu et permettant aux forces alliées de réaliser des tirs de contre-batterie.

Ne parvenant pas à tenir le terrain, les Allemands appartenant à différentes unités éparses de la 709. Infanterie-Division se replient progressivement et à la faveur de la nuit à partir du 19 juin. Le 21 juin, les habitants hissent un drapeau blanc pour inciter les navires de guerre alliés à épargner le village. Ces derniers, croisant au large du Cotentin, appuient la progression des soldats américains en direction de Cherbourg. Ce même jour, le 1er peloton du 24th Cavalry Reconnaissance Squadron (4th Reconnaissance unit, 4th Infantry Division) aux ordres du lieutenant Alsauer libère Saint-Vaast-la-Hougue aux alentours de 12h30, avant de poursuivre en direction de Barfleur.

Le port de Saint-Vaast-la-Hougue est remis en état après les combats afin d’assurer le ravitaillement des forces américaines dans le Cotentin, sous la responsabilité du 342nd Engineer Regiment (General Service). Les déchargements débutent le 9 juillet 1944 avec l’appui d’éléments du 11th Port of Embarkation. Jusqu’à 1 200 tonnes d’équipements, vivres ou encore carburant sont déchargées quotidiennement.
Les opérations de déchargement se poursuivent à rythme constant jusqu’à la mi-octobre, période à laquelle leur nombre baisse pour finalement s’arrêter en décembre 1944.

Carte de Saint-Vaast-la-Hougue :